Combien faut-il prévoir pour fonder une famille au Canada?
Il peut être difficile de savoir quand votre situation financière vous permettra de fonder une famille, mais devenir parent n’implique pas d’atteindre un certain montant d’épargne ou de revenu. Il s’agit plutôt de comprendre les coûts, de trouver des moyens d’en simplifier la gestion et d’élaborer un plan qui peut évoluer avec la famille.
Voici toute l’information nécessaire au sujet du coût de l’éducation d’un enfant au Canada et des stratégies visant à gérer les dépenses au fil du temps.
Dans cet article
Combien faut-il réellement prévoir pour élever un enfant au Canada?
Le coût pour élever un enfant au Canada est estimé à 293 000 $ de la naissance à 17 ans. Bien que cette somme puisse sembler exorbitante, il convient de noter qu’elle sera déboursée sur une période de 20 ans, et pas en une seule fois. Mieux vaut la considérer comme un point de repère pour la planification plutôt que comme une somme exacte à mettre de côté avant de fonder une famille.
Si les coûts réels peuvent varier considérablement d’un ménage à l’autre, la compréhension des principaux types de dépenses peut vous aider à prioriser vos objectifs d’épargne, à ajuster votre budget au fil du temps et à éviter d’avoir à tout planifier avant l’arrivée d’un premier enfant. Selon Statistique Canada, les principales dépenses des familles sont réparties en cinq grandes catégories. Voici le budget moyen consacré à chaque catégorie :
- Logement : 25 % à 33 %
- Transport :18 % à 20 %
- Alimentation :18 % à 20 %
- Habillement : < 10 %
- Soins de santé : < 10 %
Comment les coûts d’éducation évoluent-ils à mesure que les enfants grandissent?
Les dépenses peuvent varier de façon importante à chaque étape de la vie d’un enfant. Comprendre la progression habituelle de ces coûts permet d’anticiper de futures dépenses et d’élaborer un plan financier qui évolue avec l’enfant.
Premières années (de la naissance à cinq ans)
La pression sur les liquidités se fait particulièrement sentir dans les premières années, car les dépenses liées à l’arrivée d’un bébé (comme l’achat d’un berceau, d’un siège auto ou d’une poussette) surviennent souvent lorsque le congé parental réduit le revenu du ménage. Toutefois, les frais de garde représentent la plus grande charge permanente pour les parents, une dépense qui survient en général à leur retour au travail. Le montant que les parents dépensent à cet égard varie considérablement selon la province ou le territoire et dépend de l’accès à un programme à frais réduits ou subventionné.
En 2025, les dépenses mensuelles en services de garde à temps plein s’élèvaient en moyenne à 435 $pour un enfant jusqu’à l’âge de cinq ans. L’accès à des subventions provinciales ou à des places réglementées à 10 $ par jour dans le cadre du programme fédéral pourrait réduire les frais de garde d’enfants dans leur ensemble. Il demeure néanmoins possible que le coût de certains programmes non gouvernementaux atteigne plus de 1 000 $ par mois, ce qui peut représenter une dépense importante pour de nombreuses familles.
Il peut s’agir du moment idéal pour ouvrir un régime enregistré d’épargne-études (REEE). Investir tôt, même de petites sommes, vous laissera plus de temps pour profiter de la croissance composée et des subventions gouvernementales auxquelles vous avez droit.
Années scolaires (de 6 à 12 ans)
Au début du parcours scolaire, les coûts pour la garde d’enfants sont bien souvent remplacés par ceux associés aux fournitures scolaires, aux vêtements, aux activités parascolaires et aux déplacements familiaux. Ainsi, une famille peut parfois se retrouver à consacrer plus de 1 000 $ par an à des activités sportives pour tous les enfants du ménage. Les camps, les leçons de musique et d’autres activités viennent parfois s’ajouter à la facture.
Bien que ces dépenses puissent s’additionner, cette étape offre souvent plus de souplesse. D’ailleurs, le moment où les frais de garde diminuent ou touchent à leur fin est tout désigné pour rediriger une partie de cet argent vers l’épargne-études, le remboursement des dettes ou d’autres objectifs à long terme, surtout avant que les dépenses n’augmentent de nouveau à l’adolescence et à la fin du secondaire.
Adolescence (de 13 à 17 ans)
Les coûts peuvent ensuite grimper à l’adolescence puisque les portions alimentaires deviennent comparables à celles d’adultes et que les besoins en outils technologiques apparaissent. Les activités parascolaires spécialisées, le tutorat ainsi que les dépenses liées à la conduite automobile peuvent venir s’ajouter aux coûts.
Il est également temps de revoir votre plan financier pour les études postsecondaires. Faire le point avec votre conseiller ou conseillère peut s’avérer judicieux pour maximiser votre épargne-études dans les dernières années.
À l’âge adulte (18 ans et plus)
Le passage à l’âge adulte d’un enfant ne marque pas nécessairement la fin des dépenses puisque les études postsecondaires représentent souvent la plus importante dépense après l’âge de 18 ans. En 2025-2026, le coût annuel moyen des études de premier cycle au Canada s’élevait à 7 734 $. Toutefois, certains programmes spécialisés peuvent coûter plus de 15 000 $ par an. C’est là que l’épargne-études entre en jeu. Un conseiller ou une conseillère peut vous aider à planifier vos retraits de votre REEE avant que vous n’ayiez à payer les frais de scolarité.
De plus, vous continuerez peut-être d’apporter un soutien financier à votre enfant après la fin de ses études, que ce soit pour l’aider à couvrir des coûts de logement, contribuer à l’achat d’une première maison ou simplement le soutenir s’il reste plus longtemps à la maison. C’est une bonne occasion d’ouvrir un compte d’épar gne libre d’impôt (CELI) pour épargner afin de couvrir diverses dépenses familiales. Vous pouvez également encourager votre enfant à ouvrir un compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) pour qu’il puisse épargner pour une mise de fonds sur une première maison.
Ces coûts, quoique importants, sont souvent plus faciles à gérer lorsqu’ils ont été intégrés des années à l’avance à un plan financier à long terme.
D’un point de vue financier, êtes-vous en position de fonder une famille?
La préparation financière constitue un point de départ pour la planification, et non une fin en soi. Assurez-vous d’avoir un fonds d’urgence, une petite marge dans votre budget mensuel, un plan de revenu pendant le congé parental et une idée de vos premières dépenses.
Si ces chiffres ne correspondent pas à vos attentes, il faudra peut-être épargner périodiquement, ajuster vos priorités en matière de dépenses, rembourser vos dettes ou revoir le montant investi pour vos objectifs à long terme. Un conseiller ou une conseillère peut vous aider à établir un plan qui convient à votre famille.
Stratégies visant à gérer le coût de l’éducation d’un enfant
Plusieurs options sont disponibles pour gérer plus facilement le coût de l’éducation d’un enfant :
Ouvrir un REEE tôt
Vous pouvez ouvrir un REEE pour votre enfant dès qu’il obtient son numéro d’assurance sociale (NAS), ce qui donnera à vos cotisations, mêmes petites, davantage de temps pour fructifier avant leur retrait pour payer les études postsecondaires. En commençant tôt, vous pourrez également tirer parti des subventions gouvernementales, comme la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) et le Bon d’études canadien (BEC).
La SCEE équivaut à 20 % de vos cotisations annuelles. Vous recevez jusqu’à 500 $ par année pour un maximum cumulé de 7 200 $ par bénéficiaire. Assurez-vous de cotiser au moins 2 500 $ chaque année pour maximiser les montants de subvention, ce qui vous permettra de faire croître l’épargne-études tout en réduisant le montant que vous devez épargner. De même, le BEC peut offrir jusqu’à 2 000 $ par bénéficiaire pour aider les familles, dont le revenu se situe sous certains seuils, à commencer à épargner pour les études. Aucune cotisation équivalente n'est requise.
Il n’y a pas de plafond de cotisation annuel, mais le plafond à vie est de 50 000 $ par bénéficiaire. Les subventions ou les paiements provinciaux ne sont pas pris en compte dans le calcul du plafond de cotisation à vie de 50 000 $, et viennent ainsi à bonifier votre épargne-études.
Gérer avec souplesse l’épargne familiale dans un CELI
Le CELI est un autre outil précieux pour constituer une épargne familiale. Les fonds peuvent être retirés en tout temps à n’importe quelle fin et sans payer d’impôt, ce qui en fait un compte adapté pour les dépenses familiales à court terme et les objectifs à long terme. Les droits de cotisation commencent à s’accumuler lorsque vous atteignez l’âge de 18 ans, et ce, même si vous n’ouvrez pas de compte. Dans ce cas, les droits sont reportés.
Tirer parti des fonds négociés en bourse (FNB) à faible coût
En règle générale, les FNB sont assortis de frais moins élevés que ceux de nombreux autres produits de placement, ce qui en fait une option très abordable pour faire fructifier votre épargne familiale. De par leur diversification et leur rééquilibrage automatique, les FNB vous permettent de vous concentrer davantage sur votre famille que sur vos placements.
Tirer parti des prestations gouvernementales et des crédits d’impôt
Les prestations gouvernementales peuvent compenser une partie des coûts familiaux. Selon votre situation, vous pourriez être admissible à l’ allocation canadienne pour enfants (ACE), à la déduction pour frais de garde d'enfants, au montant pour une personne à charge admissible et à d’autres crédits provinciaux ou territoriaux.
Établir un budget dynamique et évolutif
Le budget familial devrait tenir compte des dépenses prévisibles et imprévues, comme le remplacement d’un téléphone, l’inscription à un camp ou l’achat de cadeaux d’anniversaire. Le fait d’intégrer de la souplesse à votre plan financier peut faire en sorte que ces dépenses inattendues soient gérées sans retarder la progression de vos objectifs à long terme.
Avoir recours à des conseils professionnels
Un conseiller ou une conseillère peut vous aider à évaluer votre situation financière, à créer une stratégie d’épargne sur mesure et à ajuster votre budget en fonction de l’âge de votre enfant.
En résumé
Élever un enfant au Canada peut coûter cher, mais les dépenses sont graduelles. Savoir reconnaître ces coûts et le moment où ils sont susceptibles de survenir permet d’élaborer un plan afin de bien se préparer pour les années à venir. Ce plan n’a pas d’emblée à être parfait; il doit être suffisamment souple pour évoluer en fonction des besoins de votre famille.
Questions fréquentes
Quel est le coût annuel moyen pour élever un enfant?
Selon Statistique Canada, le coût moyen de l’éducation d’un enfant est d’environ 17 235 $ par an, ce qui correspond à une estimation totale de 293 000 $ de la naissance à l’âge de 17 ans. Toutefois, le coût est appelé à varier chaque année en fonction de l’âge de l’enfant, de son lieu de résidence et d’autres facteurs uniques.
Quand devrait-on commencer à épargner pour les études de son enfant?
Il est possible d’ouvrir un REEE dès que votre enfant obtient un NAS. Plus vous vous y prenez tôt, plus vous pourrez cotiser, profiter des subventions gouvernementales auxquelles vous avez droit et faire fructifier votre argent.
Quel est le coût de la garde d’enfants au Canada?
Selon Statistique Canada, la moyenne nationale pour les coûts en services de garde d’enfants à temps plein s’élève à 435 $ par mois. Les frais de garde varient considérablement selon la province ou le territoire, l’âge de l’enfant ainsi que le type d’arrangement (temps plein ou partiel) et de programme (subventionné ou à frais réduits).
Quels crédits d’impôt pour la garde d’enfants sont offerts au Canada?
Il est possible de demander le remboursement des frais admissibles de garde d’enfants au titre de la déduction pour frais de garde d’enfants et d’autres crédits fédéraux, provinciaux ou territoriaux.