Qui y gagne lorsque l’IA fonctionne?

Qui y gagne lorsque l’IA fonctionne?

Le secteur de l’intelligence artificielle (IA) a continué de dominer les marchés boursiers tout au long du premier semestre de 2026, les actions affichant de solides rendements malgré la volatilité liée à la guerre en Iran. L’indice MSCI Monde tous pays a affiché un rendement de 11 %, principalement en raison du secteur technologique (voir le tableau 1). Parmi les 20 sociétés ayant contribué le plus au rendement de l’indice MSCI Monde tous pays, 19 étaient des sociétés du secteur technologique.

TABLEAU 1 – Contribution de l’indice MSCI Monde tous pays au rendement total

This line graph shows the top 10 per cent of US companies by size of market cap from 1926 - June of 2025. As of June 2025, the percentage figure sits at approximately 76%, the highest ever total during the time period.

Source : Fidelity, cumul annuel au 30 juin 2026

Nous poursuivons notre approche double relativement au marché de l’IA dans les fonds multiactifs dont nous avons la responsabilité. Premièrement, nous continuons à nous fonder sur les perspectives ascendantes de nos analystes en recherche, qui connaissent parfaitement ces sociétés et ces secteurs; tant qu’ils continueront à nous indiquer que le marché sous‑estime la capacité de ces sociétés de produire des bénéfices (ce qu’ils continuent de faire), nous serons enclins à maintenir une surpondération tactique des actions. Deuxièmement, nous veillons à ce que nos gestionnaires d’actions disposent de capitaux, car, selon nous, ils sont les mieux placés pour identifier les titres gagnants et éviter les titres perdants, tout en ajustant notre exposition globale au marché à l’aide de positions sur contrats à terme afin d’atteindre ce que nous considérons comme le niveau de risque cumulé approprié.

Notre programme de recherche descendante continue de porter sur l’incidence de l’IA sur les facteurs macroéconomiques déterminants pour les rendements à long terme dans toutes les catégories d’actifs : la croissance économique, la productivité, l’inflation et les taux d’intérêt. Comme pour les grandes innovations technologiques passées, l’IA a une incidence directe principalement sur la croissance de la productivité. Se basant sur l’expérience acquise à la suite de ces innovations, les membres de nos équipes de recherche estiment que la productivité globale aux États-Unis pourrait augmenter de près de 1 % par année (L’intelligence artificielle : un élément clé dans un nouveau régime d’investissement).

C’est beaucoup. Le problème, c’est que cela ne semble pas suffire, loin de là, pour justifier la croissance des bénéfices actuellement prévue dans des valorisations boursières qui semblent très élevées. Selon notre analyse, le marché boursier américain table implicitement sur une croissance réelle des bénéfices d’environ 10 % au cours des prochaines années, alors que le gain de productivité lié à l’IA engendrerait une croissance durable du PIB réel de 2 % à 3 % seulement. Les sociétés accaparent déjà une part record des revenus de l’économie dans son ensemble; le ratio capital/travail, mesuré par la part des bénéfices des sociétés dans le PIB, est à son plus haut niveau depuis 90 ans, d’après les données dont nous disposons aux États‑Unis (voir le tableau 2). Ainsi, pour que le marché boursier ait raison, les sociétés devront capter une part plus importante des revenus de l’économie que jamais auparavant.

TABLEAU 2 – Bénéfices des entreprises américaines en pourcentage du PIB

This line graph compares the aggregate uninsured outstanding mortgage rates and new mortgage rates in Canada from July 2016 to July 2025. New mortgages have declines from the high of 6.43% in November of 2023 to match the outstanding mortgage rate figure of 4.55% at current.

Source : Haver Analytics, au 31 décembre 2025

À première vue, c’est une hypothèse audacieuse. Le ratio capital/travail s’est avéré une variable relativement stable sur une longue période, et ce, malgré les phases d’expansion et de ralentissement conjoncturelles et les changements structurels induits par les vagues d’innovation technologique.

L’une des principales raisons de cette grande stabilité du ratio capital/travail semble résider dans le fait que les innovations technologiques – des chemins de fer à l’électrification, en passant par les téléphones et les ordinateurs – ont généralement suivi un schéma similaire. À mesure que l’adoption s’accélère, de nouvelles technologies permettent d’accroître la productivité, autant en aidant les travailleurs actuels à mieux accomplir leur travail qu’en les orientant vers de nouvelles fonctions plus productives. Ce dernier phénomène en particulier n’est certes jamais sans heurts, mais les choses ont toujours fini par se régler d’elles‑mêmes, aboutissant à un marché du travail en situation de plein emploi. Dans l’ensemble, la concurrence entre les sociétés et les travailleurs, ainsi que les négociations entre eux, tendent à faire en sorte que les gains économiques soient répartis entre les bénéfices et les salaires – ou, en d’autres termes, entre les détenteurs des capitaux et les travailleurs.

L’une des principales caractéristiques de ces vagues d’innovation précédentes, c’est que les technologies étaient plutôt complémentaires, permettant en fin de compte d’accroître la productivité. Par exemple, nous avons toujours eu besoin de conducteurs pour les différents moyens de transport, qu’il s’agisse d’une calèche, d’un train ou d’un camion de transport.

Mais peut-être que ce n’est plus le cas, et c’est pourquoi cette fois-ci pourrait bien être différente. L’IA semble être davantage une technologie de remplacement sans précédent. 

Plutôt que d’améliorer la productivité de l’ensemble de la main-d’oeuvre, l’IA pourrait rendre superflue la présence d’un nombre potentiellement important de travailleurs dans de nombreux secteurs de l’économie. Les innovations technologiques antérieures avaient tendance à être un complément du travail des ouvriers, tout en n’en remplaçant qu’un nombre relativement faible, et ce, de manière temporaire. L’IA, par contre, pourrait remplacer la main-d’oeuvre et ne servir de complément qu’à ceux qui la gèrent, peut-être pour toujours. En conséquence, les gains de productivité découlant de l’IA auraient tendance à profiter principalement aux sociétés et à des gestionnaires triés sur le volet.

Si les propriétaires de l’IA n’ont effectivement pas à partager une partie (ou la totalité) de ses gains de productivité avec les travailleurs, le ratio capital/travail devrait augmenter. Aux États-Unis, les bénéfices des sociétés représentent actuellement 13 % du PIB. Le marché semble tabler sur une hausse allant jusqu’à 15 % et plus au cours des prochaines années. Or, si l’IA est réellement davantage une technologie de remplacement sans précédent, pourquoi la hausse ne pourrait-elle pas être de 20 %? Ou 40 %? Ou 100 %, comme le diraient sans doute les maximalistes de l’IA?

En conséquence, la hausse du ratio capital/travail que laissent entrevoir les cours actuels du marché n’est peut‑être pas si excessive que cela; elle pourrait même s’avérer prudente. Les actions ne sont donc peut-être pas surévaluées dans leur ensemble; elles pourraient même être sous‑évaluées.

À ce stade, nous ne pouvons pas dire laquelle de ces hypothèses est la bonne. Nous pensons que personne n’en est capable. Toutefois, nous pouvons affirmer deux choses avec un peu de certitude. D’une part, la mesure dans laquelle l’IA sera une technologie de remplacement plutôt qu’une technologie complémentaire aura une incidence bien plus importante sur les rendements à long terme des marchés financiers que n’importe quelle nouvelle concernant la dernière série de commandes de puces. D’autre part, l’hypothèse que le marché boursier semble formuler implicitement quant à la possibilité que l’IA devienne une technologie de remplacement n’est pas tout à fait invraisemblable.

L’avenir lointain est peut-être inconnu, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’y préparer. Notre groupe consacre beaucoup de temps à cette question. Nous nous efforçons de comprendre les similitudes et les différences entre l’IA et les vagues technologiques précédentes, tout en analysant de près les marges bénéficiaires et la dynamique du marché du travail afin de détecter les signes d’une rupture structurelle dans le fonctionnement de l’économie. Nous nous efforçons également de prévoir la réaction des pouvoirs publics et des organismes de réglementation, qui auront sans aucun doute un rôle important à jouer dans la gestion des répercussions socioéconomiques et géopolitiques de l’IA. En attendant, comme nous l’avons mentionné au début de cet article, notre positionnement actif en matière de répartition repose toujours en grande partie sur les perspectives ascendantes relatives aux bénéfices, car nous estimons qu’il serait inapproprié d’adopter une position ferme sur les questions de nature descendante, qui relèvent presque de l’impondérable.

Enfin, il convient de préciser qu’en tant qu’investisseurs, nous nous intéressons à l’IA en raison de ses répercussions sur les fonds que nous gérons. Nous gérons ces fonds pour le compte de nos clients et clientes. Et nous savons que, pour beaucoup de gens, l’une des conséquences de l’émergence de l’IA, dont nous avons déjà parlé ici, c’est qu’elle peut représenter davantage un problème qu’une occasion. Cela conduit à plaider en faveur d’un investissement dans le capital des propriétaires de l’IA – si les carrières des personnes sont perturbées, mieux vaut qu’elles détiennent une part de la société qui tire profit de ce bouleversement. Nous préférerions bien sûr que ces personnes réalisent ces investissements par l’intermédiaire de nos fonds, mais même si ce n’est pas le cas, cela mérite réflexion, car nous gérons non seulement les répercussions de l’IA sur les marchés, mais aussi ses répercussions plus larges sur le fonctionnement de notre monde.
 

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Rédigé par :

David Wolf l Gestionnaire de portefeuille

David Wolf est gestionnaire de portefeuille chez Fidelity Investments. Il est cogestionnaire des Portefeuilles gérés de Fidelity, du Fonds Fidelity Actions mondiales+, du Fonds Fidelity Actions mondiales+ Équilibre, du Fonds Fidelity Répartition d’actifs canadiens, du Fonds Fidelity Équilibre Canada, du Fonds Fidelity Revenu mensuel, du Fonds Fidelity Revenu mensuel américain, du Fonds Fidelity Revenu mensuel mondial, du Fonds Fidelity Dividendes mondiaux, du Fonds Fidelity Répartition de revenu, du Fonds Fidelity Équilibre Amérique, du Fonds Fidelity Revenu conservateur, du Fonds Fidelity Étoile du NordMD, du Fonds Fidelity Étoile du NordMD – Équilibre, de la Catégorie Fidelity Occasions canado-américaines, du Fonds Fidelity Gestion de l’inflation, du FNB Fidelity Revenu mensuel canadien élevé, du Fonds Fidelity FNB Revenu mensuel mondial élevé et du Fonds Fidelity FNB Dividendes mondiaux tactiques. Il est également cogestionnaire de portefeuille du Mandat privé Fidelity Revenu conservateur, du Mandat privé Fidelity Répartition de l’actif, du Mandat privé Fidelity Équilibre, du Mandat privé Fidelity Équilibre – Revenu, du Mandat privé Fidelity Croissance et revenu américains, du Mandat privé Fidelity Répartition mondiale et du Mandat privé Fidelity Répartition mondiale – Devises neutres. 

David Tulk, CFA l Gestionnaire de portefeuille

David Tulk est gestionnaire de portefeuille auprès de Fidelity Investments. Il est cogestionnaire du Fonds Fidelity Équilibre Amérique, du Mandat privé Fidelity Répartition de l’actif, du Mandat privé Fidelity Équilibre – Revenu, du Portefeuille Fidelity Équilibre, du Fonds Fidelity Actions mondiales+ Équilibre, du Mandat privé équilibré Fidelity, du Fonds Fidelity Répartition d’actifs canadiens, du Fonds Fidelity Équilibre Canada, du Fonds Fidelity FNB Revenu mensuel canadien élevé, du Fonds Fidelity Revenu conservateur, du Mandat privé Fidelity Revenu conservateur, du Portefeuille Fidelity Gestion prudente du risque, du Mandat privé Fidelity Répartition mondiale, Portefeuille Fidelity Équilibre mondial, du Fonds Fidelity Dividendes mondiaux, du Portefeuille Fidelity Actions mondiales, du Portefeuille Fidelity Croissance mondiale, du Mandat privé Fidelity Croissance mondiale, du Portefeuille Fidelity revenu Équilibre mondial, du Fonds Fidelity FNB Revenu mensuel mondial élevé, du Fonds Fidelity Revenu mensuel mondial, du Portefeuille Fidelity Croissance, du Fonds Fidelity Répartition de revenu, du Portefeuille Fidelity Revenu, du Fonds Fidelity Gestion de l’inflation, du Fonds Fidelity Revenu mensuel, du Fonds Fidelity Étoile du Nord® – Équilibre, du Fonds Fidelity FNB Dividendes mondiaux tactiques, Mandat privé Fidelity Croissance et revenu américains et du Fonds Fidelity Revenu mensuel américain.

Ilan Kolet l Gestionnaire de portefeuille institutionnel

Ilan Kolet est gestionnaire de portefeuille institutionnel auprès de Fidelity Investments. À ce titre, M. Kolet est membre de l’équipe de gestion des placements et possède des connaissances approfondies sur la philosophie, la méthode de placement et l’élaboration de portefeuilles. Il prête main-forte aux gestionnaires de portefeuille et aux chefs des placements en veillant à ce que les portefeuilles soient gérés conformément aux attentes des clients.

Bruno Crocco, CFA l Gestionnaire de portefeuille

Bruno Crocco est gestionnaire de portefeuille auprès de Fidelity Investments. Il est cogestionnaire des Portefeuilles de retraite Fidelity Passage, des Portefeuilles institutionnels Fidelity Passage et des Portefeuilles indiciels Fidelity Passage Plus. Il est également cogestionnaire de la gamme de produits à répartition tactique de l’actif et d’autres stratégies multiactifs destinées aux investisseurs canadiens

Jon Knowles, CFA l Gestionnaire de portefeuille institutionnel

Jon Knowles est gestionnaire de portefeuille institutionnel auprès de Fidelity Investments. À ce titre, il est membre de l’équipe de gestion des placements et possède des connaissances approfondies de la philosophie, de la méthode de placement et de l’élaboration de portefeuille. Il prête main-forte aux gestionnaires de portefeuille et aux chefs des placements en veillant à ce que les portefeuilles soient gérés conformément aux attentes des clients.

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