À la recherche de valeur à l’ère de l’IA : perspective d’Evan Zehnal – 29 juillet 2026

À la recherche de valeur à l’ère de l’IA : perspective d’Evan Zehnal – 29 juillet 2026

L’intelligence artificielle (« IA ») continue de faire les manchettes, mais la conversation évolue. La question n’est plus de savoir si l’IA fonctionne, mais plutôt où la valeur économique sera créée, comment les organisations en tireront profit et si les investissements actuels se traduiront par des résultats opérationnels durables. Bien que l’IA ait le potentiel de générer une valeur considérable, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Où cette valeur se concrétisera-t-elle? Quels modèles d’affaires en bénéficieront le plus? Et comment l’IA transformera-t-elle la productivité au cours des prochaines années? Selon Evan Zehnal, gestionnaire de portefeuille adjoint et analyste en recherche sur les actions, les réponses continuent de se préciser.

 

Voici quelques points saillants de son analyse.

L’IA est mise à l’épreuve par les réalités économiques

Le débat actuel sur l’IA porte davantage sur les questions économiques que sur la technologie en elle-même. Selon notre expert, la question la plus importante est de savoir si les investissements massifs dans les infrastructures d’IA généreront des rendements durables. La technologie a déjà démontré son potentiel impressionnant, mais le succès à long terme de ces investissements dépendra de la capacité des entreprises à en tirer des retombées économiques attrayantes. Des arguments raisonnables peuvent être avancés dans les deux sens. D’un point de vue optimiste, on observe l’appariation grâce à l’IA de nouvelles applications à valeur ajoutée pour lesquelles les organisations sont prêtes à payer. D’un point de vue plus prudent, on craint que les retombées ne profitent pas aux entreprises qui financent aujourd’hui l’expansion des infrastructures.

 

Le codage s’impose comme l’un des premiers cas d’utilisation concrets

Les échanges avec les sociétés ouvertes et les sociétés fermées ont contribué à renforcer la conviction que les outils de codage alimentés par l’IA constituent désormais une application pratique de plus en plus précieuse. M. Zehnal souligne que le codage est l’un des exemples les plus évidents d’une technologie qui dépasse le stade de l’expérimentation pour s’intégrer à des usages concrets. Par le passé, le développement de logiciels était souvent limité par une pénurie de développeurs plutôt que par une demande insuffisante. Les outils de codage fondés sur l’IA pourraient contribuer à atténuer cette contrainte en augmentant la productivité des développeurs et en leur permettant d’accomplir plus de travail en moins de temps. Notre expert fait également remarquer que les agents de codage peuvent fonctionner en continu, ce qui pourrait accroître la productivité et élargir ce que les organisations peuvent accomplir avec les ressources dont elles disposent déjà. Compte tenu de l’ampleur des dépenses mondiales en logiciels et en services, M. Zehnal estime que le codage représente un cas d’utilisation potentiellement monétisable susceptible d’avoir d’importantes retombées économiques.

 

Les grands gagnants restent à déterminer

L’une des principales questions entourant l’IA est de savoir où la valeur économique se concrétisera. Bien que l’IA ait le potentiel de créer une valeur considérable, il demeure difficile de déterminer quels acteurs de l’écosystème en récolteront la plus grande part. De questions subsistent quant à la façon dont cette valeur sera répartie entre les développeurs de modèles, les fournisseurs de services infonuagiques, les fabricants de semi-conducteurs, les sociétés de logiciels et les organisations qui déploient des solutions d’IA. La bonne nouvelle, c’est que l’IA ouvre la voie à des applications à forte valeur ajoutée capables de générer des gains de productivité significatifs et d’encourager des dépenses supplémentaires. En revanche, on craint que les retombées économiques ne profitent pas aux organisations qui financent l’expansion actuelle des infrastructures, en particulier si la concurrence s’intensifie ou si des solutions de rechange deviennent suffisamment efficaces. Pour l’instant, il est encore trop tôt pour trancher. Les revenus liés à l’IA n’ont commencé à s’accélérer que récemment, ce qui rend difficile toute conclusion ferme quant aux modèles d’affaires qui s’avéreront les plus fructueux à long terme.

 

La Chine s’impose comme un concurrent sérieux dans le domaine de l’IA

La concurrence s’intensifie également à l’échelle mondiale. Les récentes avancées réalisées par les développeurs chinois donnent à penser que la Chine est peut-être plus près de la fine pointe du développement de l’IA que plusieurs ne l’avaient supposé. Selon notre expert, les récents développements indiquent que l’écart entre les principaux modèles chinois et les modèles américains les plus avancés pourrait désormais se mesurer en semaines plutôt qu’en mois. Bien que les discussions portent souvent sur la copie ou la distillation de modèles, M. Zehnal estime que ces explications ne suffisent pas à elles seules pour expliquer l’ampleur des progrès observés. La Chine dispose d’un important bassin de talents en ingénierie, d’un accès à des ressources techniques et de la capacité de poursuivre le développement de ses systèmes d’IA. Il en résulte un contexte mondial plus concurrentiel, où les sociétés chinoises participent de plus en plus à l’innovation en matière d’IA plutôt que de simplement suivre les avancées réalisées ailleurs.

 

L’IA pourrait transformer les tâches plus que les emplois

Les répercussions de l’IA sur les emplois demeurent au cœur des discussions. Plutôt que de se concentrer uniquement sur la disparition potentielle de certains emplois, M. Zehnal estime qu’il est important de distinguer les emplois des tâches qu’ils comportent. L’IA pourrait contribuer à réduire le travail répétitif, ce qui permettrait de consacrer plus de temps à des activités à plus forte valeur ajoutée. Il cite la radiologie comme exemple. À son avis, les avancées des outils soutenus par l’IA ont permis d’améliorer la productivité plutôt que d’éliminer le besoin de radiologistes. La technologie facilite certaines tâches tout en permettant aux professionnels de consacrer plus de temps aux aspects de leur travail qui nécessitent de l’expertise et du jugement. Bien que certaines organisations aient invoqué les gains d’efficacité liés à l’IA pour justifier des réductions d’effectifs, notre expert souligne que certaines compressions pourraient être liées à des périodes de surembauche antérieures. Par conséquent, il ne considère pas les tendances actuelles comme une preuve évidente que l’IA remplacera essentiellement la main-d’œuvre dans l’ensemble des secteurs.

 

Conclusion : à quoi s’attendre en matière d’IA?

L’avenir de l’IA dépendra peut-être moins des avancées technologiques à elles seules que de la capacité à transformer ces percées en valeur économique durable. Le codage s’est imposé comme l’une des applications les plus concrètes, mais d’importantes questions demeurent quant à la concurrence, à la rentabilité et aux acteurs qui profiteront ultimement des retombées. Le potentiel de la technologie est significatif, mais la prochaine phase d’évolution de l’IA sera façonnée autant par les réalités économiques que par l’innovation. Alors que les réponses continuent de se préciser, les organisations les mieux positionnées pour convertir ces progrès technologiques en valeur durable restent encore à se manifester.