Bilan de mi-année sur les facteurs qui influencent les marchés : analyse d’Andrew Marchese – 2 juin 2026
Les marchés intègrent un éventail de signaux, allant des craintes de ralentissement économique aux solides résultats des sociétés et aux dynamiques changeantes à l’échelle mondiale. Dans ce contexte complexe, Andrew Marchese, chef des placements et gestionnaire de portefeuille chez Fidelity, souligne que les bénéfices des sociétés sont un vecteur plus fondamental des résultats d’investissement. Bien que le Canada soit entré dans une récession technique, M. Marchese a insisté sur le fait que les indicateurs économiques ne suffisent pas toujours, à eux seuls, pour repérer les occasions. L’accent devrait plutôt être mis sur le contexte des bénéfices mondiaux et son évolution.
Voici quelques-uns des sujets abordés.
Au‑delà des manchettes sur la récession
Les bénéfices des sociétés demeurent un facteur fondamental de l’investissement. Sur le plan des bénéfices à l’échelle mondiale, l’année a débuté en force et a continué de s’améliorer, même si les préoccupations économiques ont augmenté. Les cycles précédents ont montré un décalage entre les tendances économiques et la croissance des bénéfices. Parfois, les économies peuvent sembler stables, tandis que les bénéfices diminuent, et l’inverse peut aussi se produire.
Les valorisations sont importantes, mais les occasions varient
Les valorisations continuent de jouer un rôle important, bien qu’elles ne soient pas considérées comme un déclencheur direct des corrections du marché. Elles peuvent plutôt aider à déterminer où il faut être plus sélectif. Dans certains domaines, les attentes semblent refléter des résultats de croissance idéaux. Dans d’autres, il pourrait y avoir des occasions de profiter de la croissance à des niveaux de valorisation plus raisonnables. Il en résulte un contexte plus varié où une sélection prudente devient de plus en plus importante. Plutôt que de considérer le marché comme un ensemble unique d’occasions, l’accent est mis sur le repérage des secteurs où les prix ne reflètent pas pleinement les paramètres fondamentaux sous‑jacents.
Géopolitique et risques liés aux marchandises
L’évolution géopolitique demeure un facteur important. Les tensions persistantes au Moyen-Orient, par exemple, pourraient avoir une incidence sur l’offre de marchandises si les perturbations persistent. La hausse des coûts des intrants peut exercer des pressions sur les marges des sociétés et entraîner des révisions à la baisse des attentes en matière de bénéfices au fil du temps. Bien que ce risque ne soit pas considéré comme central, il justifie une surveillance, surtout si les marchés ne l’ont pas entièrement intégré.
La spéculation et le comportement à court terme du marché
Dans certains domaines, l’activité du marché a pris un ton plus spéculatif. M. Marchese compare cette dynamique à celle d’un casino, où un fort enthousiasme des marchés peut entraîner des fluctuations à court terme qui ne sont pas toujours fondées sur des paramètres fondamentaux. Les importants flux des investissements ont soutenu la croissance réelle et l’innovation, mais les attentes peuvent parfois aller au-delà des paramètres fondamentaux sous-jacents des entreprises. L’histoire indique que les périodes de fort élan d’investissements peuvent finir par ralentir et, lorsque cela se produit, les réactions des marchés peuvent être marquées. Dans ce contexte, il devient de plus en plus important de faire la distinction entre les entreprises dotées de modèles d’affaires durables et celles qui reposent de plus en plus sur les attentes.
Démondialisation et rôle de l’autonomie
Un changement à long terme qui influence les marchés est la transition vers un monde moins mondialisé. Ce changement a été progressif, mais significatif, car les pays réévaluent les relations commerciales et les priorités économiques. Pour le Canada, ce changement pose des défis et offre des occasions. Étant donné l’incertitude accrue à l’égard des partenaires commerciaux habituels, on mise de plus en plus sur l’établissement de nouvelles alliances et le renforcement des capacités nationales. Cette adaptation passe par des investissements dans les infrastructures et les domaines clés, comme l’énergie, le transport, la défense et l’aérospatiale. Parallèlement, les ressources naturelles du Canada pourraient gagner en importance, en particulier à mesure que les chaînes d’approvisionnement évoluent et que les considérations géopolitiques deviennent plus pertinentes.
Inflation et structure du portefeuille
L’inflation demeure un facteur important pour le public investisseur, surtout si elle s’avère plus persistante que lors des cycles précédents. Les forces structurelles, comme la croissance de la masse monétaire et les contraintes potentielles d’approvisionnement, peuvent contribuer à ce contexte. Par conséquent, la diversification joue un rôle déterminant. Les actions peuvent offrir un certain niveau de protection, tandis que l’exposition aux biens durables, comme les marchandises, peut aider à contrer les risques d’inflation. Une approche équilibrée devient particulièrement importante, ce qui permet aux portefeuilles de composer avec différents scénarios économiques sans dépendre excessivement d’un seul résultat.
Une approche rigoureuse de l’investissement à long terme
Dans l’ensemble des thèmes, l’accent est mis sur l’équilibre et la rigueur. Les cycles boursiers procurent souvent de solides rendements dans des secteurs ou des thèmes précis, mais ces périodes peuvent également entraîner un positionnement trop concentré et une volatilité accrue. Une approche plus mesurée peut aider à éviter de réagir aux fluctuations à court terme et à maintenir l’accent sur les objectifs à long terme. Elle permet aussi de repérer les occasions qui peuvent survenir lorsque les flux de capitaux se concentrent dans des secteurs précis du marché.
L’intelligence artificielle et les gagnants à long terme
L’intelligence artificielle demeure un enjeu central. Les premières sociétés en tête de peloton, comme celles dans le domaine des semi-conducteurs, ont enregistré de solides rendements à ce jour. Cependant, les résultats à long terme sont moins certains. En observant les cycles technologiques précédents, M. Marchese a fait remarquer que les sociétés qui se démarquaient au début, ne sont pas toujours celles qui ont tiré le plus de bénéfices plus tard. Cette situation renforce l’importance de maintenir une certaine flexibilité et d’éviter la concentration excessive dans un seul thème.
Maintenir le cap dans un contexte changeant
Les marchés continuent d’être influencés par une combinaison de changements économiques, de développements géopolitiques et de cycles d’investissement en évolution. Dans l’ensemble, l’analyse de M. Marchese souligne l’importance de se concentrer sur la vigueur des bénéfices, la rigueur en matière de valorisation et l’équilibre dans un contexte de marché changeant.