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La gestion de votre argent commence par la gestion de vos émotions

Rédigé par : Kimberly Palmer

Source : La Presse Canadienne

L’argent peut déclencher de fortes réactions émotionnelles qui mènent parfois à des décisions discutables, comme ne pas effectuer un paiement ou trop dépenser. Depuis peu, de nombreux livres incitent leur lectorat à explorer leur rapport émotionnel avec l’argent afin de prendre de meilleures décisions financières.

« Nos émotions sont à l’origine de 85 % voire 90 % de nos décisions financières », affirme Bari Tessler, thérapeute financière et auteure de The Art of Money Workbook, publié ce mois-ci. « Nous devons comprendre nos émotions liées à l’argent pour éviter de nous sentir dépassés ou de tenter de fuir. »

Mme Tessler a vécu cette expérience il y a plusieurs années, lorsqu’elle a senti une crise d’hyperventilation la gagner alors qu’elle visitait un concessionnaire d’automobiles avec son mari. Elle s’est excusée et s’est retirée aux toilettes, où elle s’est interrogée sur les raisons pour lesquelles elle éprouvait une telle anxiété. Mme Tessler s’est rendu compte qu’elle déteste prendre des décisions rapides en matière d’argent. Elle et son mari ont donc pris le temps de discuter de l’achat.

Grâce à cela, « nous avons pris la meilleure décision possible », reconnaît-elle.

TENIR COMPTE DE SES PROPRES EXPÉRIENCES EN MATIÈRE D’ARGENT

Lorsque Rebecca Walker, auteure et productrice établie à Los Angeles, a commencé à recueillir des histoires pour sa collection d’essais Women Talk Money : Breaking the Taboo, elle a découvert que de nombreuses personnes éprouvent de la honte parce qu’ils ont de l’argent, se sentent coupables d’en avoir plus que leurs parents et regrettent des décisions financières qu’ils ont prises par le passé.

« De nombreuses femmes dans mon entourage traînent de douloureuses histoires sur l’argent – ce sont des expériences troublantes et déroutantes, explique-t-elle. Nous sommes si nombreuses à tenter de régler tout cela par nous-mêmes, ce qui nous retient d’aller chercher du soutien. »

Mme Walker encourage les lectrices à se pencher sur leurs propres histoires en lien avec l’argent, soit les expériences, souvent vécues dans leur enfance, qui ont influencé leur perception de l’argent. « Je veux qu’elles trouvent au moins une expérience qu’elles ont vécue au sujet de l’argent, ou même un souvenir ou une idée fondamentale qui a façonné leur vision de l’abondance ou de la pauvreté, et qu’elles l’utilisent comme point de départ. Je leur demande par la suite de quelle manière elles souhaitent changer leur expérience. »

Ce changement pourrait entraîner une transformation tangible des dépenses. Par exemple, si vous avez grandi dans un ménage qui dépensait trop sans épargner, vous devrez peut-être apprendre à épargner à l’aide d’un outil comme le budget 50/30/20. Il s’agit de consacrer 50 % de votre revenu net à vos besoins, 30 % à vos désirs et 20 % au remboursement des dettes et à l’épargne.

RÉFLÉCHIR ÉGALEMENT À DES EXPÉRIENCES RÉCENTES LIÉES À L’ARGENT

Dans son livre, Mme Tessler encourage son lectorat à réfléchir à ses trois dernières interactions avec l’argent. « Lorsque vous étiez en train de payer pour votre épicerie ou d’échanger de l’argent contre d’autres biens ou services, quelles émotions avez-vous ressenties? » demande-t-elle.

La honte, la colère, la peur, la culpabilité, la joie, la tristesse et le bonheur sont des émotions courantes. « Cette situation vous rappelle possiblement une erreur financière que vous avez commise par le passé. Il s’agit maintenant de vous sensibiliser à cette situation et de chercher à la comprendre », suggère-t-elle.

ÉCOUTER SON CORPS

Mme Tessler vous encourage à suivre son exemple chez le concessionnaire automobile et à vérifier votre état, surtout lorsque vous parlez d’argent avec votre partenaire ou que vous effectuez de gros achats. Concentrez-vous sur ce que vous ressentez physiquement, y compris votre respiration, et prenez note des émotions ou des souvenirs qui se manifestent.

Par exemple, si vous remarquez la présence de tension dans votre corps, vous pouvez faire une pause ou sortir prendre l’air avant de continuer. « Les émotions liées à l’argent ne disparaissent pas complètement, mais nous pouvons réduire leur ampleur et leur intensité », affirme-t-elle.

TROUVER SES PROPRES TECHNIQUES POUR RETROUVER LE CALME

Dans son livre Finance for the People, Paco de Leon, éducatrice financière et musicienne établie à Los Angeles, propose de créer une liste de stratégies qui vous aideront à vous calmer et à les utiliser avant de prendre une décision financière importante, comme l’achat d’une maison. Elle énonce des idées comme aller marcher, lire un livre et jouer d’un instrument.

« Nous prenons des décisions en fonction de nos émotions et nous les rationalisons par la suite, explique-t-elle. Cela dit, en composant avec vos émotions en tout premier lieu, vous pourrez d’abord les vivre pour ensuite prendre des décisions rationnelles. »

Mme De Leon a adopté cette approche lorsqu’elle a dû décider si elle contracterait d’importants prêts étudiants. Une fois remise de son stress, elle a élaboré une feuille de calcul pour effectuer ses analyses et a décidé que la faculté de droit ne lui convenait pas.

RÉGLER SES DETTES

Selon Mme De Leon, une personne endettée éprouve souvent de la honte, qu’elle soit aux prises avec une dette de carte de crédit ou d’une dette étudiante. Elle suggère de personnifier la dette et d’y écrire une lettre, une idée qu’elle a tirée de DearDebt.com. « Exprimez vos sentiments; vous remarquerez qu’ils sont complexes. Songez à remercier votre dette pour ce qu’elle vous a permis d’accomplir », écrit-elle.

Une fois que vous aurez pris en compte vos sentiments, il sera plus facile de vous attaquer à votre dette en soi. Vous pourriez décider d’appliquer la méthode dite « boule de neige », qui consiste à rembourser les plus petites dettes en premier.

SE PARDONNER POUR LES ERREURS DU PASSÉ

Selon Michael G. Thomas Jr., conseiller financier établi en Géorgie et fondateur de Modom Solutions, une plateforme d’encadrement financier, la compassion envers soi-même représente un puissant outil. « Nous sommes plus susceptibles de faire preuve de grâce et de courtoisie envers les autres lorsqu’ils commettent une erreur », affirme-t-il. Le fait de nous pardonner nous-mêmes pour les erreurs du passé peut nous aider à aller de l’avant.

Dans son livre, Mme Walker s’exprime sur le fait de se pardonner d’avoir pris des décisions d’achat hâtives plutôt que d’apprendre à investir. « Je me suis défaite de l’idée que j’avais commis une terrible erreur et j’ai fait preuve de compassion envers moi-même, ce qui a eu un effet libérateur sur moi », confie-t-elle. « Ce sentiment de liberté m’a permis d’aller de l’avant de façon plus saine. »

 

Cet article provient de La Presse Canadienne et sa diffusion a été autorisée légalement par Content Marketplace d’Industry Dive. Pour toute question sur les droits de reproduction, écrivez à legal@industrydive.com.




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