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Comment ressentir pleinement la joie de donner à de bonnes causes

Source : La Presse Canadienne

Nous avons tendance à croire qu’en dépensant notre argent sur nous-mêmes, nous serons plus heureux que si nous dépensions sur quelqu’un d’autre. Cette croyance peut faire en sorte qu’il soit difficile de puiser dans nos budgets pour soutenir de bonnes causes.

Pourtant, les études montrent qu’en dépensant notre argent sur les autres, nous avons plus de chances d’être heureux. Il semble s’agir d’un phénomène mondial qui s’applique peu importe si l’on a beaucoup ou peu d’argent.

« Les études établissent un lien clair entre la générosité et le bonheur », affirme Kristy Archuleta, professeure de planification financière à l’Université de Géorgie. « Lorsque nous sommes généreux de notre temps, de nos talents et que nous donnons aux autres, de quelque manière que ce soit, nous avons tendance à être plus heureux. »

Certains gestes généreux suscitent toutefois des sentiments plus positifs que d’autres. Voici ce dont il faut tenir compte pour maximiser votre bonheur tout en aidant les autres.

RENDEZ CELA SOCIAL

La psychologue sociale canadienne Lara Aknin s’intéresse aux avantages émotionnels de la générosité financière depuis l’âge de huit ans environ, lorsqu’elle rêvait de façons d’aider les autres.

« Je me rappelle avoir pensé que si j’économisais 10 $, je pourrais les donner à mes parents et qu’ils pourraient sortir au restaurant », raconte-t-elle en riant. « De toute évidence, je n’avais aucune idée de ce que représente l’argent (parce que) je croyais que 10 $ leur permettraient de passer une soirée en ville. »

Lorsqu’elle était étudiante au cycle supérieur, Mme Aknin a étudié les façons dont l’argent pouvait améliorer le bien-être et a découvert que les « dépenses prosociales » – les dépenses sur les autres – étaient une source de bonheur. Dans une étude subséquente, Mme Aknin – maintenant professeure agrégée distinguée à l’Université Simon Fraser à Burnaby, en Colombie-Britannique – a déterminé qu’un don était le plus gratifiant lorsqu’il offrait un lien social. Au lieu d’envoyer une carte-cadeau pour un restaurant à quelqu’un, par exemple, nous serons plus heureux si nous l’y emmenons, selon elle.

Le bénévolat peut nous rapprocher des autres, tout comme l’organisation d’une collecte de fonds ou la participation à celle-ci. Selon Mme Aknin, on peut aussi augmenter le facteur social en offrant un cadeau ou un don collectif.

ÉVALUEZ VOTRE IMPACT

Nous voulons aussi savoir que nos dons comptent. Selon Mme Aknin, le fait d’être en mesure de voir ou d’imaginer le changement que nos contributions apporteront a tendance à accroître notre bonheur.

Dans le cadre d’une étude que Mme Aknin a menée en 2013, les participants ont eu le choix de faire un don à l’un de deux organismes de bienfaisance voués à l’amélioration de la santé des enfants dans les régions pauvres : UNICEF et Un filet d’espoir. Ce dernier a donné un exemple concret des conséquences positives d’un don en précisant que chaque tranche de 10 $ donnée permettrait d’acheter une moustiquaire susceptible de sauver une vie. UNICEF n’a pas fourni de tels détails. Les chercheurs ont observé que les participants qui ont donné à Un filet d’espoir se sont sentis plus heureux par la suite, mais pas ceux qui ont donné à UNICEF.

« Plus nous avons d’information sur l’incidence positive de nos dons, plus les récompenses émotionnelles sont importantes », affirme Mme Aknin.

Cela ne signifie pas que vous ne devriez pas donner à UNICEF, bien sûr. Toutefois, vous pourriez être plus satisfait de votre don si vous lisez des articles sur l’impact de l’organisme ou consultez son rapport annuel.

INSISTEZ SUR LE FAIT QU’IL S’AGIT D’UN CHOIX

Vous voulez gâcher la joie de faire un don? Faites-en une obligation, nous dit Mme Aknin. Pour maximiser leur bonheur, les gens doivent avoir le choix de donner ou non, à qui et combien.

« Si les gens se sentent pris, forcés ou obligés, ces récompenses émotionnelles peuvent parfois disparaître ou être considérablement réduites », affirme-t-elle.

Selon Mme Archuleta, thérapeute financière agréée et cofondatrice de la Financial Therapy Association, vous pouvez accroître votre sentiment d’autonomie en planifiant vos dons de bienfaisance. Elle suggère de réfléchir à ce qui compte pour vous, d’examiner les organismes sans but lucratif qui soutiennent ces valeurs et d’envisager d’intégrer des contributions récurrentes à votre budget.

Si vous tentez d’encourager vos enfants à faire œuvre de bienfaisance, pensez à les laisser choisir la cause et le montant à donner. (Vous pouvez leur donner des conseils, par exemple, en donnant 5, 10 ou 25 sous chaque fois qu’ils reçoivent un dollar.) Trouver des façons de démontrer leur impact : 20 dollars pourraient servir à acheter un troupeau de poulets pour une famille par l’intermédiaire de Heifer International, par exemple, ou à nourrir un animal de refuge pendant quelques semaines. Encouragez-les également à établir des liens sociaux en faisant du bénévolat ou des collectes de fonds avec des amis.

« Il est important de donner de la façon la plus gratifiante, non seulement parce que vous vous sentez bien sur le moment, mais aussi parce que ce sentiment chaleureux sera un facteur qui vous incitera à donner de nouveau », affirme Mme Aknin.

 

Cet article provient de La Presse Canadienne et sa diffusion a été autorisée légalement par Content Marketplace d’Industry Dive. Pour toute question sur les droits de reproduction, écrivez à legal@industrydive.com.




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