Au cœur du virage de l’IA qui redéfinit les marchés et la productivité : analyse de Mark Schmehl – 24 mars 2026

Au cœur du virage de l’IA qui redéfinit les marchés et la productivité : analyse de Mark Schmehl – 24 mars 2026

L’intelligence artificielle (IA) évolue plus rapidement que la capacité des marchés à s’y adapter. Mark Schmehl, gestionnaire de portefeuille, explique comment l’IA transforme la productivité, bouscule les idées reçues du marché et influence la conception des placements à long terme. S’appuyant sur son expérience au sein de mandats axés sur l’innovation, M. Schmehl a expliqué pourquoi les placements liés à l’IA demeurent résilients dans un contexte de volatilité et où se dessinent les occasions à mesure que l’adoption s’accélère dans l’ensemble des secteurs.


Voici quelques-uns des sujets abordés.

Vision stable malgré la volatilité des marchés

Malgré la récente volatilité des marchés alimentée par le contexte géopolitique, M. Schmehl a souligné que son point de vue sur les occasions liées à l’IA n’a pas changé. Selon lui, les investissements dans l’IA et l’adoption de cette technologie continuent au même rythme, malgré les perturbations à court terme. Les récents mouvements du marché en lien avec les événements mondiaux n’ont pas changé sa lecture du thème de l’IA.

 

Marchés publics et écart de visibilité sur la croissance de l’IA

L’un des thèmes récurrents de la discussion portait sur le décalage entre les marchés privés et publics dans leur compréhension de la croissance de l’IA. M. Schmehl a expliqué que même si certains croient que le cycle de l’IA approche de son sommet, l’accélération qu’il observe sur les marchés privés raconte une tout autre histoire. Selon M. Schmehl, la transparence limitée quant aux résultats d’exploitation des sociétés privées empêche les marchés publics de mesurer pleinement l’ampleur et la vitesse d’adoption. À son avis, l’entrée en bourse des sociétés privées pourrait aider à réduire cet écart, en rendant plus évidentes la rapidité de la croissance de la demande en IA et la nécessité pour les entreprises de poursuivre leurs investissements dans les infrastructures d’IA.

 

Gains de productivité à mesure que l’adoption de l’IA s’accélère

L’IA transforme déjà le travail au quotidien, en particulier dans les fonctions axées sur le savoir. M. Schmehl a expliqué que les outils d’IA sont de plus en plus intégrés aux flux de travail, en particulier dans des domaines comme le codage, l’analyse de données et la productivité au bureau, ce qui permet aux effectifs de se concentrer sur des tâches de plus grande valeur plutôt que sur le travail répétitif. Il a également décrit un schéma d’adoption au sein des organisations. On observe d’abord du scepticisme, puis des craintes concernant les pertes d’emploi, avant une adoption rapide lorsque les bénéfices de productivité deviennent évidents. Au fil du temps, M. Schmehl a observé que les entreprises ont tendance à passer d’un objectif d’efficacité à une recherche de croissance, car l’IA leur permet de tirer davantage parti des ressources existantes.

D’un point de vue économique plus large, il estime que ces gains de productivité pourraient favoriser une croissance plus rapide en atténuant les contraintes de main-d’œuvre persistantes, surtout dans les emplois de bureau et les fonctions analytiques.

 

La portée variable de l’IA selon les secteurs

Bien que l’adoption de l’IA soit généralisée, M. Schmehl a souligné que son impact est inégal entre les secteurs. Les secteurs comme les soins de santé et les biens de consommation utilisent déjà l’IA pour accélérer la recherche, simplifier les processus de développement et réduire les délais de mise en marché de nouveaux produits. À l’inverse, de nombreuses industries physiques nécessitant beaucoup d’actifs, comme le transport, la logistique et les secteurs axés sur les ressources, sont moins directement touchées par les gains d’efficacité générés par l’IA. Dans ces domaines, les contraintes physiques demeurent largement inchangées, ce qui pourrait en faire des goulets d’étranglement dans une économie plus rapide et optimisée par l’IA. Il suggère que ce contraste met en évidence l’importance de comprendre où l’IA peut améliorer considérablement la productivité et où les limites traditionnelles continuent de façonner les résultats.

 

Le point sur la surcapacité des infrastructures d’IA

M. Schmehl a également répondu aux préoccupations selon lesquelles le déploiement d’infrastructures d’IA pourrait entraîner une surcapacité. Il a soutenu que les comparaisons avec les cycles technologiques passés sont imparfaites, car la demande de ressources informatiques liées à l’IA continue de croître à mesure que de nouvelles utilisations émergent. L’amélioration continue de l’efficacité de l’ingénierie, y compris un meilleur rendement par unité d’énergie, joue un rôle clé dans la gestion de la hausse des besoins en ressources informatiques. À son avis, l’énergie demeure un enjeu, mais elle continue de profiter des avancées technologiques au lieu d’agir comme une contrainte rigide à la croissance.

 

Composer avec la volatilité dans une perspective à long terme

M. Schmehl a livré ses pistes de réflexion pour traverser les périodes de volatilité des marchés. S’appuyant sur son expérience, il a insisté sur l’importance de réagir avec discernement plutôt que sous le coup de l’émotion, de se concentrer sur les objectifs à long terme et de limiter les erreurs en période d’incertitude.

 

Conclusion : positionnement pour un avenir axé sur l’IA

Au final, le message de M. Schmehl est clair : au‑delà du tumulte des marchés et du contexte géopolitique, l’enjeu central est l’accélération sans précédent de l’IA. Les entreprises responsables de cette transformation évoluent à un rythme que les marchés publics ne perçoivent pas encore et, lorsque cette dynamique deviendra perceptible, le discours changera. Pour les gestionnaires d’actifs, la clé est de rester concentré sur les paramètres fondamentaux, de gérer la volatilité avec rigueur et de positionner les portefeuilles en fonction de la transformation structurelle déjà en cours.