Momentum, valorisations et leadership du marché en 2026 : analyse de Denise Chisholm – 23 juillet 2026
Le momentum a été un thème important du marché en 2026. Même si la récente progression peut paraître spectaculaire, Denise Chisholm, directrice en chef, Stratégie de marché quantitative chez Fidelity, souligne qu’elle fait suite à des années de sous-performance et qu’il faut l’analyser sur un horizon plus long.
Voici quelques points à retenir de son analyse.
Mise en contexte de la vigueur récente du momentum
D’après la mesure du momentum utilisée par Mme Chisholm, les titres ayant enregistré les meilleurs rendements sur 12 mois ont surpassé l’indice S&P 500 d’environ 20 points de pourcentage au cours du premier semestre de 2026. Bien que cet écart puisse sembler démesuré, elle souligne que les facteurs liés au momentum évoluent constamment à mesure que le leadership change entre différents groupes de titres. La récente résurgence du momentum fait suite à ce que Mme Chisholm décrit comme l’une des pires périodes de six ans pour ce facteur par rapport à l’ensemble du marché. À son avis, cette faiblesse n’est pas attribuable aux mauvaises conditions économiques, mais plutôt aux valorisations élevées des titres axés sur le momentum après 2020, ce qui a limité leur capacité à générer des rendements excédentaires même lorsque l’économie et les marchés se sont redressés.Cela dit, le point de départ des valorisations est important, car ces dernières peuvent jouer un rôle déterminant dans l’ampleur des gains obtenus en fin de compte lors d’une reprise du marché.
Pourquoi les valorisations demeurent importantes
Des paramètres fondamentaux solides ne se traduisent pas toujours par de meilleurs résultats de placement. Mme Chisholm rappelle qu’après la pandémie, les titres axés sur le momentum ont affiché des valorisations relatives parmi les plus élevées depuis la bulle technologique. Bien que la croissance économique et les bénéfices des sociétés se soient améliorés, ces valorisations initiales élevées ont réduit la capacité du facteur à surperformer. Aujourd’hui, le portrait semble différent. Selon Mme Chisholm, les valorisations des titres axés sur le momentum sont largement revenues à des niveaux plus habituels. Bien qu’elle ne préconise pas une approche excessivement audacieuse, elle estime que les valorisations actuelles ne semblent pas poser les mêmes défis que ceux observés il y a plusieurs années. Dans cette optique, la récente progression du momentum semble davantage refléter un rattrapage après une période prolongée de sous-performance.
La solidité des bénéfices continue de soutenir le marché
Au-delà des valorisations, Mme Chisholm a souligné la résilience des sociétés des États-Unis et de leurs bénéfices. Malgré les préoccupations entourant les fluctuations des prix des marchandises, les tarifs douaniers et d’autres chocs économiques, de nombreuses sociétés sont demeurées rentables. Même si elle ne va pas jusqu’à décrire l’économie comme particulièrement solide, l’experte a observé une résilience soutenue plutôt qu’une tendance à la contraction. Pour la suite, Mme Chisholm a souligné plusieurs indicateurs prospectifs qui suggèrent que l’activité économique pourrait s’accélérer au cours des 18 prochains mois. Si ce scénario se concrétise, cela pourrait fournir un soutien supplémentaire aux segments du marché axés sur la croissance, y compris le momentum.
Ce qui distingue encore les États-Unis
Bien que des occasions axées sur le momentum existent à l’échelle mondiale, Mme Chisholm estime qu’en comparaison avec de nombreux marchés internationaux, les États-Unis semblent bien positionnés du fait de leurs caractéristiques de croissance et de valorisation favorables. Elle a souligné que les titres technologiques des marchés émergents se négocient à des valorisations historiquement élevées par rapport à ceux des États-Unis. Selon ses recherches, plus les titres technologiques des marchés émergents sont coûteux par rapport à leurs équivalents des États-Unis, moins ils ont tendance à superformer. Même si les marchés émergents continuent d’offrir des occasions de croissance, une grande partie de celle-ci pourrait déjà être intégrée dans les valorisations actuelles. En comparaison, de nombreux marchés développés internationaux semblent moins chers, mais présentent des perspectives de croissance plus lente.
Le leadership du momentum s’élargit
Bien que le secteur technologique demeure un important vecteur de rendement du momentum, le leadership a commencé à s’étendre au-delà d’un seul segment du marché. Les technologies de l’information et les services de communication ont dominé les stratégies axées sur le momentum au cours des dernières années. D’ailleurs, les entreprises industrielles ont commencé à afficher des caractéristiques de momentum positif. Plus particulièrement, Mme Chisholm a souligné que les entreprises industrielles pourraient bénéficier d’une reprise de l’activité manufacturière et de la croissance des bénéfices. Les sociétés de transport et d’autres segments industriels sensibles à la conjoncture économique pourraient être bien positionnés pour participer à la reprise si elle se poursuit. Elle a fait remarquer qu’une participation élargie dans tous les secteurs est généralement favorable à un marché haussier à long terme.
La place du secteur de l’énergie dans le marché actuel
Tous les secteurs ne semblent pas aussi intéressants du point de vue du momentum. Mme Chisholm a reconnu que de nombreuses sociétés énergétiques sont devenues plus disciplinées et plus rentables qu’au cours des cycles précédents. Elle a toutefois noté que les fluctuations des prix des marchandises peuvent rapidement influencer les valorisations et les attentes du marché. D’un point de vue quantitatif, l’amélioration de la rentabilité du secteur de l’énergie ne se traduit pas nécessairement par le profil risque-rendement le plus intéressant. Par conséquent, elle a suggéré de se méfier de l’hypothèse selon laquelle les conditions actuelles sont structurellement différentes des cycles précédents.
Au-delà du cycle d’investissement dans l’IA
Les questions sur les dépenses en immobilisations liées à l’intelligence artificielle (IA) demeurent un sujet d’intérêt majeur. Mme Chisholm a soutenu que, même si les dépenses en immobilisations s’avéraient inférieures aux attentes, le résultat pourrait être plus nuancé que ce que plusieurs anticipent. La diminution des dépenses pourrait refléter une plus grande efficacité plutôt qu’une demande plus faible. Elle a également fait remarquer que si la croissance économique continue de s’élargir, d’autres secteurs du marché pourraient contribuer de façon plus significative à la croissance des bénéfices, ce qui réduirait la dépendance à un seul thème de placement.
Conclusion : la résurgence du momentum pourrait s’inscrire dans une reprise plus longue
Bien que le momentum ait enregistré de solides gains en 2026, son rendement récent s’interprète mieux dans une perspective historique à plus long terme. Après plusieurs années marquées par des valorisations élevées, ce facteur semble désormais évoluer à partir d’un point de départ plus sain. Le secteur technologique demeure une source de momentum important sur le marché, tandis que celui de l’industrie a également commencé à y participer. Grâce à la solidité des bénéfices des sociétés et au positionnement avantageux du marché des États-Unis par rapport à plusieurs marchés internationaux, le momentum continue d’offrir un rapport risque/rendement positif, et ce, malgré le potentiel de volatilité périodique et de rotations sectorielles.