Ce que pensent les gestionnaires de portefeuille du coronavirus et de la récente volatilité des marchés

Les marchés de capitaux connaissent parfois des périodes de volatilité liées à un événement particulier qui peuvent vous faire craindre pour vos placements. Les gestionnaires d’actifs de Fidelity partagent leur point de vue sur la récente pandémie de coronavirus, analysent la réaction des marchés mondiaux et expliquent ce que cela signifie pour les placements.

Lire leurs commentaires ci-dessous, ou visionner leurs entrevues.

Vivian Hsu et Paul Ma – 2 octobre 2020

Paul Ma, vice-président et stratège principal, Portefeuilles, et Vivian Hsu, directrice principale, FNB, discutent de la façon d’intégrer des FNB dans votre portefeuille ainsi que des avantages et des inconvénients des différents types de portefeuilles dans les marchés volatils actuels.

Cycle du marché

M. Ma pense qu’une récession est le meilleur moment pour acheter des actions et « faire du ménage ». Cela permet à des sociétés plus solides de se faire valoir et de démontrer qu’elles peuvent survivre. Les sociétés à forte croissance ont survécu au grand ménage et elles ont tendance à bien tirer leur épingle du jeu en début de cycle. Cela dit, il est important de rappeler que le début de cycle actuel est bien différent des précédents et qu’il est caractérisé par une grande incertitude.

Titres de valeur à petite capitalisation par rapport aux titres à moyenne et grande capitalisation

Les petites sociétés ont un meilleur potentiel de croissance que les grandes, et ce sont elles qui ont réussi à surmonter la crise. Toutefois, leur potentiel de plus-value s’accompagne aussi d’un risque plus élevé. Les titres de valeur à grande capitalisation peuvent aider à diversifier un portefeuille.

Valeur

Mme Hsu mentionne que beaucoup d’investisseurs surpondèrent le secteur des technologies de l’information, qui a connu toute une séquence, par rapport à l’indice de référence. Elle pense que les investisseurs devraient songer à couvrir le risque associé aux titres de technologie et les incertitudes futures. L’ajout d’un facteur de valeur peut aider à équilibrer un portefeuille; cette stratégie est souvent négligée, parce que les titres de valeur n’ont pas généré d’aussi bons rendements que les titres de croissance.

Taux d’intérêt

Plus que jamais, les investisseurs sont à la recherche de meilleurs taux en ce moment. Dans le secteur canadien des FNB, les flux de capitaux convergeant vers les fonds à revenu fixe ont considérablement augmenté. Pour ce qui est du rendement total, les sociétés qui versent des dividendes ont été plutôt décevantes; par contre, celles qui sont encore là offrent des rendements en dividendes solides dont on peut toujours profiter.

 

Andrew Marchese – 30 septembre 2020

Andrew Marchese, gestionnaire de portefeuille et chef des placements de Fidelity Gestion d’actifs (Canada), discute des perspectives des marchés canadiens et mondiaux alors que nous entamons le quatrième trimestre. Il partage également son point de vue sur les élections américaines, les tensions commerciales, les prix du pétrole et le développement d’un vaccin contre la COVID-19.

Valorisations des titres technologiques

De l’avis de M. Marchese, les investisseurs choisissent les entreprises de technologie qui ont le plus de chances de se démarquer à long terme. Ils recherchent les sociétés qui sont bien structurées et qui ont le potentiel de faire encore mieux d’ici 5 à 10 ans.

Élections américaines

M. Marchese ne pense pas que l’issue des élections aura une influence sur les actions canadiennes. Certains pourraient penser qu’une victoire de Biden et un balayage démocrate pourraient favoriser les sociétés pétrolières étrangères et exercer un effet à la hausse sur le secteur pétrolier et gazier canadien. M. Marchese hésite toutefois à donner son aval à cette thèse en raison des autres facteurs qui jouent du côté de l’offre et de la demande et des tendances qui prennent de l’ampleur, comme les placements ESG. Il n’a apporté aucun changement à son portefeuille sur la base des prévisions électorales.

Prix du pétrole

M. Marchese constate que les données fondamentales du pétrole et du gaz ne semblent toujours pas favorables, ni pour l’offre ni pour la demande. Son équipe soumet de nombreux facteurs à des analyses rétrospectives afin de déterminer s’ils peuvent aider à prévoir le rendement futur des actions. Or, ces analyses montrent que de faibles cours sont habituellement un bon indicateur de rendement, et il faut une amélioration marquée des données fondamentales de l’offre et de la demande pour prédire une bonne performance.

Inflation

La question qui n’a toujours pas été résolue concerne la façon d’éliminer la dette : soit par la croissance, soit par l’inflation. La croissance devient difficile sans innovations qui permettent d’accélérer la productivité. Comme les données ne laissent pas entrevoir ce genre d’innovation en ce moment, ne reste plus que l’inflation. Personnellement, M. Marchese pense que les banques centrales privilégieront toujours l’inflation et qu’elles doivent garder les taux bas.

Vaccin

Même si la fabrication et la distribution d’un vaccin semblent susciter beaucoup d’inquiétudes, M. Marchese adopte une approche modérée et il pense que ces préoccupations trouveront leur réponse en temps et lieu. Un grand nombre des sociétés concernées ont déjà fait approuver des vaccins par la FDA dans le passé et connaissent bien les enjeux entourant la distribution et la collaboration avec les gouvernements. Par conséquent, M. Marchese pense qu’ un résultat acceptable est envisageable une fois qu’un vaccin aura été approuvé par les autorités.

Canada

M. Marchese est plutôt optimiste pour le Canada où l’éducation, l’immigration et l’innovation devraient être des thèmes porteurs pour le pays et pour les générations futures. Il souhaiterait cependant que davantage d’efforts soient déployés pour retenir les talents canadiens ou les personnes formées au Canada afin qu’elles contribuent à l’essor des petites et moyennes entreprises. 

 

Alex Gold et Dre Judith Finegold – 29 septembre 2020

Alors que la deuxième vague de coronavirus s’abat sur les collectivités, les villes et les pays du monde entier, les gestionnaires de portefeuille Alex Gold et Dre Judith Finegold parlent, notamment, des répercussions du virus sur le secteur mondial des soins de santé, de la course au vaccin, des sous-secteurs se prêtant à l’investissement et des défis que les fabricants de vaccins auront à relever.

Course au vaccin

Dre Finegold croit que le développement d’un vaccin a atteint un stade critique. Les entreprises qui mènent le bal seront confrontées à de nombreuses difficultés, parce que certaines composantes du vaccin sont utilisées pour la première fois pour des essais cliniques et n’ont pas encore été approuvées. Du point de vue de l’investissement, M. Gold souligne que beaucoup de ces entreprises ont l’intention de distribuer le vaccin sur une base non lucrative, ce qui pourrait les empêcher d’accroître leurs revenus.

Défis que représente la fabrication d’un vaccin

M. Gold et Dre Finegold ont discuté avec plusieurs PDG et cadres supérieurs qui participent à la production de vaccins; ils ont appris que cette tâche comporte des défis uniques en leur genre. Par exemple, le transport pourrait poser problème parce que certains vaccins doivent être entreposés à des températures précises, ce qui peut s’avérer difficile sur de longues distances. De plus, il pourrait y avoir des pénuries de matériaux utilisés pour entreposer les vaccins.

Entreprises qui effectuent les tests

Aux États-Unis, environ 800 000 personnes subissent un test de dépistage chaque jour. D’après les recherches de M. Gold, les entreprises qui effectuent les tests en tirent déjà profit; elles ont enregistré une hausse des revenus au trimestre dernier, constatent déjà des bienfaits tangibles et leur modèle d’affaires est plus solide qu’avant la COVID-19.

Télémédecine

M. Gold estime qu’il y a eu une forte augmentation de la demande de plateformes qui permettent aux patients de communiquer virtuellement avec leur médecin. En avril, 44 % des patients qui ont consulté pour autre chose que la COVID-19 ont pu accéder virtuellement à un professionnel de la santé, contre seulement 1 % en février. M. Gold pense que la population commence à utiliser davantage ces plateformes parce qu’elles sont extrêmement efficaces pour les demandes de renseignements courantes et les consultations qui n’exigent pas que le patient se présente en personne au cabinet du médecin.

 

Jurrien Timmer – 28 septembre 2020

Le directeur de la Macroéconomie mondiale Jurrien Timmer discute de la récente correction du marché, des raisons sous-jacentes, de son effet sur les prévisions d’inflation et de la façon dont la COVID-19 pourrait continuer d’influencer les marchés.

Ruth Bader Ginsburg

À la suite du décès de Ruth Bader Ginsburg, le marché a subi une correction, l’indice S&P 500 chutant de 9,8 % et l’indice composé Nasdaq, de 14 %. M. Timmer précise que durant une correction normale, on assiste habituellement à une rotation entre les secteurs, mais cela ne s’est pas produit la semaine dernière, puisque l’ensemble des secteurs se sont repliés. Le marché attendait impatiemment la prochaine série d’allègements budgétaires, et le mouvement amorcé à l’approche d’une entente sur les mesures de relance a été interrompu par les considérations politiques entourant le décès de la juge Ginsburg.

Prévisions de reflation

Le marché s’accommodait bien des prévisions de reflation. Les mesures de relance généreuses et les liquidités excédentaires importantes ont entraîné une dépréciation du dollar américain, une appréciation de l’or, une baisse des taux réels et une hausse des prévisions d’inflation. L’augmentation du nombre de cas de COVID-19 et le manque de mesures de relance budgétaires ont toutefois fait baisser ces prévisions.

Perspectives de reprise

M. Timmer signale que ce sont les titres des grandes entreprises technologiques qui ont mené la reprise. Ces dernières semaines, les titres de nombreuses sociétés liées au télétravail, comme ceux des FAANG, ont subi une correction technique, mais leurs données fondamentales restent solides. Dans le reste du marché – notamment les sociétés qui dépendent du déconfinement – la correction a été minime. L’évolution de ces sociétés dépend des allègements budgétaires et de l’aplatissement de la courbe de la pandémie. La réouverture complète de l’économie favoriserait une reprise plus soutenue, moyennant des mesures de stimulation et une plus grande participation que les seuls titres liés au télétravail.

Or

L’or a chuté autour de 1 850 $ US, ce qui est assez important, mais M. Timmer est toujours optimiste à l’égard de l’or à long terme. Il pense qu’on peut s’attendre à une période prolongée de hausse des dettes, des dépenses et des impôts, et l’or offre une protection dans ce genre de conditions.

Effet de l’augmentation du nombre de cas de COVID-19 sur les marchés

Même si le nombre de cas est en hausse, le taux de décès n’augmente pas. Si cette tendance se maintient, M. Timmer pense que le marché peut s’adapter, à condition que les entreprises demeurent ouvertes et que les conséquences économiques ne soient pas trop graves.

Inflation et déflation

M. Timmer pense qu’on s’entend sur le fait que l’inflation s’accélérera. Étant donné l’augmentation des mesures de relance budgétaires, l’assouplissement quantitatif ira directement dans les poches des contribuables plutôt que de passer par les banques. L’assouplissement quantitatif aura donc un effet inflationniste plus marqué.

 

HyunHo Sohn – 25 septembre 2020

Le gestionnaire de portefeuille HyunHo Sohn discute de la dynamique d’expansion actuelle des sociétés technologiques et des tendances qui pourraient persister en 2021 dans le secteur des technologies de l’information. Il expose ses perspectives pour les principaux sous-secteurs et il examine également les valorisations actuelles de certaines de ces grandes sociétés.

Données fondamentales des sociétés technologiques

M. Sohn est optimiste quant au secteur des technologies à long terme en raison de ses données fondamentales. Les consommateurs utilisent de plus en plus la technologie chaque jour, que ce soit pour magasiner en ligne, travailler de la maison ou se divertir. Il pense que la souplesse du télétravail sera toujours appréciée après la COVID-19; pour ces raisons, aussi bien du point de vue du consommateur que de celui des entreprises, il anticipe des gains dans la technologie.

Optimisme au sein du secteur des technologies

M. Sohn recherche les sociétés qui présentent de solides données fondamentales et une croissance soutenue des bénéfices, mais qui peuvent néanmoins être sous-évaluées au sein du marché. Il apprécie toujours les sociétés d’Internet à grande capitalisation, comme Amazon et Google, en raison de leurs modèles d’affaires uniques et de la croissance continue de leurs revenus. Même si leur cours est élevé, il ne pense pas que leurs valorisations soient déraisonnables. Il arrive que des entreprises dans ce secteur se négocient à 30 fois les bénéfices. M. Sohn estime toutefois que c’est trop élevé, et c’est quelque chose qu’il cherche à éviter.

La réglementation nuit-elle au secteur de la technologie?

M. Sohn ne croit pas que la réglementation nuit au secteur; il estime même qu’elle est nécessaire jusqu’à un certain point. Les sociétés veulent se conformer à la nouvelle réglementation, mais le secteur lui-même est encore relativement nouveau. Il pense qu’il faut s’attendre à des lignes directrices uniformisées et plus claires en matière de réglementation dans le futur.

Il note qu’il est beaucoup question du démembrement des grosses sociétés, mais il n’y voit rien de négatif. Amazon, par exemple, pourrait scinder ses divisions d’infonuagique et de livraison, ce qui pourrait être une bonne chose pour les investisseurs, parce que chacune pourrait se démarquer à long terme.

Véhicules électriques

Ce sous-secteur est en expansion, mais le taux de pénétration du secteur de l’automobile mondial est encore faible. Les gens commencent à être plus préoccupés par l’environnement et M. Sohn estime que ce sous-secteur est prometteur. Il préfère cependant les entreprises de semi-conducteurs ou de matériaux spécialisés, autrement dit les sociétés qui fabriquent les pièces qui rendent ces véhicules plus efficaces, plutôt que les fabricants d’automobiles eux-mêmes.

 

Dirk Hofschire – 24 septembre 2020

Le travail de l’Équipe de recherche sur la répartition de l’actif de Fidelity est de définir une vision d’ensemble à long terme à partir des données historiques et des perspectives mondiales. Dirk Hofschire, vice-président principal, Recherche sur la répartition de l’actif, discute avec les membres de son équipe de l’élection, de la pandémie de COVID-19, de la dette et du stade d’avancement du cycle du marché.

Démondialisation

M. Hofschire pense que nous nous dirigeons vers une plus grande démondialisation en raison de la rivalité géopolitique entre les États-Unis et la Chine. Cette concurrence économique s’accompagne d’un enjeu de sécurité nationale, parce que les deux pays ont une vision du monde diamétralement opposée. Les deux économies sont au centre d’un réseau mondial et toute tension au centre peut créer des problèmes. M. Hofschire pense que cette situation pourrait durer un certain temps et que peu importe qui remporte l’élection américaine, la démondialisation restera une tendance à long terme.

Impact de la pandémie sur les tendances

M. Hofschire considère la pandémie plus comme un phénomène à court terme qui influe sur le cycle du marché. Le brusque repli a été suivi d’une remontée abrupte au moment du déconfinement. La récession semble terminée, mais nous sommes encore loin du niveau de croissance observé avant la pandémie. Certains secteurs (comme ceux des services et du voyage) ne reprendront probablement pas tant qu’un vaccin ne sera pas disponible. On note toutefois certains effets positifs, comme le fait que les gens consomment davantage certains produits.

Dans l’ensemble, M. Hofschire s’attend à une amélioration séquentielle si l’évolution du virus permet une réouverture progressive, puis complète. Il note une accalmie en ce moment, après la reprise en forme de V, et il pense que certaines entreprises qui ont pu profiter d’un répit durant les mois d’été pourraient avoir de la difficulté à survivre si elles sont obligées de fermer encore une fois à l’approche de l’hiver.

Freinage fiscal

M. Hofschire pense que lorsque le déficit est important, ce qui compte c’est l’écart par rapport au déficit de l’année précédente. En ce moment, les États-Unis se dirigent vers un déficit de l’ordre de 16 % du PIB. Le ramener à 5 % du PIB l’an prochain sans engager de nouvelles dépenses exigerait un budget très strict, mais il faudrait que l’économie soit suffisamment robuste pour le supporter. M. Hofschire pense qu’il faudra dépenser plus que par le passé pour soutenir l’économie, mais pas autant qu’au mois d’avril.

 

Hugo Lavallée – 23 septembre 2020

Hugo Lavallée, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Potentiel Canada et du Fonds Fidelity Canada Plus, indique où il trouve des occasions de placement et discute des tendances qu’il observe dans la conjoncture actuelle.

Comportement des consommateurs

M. Lavallée considère que la récession a été étrange et a noté un changement de comportement des consommateurs. Les gens dépensent beaucoup moins pour voyager et de nouvelles tendances ont vu le jour, comme le travail à domicile, l’utilisation du vélo, la technologie financière et autres, qui ont toutes été accélérées par la pandémie.

Occasions de placement

M. Lavallée entrevoit certaines tendances parmi les initiatives vertes et en parle depuis longtemps. De nombreuses mégasociétés s’efforcent de devenir plus respectueuses de l’environnement. Personnellement, il voit le carbone comme l’ennemi et estime que le temps presse si on veut que ces initiatives portent leurs fruits.

Secteurs à éviter

M. Lavallée explique que le rendement ne dépend pas seulement des titres dans lesquels on investit, mais aussi de ceux dans lesquels on n’investit pas. Un élément auquel il est désormais sensible est l’évolution du coût du capital. Ce nouvel élément vient d’Europe; certains titres sont mis sur la liste noire par les investisseurs institutionnels et cela a une incidence sur le coût du capital.

Le message qu’il veut transmettre est qu’il y a toujours des titres à acheter; il suffit de prendre le temps de les trouver. Par exemple, il investit très peu dans le secteur de l’énergie, mis à part Darling, une société qui produit du diesel renouvelable. À son avis, Darling serait avantagée si les États-Unis décidaient d’imposer une taxe sur le carbone.

Doit-on anticiper d’autres corrections boursières?

M. Lavallée voit les corrections comme une bonne chose; elles éloignent les investisseurs qui manquent de conviction dans leurs stratégies ou dans les ressources pour les mener à bien et il en profite pour modifier la répartition de l’actif et réinvestir dans ses titres de prédilection. Il n’a pas peur d’investir et conserve moins de liquidités.

Élections américaines

M. Lavallée s’attend à une certaine volatilité liée aux élections de novembre, mais il ne concentre pas toute son attention là-dessus. Il se sent prêt et dit que Fidelity dispose des ressources nécessaires pour aller de l’avant. Il s’attarde plutôt aux sociétés dans lesquelles il pourrait investir et qui devraient se relever d’ici deux ou trois ans.

Or

M. Lavallée investit dans des titres aurifères; il n’a pas de fortes convictions à l’égard de cet actif, mais il mise sur l’inflation.

 

Jurrien Timmer – 21 septembre 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale chez Fidelity, nous parle de la réaction des investisseurs à la crise de la COVID-19 qui perdure et d’autres facteurs qui influencent les attentes et le comportement des marchés.

Ruth Bader Ginsburg

M. Timmer croit que le décès de Ruth Bader Ginsburg attisera les tensions déjà vives entre les démocrates et les républicains, et soulèvera un débat à savoir quand pourvoir son poste : avant ou après les élections? La situation ainsi envenimée risque de retarder encore l’adoption de la loi CARES et de nouvelles mesures de relance budgétaire pense-t-il.

Opérations sur options de vente

M. Timmer est d’avis que la récente correction est attribuable aux opérations sur options de vente de Softbank et s’apparente à celle provoquée par les spéculateurs de la plateforme Robinhood, sauf qu’elle est un peu plus généralisée. Il est persuadé que ce repli n’est que temporaire et qu’il se limitera à 10 % ou 15 %.

Rotation sur les marchés

Il arrive qu’une rotation survienne sur les marchés pendant une correction, mais cette fois-ci tout est en baisse. M. Timmer croit que la Réserve fédérale américaine (Fed) est consciente que la politique monétaire a ses limites. Selon lui, les marchés s’étaient laissé emporter par les bénéfices, mais cette correction pourrait ramener les cours à des seuils plus conformes aux bénéfices des sociétés. Il estime que, dans l’ensemble, cette correction sera bénéfique.

Liquidités non investies

M. Timmer souligne qu’environ 4,5 mille milliards de dollars dorment dans des titres du marché monétaire, mais que cette somme a diminué en pourcentage de la capitalisation boursière, ce qui signifie qu’il y a encore des liquidités non investies. Pendant un marché haussier prolongé, ce qui est le cas actuellement selon M. Timmer, il faut profiter des replis pour saisir des occasions de placement.

La réalité rattrape Wall St.

M. Timmer entend souvent dire que les marchés se comportent de manière irrationnelle, mais il soutient que ce qui se passe en ce moment est monnaie courante et que les valorisations sont beaucoup plus raisonnables que ce que les gens pensent. Puisqu’en règle générale, les cours devancent les bénéfices, il ne faut pas s’étonner des ratios cours/bénéfice actuels. Selon les modèles d’actualisation des flux de trésorerie, la juste valeur de l’indice S&P 500 se chiffre à 3 500 points et, en ce moment, il se négocie à environ 3 300 points.

Or

M. Timmer aime l’or, mais prévient qu’il s’agit aussi une source de liquidités, ce qui en fait un actif volatil, surtout lorsque les appels de marge se multiplient.

Déflation vs inflation

Les périodes déflationnistes font la pluie et le beau temps et M. Timmer est convaincu que la tendance déflationniste se poursuivra, malgré les efforts déployés par la Fed pour alimenter l’inflation. Certains diront que l’argent imprimé et les mesures de relance budgétaires adoptées par la Fed et les gouvernements des quatre coins du monde finiront bien par faire grimper le taux d’inflation. M. Timmer en doute, car il faudra d’abord traverser une très longue période déflationniste accentuée par le vieillissement de la population et un taux d’endettement élevé.

 

Eileen Dibb – 18 septembre 2020

La gestionnaire de portefeuille Eileen Dibb partage ses perspectives sur la région de l’Asie-Pacifique, explique quels pays et secteurs obtiennent de bons rendements et décrit les répercussions que les événements politiques pourraient avoir sur cette région. Elle offre également une mise à jour sur la structure du Fonds Fidelity Étoile d’AsieMD et du Fonds Fidelity Japon et explique ce qui pourrait changer.

Tendances actuelles

Mme Dibb croit que les États-Unis montrent les dents en exerçant des pressions sur les sociétés chinoises, en particulier les entreprises numériques et technologiques telles que TikTok et TenCent.

Certificats américains d’actions étrangères (CAAE)

Mme Dibb souligne que les sociétés émettrices de CAAE commencent à subir des pressions de la part du gouvernement américain en raison de leur gestion comptable plus ou moins transparente. Les sociétés chinoises commencent à s’inscrire à la Bourse de Hong Kong pour offrir aux investisseurs une manière différente d’accéder à leurs actions. Il semble que les entreprises cotées à la Bourse de Hong Kong soient plus facilement accessibles sans avoir recours à l’émission de CAAE. À son avis, nous pourrions assister à de grands changements au cours des prochains mois. En effet, ces sociétés pourraient notamment être forcées d’ouvrir leurs livres et de divulguer des renseignements supplémentaires, à défaut de quoi elles pourraient être radiées.

Actions chinoises

Les actions chinoises et l’économie du pays se sont redressées fortement, mais ont perdu un peu de leur élan ces derniers temps, d’après Mme Dibb. Comparativement au reste du monde, l’économie chinoise est forte, en partie parce que la Chine a été le premier pays touché par le coronavirus et le premier à se tirer d’affaire.

Marchés des capitaux chinois

La Chine doit ouvrir ses marchés des capitaux et prend les mesures nécessaires pour y arriver. Autoriser davantage d’entreprises étrangères et d’investissements étrangers en Chine permettra aux marchés financiers du pays de prendre de l’expansion.

Occasions de placement au Japon

Le Japon est un marché très cyclique. Les secteurs de l’automobile et du commerce de détail ont amorcé une remontée. Mme Dibb a décidé d’accorder une plus forte pondération aux titres japonais que l’indice de référence et commencé à investir dans des entreprises de camionnage et de marchandises.

Élections américaines

Mme Dibb ignore quelles seraient les retombées d’une victoire de Joe Biden aux élections américaines et elle croit que cela dépendra en grande partie de sa position à l’égard des sociétés chinoises de télécommunications et des tarifs en vigueur à l’heure actuelle.

Huawei

Huawei a été la cible de nouvelles restrictions cette semaine, alors que la vente de ses produits est désormais interdite aux États-Unis. Mme Dibb a décidé de profiter de cette occasion pour s’intéresser aux sociétés de produits et services qui pourraient profiter de la situation.

Tensions entre les États-Unis et la Chine

Mme Dibb doute qu’une alliance commerciale entre les États-Unis et la Chine puisse être conclue de sitôt et ne voit pas quand les tensions vont s’apaiser. Il n’y a aucun effort de rapprochement majeur entre les deux pays en ce moment : les États-Unis se sont retirés de l’accord de partenariat transpacifique et d’autres accords vont de l’avant, mais sans inclure la Chine. Mme Dibb ajoute que les entreprises subissent les contrecoups des tensions sino-américaines, mais qu’elles ne sont pas toutes touchées directement et que le pays renferme encore de nombreuses occasions de placement qu’elle s’affaire à analyser.

Inde

Mme Dibb note que l’Inde traverse une période difficile en raison de la COVID-19; toutefois, l’économie du pays pourrait rebondir plus rapidement que prévu, étant donné que sa population est plus jeune et qu’elle veut retourner au travail.

 

Kyle Weaver – 16 septembre 2020

Le gestionnaire de portefeuille Kyle Weaver nous fait part de son point de vue sur les actions américaines et les tendances à long terme au-delà des prochaines élections et de la pandémie de coronavirus. M. Weaver, qui gère la toute nouvelle Catégorie Fidelity Occasions de croissance américaines, explique sa philosophie et ses critères de placement.

Numérisation

M. Weaver croit que la numérisation est une tendance très répandue qui est là pour de bon. C’est aussi un des thèmes prédominants de son portefeuille. Il souligne que les entreprises qui ont profité de la tendance au télétravail ont vu leur croissance s’accélérer en raison de la pandémie. Cependant, il pense qu’elles auraient atteint le même degré de croissance en l’absence de pandémie, mais il aurait simplement fallu attendre deux ou trois ans de plus. Bref, les tendances à long terme étaient déjà amorcées et la crise n’a fait qu’accentuer les besoins des consommateurs.

Philosophie de placement

La philosophie de placement de M. Weaver se décline en trois volets :

1. Titres de croissance révolutionnaires : C’est le volet préféré de M. Weaver, car il lui permet de dénicher des sociétés à petite et moyenne capitalisations susceptibles de devenir des sociétés à très grande capitalisation semblables à celles que nous connaissons aujourd’hui. Ce volet offre également le meilleur potentiel de génération d’alpha. Les qualités qu’il recherche dans une entreprise sont d’excellents dirigeants, un potentiel de rentabilité évident et un bon modèle d’affaires. Wayfair, Roku et Carvana en sont de bons exemples.

2. Sociétés dotées d’un excellent potentiel de croissance à long terme : Ce sont les sociétés à très grande capitalisation qui composent principalement l’indice. Dans ce volet, M. Weaver se concentre sur les sociétés à grande capitalisation qui recèlent encore un fort potentiel de croissance.

3. Titres de croissance résilients : Ceux-ci sont également désignés comme actions de valeur. M. Weaver est à l’affût d’entreprises dont le potentiel de croissance est sous-évalué.

Faire fi du bruit temporaire

M. Weaver affirme que cette année est l’une des plus volatiles de sa carrière, mais fait remarquer que la Catégorie est toujours positionnée de manière à profiter des occasions. Mars et avril nous ont fourni un formidable exemple de la stratégie de gestion de la Catégorie : il y a eu tellement de liquidations forcées sur les marchés que ce fut une occasion en or de renchérir sur les titres de prédilection du gestionnaire à des cours extrêmement bas, certains d’entre eux ayant perdu 50 à 70 % de leur valeur par rapport au mois de janvier.

Évaluations et ratios cours/bénéfice

M. Weaver se préoccupe énormément des évaluations et examine le potentiel sur trois, cinq ou sept ans. Cependant, il ne s’attarde pas uniquement aux évaluations et se fie toujours à l’analyse ascendante lors de la sélection des titres. Il précise qu’en investissant selon une perspective à long terme, il a beaucoup de chances de surpasser le marché, qui lui se concentre sur le court terme. Par exemple, les estimations de Bloomberg ne vont pas plus loin qu’un an ou deux, au maximum.

Préférence en matière de capitalisation boursière

M. Weaver considère que la recherche de titres de croissance révolutionnaires est l’aspect le plus passionnant de son travail, parce que ces titres peuvent procurer des rendements élevés, mais il ne se désintéresse pas pour autant des sociétés à très grande capitalisation. Celles-ci occupent la place la plus importante dans l’indice et dans son portefeuille.

 

David Wolf – 15 septembre 2020

Le gestionnaire de portefeuille, David Wolf, fait part de son point de vue sur les mesures de relance budgétaire, l’inflation et la politique monétaire, explique comment ces facteurs influencent ses décisions de répartition de l’actif et où son équipe déniche des occasions de placement en ce moment.

Dépenses budgétaires

M. Wolf ne pense pas qu’on puisse trouver un juste milieu en matière de mesures de relance budgétaire. La COVID-19 a forcé les autorités budgétaires à agir pour combler les vides laissés par l’économie et ces interventions, bien que nécessaires, ont mis la dette sur une trajectoire insoutenable.

Taux d’intérêt

M. Wolf croit que les taux d’intérêt vont demeurer près de zéro pendant une période indéfinie. Compte tenu de l’ampleur de la dette, il souligne que si les taux devaient augmenter, ne serait-ce qu’un tout petit peu, les faillites se multiplieraient, et les gouvernements ne seraient pas épargnés.

Dollar canadien

Dans le contexte actuel, le dollar canadien s’est énormément déprécié. Cependant, la question est désormais de savoir par rapport à quelle devise il s’est déprécié, parce que le billet vert lui a emboîté le pas. M. Wolf pense qu’un scénario probable est celui de la dépréciation des devises nord-américaines par rapport à d’autres devises comme l’euro.

Europe

Comparativement à d’autres pays, l’Europe semble tirer son épingle du jeu dans la conjoncture actuelle. Compte tenu de la crise mondiale qui sévit et des taux figés autour de 0 %, les autorités budgétaires européennes sont conscientes que si les pays ne se regroupent pas pour fournir des mesures de relance, l’économie va éprouver des difficultés. Le gestionnaire estime que l’Europe pourrait absorber les sorties de fonds des pays étrangers, comme les États-Unis, ce qui favoriserait l’appréciation de l’euro.

Structure des Fonds

L’équipe de répartition mondiale de l’actif s’attarde à l’aspect défensif des fonds à multiples catégories d’actifs. Compte tenu de la situation actuelle, elle sait que la répartition traditionnelle 60/40 sera moins efficace qu’à l’habitude. Elle doit donc s’en remettre à la recherche pour trouver des moyens plus créatifs de réduire les risques.

Élection américaine

Comme on ne peut pas prédire le gagnant ni savoir comment la situation va tourner, M. Wolf croit que la prédiction la plus fiable, sans égard à l’issue des élections, est qu’il risque d’y avoir de la pagaille. Cependant, cette période de turbulence pourrait aussi permettre à l’équipe de répartition mondiale de l’actif de dénicher de bonnes affaires.

Marchés émergents

Lorsque la conjoncture s’envenime, M. Wolf explique que les titres américains en bénéficient généralement, parce que les investisseurs les considèrent comme des « valeurs refuges ». Dans ce cas-ci, parce que les États-Unis seraient la cause de l’instabilité, les autres régions du monde pourraient en profiter.

Marché canadien de l’habitation

Depuis plusieurs années, l’équipe de répartition mondiale de l’actif se préoccupe des évaluations en tant que tel par rapport au revenu des ménages. À présent, les gouvernements allègent le fardeau de la dette des ménages : la dette publique augmente et l’endettement des ménages diminue.

 

Jurrien Timmer – 14 septembre 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale à Fidelity, nous livre ses impressions sur la récente correction, s’il estime qu’il y a des signes d’une bulle spéculative des valeurs technologiques et donne son avis sur les sujets d’actualité tels que les élections américaines et la possibilité d’une résurgence de la COVID-19.

Correction boursière

Au premier abord, M. Timmer compare la chute de 8 % de l’indice S&P 500 à ce qui s’est produit en juin, soit un pic du momentum (parfois appelé « pic Robinhood »). Il semble que la majeure partie des flux de capitaux provenait d’investisseurs institutionnels qui se procuraient des options d’achat. Cela a donné lieu à ce qu’il appelle un « plafonnement du coefficient gamma »; les marchés ont été entraînés dans un cercle vicieux à la hausse qui a fini par provoquer un effondrement. Comme il le dit si bien, c’est le genre de phénomène qu’on constate toujours a posteriori; l’indice de ce fait était que la volatilité augmentait au gré de la hausse des cours, signe que le vent finirait par tourner.

Creux du marché

M. Timmer pense que nous devons attendre de voir ce qui arrivera à Washington, où les législateurs parlent de la phase quatre de la loi CARES. Il y a encore des remous sous la surface, comme en témoignent les mises à pied permanentes qui se multiplient, sans oublier les chaînons manquants du marché qui doivent être résolus.

Élections américaines

M. Timmer croit que d’autres mesures de relance budgétaire seront adoptées avant la tenue des élections, mais les démocrates veulent offrir un soutien illimité aux États et aux autorités locales, tandis que les républicains veulent soutenir uniquement les États en alerte rouge. S’ils ne parviennent pas à s’entendre au cours des prochaines semaines, il doute que de nouvelles mesures soient adoptées avant janvier prochain.

Hausse des taux d’intérêt

M. Timmer n’entrevoit pas de hausse de taux avant cinq ans. Cela ne veut pas dire que les taux n’augmenteront pas naturellement; il n’est toutefois pas convaincu que nous basculerons vers un régime inflationniste. Advenant un changement de régime politique à Washington, Jerome Powell pourrait être reconduit à la présidence du Conseil de la Réserve fédérale à la fin de son mandat en février prochain.

Bulle spéculative des valeurs technologiques

M. Timmer est d’avis que nous avons assisté à une réinitialisation saine et ajoute qu’il n’est pas possible de dire aujourd’hui quand nous serons en présence d’une bulle spéculative des valeurs technologiques.

Marché haussier prolongé

M. Timmer dit que le marché haussier dure depuis 2013, lorsque l’indice S&P 500 a atteint un sommet record. Cette période boursière a tous les attributs d’un marché haussier prolongé, même pendant et après le krach provoqué par la COVID-19. Les marchés haussiers séculaires sont plus courts et plus rapides que les marchés baissiers et les cours augmentent 71 % du temps.

Doit-on s’attendre à d’autres replis boursiers?

M. Timmer pense qu’il pourrait y avoir une vague de COVID-19 cet automne : la réouverture des écoles pourrait provoquer une flambée des cas de coronavirus. Il souligne qu’il n’y a pas eu d’épidémie de grippe dans l’hémisphère Sud et ne se dit pas tellement préoccupé par une deuxième vague, car dans les États de la ceinture solaire, le virus n’a pas entraîné beaucoup d’hospitalisations et les pays où une deuxième vague est déjà amorcée ont rapporté un nombre de cas beaucoup plus bas. Cependant, même s’il y a des réouvertures et que la population recommence à voyager, les mises à pied permanentes se poursuivent. M. Timmer nous rappelle qu’il ne faut surtout pas que la crise de liquidité devienne une crise de solvabilité, car il faudrait beaucoup plus de temps pour s’en remettre.

 

Réflexions des analystes de Fidelity – 11 septembre 2020

Le directeur de la recherche et gestionnaire de portefeuille Joe Overdest discute avec les analystes en recherche sur les actions Claire Fleming et Max Adelson des secteurs qui offrent encore un potentiel d’appréciation, selon eux.

Reprise

M. Overdevest anticipe une reprise en forme de K; il ne s’agit pas d’une reprise typique, et les secteurs du divertissement, du transport et de la restauration font face à des difficultés importantes. En raison des changements de tendance, il pense que la récupération de la dernière portion de 10 à 20 % de l’économie pourrait prendre du temps du point de vue de la finance comportementale et que les choses pourraient ne plus jamais revenir à ce qu’elles étaient il y a 12 mois.

M. Overdevest s’appuie sur le processus de placement de Fidelity pour trouver des gagnants potentiels dans ce marché, et il souligne que des recherches exclusives sont effectuées sur les données des cartes de crédit et sur les dépenses en technologie des grandes banques.

Énergie renouvelable

Mme Fleming considère que les exploitants d’énergie renouvelable sont dans une catégorie à part parce qu’ils ont fait leurs preuves, grâce au grand nombre de centrales hydroélectriques au Canada, et qu’ils peuvent mettre à profit leur expertise pour prendre de l’expansion dans de nouveaux marchés. Elle mentionne trois facteurs clés pour les titres d’énergie renouvelable :

  • la politique budgétaire
  • l’amélioration des facteurs économiques
  • les ratios d’évaluation.

Perspectives du secteur des technologies

M. Adelson constate que ce secteur a fortement augmenté au cours des dix dernières années en raison des progrès des nouvelles technologies, comme le passage à l’infonuagique et la personnalisation des TI. Il pense que la pandémie a accéléré ces tendances en les propulsant en avant de quatre ou cinq ans. Les entreprises réfléchissent maintenant à leurs stratégies en matière de technologie et à la façon dont elles peuvent mettre la technologie à profit dans les années à venir.

M. Overdevest ajoute que les sociétés de technologie sont parmi les plus importants consommateurs d’énergie et qu’elles souhaitent devenir carboneutres (pour les emballages et l’utilisation des serveurs).

Commerce électronique

Les consommateurs n’achètent plus de la même façon. Ils délaissent les magasins traditionnels au profit des achats en ligne et utilisent les médias sociaux, les influenceurs et les jeux vidéo pour acheter des articles.

Soins de santé

Le Canada compte une grande variété d’entreprises de soins de santé, et les gestionnaires de portefeuille de Fidelity rencontrent leurs dirigeants régulièrement en ciblant plus particulièrement les entreprises de biotechnologie, les fabricants de cannabis, les résidences pour aînés et les sociétés de logistique qui gèrent les fournitures de soins de santé.

 

Mark Schmehl – 10 septembre 2020

Mark Schmehl, gestionnaire de portefeuille de la Catégorie Fidelity Innovations mondiales, du Fonds Fidelity Expansion Canada et du Fonds Fidelity Situations spéciales, parle des prochaines élections et des principales tendances des marchés, notamment le télétravail, les pratiques ESG et les voyages, ainsi que de leurs répercussions sur les portefeuilles qu’il gère.

Élections américaines

M. Schmehl qualifie les élections américaines de plus grosse « déception » de l’histoire. Les marchés semblent indiquer que Joe Biden remportera la victoire, du moins si l’on se fie à la hausse des cours des titres liés à l’environnement. Les gens pensent souvent qu’une victoire démocrate nuit aux marchés. Pourtant, cette fois-ci, c’est le contraire qui semble se produire.

Investissement dans le télétravail

M. Schmehl croit que, même si le coronavirus n’est pas là pour rester, le télétravail n’est plus une activité cyclique, mais plutôt une nouvelle façon de travailler. Il est d’avis que les entreprises doivent permettre à tout leur personnel de travailler à la maison au moins quelques jours par semaine et il doute que cette tendance disparaisse une fois que le virus aura été anéanti. Il est persuadé que la technologie de type Zoom sera encore pertinente et que beaucoup de changements auxquels nous avons assisté en raison du télétravail deviendront également permanents.

Pratiques ESG et tendances environnementales

M. Schmehl pense que les gouvernements amorceront finalement un virage vert. Les autorités des quatre coins du monde admettent que le réchauffement planétaire est bel et bien réel, que les enjeux environnementaux doivent être résolus et qu’on peut y arriver. D’après ses recherches, dans 20 ans, la société pourrait fonctionner sans pétrole, mais cela exigera temps et argent. Une bonne partie de la technologie nécessaire en est encore à ses premiers balbutiements et coûte très cher.

Industrie du voyage

La stratégie de M. Schmehl concernant l’industrie du voyage est d’y aller à petites doses. Il persiste à croire que lorsque le coronavirus sera chose du passé, les gens sortir davantage et dépenseront massivement. Il ne sait pas trop quand cela surviendra mais, chose certaine, ce ne sera pas de sitôt.

Pétrole et gaz : les occasions de placement se font rares

M. Schmehl est d’avis que les occasions de placement sont limitées dans le secteur du pétrole et gaz et que l’industrie est en déclin. Il est d’avis qu’il pourrait y avoir une autre occasion de placement importante dans le secteur du pétrole, mais il ignore quand et comment elle se manifestera.

Sociétés FAANG

M. Schmehl n’investit pas beaucoup dans les sociétés FAANG, car il pense pouvoir dénicher de meilleures occasions de placement ailleurs.

Taux de rotation des portefeuilles

Le taux de rotation de ses portefeuilles a toujours été très élevé. Il apporte constamment des changements pour tirer parti des idées les plus prometteuses.

Occasions de placement mondiales

Il scrute la planète en quête de différents thèmes mondiaux. Ses placements s’inspirent davantage des changements thématiques et séculaires que des tendances régionales. Il cherche à investir dans les meilleures entreprises qui tirent le mieux leur épingle du jeu et cela se reflète dans ses portefeuilles.

 

Élection américaine de 2020 : débat d’experts – 9 septembre 2020

Le gestionnaire de portefeuille, Jeff Moore, le PVP, Relations gouvernementales à FMR, Jim Febeo, et la stratège sectorielle, Denis Chisholm, discutent de l’impact de l’élection américaine sur les marchés et échangent leurs points de vue sur différents scénarios électoraux et sur la volatilité avant et après l’élection.

Quoi surveiller à Washington

Le Congrès a recommencé à siéger à Washington, et M. Febeo pense que les discussions porteront principalement sur la prochaine phase de la loi CARES (programme d’aide lié à la COVID-19). Le Sénat tentera de faire adopter une aide financière de 300 à 500 G$ afin de prolonger l’assurance-chômage jusqu’à la fin de l’année, même s’il a peu de chances d’y parvenir; cela préparera probablement le terrain aux futures négociations. Comme la date limite pour présenter une demande de financement est le 30 septembre, le Sénat devra sans doute prolonger l’affectation des crédits. On s’attend probablement à voir une prolongation à court terme, sans doute après l’élection, mais à plus long terme la suite des choses pourrait dépendre du résultat de l’élection.

À moins de 60 jours du scrutin, les simulations donnent la victoire à Joe Biden 74 fois sur 100 et à Donald Trump 25 fois sur 100. Il y a plus de chances que Joe Biden soit élu; par contre, selon le sondage de FiveThirtyEight, M. Trump pourrait avoir un avantage.

L’élection influe sur le marché

La plupart des investisseurs savent ce que le « cycle électoral » a une incidence sur les rendements boursiers. Mme Chisholm constate que depuis les années 1930, au moment du regroupement de toutes les données, les rendements ont tendance à être supérieurs à la moyenne durant les deux dernières années du mandat présidentiel et inférieurs à la moyenne durant les deux premières années. Selon la théorie, il faut un peu de temps au président pour faire adopter son programme, et ensuite les deux dernières années sont stimulées par des mesures de relance, car le président sortant cherche à se faire réélire.

Au cours des 15 dernières années, cependant, cette corrélation s’est effritée pour les raisons suivantes :

  • Le marché escompte cette nouvelle plus rapidement.
  • Il pourrait y avoir un autre facteur corollaire : l’économie.

Mme Chisholm constate qu’il y a beaucoup d’appréhension et d’incertitude en ce moment; par contre, lorsque le résultat sera connu, le « brouillard se dissipera » et cette plus grande certitude pourrait faire augmenter les rendements. Elle pense qu’il ne faut pas accorder une importance indue à l’élection, qui n’est pas nécessairement le facteur qui influence le plus les portefeuilles. En général, les investisseurs ont intérêt à prendre un peu de recul et à ne pas bâtir leurs portefeuilles en fonction de l’élection.

Quelles sont les sources de volatilité?

On observe deux types de volatilité durant un cycle électoral :

1. Avant l’élection : la volatilité liée à l’incertitude.

2. Après l’élection : Quelles seront les nouvelles politiques? Quelle sera l’ampleur des hausses d’impôt? Avec quelle rapidité seront-elles mises en œuvre? Pour qui?

Ce n’est évidemment pas la première fois qu’il y a des élections. Celle-ci a une importance particulière, mais en même temps la tenue d’une élection n’a rien d’exceptionnel. M. Moore mentionne que ses analystes estiment qu’un repli de 10 % survient à peu près tous les huit mois, et ce n’est donc pas toujours attribuable à un événement précis, comme une élection. Une fois que l’élection sera passée, les gens commenceront à penser à matérialiser leurs gains ou leurs pertes.

 

Daniel Dupont – 8 septembre 2020

Le gestionnaire de portefeuille Daniel Dupont discute des secteurs intéressants et de la façon dont il investit actuellement dans le secteur pétrolier et gazier. Il partage également son point de vue sur l’or et les raisons qui pourraient justifier de suspendre les placements dans ce secteur

Correction de la semaine dernière

M. Dupont constate que le secteur des technologies de l’information est revenu à ses niveaux d’il y a quatre ou cinq semaines, et il voit dans cette correction une occasion de se repositionner. Il estime que pour les investisseurs souples qui connaissent leurs titres et savent ce qui les intéresse, le marché offre parfois de nombreuses occasions d’acquérir un titre.

Pétrole et gaz

M. Dupont pense que sur un horizon de placement plus long – soit de deux à trois ans – le pétrole va rebondir. Même si personne n’est prêt à financer ces sociétés en ce moment, M. Dupont est toujours optimiste pour les sociétés pétrolières qui ont de solides assises financières et de bons actifs.

Logiciels

Les logiciels semblent avoir la « mainmise sur le monde » en ce moment, ce qui pourrait justifier de payer plus de 40 fois le chiffre d’affaires. M. Dupont note qu’à n’importe quel autre moment dans l’histoire, une telle proposition aurait semblé ridicule; nous en sommes pourtant rendus là. Il ne pense pas qu’il soit possible de réaliser des gains sur un horizon de 10 ans en investissant dans un panier d’entreprises de ce secteur. Il s’intéresse plutôt aux sociétés les plus faiblement valorisées pour éviter les erreurs importantes.

Il continue d’être audacieux lorsque des occasions se présentent dans le secteur pétrolier et gazier et dans celui de la finance (avec une préférence pour les titres financiers européens), tout en continuant d’investir dans les sociétés de base qui ont protégé le Fonds au cours des 10 dernières années.

Or

Le gestionnaire constate que les données fondamentales semblent excellentes pour l’or en ce moment. Le rendement de l’or est lié aux taux réels aux États-Unis, et la Réserve fédérale a indiqué son intention de laisser l’inflation augmenter. On pourrait penser que cela contribuera à créer les meilleures conditions haussières possible pour l’or. Le problème, c’est que tout le monde le réalise, de sorte qu’il est peut-être temps de cesser d’investir dans ce secteur.

Occasions à l’échelle mondiale

M. Dupont pense que malgré les bons rendements aux États-Unis, ce sont l’Europe, l’Asie et les marchés émergents qui offriront les meilleures occasions au cours des 10 prochaines années, et avec un peu de chance, ils pourraient tous surpasser le marché américain.

 

Adam Kutas – 3 septembre 2020 

Le gestionnaire de portefeuille Adam Kutas discute de ses perspectives pour les marchés émergents et des occasions qu’il perçoit, alors que les économies émergentes redémarrent après le ralentissement sans précédent provoqué par la pandémie.

Thèmes généraux

M. Kutas mise sur trois principaux thèmes :

  1. Sociétés établies en Chine, mais qui n’y sont pas confinées : Ces sociétés ont des exploitations et des canaux de vente partout en Asie, et leurs titres étaient bon marché durant le délestage du mois de mars.
  2. Sociétés de technologie financière : Sur l’ensemble du continent, les composantes permettant d’améliorer la productivité sont spectaculaires. M. Kutas est particulièrement enthousiaste à l’égard du PAPE de la société de technologie financière chinoise Ant Group, qui offre des services financiers, dont des prêts, aux consommateurs, aux entreprises et aux sociétés de gestion de patrimoine.
  3. Sociétés pharmaceutiques locales : Durant la pandémie, les pays plus petits ont constaté la nécessité – et les avantages – de pouvoir se procurer des produits pharmaceutiques locaux en cas de perturbation dans leurs chaînes d’approvisionnement à l’étranger.

La Chine et l’élection américaine

La Chine est en constante compétition avec les États-Unis pour devenir la superpuissance de la technologie; il y a quelques années, les États-Unis dominaient aussi bien sur le plan de la production que de l’innovation. M. Kutas pense que cela a créé des tensions qui ne sont pas près de disparaître, peu importe qui remportera la prochaine élection. 

Énergie

M. Kutas pense que ce secteur est particulièrement intéressant dans certaines économies. Par exemple, des progrès en Chine ont rendu les énergies éolienne et solaire plus efficaces. Pour certains pays, il est plus intéressant de construire une centrale électrique solaire que d’importer du charbon, puisque la plupart des marchés frontaliers jouissent d’un climat doux parfaitement adapté à l’énergie solaire.

Afrique

M. Kutas estime que l’Afrique est l’une des rares économies à profiter d’une croissance des consommateurs traditionnels, même si la pénétration des biens de consommation y est faible comparativement à d’autres pays. Il a augmenté ses placements en Afrique au cours des deux dernières années. 

Inde

M. Kutas est d’avis que l’Inde représente une excellente occasion d’un point de vue structurel – en plus d’être le plus important marché à l’extérieur de l’Asie du Nord –, mais il pense que le pays pourrait faire face à d’autres problèmes sur le front de l’inflation.

 

Andrew Clee et Paul Ma – 2 septembre 2020

Andrew Clee, vice-président, FNB, et Paul Ma, vice-président et stratège principal, Portefeuilles, discutent de l’évolution des placements de croissance et de valeur durant la pandémie de COVID-19 et de la façon dont les deux styles se sont comportés lors des récessions précédentes. Ils décrivent leurs stratégies de composition des portefeuilles durant la reprise, les options de diversification pour s’affranchir de la volatilité associée à l’élection américaine et les occasions de placement qu’ils ciblent à l’échelle mondiale.

Croissance vs valeur

M. Ma mentionne que l’une des questions qui reviennent le plus souvent en ce moment concerne les titres de croissance et de valeur. Nombreux sont ceux qui pensent que les titres de croissance ont eu le dessus sur les titres de valeur en 2019, mais ce n’est pas nécessairement le cas. L’indice S&P 500 des titres de valeur a devancé l’indice S&P 500 des titres de croissance, mais de peu. Selon l’indice Russell 1000, les titres de croissance ont mieux fait que les titres de valeur. Cela montre que le dilemme entre croissance et valeur n’est pas aussi facile à trancher qu’on pourrait le croire. M. Clee ajoute que le rendement des deux stratégies varie aussi selon la région et l’indice de référence et qu’il est donc important de tenir compte de la région et du style d’exposition souhaité au moment de composer un portefeuille.

Domination historique des titres de valeur

Les titres de valeur ont surpassé les titres de croissance à partir des années 1970 jusqu’en 2008. Leur rendement était soutenu par les grandes banques, les sociétés énergétiques et les géants de ces secteurs, qui se démarquaient grâce à leur capacité d’endettement qui permettait d’augmenter les rendements. Depuis la crise financière mondiale, la nouvelle réglementation empêche qu’une telle chose puisse se reproduire. En ce moment, ce sont les titres de croissance qui dominent au chapitre du rendement, principalement les sociétés novatrices comme les entreprises du secteur des technologies de l’information. Reste à savoir si cela va durer.

À quoi ressemble la reprise?

M. Clee pense que si un vaccin devient disponible et que l’économie s’engage fermement dans une reprise, comme on l’a vu en 2008, les titres de valeur et à petite capitalisation pourraient reprendre la tête du marché, parce qu’ils ont été les plus durement touchés. Après la crise de 2008, certains titres américains de valeur et à dividendes avaient surpassé l’indice S&P 500 de 30 % l’année suivante. Si vous pensez que la COVID-19 ne disparaîtra pas de sitôt et que les choses ne redeviendront pas comme avant, vous devriez quand même considérer que la croissance se fait rare. Vu l’incertitude qui entoure la pandémie et les élections américaines, M. Ma pense qu’il est sage d’adopter une approche équilibrée.

Comment les conseillers peuvent surmonter les conditions actuelles

L’une des grandes menaces pour le marché américain est la prochaine élection. Pour s’affranchir de ce risque, M. Clee estime que les actions internationales offrent une bonne option de diversification en raison de leurs valorisations attrayantes et de l’absence de risque électoral.

Pour ceux qui s’attendent à ce que les effets de la pandémie durent plus longtemps, M. Clee pense que les FNB internationaux de qualité et axés sur le momentum offrent une bonne exposition aux secteurs de croissance. Pour ceux qui pensent que les choses reviendront à la normale plus rapidement, les FNB internationaux de titres de valeur ou à dividendes pourraient être de bon choix.

M. Ma ajoute que l’appui de l’Allemagne aux euro-obligations rend les actions internationales plus attrayantes. La position de l’Allemagne sur cette question a changé en raison de la montée des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis et de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. En émettant des euro-obligations, les pays peuvent signaler leur intention de rester dans l’Union européenne. Il convient également de mentionner que l’euro s’est apprécié par rapport au dollar américain au cours des deux derniers mois.

Tendances et stratégies récentes à considérer

Les FNB sont en vogue en raison de leurs frais peu élevés, de leur négociabilité et de leur capacité d’offrir une exposition à un facteur précis. Au Canada, depuis le début de l’année, ils ont attiré les flux d’actifs les plus importants de leur histoire. En général, les investisseurs ne couvrent pas leurs placements libellés en dollars américains, qu’ils considèrent comme une monnaie refuge. Cependant, un changement spectaculaire a été observé en mars et avril, lorsque les flux d’actifs ont largement favorisé les FNB en devises neutres ou couverts en dollars canadiens. À la mi-juin, la tendance s’est inversée et des actifs importants – retirés des placements couverts en dollars canadiens – ont convergé de nouveau vers les placements non couverts, car les gens ont constaté que les États-Unis s’en sortaient mieux que prévu.

 

Don Newman – 1er septembre 2020  

Don Newman, gestionnaire de portefeuille du Fond Fidelity Dividendes Plus, indique la place que pourraient occuper les sociétés à dividendes dans le portefeuille des investisseurs. Il partage ses perspectives sur la durabilité des entreprises mondiales à ce stade-ci de la pandémie de COVID-19, et les occasions de placement qui existent, selon lui, pour les investisseurs axés sur le revenu. 

Valeur et dividendes

M. Newman constate que bon nombre de sociétés productives de dividendes sont mieux établies et plus avancées dans leur cycle de vie. Il fait remarquer que de nombreuses entreprises de technologie profitent de la demande de sociétés bien établies qui cherchent à numériser leurs opérations.

Réductions de dividendes

M. Newman croit que la majorité des baisses de dividendes − et les pires d’entre elles − sont derrière nous et que les mesures de relance du gouvernement étaient essentielles pour avoir suffisamment de liquidités sur le marché et permettre un accès extraordinaire au capital.  

Fonds Fidelity Dividendes Plus

Selon lui, les secteurs qui ont fait preuve de stabilité dans le passé pourraient perdre cette assise dans l’avenir, si bien qu’il est ravi du fait que le Fonds a pu éviter des embûches de taille qui se dressaient sur le marché. Son portefeuille est surpondère fortement les marchés canadien et américain, et accorde une petite place aux bonnes occasions parmi les titres de multinationales.   

Payer pour attendre

Même s’il croit que les évaluations sont exagérées dans bien des cas, elles ne sont jamais le seul catalyseur d’un marché haussier ou baissier. Ainsi, pour ce qui est des rendements absolus, le gestionnaire se concentre sur le rendement du portefeuille à longue échéance. D’un point de vue historique, il estime qu’en moyenne, la moitié des rendements totaux proviennent des dividendes. 

Diversification

Le Fonds détient habituellement 60 à 90 titres avec 5 à 8 % d’erreurs de reproduction, ce qui indique qu’il trouve d’excellentes occasions hors de l’indice de référence. Le style de gestion de M. Newman est de ne jamais surpondérer un titre susceptible d’avoir une influence considérable sur son portefeuille.  

Élections américaines

D’après lui, les changements réglementaires ne présentent pas de risque pour les dividendes et n’ont d’ailleurs jamais été un problème dans le passé. 

Secteurs

M. Newman se dit ouvert à tous les secteurs, de sorte qu’il investit là où il trouve des occasions. Contrairement à d’autres gestionnaires axés sur les dividendes, il est prêt à examiner les occasions de dividendes dans les titres aurifères, étant donné que les coûts sont réduits et que l’or a tendance à maintenir sa valeur en tant que devise. À son avis, les sociétés de télécommunications sont temporairement les « perdantes de la COVID » en raison de la diffusion restreinte de sports et de l’utilisation réduite des fonctions d’itinérance.

Banques canadiennes 

Au mois de mars, les banques canadiennes ont touché leur valeur comptable pour la deuxième fois en 20 ans; M. Newman estime qu’il s’agit là d’une excellente occasion d’achat pour lui. Les ratios de fonds propres se situent à environ 12 %, en hausse à partir d’un pourcentage à seul chiffre. Il se soucie principalement des reports de dettes, qui s’établissent actuellement à 8 %; c’est là un facteur prépondérant de l’attrait des banques.

 

Jurrien Timmer – 31 août 2020 

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, fait le point sur la situation des marchés, nous dit quelle direction ils prendront, selon lui, et aborde les sujets de l’heure tels que les marchés émergents et les vaccins. 

Où en est le cycle de marché?

M. Timmer croit que nous sommes en présence d’un marché haussier prolongé. Les replis cycliques qui surviennent pendant les marchés haussiers prolongés sont rapides comme l’éclair et partent aussi vite qu’ils sont venus; ils provoquent tout de même des chocs et n’empêchent pas les récessions. C’est ce qui lui fait se demander si nous assisterons à un éclatement des actions des sociétés de croissance à très grande capitalisation au cours des prochains mois.

La peur de rater des occasions

De nombreux investisseurs ont raté le redressement des marchés, et nous avons observé une recrudescence du phénomène de spéculation sur séance, qui a pris de l’ampleur ces derniers mois. M. Timmer est d’avis que les cours peuvent encore monter, ce qui pourrait être un grand thème en 2021.

L’impact d’un vaccin

M. Timmer souligne que l’accès à un vaccin aura une influence sur la revitalisation des « actions visées par la réouverture », comme les transporteurs aériens et les établissements hôteliers, mais précise que cela ne touchera pas tous les secteurs de la même manière. Il se demande si un vaccin sera découvert suffisamment tôt pour éviter les faillites à grande échelle, car les annonces de licenciements par diverses entreprises se poursuivent.

Les occasions de placement 

M. Timmer est enthousiaste à l’égard des marchés émergents, plus précisément de l’Asie, qui est son marché étranger de prédilection. Il continue de privilégier une stratégie de placement en forme d’haltères : il souhaite détenir des actions de croissance américaines, mais sous-pondère le dollar américain par rapport à l’indice de référence et cherche à dégager une plus forte croissance en misant sur les tendances démographiques des marchés émergents. Il s’intéresse aussi aux métaux précieux, aux TIPS et à certaines obligations à long terme, qui contribuent à forger un portefeuille qu’il considère comme capable de résister à toutes les intempéries.

Les prochains mois

M. Timmer a étudié la saisonnalité : toutes proportions gardées, elle semble peser dans la balance, mais n’est jamais la principale préoccupation. Sur ce plan, septembre et octobre sont des mois plus volatils et à plus forte raison cette année, puisqu’ils coïncident avec les élections américaines. Même si la saisonnalité a du poids, M. Timmer croit que ce sont le cycle économique et les valorisations qui influenceront le plus l’orientation des marchés.

Hausse des taux

La Réserve fédérale américaine (la Fed) a adopté une politique de ciblage du taux d’inflation moyen, ce à quoi nous nous attendions il y a un an. M. Timmer pense que la Fed aimerait que les taux à long terme augmentent, ce qui donnerait lieu à une courbe des taux positive et serait bénéfique pour les banques. À son avis, la clé n’est pas de mesurer les taux nominaux, mais bien les taux réels. À ce chapitre, M. Timmer n’est pas trop inquiet pour le moment.

 

 

Sri Tella – 28 août 2020

Le gestionnaire du portefeuille de titres à revenu fixe Sri Tella discute des changements de politique qu’il a observés à la Banque du Canada et à la Réserve fédérale (la Fed). Tandis que l’activité économique reprend, il évalue l’impact de ces changements sur le marché obligataire canadien et décrit les occasions de placement qu’il entrevoit pour les investisseurs canadiens sur le marché obligataire.

Mise à jour de la Banque du Canada

M. Tella pense que le gouvernement essaie de rendre la politique de la banque centrale et la politique monétaire plus transparentes, notamment en ce qui concerne la mesure de l’inflation et le taux d’inflation idéal. Le consommateur moyen s’intéresse à ses sources de dépenses – comme la nourriture – et M. Tella s’attend à ce que les prix montent. Pourtant, l’inflation semble stable ou en déclin. La grande question est de savoir si la Banque du Canada mesure l’inflation correctement, compte tenu des changements dans les habitudes de consommation – ce que l’indice des prix à la consommation est censé refléter.

Changement de politique

La croissance à long terme et les taux d’intérêt ont fortement chuté. Le Canada s’est rapproché de ses cibles d’inflation, mais aux États-Unis les cibles ne sont toujours pas atteintes. La Fed doit informer la population des politiques qu’elle entend adopter pour permettre à l’inflation de remonter au-dessus de la cible. M. Tella pense que la nouvelle cible d’inflation annoncée par le président de la Fed Jerome Powell à Jackson Hole visait à préparer le terrain pour les annonces relatives à la politique qui suivront en septembre et en octobre. La Fed peut ainsi commencer à mettre en oeuvre ses politiques, comme les indications prospectives et l’assouplissement quantitatif.

Perspectives des marchés obligataires

Après l’annonce de la Fed, M. Tella pense qu’il est plus probable que le Canada emboîtera le pas à la Fed et aux États-Unis, de sorte que les taux canadiens pourraient augmenter avant les taux américains. Il s’attend cependant à ce que les taux restent bas pendant une période prolongée, ce qui laisse entrevoir une accentuation de la courbe des taux. Les perspectives pour l’économie ne sont donc pas claires : les perturbations liées au virus, les élections et les facteurs géopolitiques sont autant de sources d’incertitude quant au niveau des valorisations.

Dette gouvernementale

Les chiffres de juillet confirment une augmentation de la dette plus importante que prévu. Il y a deux choses à considérer :

  • Les émissions de titres de créance sont appelées à augmenter considérablement, et les gouvernements deviendront très endettés. Il reste à voir comment ils s’en sortiront et comment ils comptent réduire la dette.
  • Le coût du service de la dette est moins élevé étant donné la faiblesse des taux d’intérêt. À court terme, la capacité d’honorer la dette est déterminante; le gouvernement canadien a déclaré que les paiements d’intérêt plus bas lui permettraient d’économiser cinq milliards de dollars.

Domaines d’intérêt

M. Tella et son équipe se sont intéressés aux provinces axées sur l’énergie, comme l’Alberta et la Saskatchewan, où les titres énergétiques se négocient à des niveaux de valorisation extrêmement faibles vu les fortes tensions auxquelles ils sont exposés.

Les titres offrant une protection contre l’inflation retiennent aussi leur attention. Au Canada, le taux d’inflation neutre se situe à environ 1,25 %. Si la Banque du Canada fixe sa cible d’inflation à long terme à 2 % et qu’elle est prête à laisser l’inflation dépasser ce seuil, il s'agit d’un moyen bon marché de se protéger contre l’inflation.

En dehors des titres de bonne qualité, les valorisations des obligations à rendement élevé ont évolué très favorablement, compte tenu des taux faibles et des durations courtes. M. Tella pense que les obligations à rendement élevé produiront un rendement supérieur aux obligations gouvernementales.

Secteurs intéressants

M. Tella surveille les secteurs qui ont peiné durant la reprise, mais qui pourraient se démarquer à long terme. Du côté des FPI, les taux de perception des loyers ont été plus élevés que prévu étant donné les valorisations. M. Tella s’attend à quelques défaillances du côté des titres adossés à des créances mobilières, mais la marge de manœuvre est importante vu le niveau actuel des valorisations.  Les infrastructures, entre autres les autoroutes à péage, représentent des actifs clés qui devraient bien se tirer d'affaire à long terme selon lui.

 

David Tulk – 27 août 2020

Le gestionnaire de portefeuille David Tulk traite de l’incidence des élections américaines de novembre 2020 sur le marché et des réactions possibles des investisseurs alors que les gouvernements tentent d’endiguer la résurgence de la pandémie de COVID-19.

La nouvelle politique d’inflation

La Réserve fédérale (la Fed) accepte maintenant de laisser l’inflation augmenter afin que l’inflation moyenne remonte avec le temps vers le niveau cible fixé par la Fed. Cette décision vient confirmer le fait que les taux d’intérêt resteront très bas pendant un bon moment. L’inflation peut poser certains obstacles pour un portefeuille 60/40 traditionnel : la corrélation négative entre les actions et les obligations sur laquelle repose un portefeuille 60/40 peut en effet devenir positive et réduire la diversification.

Les défis de la relance budgétaire

Le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que d’autres mesures de soutien seront nécessaires, combinées à des dépenses budgétaires. M. Tulk pense que cela pourrait être un problème étant donné la situation politique compliquée en ce moment aux États-Unis. Selon lui, l’élection américaine réduit et retarde la capacité du gouvernement de prendre des décisions au point où les politiciens se demandent comment ils peuvent exploiter la situation à leur avantage. Les données montrent qu’un soutien gouvernemental est crucial pour stimuler les dépenses de consommation.

Surendettement mondial

L’endettement dans le monde est en hausse depuis les années 1980, une situation qui a été exacerbée par la pandémie. Après avoir analysé des périodes antérieures où le ratio de la dette au PIB dépassait 100 %, l’équipe de la répartition mondiale de l’actif a réussi à cerner les éléments qui ont permis au gouvernement de redresser la situation.

  • Croissance permettant de résoudre l’endettement : Une tâche difficile, mais non impossible comme on l’a vu après les guerres mondiales (p. ex., la reconstruction d’après-guerre et le baby-boom).
  • Prospérité budgétaire : Cet élément ne suffit habituellement pas à lui seul; les efforts pour réduire les dépenses et augmenter les impôts n’ont pas démontré qu’ils permettaient de maîtriser la dette.
  •  Inflation : Les cas où les gouvernements et les banques centrales ont encouragé l’inflation sont ceux où les résultats ont été les plus probants.

Répartition de l’actif dans un contexte d’endettement

Pour aider à protéger le portefeuille contre l’inflation, M. Tulk précise que l’équipe investit dans des obligations à rendement réel au Canada et dans des TIPS aux États-Unis pour la composante à revenu fixe et dans l’or pour la composante en actions. M. Tulk estime important de faire preuve de souplesse pour la composition du portefeuille et de conserver des liquidités pour pouvoir ajouter des placements prometteurs, en particulier en période de volatilité. Une diversification entre plusieurs catégories d’actifs et régions géographiques est aussi importante.

Structure des Fonds

M. Tulk privilégie une stratégie en haltères en combinant des éléments procycliques, comme des obligations à rendement élevé et des marchés émergents, et des éléments défensifs, comme des obligations protégées contre l’inflation et l’or. Il maintient par ailleurs une pondération en dollars canadiens inférieure à celle de l’indice de référence, une autre caractéristique défensive.

Les défis du Canada

M. Tulk pense qu’il faudra que les exportations augmentent pour relancer l’économie canadienne, mais que les tensions commerciales, la démondialisation et le choc de l’offre pourraient constituer des obstacles.

 

Scott Mensi – 26 août 2020

Le gestionnaire de portefeuille institutionnel Scott Mensi discute de sa stratégie sur deux ans qui consiste à investir dans des prêts à rendement élevé et à privilégier les sociétés très liquides. M. Mensi s’intéresse à une variété de sous-secteurs, notamment à des entreprises de jeux vidéo et de télécommunications qui ont grandement profité de la COVID-19.

Défaillances

M. Mensi s’attend à une augmentation du nombre de défaillances au cours des douze prochains mois. Le taux de défaillance sur le marché des obligations à rendement élevé oscille actuellement entre 6 % et 7 % et il pourrait augmenter autour de 10 %. Dans le marché des prêts, il pourrait grimper à 6 % ou 7 %.

Prêts à effet de levier

Au cours des dix dernières années, le marché des prêts à effet de levier est passé de 800 G$ US à 1 200 G$ US (soit l’équivalent du marché des obligations à rendement élevé). Les clauses des émissions sont devenues moins restrictives – c’est-à-dire qu’elles n’obligent plus les entreprises à maintenir certains ratios. Les porteurs ne peuvent plus provoquer une restructuration et forcer une entreprise à augmenter son coupon, et les entreprises jouissent d’une plus grande marge de manœuvre à l’intérieur de leur structure du capital.

L’avenir du marché des prêts

Compte tenu des tendances démographiques et des taux actuels, M. Mensi ne s’attend pas à ce que le marché des prêts ou des obligations à rendement élevé rétrécisse à brève échéance. Il n’y a plus de joueurs de troisième et de quatrième échelon qui émettent des prêts sous forme d’obligations à rendement élevé, et des entreprises beaucoup plus importantes utilisent ces marchés pour obtenir du financement.

Autres occasions

M. Mensi pense que le coronavirus sera derrière nous d’ici deux ans. Entre-temps, certains sous-secteurs ont réussi à tirer leur épingle du jeu sur le marché des obligations à rendement élevé comme sur le marché des prêts, incluant les sociétés de câblodistribution qui offrent le service Internet. Les entreprises de télécommunications, de services publics et de soins de santé sont également relativement stables. D’autres sous-secteurs plus durement touchés présentent maintenant des occasions, comme l’énergie, les jeux vidéo et les loisirs.

 

Table ronde des analystes sectoriels – 25 août 2020

Joe Overdevest, directeur principal de la recherche et gestionnaire de portefeuille, et les analystes de recherche en actions Reetu Kumra, Nicolas Bellemare et Bobby Reynolds, nous parlent des répercussions de la COVID-19 et nous font part de leurs perspectives sectorielles pour l’automne 2020.

Rétrospective de 2020

M. Overdevest nous rappelle qu’au début de 2020, le cycle économique tirait à sa fin; les titres se négociaient à prix fort et on assistait à des débats sur la durée éventuelle de ce cycle. L’épidémie de COVID-19 a paralysé l’économie mondiale en ce que M. Overdevest qualifie de « pandémie classique », non pas d’une récession, donnant lieu à des circonstances particulières, notamment le fait que les consommateurs n’étaient plus en mesure de dépenser leur argent comme d’habitude. Les mesures de soutien monétaire et budgétaire n’ont pas tardé à venir et les marchés en ont conclu que nous n’étions pas en présence d’une récession typique. M. Overdevest fait une analogie à la lettre « K » pour décrire la situation : le marché a chuté, mais certains titres ont grimpé, tandis que d’autres ont continué de se replier.

Immobilier

M. Kumra voit l’immobilier industriel comme un bon placement à long terme parce que les entreprises sont passées en mode stockage au cas où pour éviter les problèmes d’approvisionnement. Le faible coût d’emprunt est un catalyseur pour l’achat de maisons et, si les taux d’intérêt restent bas et que la croissance économique s’accélère, ce marché pourrait enregistrer une bonne croissance.

Services financiers

M. Bellemare pense que les grandes banques continueront de verser des dividendes, mais la prise de contrôle de la courbe des taux par les banques centrales risque de freiner considérablement la croissance des banques.

Services de communication

Le secteur des services de communication est habituellement considéré comme défensif, mais M. Reynolds classe les entreprises de ce secteur parmi les « perdants » de la COVID-19, parce qu’elles n’ont pas touché leurs revenus d’itinérance internationale cette année; par contre, il juge que les fournisseurs d’accès à Internet sont mieux positionnés.

Énergie, marchandises et or

M. Overdevest fait remarquer que la structure de coûts des sociétés d’énergies renouvelables commence à diminuer, si bien que dans de nombreux pays, elles sont de plus en plus concurrentielles avec les sociétés pétrolières et gazières.

Il estime que le bois d’œuvre est le produit de base le plus attrayant en ce moment, suivi du cuivre et d’un peu plus loin du pétrole et du gaz.

Il nous rappelle que le prix de l’or n’est pas lié à l’offre et à la demande, mais qu’il est aiguillonné par des taux réels négatifs. Lorsque les taux d’intérêt des banques centrales sont inférieurs au taux d’inflation, comme c’est le cas actuellement, le pouvoir d’achat diminue, ce qui rend l’or extrêmement attrayant.

Consommateurs canadiens

M. Reynolds attire notre attention sur le fait qu’au début de l’année, on s’inquiétait davantage du sort des consommateurs canadiens que de celui des consommateurs américains. Or, comme le filet de sécurité sociale du Canada a tenu le coup plus longtemps que son pendant américain et que le risque d’une deuxième vague est moins élevé au Canada, les consommateurs canadiens semblent en meilleure posture à court terme. Les dépenses semblent être revenues au niveau d’avant la pandémie et cela se traduit par une augmentation des ventes d’articles de rénovation et de sport.

 

Jurrien Timmer – 24 août 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, aborde la percée historique de la semaine dernière, lorsque l’indice S&P 500 a atteint un nouveau sommet, ce qui a amené beaucoup d’investisseurs à se demander si le marché a plafonné. Il nous fait également part de ses réflexions sur les marchés émergents, les marchandises et la performance du pétrole et nous dit ce à quoi pourraient ressembler les rachats d’actions au cours des prochains mois.

Indice S&P 500

La semaine dernière, l’indice S&P 500 a atteint un nouveau sommet, même si les onze secteurs comptent plus de titres qui se sont repliés que de titres qui ont gagné du terrain. Habituellement, lorsque cela se produit, le marché recule d’environ 3 % mais, la semaine dernière, l’indice S&P 500 a avancé de 0,8 %. M. Timmer explique que cela est en grande partie attribuable aux actions des sociétés FAANG et à quelques autres titres qui obtiennent les meilleurs résultats depuis le début de la reprise.

Plafonnement du marché

Il y a beaucoup d’incertitude à savoir si le marché a plafonné et énormément de spéculation parce que nous ne sommes pas en présence d’une reprise typique après un repli boursier. Selon M. Timmer, nous serions plus certains que le marché a réellement plafonné si davantage de titres et de secteurs participaient à la remontée.

Pétrole et marchandises

L’indice des marchandises est parmi les plus forts en ce moment, grâce surtout aux métaux précieux. Les marchandises et les métaux précieux bénéficient de la dépréciation du dollar américain.

Marchés émergents

La dépréciation du dollar américain favorise aussi les marchés émergents. M. Timmer a pris des positions acheteur sur d’autres devises parce qu’il pense que le billet vert va continuer de se déprécier. Il est également enthousiaste à l’égard des marchés émergents, en particulier l’Asie.

Rachats d’actions

M. Timmer surveille de très près les rachats d’actions. Les rachats annoncés par les entreprises s’élèvent à seulement environ 1 % de la capitalisation boursière, ce qui est nettement inférieur au pourcentage de 2019, mais plus élevé que le chiffre de 2009. Il croit, qu’en apparence, ce pourcentage augure mal, parce que le ratio de distribution va chuter considérablement et que cela pourrait entraîner une diminution de la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs pour les actionnaires. Il ne pense pas que les rachats seront très élevés cette année, mais il anticipe une augmentation l’an prochain, à moins de perturbations de nature politique, compte tenu des élections prochaines et des changements de politique budgétaire qui pourraient en découler.

Europe

Le marché européen est dominé par les banques; or, comme les courbes des taux stagnent et que les taux oscillent autour de zéro, M. Timmer n’est pas très enclin à investir dans les banques. À l’extérieur des États-Unis, ce sont les marchés émergents qui retiennent son attention, particulièrement les titres plus cycliques et à plus forte croissance que les sociétés de services financiers européennes.

 

Matt Siddle – 21 août 2020

Matt Siddle, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Europe, explique ce qu’une résurgence des cas de COVID-19 dans certaines parties de l’Europe pourrait signifier pour leur redressement économique et nous dit vers quels pays et secteurs les investisseurs se tournent pour trouver une sécurité relative et un potentiel de croissance.

Deuxième vague en Europe

Ces dernières semaines, le nombre de cas a augmenté dans certaines régions de l’Europe, notamment en Espagne et en France, mais les éclosions ont été très localisées. Au Royaume-Uni et en Italie, le nombre de cas de coronavirus n’a presque pas changé. Les gouvernements des régions touchées adoptent des mesures de confinement plus localisées cette fois-ci, plutôt que de confiner tout le pays.

Mondialisation

M. Siddle fait remarquer que l’Europe est le plus global des marchés boursiers et que beaucoup de multinationales y ont leur siège social. Les sociétés de biens de consommation constituent de bonnes occasions de placement, de même que certains concepteurs d’applications logicielles, comme SAP et ASML, même si l’Europe n’est pas réputée pour ses technologies de l’information.

Chaînes d’approvisionnement

L’UE a l’avantage d’avoir accès à des installations à faible coût en Europe de l’Est, en Turquie et en Afrique du Nord, d’autant plus que les chaînes d’approvisionnement de la zone euro sont moins dépendantes de la Chine et de l’Extrême-Orient. M. Siddle croit que les entreprises européennes peuvent relocaliser leurs chaînes d’approvisionnement en l’Europe de l’Est sans trop de difficulté et que l’automatisation industrielle peut contribuer à accroître leur capacité de production.

 

Bruce MacDonald – 20 août 2020

Bruce MacDonald, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Extrême-Orient, décrit la réponse de la Chine au coronavirus et explique l’orientation qu’il croit que l’économie chinoise va prendre après la pandémie.

Reprise en Chine

M. MacDonald travaille à Hong Kong et était aux premières loges lorsque la Chine a procédé au confinement de sa population, qui a pris la chose très au sérieux. Les gouvernements régionaux et central ont suivi de très près les déplacements de la population et géré de façon très coordonnée et cohérente les sommes investies dans l’économie pour aider à la reprise et à son positionnement au sortir du confinement.

Industrie de l’automobile

La Chine cherche à prendre la tête du marché des véhicules électriques en s’attaquant de front au marché de l’automobile occidental traditionnel et en concentrant ses efforts sur les véhicules électriques.

Stratégies de relance

M. MacDonald souligne que l’Orient a adopté une approche différente de l’Occident. La Chine a orienté ses mesures de relance vers les infrastructures; elle n’a pas offert de montants globaux comme l’ont fait les pays occidentaux.

Commerce

M. MacDonald espère que les prochaines élections américaines soulageront quelque peu les pressions exercées par la guerre commerciale. Selon lui, le plus gros défi en ce moment est de savoir où le régime actuel mènera les États-Unis. Par ailleurs, la Chine tente de nationaliser complètement sa chaîne d’approvisionnement, éliminant toute dépendance aux autres pays.

Loi sur la sécurité

Partout en Chine, les travailleurs qui ont pris part à des manifestations ou qui ont dénoncé en ligne tout ce qui pourrait être « perçu comme étant nuisible au gouvernement chinois » ont depuis effacé leurs commentaires des réseaux sociaux de peur de subir de lourdes sanctions pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement depuis l’adoption de la nouvelle loi sur la sécurité.

Deuxième vague

Les pays qui ont bien réagi à la première vague et qui ont eu recours au confinement assistent à l’apparition de nouveaux cas. Personne ne veut retourner au confinement total et certains pays adoptent des politiques plus strictes pour éviter cette situation. M. MacDonald fait remarquer que beaucoup de pays rajustent leur programme de relance pour cibler cette fois-ci des pans précis de l’économie, au lieu des particuliers.

 

Steve DuFour – 19 août 2020

Dans une conjoncture de mesures de relance sans précédent et de bas taux d’intérêt, les sociétés à grande capitalisation tirent leur épingle du jeu et le gestionnaire de portefeuille Steve DuFour croit que les actions des sociétés à grande capitalisation sont attrayantes pour de nombreux investisseurs.

Méthode

La méthode de placement de M. DuFour est en majeure partie axée sur la façon d’investir en période de bouleversements. Son Fonds investissait déjà dans des thèmes dont les valorisations ont été exagérées et accélérées par la pandémie de coronavirus.

2009 vs 2020

Même si le marché haussier actuel semble suivre la même trajectoire que celui de 2009, M. DuFour affirme qu’il n’y a aucun rapport entre les deux. En 2009, les entreprises dont les bilans étaient médiocres s’étaient redressées, alors qu’en 2020, la reprise touche les grandes entreprises dotées d’excellents bilans.

Élections américaines

M. DuFour n’accorde pas trop d’importance aux prochaines élections et doute que des changements majeurs puissent nuire aux marchés. Il est d’avis que le coronavirus influence tellement l’économie que les autres enjeux, comme les élections et les relations sino-américaines, sont relégués au second plan. La question essentielle est de savoir quand l’économie pourra redémarrer complètement après la pandémie.

Occasions de placement

M. DuFour pense que les soins de santé (télémédecine et compagnies d’assurance maladie) et les technologies 5G recèlent énormément d’occasions de placement, le tout étant accentué par l’accroissement du télétravail. Il déniche aussi de bonnes affaires parmi les grandes sociétés technologiques, particulièrement les entreprises de paiement, en raison de la demande croissante du cybercommerce.

Sociétés américaines à moyenne capitalisation

M. DuFour souligne qu’en ce moment, il est plus difficile d’investir dans les industries qui dépendent de l’offre et de la demande en raison du choc de demande provoqué par le coronavirus, mais bon nombre d’entreprises qui n’exercent pas leurs activités dans les industries sensibles à la demande pourraient amorcer une forte remontée dès que l’économie redémarrera une fois pour toutes. Il s’intéresse aux entreprises qui livrent des aliments aux restaurants, aux hôtels et à d’autres industries aptes à retrouver leur potentiel de croissance des bénéfices sans avoir à composer avec un problème de capacité excédentaire.

 

Nicole Connolly – 18 août 2020

Nicole Connolly, chef des placements ESG et gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Leadership au féminin, explique qu’il y a encore plus de raisons d’investir dans les placements ESG après l’éclosion de la pandémie de COVID-19.

Survol des placements ESG

Mme Connolly fait remarquer que, d’après des données compilées par Morningstar, l’actif sous gestion des fonds ESG s’élève à mille milliards de dollars. Les investisseurs se ruent vers les placements ESG et cet élan s’est maintenu tout au long de la pandémie. Le mandat ESG consiste à investir vos capitaux dans des titres qui correspondent à vos valeurs, à vous protéger contre le risque de perte et à gérer les risques tout en générant de l’alpha.

Environnement

Mme Connolly investit dans des entreprises qui cherchent à diminuer leur empreinte de carbone. Elle note que de nombreux catalyseurs soutiennent les placements environnementaux et que le plan de relance de l’Union européenne est fortement axé sur le climat. Un thème qui est très prometteur est l’hydrogène renouvelable. Mme Connolly a décidé d’en tirer parti en investissant surtout dans des sociétés d’énergie éolienne.

Pratiques sociales

Durant la pandémie, les tensions raciales ont atteint un sommet record aux États-Unis, mettant à l’avant-scène l’aspect social des placements ESG. Mme Connolly s’intéresse aux entreprises qui priorisent leurs employés, leurs clients et les collectivités dans lesquelles elles exercent leurs activités. Elle croit que les investisseurs veulent que leur argent serve à financer les changements qu’ils souhaitent voir se réaliser.

Mme Connolly souligne que quelques entreprises semblent réussir particulièrement bien en matière de pratiques ESG. Le détaillant de vêtements pour femmes Aritzia a continué de payer ses employés pendant la fermeture de ses magasins et a fait parvenir des vêtements aux travailleurs de première ligne. Sa présence en ligne s’est intensifiée avec la fermeture des magasins traditionnels et elle a enregistré des ventes en ligne record. Bank of America est un autre exemple qui fait chaud au cœur : la société s’est engagée à investir un milliard de dollars dans les collectivités noires au cours des quatre prochaines années afin de financer des logements abordables, ainsi que des collèges, des restaurants et d’autres entreprises appartenant à des Noirs.

Occasions de placements ESG

Mme Connolly fait remarquer que de toutes les sociétés inscrites à l’indice S&P 500, seulement six ont un PDG noir. D’autre part, plus de 80 % des sociétés inscrites à l’indice Russell 3000 sont dirigées par des Blancs. Les placements ESG sont importants, car ils permettent aux investisseurs d’analyser les entreprises de façon à déceler des éléments qui échappent parfois à l’analyse financière traditionnelle. Citons par exemple leur capacité d’attirer et de retenir leurs employés, leurs initiatives axées sur la diversité, etc. Mme Connolly et les analystes de recherche de Fidelity utilisent nos cotes ESG exclusives pour déterminer quelles entreprises sont admissibles en fonction de leurs caractéristiques. De plus en plus d’entreprises disent se soucier des pratiques ESG, mais il est important de se demander dans quelle mesure les chefs d’entreprises sont déterminés à mettre en pratique les changements nécessaires et à continuer d’évoluer dans cette direction à long terme. Les sociétés à petite capitalisation disposent de moins de ressources que les grandes entreprises et Fidelity prend cela en considération lorsqu’elle attribue ses cotes ESG.

 

Jurrien Timmer – 17 août 2020

Que doivent surveiller les investisseurs concernant les actualités électorales?

Selon M. Timmer, les marchés commencent habituellement à porter attention aux élections après la fête du Travail. Sachant maintenant que Joe Biden sera le candidat démocrate à la présidence, les marchés sont probablement quelque peu rassurés à l’égard des risques réglementaires et fiscaux, puisque M. Biden peut être considéré comme un candidat qui plaît à un large auditoire.

Comment se portent les marchés?

Le rendement total de l’indice S&P 500 a dépassé son sommet absolu à peine 100 jours après avoir enregistré sa chute la plus rapide de 35 %. Nul n’aurait prédit en mars et en avril que cette reprise pourrait se produire aussi rapidement, mais l’économie est résiliente et le marché a eu raison d’escompter la hausse des cours d’avril et de mai.

Les marchés sont-ils surévalués?

Les ratios cours/bénéfice (C/B) ont presque doublé depuis le krach. Les sceptiques diraient que c’est injustifié, mais d’un autre côté, les cours sont généralement à leur plus bas avant les bénéfices parce que les marchés anticipent ce qui s’en vient. M. Timmer estime que plus nous avancerons dans la reprise, plus les bénéfices correspondront aux cours et les ratios C/B baisseront une fois que les bénéfices auront rattrapé leur retard. Il ajoute que nous sommes sur la bonne voie pour connaître une reprise semblable à celle de 2009.

Faut-il s’attendre à une forte remontée des cours boursiers?

M. Timmer fait état d’importantes rentrées de capitaux dans les fonds communs et les FNB d’actions. Les fonds du marché monétaire ont enregistré des sorties de capitaux, mais rien de comparable aux rentrées observées lors de la dégringolade des marchés. Son analyse montre que les baby-boomers ont délaissé les marchés boursiers et n’y sont pas encore retournés; or, c’est cette tranche d’âge qui dispose de la majeure partie de la richesse. Les investisseurs de la plateforme Robinhood continuent d’avoir une incidence sur les marchés, mais ils sont jeunes et cherchent le rendement à tout prix.

Marchés émergents

M. Timmer croit qu’il est avantageux de surpondérer les actions de l’extérieur des États-Unis. Il accorde également des pondérations plus élevées que celles de l’indice aux sociétés aurifères, aux titres de créance, aux TIPS et aux actions des marchés émergents, qui profitent tous des opérations de reflation. Il pense que la Réserve fédérale américaine se servira peut-être de la politique monétaire comme outil d’activisme social; investir dans des titres reflationnistes est un excellent moyen de tirer parti de cette situation.

 

Michael Plage – 14 août 2020

Le gestionnaire de portefeuille Michael Plage discute des occasions de placement parmi les titres à revenu fixe à ce stade-ci de la pandémie.

Données démographiques

Nous traversons une conjoncture de faibles taux, ce que le gestionnaire estime comme une période extraordinaire pour la gestion active, particulièrement pour les portefeuilles de titres à revenu fixe, parce qu’il est de plus en plus difficile de miser sur la diversification et les rendements. Étant donné le vieillissement de la population à l’échelle planétaire, il croit que la chasse aux rendements et les actifs productifs de revenu vont continuer d’aller bon train.

Risque

L’équipe d’analyse quantitative de M. Plage produit régulièrement des scénarios qui déterminent la sensibilité et l’exposition de ses portefeuilles aux changements de taux. À l’heure actuelle, ses portefeuilles sont très peu sensibles aux variations de taux.

Occasions de placement

Plusieurs obligations dans lesquelles M. Plage a investi en mars et en avril se négocient désormais à environ 40 % de plus; il souligne que c’est du jamais vu sur les marchés des titres à revenu fixe. Il considère que certaines catégories de titres de créance procurent des occasions de rendement et bon nombre d‘obligations de sociétés cotées BBB recèlent encore un bon potentiel de rendement.

Élections américaines

M. Plage fait remarquer que lui et son équipe ne structurent pas les portefeuilles en fonction d’une issue précise des élections américaines, ils tentent plutôt d’identifier les secteurs les plus susceptibles d’en bénéficier. Il croit que les marchés seront volatils d’une manière ou d’une autre, que ce soit en lien avec les élections ou le coronavirus, et que les replis boursiers sont monnaie courante; en moyenne, une perte de 10 % survient tous les huit mois.

Énergie

M. Plage a réduit sa participation au secteur de l’énergie, et plus particulièrement aux combustibles fossiles. L’exposition aux sociétés d’exploration et de production énergétiques a énormément diminué, quoiqu’il ait conservé une certaine participation aux sociétés d’exploitation de pipelines.

Soins de santé

À l’heure actuelle, M. Plage accorde une moins grande pondération à ce secteur que l’indice de référence. Cependant, s’il déniche une occasion de placement attrayante, il compte bien en profiter.

Services financiers

M. Plage persiste à croire que les services financiers conviennent très bien aux mandats de titres à revenu fixe. Il est d’avis que, du point de vue d’un créancier, la réglementation a fait des merveilles pour les banques. Le gestionnaire trouve les titres bancaires encore attrayants, parce qu’ils sont peu risqués et peu volatils et génèrent de bons revenus.

 

Naveed Rahman – 13 août 2020

Naveed Rahman est le gestionnaire de portefeuille institutionnel de la Catégorie Fidelity Valeur intrinsèque mondiale, cogérée par Joel Tillinghast et Salim Hart.

Méthode de placement axée sur la valeur

M. Rahman souligne que les titres de valeur accusent un retard de 25 % à 30 % sur les titres de croissance depuis le début de l’année ainsi que sur les 5 à 10 dernières années. D’un point de vue statistique, il estime qu’un ralentissement de la croissance est à prévoir. Le développement d’un vaccin permettra la réouverture de l’économie qui, elle, devrait soutenir les titres de valeur. Or, avec le temps, la gestion du virus s’améliore, si bien qu’une alternance des secteurs les plus performants pourrait survenir avant même qu’un vaccin ne soit disponible.

Nouvelles mesures de relance aux États-Unis

Jusqu’à présent, les mesures de relance aux États-Unis totalisent 5 mille milliards de dollars américains, mais M. Rahman pense que d’autres mesures de relance sont nécessaires d’ici à ce que le virus soit contenu. À son avis, les politiciens feront tout ce qu’il faut sur le plan économique une fois que toutes les autres options auront été épuisées.

Y aura-t-il une correction boursière?

Selon M. Rahman, la réponse à cette question est fonction de la conjoncture macroéconomique; de nombreux impondérables pourraient exclure une correction. Sur le plan microéconomique, les marchés sont presque revenus à leur sommet absolu, mais des mesures de relance additionnelles seront peut-être nécessaires pour éviter une contraction.

Stratégie du portefeuille

Le portefeuille du gestionnaire est bon marché : il se négocie à huit ou neuf fois les bénéfices. M. Rahman tient une « liste d’achat » qui regroupe les titres qui l’intéressent en cette période d’incertitude. Il fait remarquer qu’il a pu investir dans plusieurs sociétés financières à prix réduit pendant le creux boursier.

Inflation

Certains investisseurs sont inquiets; pourtant, il n’y a pas eu de hausse du taux d’inflation au cours des années qui ont suivi la crise financière mondiale. Cela dit, la reprise pourrait avoir une tout autre allure cette fois-ci, car les consommateurs bénéficient directement des mesures de relance.

Occasions de placement

En ce moment, M. Rahman est attiré par les titres du secteur des services publics : ces actions se négocient à escompte, étant donné que les taux d’intérêt sont en baisse. Il sous-pondère les titres du secteur des technologies de l’information en raison de leurs cours élevés à son avis. Par ailleurs, il estime que le Japon renferme de bonnes occasions de placement.

Élections

M. Rahman soutient qu’avec tout le bruit qui entoure les élections, il faut savoir que les marchés réagissent parfois de façon exagérée à d’éventuelles annonces de changements de politiques.

 

Navdeep Bains – 12 août 2020

Navdeep Bains, ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, a participé à une webémission DialoguesFidelity pour parler de la stratégie de reconstruction du Canada après le passage de la COVID-19.

Traitement de la COVID-19

Le ministre Bains énumère trois facteurs qui auront une incidence sur les décisions concernant le traitement de la COVID-19 :

1. Traitement au pays : Le gouvernement tente d’identifier les initiatives thérapeutiques canadiennes prometteuses, notamment en matière de vaccins; il en a d’ailleurs repéré une en Colombie-Britannique. 

2. Logistique : Le Canada a-t-il la capacité et les installations pour produire des traitements ou des vaccins en masse?

3. Établissement de partenariats : Le gouvernement explore les options à l’extérieur du Canada.

Histoire du Canada en matière de maladies étrangères

Le Canada investit considérablement dans la science et l’innovation depuis 2015, et le développement d’un vaccin contre l’Ebola lui a valu une place sur la scène mondiale. À l’heure actuelle, le gouvernement finance la recherche et le développement à l’échelle nationale d’un vaccin contre la COVID-19. Il devra toutefois faire preuve de diligence raisonnable pour que la distribution et l’utilisation du traitement inspirent confiance au public canadien.

Programme d’aide à la recherche industrielle du Canada (PARI CNRC)

Le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI CNRC) procure des services consultatifs en matière d’innovation d’ordres technique et commercial, du soutien financier et des contacts dans l’industrie à plus de 10 000 petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes chaque année pour leur permettre d’innover davantage et de commercialiser leurs idées. Le PARI CNRC jouit d’une renommée croissante à l’international et a été identifié comme organisme exemplaire pour sa vaste gamme de services de soutien à l’innovation et le financement accordé aux PME canadiennes. La majeure partie des dons servent à retenir le personnel qualifié, soit le plus gros défi auquel sont confrontées les petites entreprises canadiennes innovantes.

Énergie propre

Le gouvernement canadien compte atteindre la cible de zéro émission nette d’ici 2050 et, pour y arriver, accélère la transition vers une économie à faible utilisation de carbone en investissant dans les technologies propres et en mettant en place les structures nécessaires pour pouvoir atteindre ces cibles. Le gouvernement collabore présentement avec les régions, les secteurs d’activité et les entreprises pour revoir les enjeux et commencer à mettre en œuvre des politiques pour les aider à atteindre leurs objectifs.

Infrastructures de télécommunications

Avant la COVID-19, 80 % de la population canadienne vivait en milieu urbain et avait accès à l’Internet haute vitesse. Malheureusement, les autres 20 % qui habitaient en milieu rural n’avaient pas accès à ce service. La pandémie a fait ressortir l’importance de la connectivité, si bien que des efforts sont déployés pour que toutes les collectivités canadiennes puissent désormais avoir accès à l’Internet haute vitesse.

Tarifs douaniers

Le ministre croit que l’imposition de tarifs douaniers entre les États-Unis et le Canada est une mesure inefficace et contraignante pour les deux parties. Les deux pays ont travaillé fort pour créer une économie intégrée et faire en sorte que la région nord-américaine soit concurrentielle; ces barrières additionnelles nuisent à l’Amérique du Nord et ont été érigées pendant une crise économique mondiale majeure.

Reconstruction du Canada

La stratégie mise de l’avant comme suite au passage de la COVID-19 se veut :

  • inclusive, quant à la race et au sexe;
  • durable, grâce à l’énergie propre;
  • accessible aux régions rurales; et
  • concurrentielle, par le biais de l’innovation.

 

Jeremy Podger – 11 août 2020

Dans une conversation en direct de Londres, Jeremy Podger, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Mondial, explique où il trouve des occasions de placement parmi les actions mondiales.

Valeur vs croissance

Malgré la polarisation remarquable du rendement entre les titres de valeur et ceux de croissance cette année, M. Podger estime que les titres de valeur peuvent encore surpasser les titres de croissance de deux façons :

1. si nous assistons à un marché haussier type des titres de valeur, alors que les taux obligataires sont plus élevés et que l’inflation accompagne une croissance économique durable;

2. si les titres de croissance s’effondrent sous le poids de leur propre évaluation.

Selon M. Podger, les tenants de la gestion active sont actuellement attirés par les titres de croissance.

Structure

M. Podger cherche à conserver un portefeuille équilibré et à contrôler les risques. À l’heure actuelle, il attribue une plus forte pondération aux secteurs des technologies de l’information et des soins de santé que l’indice de référence, mais il évite celui des biens de consommation de base.

Occasions de placement

M. Podger classifie les occasions de placement en trois groupes :

1. les sociétés qui subissent d’importants changements structurels : principalement des fusions et scissions, mais aussi des PAPE;

2. les sociétés qui démontrent un degré de sous-évaluation et qui ont le potentiel de procurer un rendement annuel de 15 % sur trois ans, grâce surtout à une combinaison de profits et d’évaluation;

3. les sociétés qui enregistrent une croissance interne et naturelle.

Occasions à l’échelle mondiale

M. Podger accorde moins d’importance aux marchés émergents. Il est d’avis que le Japon est attrayant et relativement bon marché. De plus, il pense également que l’Europe n’a pas participé à la reprise et qu’elle pourrait présenter de bonnes occasions de placement.

Plan de relance vert de l’UE

M. Podger souligne que ce plan représente une étape importante qui incite les pays européens à unir leurs efforts et place l’Europe en tête de peloton en ce qui concerne les facteurs ESG.

 

Jurrien Timmer – 10 août 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, a participé à une webémission DialoguesFidelity pour donner son point de vue hebdomadaire sur l’orientation des marchés.

Banques centrales

Un des faits saillants du cycle du krach de 2020 attribuable à la COVID-19 est que la Réserve fédérale américaine (Fed) et les autres banques centrales sont parvenues à éviter le pire. M. Timmer souligne que ce n’est pas la première fois que la Fed se trouve dans cette position. Dans les années 40, lorsque les États-Unis étaient très endettés et que les impôts augmentaient, la Fed a pu guider l’économie et veiller à ce que les marchés se comportent comme elle le voulait. M. Timmer croit que, cette fois-ci, la Fed a été très efficace, ayant recours à des mesures quantitatives et au cadrage prospectif pour aider les marchés à remonter la pente, ce qui a donné lieu à une reprise orchestrée. On note une anticipation à la hausse du taux d’inflation, ce qui est positif en soi, car cela montre que les investisseurs ont confiance que les marchés se redresseront.  

Croissance vs valeur

M. Timmer continue de miser sur une bonne stratégie en haltères (qui consiste à détenir à la fois des titres de valeur et de croissance dans un même portefeuille), de tirer profit des tendances de croissance à long terme aux États-Unis et d’investir dans les marchés émergents pour accroître la valeur.

Un deuxième creux du marché?

À l’heure actuelle, M. Timmer croit que les marchés ont atteint le creux et que ce qui importe le plus est l’allure de la reprise. Il ne pense pas que les marchés seront de nouveau mis à l’épreuve; ils ont remonté de 46 %, si bien qu’un nouveau creux ne fait plus partie de l’équation. L’indice S&P 500 se dirige vers les sommets atteints en février dernier; M. Timmer est d’avis qu’il pourrait même les dépasser au cours des prochaines semaines.

 

Aneta Wynimko – 7 août 2020

Aneta Wynimko, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Produits de consommation mondiaux, aborde la question des habitudes de consommation dans le cadre de la pandémie et parle des secteurs qui, à son avis, devraient bénéficier des changements de comportement des consommateurs.

Épargne contre dépenses

Le consommateur américain est le principal levier de l’économie mondiale. Avant la pandémie, les consommateurs prenaient la moitié de leurs repas hors de leur domicile. Depuis, ils le font entièrement à la maison. Par ailleurs, le taux d’épargne a grimpé jusqu’à 33 %; du jamais vu depuis les années 1950. Or, lorsque les voyages seront moins risqués, les gens recommenceront à s’aventurer et il sera intéressant d’observer ce qui se passera.

Tendances ESG et consommation

Le consommateur joue un rôle important en ce qui a trait aux tendances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), surtout depuis l’avènement de la « consommation consciente ». Le virage vers le bien-être et les styles de vie plus éthiques est bel et bien enclenché. Mme Wynimko souligne que c’est particulièrement le cas chez les plus jeunes, qui optent pour des marques qui « agissent de façon responsable ». La génération Z aspire davantage à une économie circulaire qui consiste à réutiliser et revendre les objets au lieu de les jeter.

Occasions

Mme Wynimko fait remarquer que le Fonds investit beaucoup dans des sociétés axées sur le bien-être et les autres tendances que les consommateurs privilégient. Les soins de la peau et le bien-être personnel sont des domaines très prisés qui attirent désormais les hommes. Le cybercommerce a encore le vent dans les voiles et Mme Wynimko investit dans ce secteur depuis longtemps. Cependant, elle préfère pour le moment des marques et des entreprises qui se forgent une propriété intellectuelle, comme Adidas et Nike, tous deux des titres en portefeuille.

Changements survenus en mars

Dès le début de l’épidémie, Mme Wynimko a surveillé l’évolution de la situation et réduit son exposition à la Chine. Elle a consacré beaucoup de temps à l’analyse d’une société britannique qui fabrique des désinfectants et des produits de nettoyage et lorsque la situation s’est transformée en pandémie, elle a pris la décision d’investir, estimant que c’était une bonne occasion pour l’entreprise d’accroître sa part de marché.

 

Catherine Yeung – 6 août 2020

Catherine Yeung, directrice principale des placements chez Fidelity International, nous fait part de ses impressions sur l’intervention politique de la Chine en réaction à la COVID-19 et les points à considérer d’ici la fin de l’année 2020. 

Trois points à considérer en 2020

1. L’aplatissement de la courbe de la COVID-19.

2. Le rythme et la viabilité de la reprise économique.

3. Les politiques gouvernementales et leur mise en œuvre. 

L’aplatissement de la courbe en Chine a été relativement efficace et les quelques flambées de cas de COVID-19 ont été circonscrites. Mme Yeung croit que le système de santé ne sera pas mis à aussi rude épreuve que lors de la première vague.

Intervention politique de la Chine

Mme Yeung remarque que sur le plan de la reprise économique, les données sur le PIB ont surpassé les attentes. Les indices PMI sont repartis à la hausse et les taux d’utilisation reviennent à la normale. Les bénéfices de nombreuses entreprises de tous les secteurs ont grimpé. Cependant, pour ce qui est des exportations, il reste encore beaucoup d’incertitude. Ce n’est pas parce que la demande a remonté en Chine que c’est le cas partout ailleurs.

Sur le plan politique, comparativement à 2008, la Chine a choisi d’agir avec prudence. Le pays a adopté une nouvelle stratégie qu’on pourrait qualifier de modèle de croissance à « double circulation », ce qui signifie qu’elle veut que l’économie intérieure se redresse et que la consommation devienne le pilier du PIB. Une fois cet objectif atteint, la Chine devra s’assurer que sa chaîne d’approvisionnement suffira à la tâche, compte tenu de l’intensification des tensions géopolitiques.

Préoccupations géopolitiques

À court terme, Mme Yeung estime que le discours concernant la Chine sera de plus en plus négatif. Cela pourrait entraîner une volatilité accrue, mais il faut dire que les marchés ont été plutôt robustes jusqu’à maintenant. Outre les nouvelles concernant les négociations sur les échanges commerciaux, bon nombre d’entreprises qui étaient auparavant cotées en bourse aux États-Unis disent qu’elles n’ont pas besoin d’aller à l’étranger pour s’inscrire en bourse.

Ralentissement de la vague de croissance

Mme Yeung croit que si les banques centrales cessent d’injecter des liquidités sur les marchés, la situation pourrait basculer. Le mois de juillet a été le théâtre d’un redressement cyclique soutenu par les banques et les politiques gouvernementales, mais ce redressement a pris fin dans une certaine mesure.

Fidelity Hong Kong

Le bureau de Fidelity Hong Kong surveille de près les trois points à considérer susmentionnés et travaille en étroite collaboration avec les entreprises pour éviter les fausses aubaines. Beaucoup de sociétés industrielles, par exemple, ont dépassé les prévisions et procuré des rendements en dividendes attrayants, mais leur cours boursier augmente de façon beaucoup moins marquée que celui des titres de croissance qui ont la cote.

Leçons à tirer de la réouverture de l’économie chinoise

Mme Yeung croit que les sociétés doivent avoir des flux de trésorerie disponibles et comprendre les défis qui se présentent à nous, car nous traversons une période de baisse des revenus. En ce qui concerne la politique, elle croit que la Chine devrait se concentrer sur les infrastructures, comme le réseau 5G, les devises numériques et l’équivalent chinois du GPS. Au cours des prochains mois, Mme Yeung s’attend à des périodes de volatilité, mais les principaux risques sont les tensions géopolitiques, parce que la Chine et les États-Unis se livrent une vive concurrence économique.

 

Darren Lekkerkerker – 5 août 2020

Le gestionnaire de portefeuille de la Catégorie Fidelity Actions nord-américaines, Darren Lekkerkerker, est optimiste à l’égard du marché, de la structure de ses fonds et des actions qu’il détient.

Rendement du Fonds

M. Lekkerkerker attribue en grande partie le rendement de la Catégorie à sa pondération du secteur de la technologie à très grande capitalisation. La Catégorie détient une importante position dans Microsoft, et il estime que l’acquisition de TikTok pourrait être avantageuse à cette dernière.

Or et autres marchandises

M. Lekkerkerker est également optimiste à l’égard de l’or qui, selon lui, tire très bien son épingle du jeu dans le contexte actuel. Il est par ailleurs plus favorable aux titres du secteur des matériaux de base qu’à ceux de l’énergie, et considère que l’argent, le cuivre et le bois d’œuvre offrent un potentiel intéressant. Il ne croit pas que le pétrole affichera de bons résultats à long terme, car il est probable que les véhicules électriques réduiront la demande, sans compter que les sociétés pétrolières suscitent certaines préoccupations concernant les enjeux ESG.

Placements ESG

M. Lekkerkerker voit les placements ESG comme un secteur profitable qui pourrait prendre beaucoup d’expansion en Amérique du Nord. Il s’intéresse particulièrement à l’énergie renouvelable, à l’hydrogène vert et à l’énergie solaire.

Élections américaines

M. Lekkerkerker est d’avis que la résolution des tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine dépendra du résultat des élections, mais il ne croit pas que celles-ci auront sur le marché l’effet dévastateur que prédisent certains.

Occasions

M. Lekkerkerker estime qu’il pourrait être avantageux de détenir des positions dans les commerces de détail et les restaurants, particulièrement ceux qui offrent des commandes à emporter et qui possèdent de solides plateformes en ligne. Il croit que les banques constituent des placements attrayants à court terme, mais il mise davantage sur les sociétés de réseaux de paiement et de technologie financière, qui ont selon lui le potentiel d’être des gagnantes structurelles à long terme.

Protection en cas de baisse

Le style de placement de M. Lekkerkerker est axé sur les entreprises de grande qualité qui sont susceptibles de dégager un rendement supérieur en période de repli des marchés.

Construction du portefeuille

La stratégie de M. Lekkerkerker consiste à rechercher les entreprises de grande qualité qui peuvent procurer un avantage durable. Lorsqu’il effectue un placement, il adopte un état d’esprit de propriétaire, comme s’il achetait une participation minoritaire dans l’entreprise. M. Lekkerkerker est le principal porteur de parts de la Catégorie.

 

Jurrien Timmer – 4 août 2020

Dans sa mise à jour hebdomadaire, Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, partage ses observations sur les tendances du marché au cours de la dernière semaine.

Tout ou rien?

Depuis le creux atteint en mars, nous avons assisté à une rotation des titres les plus performants. Les titres des sociétés FAANG ont dominé et ont le pouvoir de faire bouger le marché, mais le redressement a été plutôt généralisé.

Le « Top 50 »

M. Timmer et son équipe ont procédé à une analyse approfondie du Top 50 de l’indice S&P 500. Ils ont écarté les 450 autres sociétés pour établir le profil des titres les plus performants du début des années 1970 jusqu’à la fin des années 1990. Une énorme bulle spéculative s’est formée dans le secteur du commerce de détail vers la fin du marché haussier prolongé de la fin des années 1960. Après l’éclatement de cette bulle, le marché a été dominé par les institutions. Le désir d’investir dans des entreprises dotées de bénéfices « blindés » a mené à l’avènement du « Top 50 ». Au final, l’inflation a détruit ces sociétés et, à la fin des années 1990, nous avons assisté à une forte rotation du marché. M. Timmer remarque qu’il est intéressant de voir quelles étaient les 25 plus grandes entreprises au cours de chaque période. Essentiellement, celles-ci étaient les sociétés FAANG de leur époque : IBM, AT&T et Exxon en 1972; General Electric, Cisco et Intel en 2000; Apple et Microsoft en 2020.

M. Timmer est d’avis que la fièvre spéculative peut se poursuivre indéfiniment à moins qu’un changement des caractéristiques fondamentales ne s’opère. Bref, il pense que la situation actuelle est attribuable aux chèques d’aide gouvernementale et à beaucoup de petits comptes. Il est donc pertinent de se demander si une bulle spéculative est en cours. Le véritable test est l’évaluation des titres. M. Timmer souligne qu’il y a effectivement un écart, mais qu’il est conforme au rendement relatif, si bien qu’il ne croit pas que nous soyons en présence d’une bulle spéculative. Il pense que la conjoncture pourrait être différente si les évaluations atteignaient des extrêmes ou si les caractéristiques fondamentales changeaient.

Bénéfices

M. Timmer constate que l’aplatissement de la progression des bénéfices prévisionnels est inhabituel. Les entreprises ont tendance à réviser à la baisse leurs attentes à l’approche de la période de déclaration des bénéfices, puis à les surpasser. La stagnation des données sous-entend que personne ne peut prédire à combien s’élèveront les bénéfices. En ce moment, 85 % des entreprises dépassent leurs estimations de 22 points de pourcentage, signe que les estimations étaient trop basses.

Élections américaines

M. Timmer pense qu’il y a de bonnes chances que les démocrates raflent la majorité au Sénat américain. Si Joe Biden est élu, on peut s’attendre à une augmentation des impôts sur les sociétés, ce qui est un facteur négatif pour les bénéfices. En effet, pour chaque point de pourcentage de hausse d’impôt, les bénéfices diminuent d’environ 2,5 %. Si l’on privilégie la main-d’œuvre aux capitaux, on pourrait assister à une réglementation plus stricte et à moins d’ingénierie financière (rachats d’actions). Cependant, la relation entre les États-Unis et la Chine pourrait devenir moins hostile advenant un changement d’administration.

Si le Sénat reste aux mains des républicains, ces derniers feront tout pour lutter contre les règlements antitrust ou ceux qui pourraient nuire aux entreprises.

Ce seront des élections charnières, car les enjeux sont énormes. Cependant, l’histoire nous a appris que même si les élections peuvent altérer le profil de rendement au cours des deux premières années, sur un mandat de quatre ans, l’écart a tendance à s’estomper.

Inflation, or et dollar américain

Normalement, lorsque les taux d’intérêt nominaux fluctuent, les anticipations d’inflation vont dans la même direction. Toutefois, nous voyons des divergences de plus en plus marquées présentement et celles-ci pourraient être un signe avant-coureur que nous nous dirigeons vers une conjoncture de stagflation. Cependant, M. Timmer ne croit pas que ce soit le cas. Il voit plutôt cela comme un signe de réussite pour la Réserve fédérale américaine. Il croit que c’est la raison pour laquelle le prix de l’or a monté, d’autant plus que les taux réels négatifs continuent de chuter. Depuis un certain temps, M. Timmer est conscient du potentiel de rendement de l’or, mais depuis que les spéculateurs de la plateforme Robinhood ont découvert que les métaux précieux ont le vent dans les voiles, il croit que le potentiel de l’or est trop reconnu sur le marché et que c’est un signe qu’il est temps de se retirer temporairement.

 

Michelle Munro – 30 juillet 2020

Michelle Munro, directrice de la recherche sur la fiscalité et la retraite, explique les avantages possibles d’une stratégie de PRS-T dans le cadre de la planification successorale.

Accumulation systématique

Puisque nul ne peut prédire l’orientation des marchés, Mme Munro soutient qu’au lieu d’investir une somme forfaitaire, on peut opter pour la stratégie d’achats périodiques par sommes fixes au cours des années qui précèdent la retraite afin de bâtir graduellement ses positions en investissant un montant fixe à intervalles réguliers.

Décaissement des placements non enregistrés

À la retraite, un programme de retraits systématiques (PRS) fonctionne selon les mêmes principes que la stratégie d’accumulation, mais à l’inverse, en liquidant des montants fixes pendant des périodes de même durée. Cette stratégie est essentiellement l’inverse des achats périodiques par sommes fixes.

PRS-TMD de Fidelity

Le Programme de retraits fiscalement sensé de Fidelity (PRS-TMD) procure des liquidités sans entraîner la disposition de parts. Mme Munro précise que l’investisseur peut, selon ses besoins, rajuster les distributions entre 5 % et 8 % sans déclencher l’impôt sur les gains en capital. La stratégie est souple et le choix de l’un ou l’autre des pourcentages par l’investisseur n’est pas définitif.

Sécurité de la vieillesse

Les retraités peuvent recevoir des prestations de la sécurité de la vieillesse, même si pour chaque dollar en sus du seuil de revenu de 79 054 $, un montant de 0,15 $ fait l’objet d’une disposition de récupération. Mme Munro explique qu’il est important de bien gérer le revenu imposable pour que les investisseurs restent en deçà de ce seuil et puissent profiter des prestations de la sécurité de la vieillesse.

Dons de bienfaisance

Mme Munro fait remarquer que les sociétés qui ont des placements non enregistrés peuvent avoir recours à une stratégie de dons de bienfaisance. Le PRS-T peut procurer des liquidités régulières à une société pour couvrir ses dépenses ou pour d’autres usages commerciaux. Les investisseurs peuvent avoir recours à une stratégie de dons de bienfaisance pour faire don de titres « en nature » et recevoir un reçu officiel de dons de l’œuvre de bienfaisance enregistrée. Au lieu d’un crédit d’impôt non remboursable, l’entreprise peut réclamer une déduction pour le don, ce qui élimine le gain sur les titres. La portion non imposable des gains en capital peut être ajoutée au compte de dividende en capital qui peut être versée libre d’impôt aux actionnaires.

Lorsqu’il est question de planification successorale, les investisseurs peuvent faire énoncer dans leur testament qu'ils désirent faire don de leurs titres juste avant de mourir, ce qui réduit les gains en capital au décès et permet de réclamer le crédit d’impôt pour dons sur leur déclaration d’impôt finale.

 

Daniel Kelley – 29 juillet 2020

Le gestionnaire de portefeuille Daniel Kelley observe comment les sociétés novatrices du secteur des technologies de l’information et ailleurs composent avec le coronavirus. Il constate que les entreprises dirigées par leurs fondateurs sont souvent incroyablement innovantes, font preuve de flexibilité en s’adaptant à différents environnements et tendent à privilégier le numérique. C’est d’ailleurs cette approche axée sur le numérique qui a contribué à l’accélération des affaires en ligne, agissant comme véritable turbopropulseur pour bon nombre des placements du Fonds. Les entreprises dirigées par leurs fondateurs ont également tendance à être plus jeunes et n’ont généralement pas hérité d’une bureaucratie de longue date, ce qui leur permet de changer rapidement de cap.

Thèmes

  • Cybercommerce : Ceux qui ont investi très tôt dans leurs plateformes de commerce électronique ont bénéficié d’un avantage incroyable en tant que pionniers, et M. Kelley s’attend à ce que cette tendance se poursuive.
  • Thérapeutique : En réponse à la COVID-19, les entreprises veulent aider la population et collaborer avec le gouvernement. M. Kelley croit qu’avec le temps, les marchés adopteront les plateformes innovantes.
  • Habitation : M. Kelley est très enthousiaste à l’égard du secteur de l’habitation. Il n’a pas l’habitude de conserver des placements immobiliers lorsque les niveaux de chômage sont aussi élevés que maintenant; mais le fait que les gens passent plus de temps que jamais à la maison rend le secteur intéressant.

Composition du Fonds

L’indice S&P 500 compte environ 300 sociétés qui répondent aux critères d’entreprises dirigées par leurs fondateurs. M. Kelley se soucie peu des styles croissance ou valeur, ou de secteurs particuliers; il se concentre plutôt sur les meilleures options pour établir l’orientation du Fonds. Il fait remarquer que la force de Fidelity en matière de recherche lui a permis de trouver des occasions partout dans le monde, et que l’accès aux gestionnaires de portefeuille Will Danoff et Joel Tillinghast lui a ouvert la porte dans de nombreuses entreprises dirigées par leurs fondateurs en début de leur cycle de vie.

Bulle technologique?

M. Kelley ne croit pas que nous sommes en présence d’une bulle technologique; il s’attend à ce que le secteur continue de prospérer et d’offrir de bonnes occasions. Cela dit, il estime que certaines sociétés sont surévaluées en ce moment et il les évite. La sélection judicieuse de titres sera très importante dans ce secteur.

 

Harley Lank – 28 juillet 2020

Le gestionnaire de portefeuille Harley Lank estime que les titres à rendement élevé constituent d’excellents outils de diversification du portefeuille et l’une des catégories d’actifs les plus attrayantes avec le temps.

Reprise

M. Lank croit que nous assisterons à une reprise en « W »; il s’attend à une autre période de volatilité, dont les effets devraient toutefois être moindres que ceux observés en mars. Dans le premier pan de la reprise, nous avons vu une diminution de la demande et l’adoption de mesures de sauvetage financier. M. Lank a pu mettre à profit les ressources de Fidelity pour saisir certaines occasions de placement qui se sont présentées. Il détient désormais des positions dans des compagnies aériennes, des organisateurs de croisières, des casinos et des sociétés de location de voitures. Dans le deuxième pan de la reprise, le gestionnaire de portefeuille pense qu’une nouvelle série d’occasions de placement se présenteront, mais que le contexte de faible demande n’a pas duré suffisamment longtemps pour que nous y soyons.

Inflation

M. Lank est d’avis que les attentes d’inflation sont exagérées dans ce contexte de demande atone. Il pense également que le marché a regagné une certaine confiance devant l’approche de la Réserve fédérale et de l’administration américaine visant à faire tout ce qu’il faut pour redresser les marchés en prévision des élections américaines.

Énergie

Le gestionnaire de portefeuille estime que l’énergie est un secteur difficile à cerner; il détient néanmoins quelques positions dans des sociétés malmenées, mais recelant une valeur intrinsèque. Il est extrêmement sélectif et rigoureux à l’égard de ses placements dans le secteur.

Cycles de marché

M. Lank soutient que la présence de Fidelity en Chine lui a permis, ainsi qu’à ses analystes, de mieux comprendre les secteurs cycliques et la façon dont la Chine envisage de relancer son économie.

Fonds Fidelity Titres américains à rendement élevé

La structure du Fonds est légèrement plus défensive que celle de l’ensemble du marché. Le Fonds sous-pondère l’énergie par rapport à l’indice et surpondère les technologies de l’information. M. Lank demeure fidèle à son approche rigoureuse et il recherche les occasions assorties d’un faible risque fondamental, mais offrant tout de même un potentiel de rendement.

 

Jurrien Timmer – 27 juillet 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, maintient ses perspectives optimistes pour les bénéfices, malgré le plafonnement des prévisions attribuable au manque d’exactitude des indications des entreprises. Il souligne que les bénéfices futurs dépendront vraisemblablement de la progression de la pandémie de la COVID-19.

Positionnement en vue de la reprise

M. Timmer estime peu probable que les marchés remontent à leurs niveaux d’avant la pandémie sans un vaccin. Selon lui, plus la crise va perdurer, plus les risques de faillite vont augmenter, et alors la situation pourrait ressembler davantage à celle de 2009. Si de nouvelles vagues du virus continuent d’apparaître, il est possible que la reprise n’atteigne pas son plein potentiel.

Taux d'intérêt

M. Timmer pense que la Réserve fédérale a tiré des leçons du passé. Le taux nominal à 10 ans aux États-Unis a plafonné à environ 10 %, et M. Timmer ne prévoit pas de hausse avant plusieurs années.

Il constate que les taux réels baissent, ce qu’il considère comme un signal haussier. Il semble que les investisseurs apprécient la politique en matière de taux d’intérêt nominaux, ce qui est le contraire de ce qui s’était produit au début des années 1930.

Dollar américain

M. Timmer considère la faiblesse du dollar américain comme une véritable bénédiction. Les États-Unis sont un prêteur important, et l’affaiblissement du dollar continue de soutenir la liquidité des marchés partout dans le monde.

Métaux précieux

M. Timmer estime qu’un portefeuille équilibré devrait inclure des titres de croissance, des titres de valeur (marchés émergents) et des TIPS/valeurs aurifères/titres à long terme. Il apprécie la progression ordonnée de l’or, mais il constate que le métal jaune commence à devenir un peu trop convoité. L’argent a souffert de l’effet « Robinhood », et le prix a augmenté trop abruptement selon lui.

Actifs à risque

M. Timmer ne pense pas qu’il faut renoncer aux actifs à risque pour l’instant. L’inquiétude en ce moment, c’est que les entreprises ne parviennent pas à remonter à leurs niveaux d’avant la pandémie, ce qui pourrait entraîner des faillites.

Bulle technologique?

Sur le plan du rendement relatif, les titres technologiques à très forte croissance sont à des sommets records, mais leur croissance semble toujours justifiée par leurs bénéfices. Or, les bulles surviennent lorsque les prix élevés ne sont pas justifiés.

 

Tom Stevenson - 24 juillet 2020

Tom Stevenson, directeur principal des placements auprès de Fidelity International, discute des changements géopolitiques et de la reprise qui se dessine de l’autre côté de l’Atlantique.

Changements géopolitiques
M. Stevenson constate que trois éléments lui viennent à l’esprit :

1) COVID-19 – La pandémie s’est propagée rapidement partout dans le monde. L’Europe est maintenant dans une position plus enviable, alors que les États-Unis peinent toujours à contenir le virus.

2) Relation entre les États-Unis et la Chine – Les tensions se sont intensifiées au cours de la dernière semaine.

3) Impact économique – Nous commençons à avoir un aperçu des conséquences du confinement sur l’économie.

Fonds de relance de l’Union européenne

L’Union européenne a adopté un gigantesque plan de relance; l’accord signé par plus de 20 pays est un bon signe selon M. Stevenson. Cette étape symbolique pour l’économie européenne a été bien accueillie par les investisseurs et les consommateurs.

L’Europe est en voie de ravir la position des États-Unis à la tête du marché

M. Stevenson est d’avis que la domination des marchés américains commence à s’effriter au profit des marchés européens. Selon Goldman Sachs, l’euro pourrait s’apprécier pour atteindre 1,25 $ US d’ici 12 mois (une hausse de 17 %), ce qui augmente l’attrait des placements européens, mais nuit aux exportations.

Thématiques avant et après la pandémie

M. Stevenson mentionne qu’avant la pandémie, le commerce et les taux d’intérêt retenaient l’attention. Maintenant, la pandémie a ramené l’attention vers d’autres tendances qui commençaient à apparaître et qui se sont accélérées, comme le télétravail et la transition des magasins traditionnels vers le commerce en ligne. Il pense toutefois que dans l’après-pandémie, les anciennes thématiques pourraient réapparaître.

Placements ESG

M. Stevenson trouve la tendance continue vers les placements ESG fascinante. Il s’attendait à ce que les préoccupations environnementales, sociales et de gouvernance soient reléguées au second rang par la pandémie, mais c’est plutôt le contraire qui se produit, alors que les investisseurs sont plus que jamais intéressés à investir dans les facteurs ESG. Il a cependant constaté que l’intérêt pour les enjeux environnementaux diminue au profit des enjeux sociaux et de gouvernance. M. Stevenson est optimiste pour les actifs européens, car l’Europe est la plaque tournante des placements ESG. Même si les tendances numériques et technologiques ont favorisé les États-Unis et la Chine, il pense que l’Europe a une longueur d’avance dans le secteur des technologies vertes.

 

Andrea Rigobon – 23 juillet 2020

Andrea Rigobon, conseillère juridique principale chez Fidelity, a commenté la récente révision de la réglementation en Ontario. Elle fait remarquer que cette révision était attendue depuis longtemps, la dernière ayant eu lieu il y a 17 ans, alors qu’une révision devrait être effectuée tous les 4 ans. Le rapport provisoire qui a été publié comprend 47 dispositions.

Motif de la révision

Le ministre des Finances de l’Ontario souhaite moderniser et numériser les marchés financiers au Canada et il a mandaté un groupe de travail de cinq experts chevronnés des marchés financiers, qui supervise un conseil consultatif de 16 membres dont fait partie Sian Burgess, vice-présidente principale, Surveillance des fonds, chez Fidelity.

Uniformisation des règles du jeu

Mme Rigobon mentionne que l’un des principaux objectifs de cette révision est d’uniformiser les règles du jeu pour les sociétés indépendantes et de petite taille. À cette fin, les grandes banques, qui ont le contrôle sur 80 % de la distribution, seront autorisées à offrir un plus grand nombre de produits indépendants. Diverses réformes axées sur les clients permettront d’augmenter la concurrence et d’offrir aux investisseurs plus d’options et de transparence en ce qui concerne les produits.

Mandat de la CVMO

L’objectif est de modifier et d’élargir le mandat de la CVMO au moyen de mesures législatives. Le groupe de travail souhaite que la formation de capital et la promotion de la concurrence fassent désormais partie du mandat. Un autre objectif est de réduire les conflits d’intérêts; actuellement, les personnes qui modifient les politiques sont les mêmes que celles qui en assurent la mise en application, et le groupe de travail propose de séparer les deux fonctions.

Numérisation

En ce qui a trait à la numérisation, le groupe de travail souhaite passer à un modèle d’accès tenant lieu de livraison. Il travaille actuellement à la formation d’un groupe distinct au sein de la fonction réglementaire, qui sera chargé de surveiller toutes les fonctions des conseillers et d’assurer la surveillance des marchés. L’objectif est d’éliminer la subjectivité dans l’approbation et la recommandation des produits.

 

Denise Chisholm – 22 juillet 2020

La stratège sectorielle Denise Chisholm est d’avis que la récession tire à sa fin. Elle la qualifie d’atypique, car la plupart des récessions s’apparentent à des montagnes russes, tandis que celle-ci se compare davantage à un ascenseur qui a cessé de fonctionner à mi-chemin et qui force les usagers à monter les étages qui restent en empruntant l’escalier. Si elle se termine d’ici deux ou trois mois, cette récession aura sans doute été la plus courte depuis 1930. Mme Chisholm croit que, compte tenu de l’historique des marchés, les probabilités que le marché boursier gagne du terrain dans les six mois qui suivent la fin d’une récession sont de 100 %.

Les marchés et l’économie

Dans la plupart des récessions, le marché commence à faire mieux que l’économie.  Mme Chisholm souligne qu’il faudrait examiner un élément que le marché a ignoré, plus précisément, les écarts d’évaluation. Malgré un redressement de 40 % par rapport au creux, les écarts d’évaluation demeurent énormes.

Thèmes séculaires

Mme Chisholm ne voit rien d’atypique lorsqu’elle analyse les données et estime que le marché a encore le temps d’élargir ses placements dans le secteur des technologies de l’information. Elle croit que ce dernier va demeurer en tête parce que le taux d’alternance des secteurs les plus performants en période de récession n’est habituellement que de 30 à 50 %.

Mme Chisholm pense qu’il serait bon d’allier thèmes séculaires actuels et secteurs favorisés par la reprise. À son avis, les secteurs les plus susceptibles de bénéficier de la reprise sont l’énergie et les biens de consommation discrétionnaire, l’énergie offrant le meilleur rapport risque-rendement.

Jusqu’ici, les titres du secteur des services financiers ont généré des bénéfices et de la croissance, mais cela découle probablement de la conjoncture de faibles taux d’intérêt.

 

Kyle Weaver – 21 juillet 2020

M. Weaver est un investisseur de croissance qui mise énormément sur la valeur. Il met la main sur des actions qui se négocient à des ratios cours/bénéfice prévisionnels sur trois, cinq, sept et dix ans qu’il juge extrêmement bas. Selon lui, les fermetures des derniers mois ont accéléré les tendances à long terme dans lesquelles le Fonds qu’il gère investissait déjà. Par conséquent, la composition actuelle du portefeuille ressemble à celle d’avant la crise.

Cybercommerce

M. Weaver souligne que le Fonds investit dans des sociétés de cybercommerce autres qu’Amazon, notamment Wayfair. Ces titres ont été en proie à d’importantes anomalies de cours, mais leurs perspectives se sont raffermies. Tandis qu’Amazon se concentrait sur la livraison d’articles essentiels et que les magasins étaient fermés, Wayfair s’est saisie d’une énorme part du marché de l’ameublement.

Télémédecine

Ce thème a véritablement le vent dans les voiles et M. Weaver cherche de nouvelles idées de placement, mais précise qu’il est habituellement plus facile d’identifier un thème à long terme que les entreprises susceptibles d’en bénéficier.

5G

Alors que l’industrie s’apprête à déployer les réseaux 5G, M. Weaver juge que Marvell est l’une des entreprises les plus directement liées à ce thème, compte tenu de son positionnement sur le marché des stations que les équipementiers réseau conçoivent pour les fournisseurs de services 5G. Or, repérer les entreprises qui profitent du grand thème de la 5G mais passent inaperçues pourrait s’avérer plus rentable que de miser sur les entreprises qui ont les liens les plus directs avec ce thème.

Voitures électriques

M. Weaver anticipe un virage et croit que la majorité des voitures qui circuleront sur les routes d’ici quelques décennies seront électriques. Il s’agit cependant d’une tendance à long terme qui ne se concrétisera pas du jour au lendemain. M. Weaver reste à l’affût des entreprises les plus prometteuses dans ce marché de plusieurs milliers de milliards de dollars.

Scène politique

En ce qui a trait à la situation politique, M. Weaver cible les entreprises qui, à son avis, continueront de faire de bonnes affaires, peu importe qui sera le prochain chef d’État. En règle générale, il privilégie les modèles d’affaires qui ne sont pas sensibles aux taux d’intérêt, aux prix de l’essence, aux événements géopolitiques ni aux autres facteurs imprévisibles.

Biotechnologie

M. Weaver considère que la biotechnologie est un secteur intéressant en ce moment. Le succès des entreprises qui exercent leurs activités dans ce secteur témoigne de la différence que leurs produits et services font dans la vie des gens.

 

Jurrien Timmer – 20 juillet 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, signale que l’écart de rendement entre les différents secteurs s’est élargi la semaine dernière; il est désormais plus grand que lors du creux de mars dernier. D’ailleurs, la spéculation sur séance et « l’effet Robinhood » l’ont amplifié. La tendance à la baisse de l’indice Nasdaq s’est renversée au début de la semaine dernière, alors que les cours des actions des sociétés à petite capitalisation et des actions de valeur ont commencé à remonter à l’annonce du développement possible d’un vaccin de même qu’en raison de l’élan positif suscité par l’évolution du virus.

Les marchés ont tenu bon

M. Timmer croit que la combinaison de mesures de relance monétaires et budgétaires a empêché les marchés de chuter plus bas. Jusqu’ici, dix pour cent des entreprises ont divulgué leurs bénéfices et M. Timmer est d’avis qu’ils se maintiennent à un creux pour un deuxième trimestre. Le marché a remonté de 44 % par rapport au plancher de mars et se compare avantageusement à la situation de 2009 et à la plupart des marchés haussiers antérieurs, ce qui donne lieu au marché baissier le plus court de l’histoire et au retour à un marché haussier le plus rapide jamais enregistré.

Les taux d’intérêt sont faibles au Canada

Les banques ont toujours préféré les courbes des taux à forte pente pour favoriser les marges nettes d’intérêts. En ce moment, les taux d’intérêt sont bas, si bien qu’il est difficile d’éponger les pertes sur prêts.

Des sommes dorment sur les marchés monétaires

Le taux d’épargne personnel a augmenté parce que les gens ont moins d’endroits où dépenser leur argent. M. Timmer estime toutefois que les consommateurs sont en bonne posture pour réintégrer l’économie en effectuant des dépenses de consommation et en voyageant, lorsque ce sera permis. La semaine dernière, pour la première fois en quatre mois, des sommes considérables ont été retirées des marchés monétaires, tandis que les sorties de fonds des marchés boursiers sont comparables aux seuils de 2009.

Bénéfices

M. Timmer est d’avis que le cycle mondial des bénéfices a passé le creux de la vague, les bénéfices du deuxième trimestre étant les pires jamais enregistrés, même si l’on entrevoit un taux de croissance négatif au troisième trimestre. Il précise qu’il aimerait que le dollar se déprécie, ce qui signalerait que les marchés mondiaux disposent de suffisamment de liquidités en dollars. Lorsque les taux d’intérêt sont à 0 %, la devise est un puissant outil que les banques centrales peuvent utiliser pour influencer les bénéfices. De plus, le prix de l’or a tendance à augmenter lorsque la valeur du dollar américain baisse, ce qui augure bien pour les marchés étrangers, l’or et les marchés émergents.

Plans de rachat d’actions et fusions et acquisitions

Les prévisions continuent de pointer vers une très faible hausse des bénéfices, ce qui pourrait soulever des inquiétudes. Les rachats d’actions sont au beau fixe, alors qu’à ce stade-ci, ils devraient normalement aller en augmentant; à l’heure actuelle, ils se comparent aux seuils de 2011-2012. M. Timmer pense que le consensus du marché est une reprise en V et un ratio de distribution de l’ordre de 70 %. Les deux prochains trimestres seront cruciaux, car les rachats d’actions pourraient donner lieu à des distributions ou se traduire par des fusions et acquisitions.

Nouvelles concernant les vaccins

M. Timmer croit que le marché mise sur le développement d’un vaccin et les entreprises qui exercent leurs activités sur cette chaîne d’approvisionnement se préparent déjà aux phases de production et de distribution.

 

Andrew Clee et Paul Ma – 17 juillet 2020

Depuis notre dernier entretien en mai dernier avec Andrew Clee, vice-président, FNB, de Fidelity, et Paul Ma, stratège principal, Portefeuilles, chez Fidelity Boston, bien des choses ont changé, mais leur stratégie, elle, est demeurée identique. M. Ma se concentre sur la stratégie à long terme des placements plutôt que sur des questions tactiques à court terme qui, selon lui, ont moins d’importance dans la construction de portefeuilles.

Contexte actuel aux États-Unis

Les données des États-Unis indiquent que le pays est entré en récession il y a six mois environ et que celles-ci durent habituellement environ neuf mois. Cela suggère que nous devrions examiner les facteurs qui ont tendance à afficher de bons résultats au début du cycle de reprise, comme les titres de valeur et ceux des sociétés à petite capitalisation. M. Ma est d’avis que les récessions sont le meilleur moment pour envisager l’achat d’actions.

Vieillissement de la population

D’un point de vue stratégique, la démographie est importante lorsqu’il s’agit d’un horizon à long terme, car elle peut avoir une influence sur la croissance du PIB. M. Ma estime que si la population active diminue en raison du vieillissement de la population, la croissance du PIB à long terme diminuera; le Japon et l’Europe ont tous deux une importante population vieillissante.

Flux et tendances des FNB

M. Clee affirme que 2020 a été une excellente année pour les FNB sur le marché canadien, comptant des flux de trésorerie d’environ 22 milliards de dollars depuis le début de l’exercice. Or, pour mettre cela en perspective, des flux de trésorerie de 20 milliards de dollars représentent selon lui d’excellents résultats pour une année complète.

Il continue d’observer la croissance des placements ESG. L’Amérique du Nord accusait un retard important par rapport à l’Europe en matière d’investissement ESG, mais elle la rattrape rapidement, particulièrement au Canada.

Le placement factoriel

M. Clee souligne quelques considérations importantes pour les placements axés sur les facteurs :

  • Votre décision porte-t-elle sur la construction de portefeuille? Certains facteurs se prêtent à certains horizons de placement; ainsi la valeur et le momentum conviennent davantage aux placements à long terme à son avis.
  • S’agit-il d’une transaction ou d’une occasion à court terme? Dans ce cas, les investisseurs doivent considérer le cycle économique. Si vous pensez que nous sommes au début d’un cycle, c’est alors que les titres des petites capitalisations, les titres de valeur et ceux à dividendes sont susceptibles d’afficher de bons résultats.

Répartition de l’actif

M. Ma souligne que les actions sur les marchés internationaux sont actuellement plus attrayantes, parce que ces pays ont su mieux contrôler la propagation du coronavirus que les États-Unis. Pour ce qui est des marchés émergents, l’Asie est plus intéressante que l’Amérique latine, car comme la Russie et l’Europe de l’Est, cette dernière n’a pas encore réussi à contenir le virus.

M. Ma fait remarquer qu’à l’heure actuelle, l’un des facteurs importants à prendre en considération lors de l’achat des titres est le moment où un vaccin sera disponible. En présence d’un remède contre le coronavirus, le PIB pourrait augmenter, ce qui pourrait avantager les titres de valeur bon marché. Par contre, si on est loin d’avoir un vaccin, les investisseurs pourraient s’en tenir aux titres de croissance de sociétés à grande capitalisation.

Pour M. Clee, la principale préoccupation à l’heure actuelle est la répartition de l’actif dans les portefeuilles de titres à revenu fixe. En effet, étant donné que les rendements sont nettement moins élevés que dans le passé, il s’inquiète que les retraités ne puissent pas toucher le revenu dont ils ont besoin. Cette situation les pousse à prendre des risques plus élevés.

L’or

M. Ma croit que l’or devrait représenter entre 3 % et 4 % d’un portefeuille. L’or est un placement défensif qui permet de se protéger contre l’inflation, la déflation, les risques politiques et d’autres événements qui suscitent l’incertitude chez les investisseurs. 

 

David Tulk – 16 juillet 2020

David Tulk, gestionnaire de portefeuille de l’équipe de répartition mondiale de l’actif de Fidelity, estime que la diversification est le facteur le plus important de la construction de portefeuille. M. Tulk et l’équipe de répartition mondiale de l’actif investissent dans des positions en vue d’assurer un équilibre entre le rendement du portefeuille et ses propriétés défensives. Cette année, l’équipe a été satisfaite de son portefeuille 60/40 : les obligations ont remonté pendant le pic de la crise de la COVID-19 et les actions ont rebondi après la mise en œuvre des mesures de relance.

Dollar canadien et dollar américain

L’équipe de répartition mondiale de l’actif a fait preuve de prudence à l’égard de l’économie du Canada et de sa monnaie. Elle regarde également au-delà du dollar canadien et du dollar américain, parce que dans les deux cas, elle estime qu’il existe la possibilité d’une dépréciation dans un monde post-COVID-19. Elle se concentre plutôt sur d’autres monnaies (p. ex. l’euro et le yen) et sur les marchés émergents, car un dollar américain plus faible favorise les actifs des marchés émergents. Par conséquent, l’équipe a bonifié ces positions.

Chine

Le marché boursier chinois a connu une forte reprise depuis le début de la crise de la COVID-19, mais les données sur la consommation et les ventes au détail du pays n’ont pas été aussi solides que prévu. M. Tulk étudie ce à quoi ressemblera une économie post-pandémie et les thèmes de placement que l’équipe souhaiterait voir dans ce scénario.

Structure du Fonds

L’équipe de répartition mondiale de l’actif n’a pas apporté beaucoup de changements depuis le début de l’année, parce que le Fonds était déjà bien positionné grâce au jumelage des titres cycliques et défensifs. Le portefeuille a établi une sous-pondération des actions canadiennes, des titres de créance de qualité du Canada et des titres de créance à court terme par rapport à l’indice de référence, et accordé une surpondération aux marchés émergents, aux producteurs de marchandises et aux titres de créance protégés contre l’inflation.

Projections de nouveaux pics de COVID-19

L’équipe examine les tendances en matière de mobilité et de cartes de crédit, qui ont inscrit une baisse avec le rétablissement de restrictions visant à lutter contre les nouveaux pics de cas de COVID-19.

Le monde post-pandémie

M. Tulk pense que le commerce mondial pourrait connaître des difficultés dans un monde post-pandémie. L’équipe de répartition mondiale de l’actif craint également que le Canada n’en subisse les contrecoups, puisque les ménages du pays étaient lourdement endettés lorsque la crise a frappé. Le ralentissement de l’immigration pourrait également se traduire par un taux de croissance plus faible pour le Canada au cours des dix prochaines années. Cela dit, l’équipe de répartition mondiale de l’actif a bonifié l’exposition à l’or (position hors indice de référence), car elle croit que cela contribuera à assurer une couverture dans le contexte d’incertitude à court terme.

 

John Tory – 15 juillet 2020

Le maire de Toronto, John Tory, a participé à notre webémission DialoguesFidelity pour discuter de la reprise de la ville et de ses perspectives quant à l’avenir du moteur économique du Canada.

Reprise de la ville

Le maire est fier de la façon dont Toronto a géré la pandémie jusqu’à maintenant et il est persuadé que son économie est suffisamment résiliente pour renouer avec les niveaux d’avant la crise. Cela dit, il souligne l’importance de ne pas précipiter le retour en milieu de travail, en raison de tous les facteurs en cause, et il insiste sur le fait qu’il est important que la réouverture s’effectue lentement.

Divertissement et tourisme

Le maire Tory croit que le choix de Toronto comme ville-bulle de la LNH confirme au monde entier à quel point la pandémie a été bien gérée. Il attribue le succès de Toronto à l’efficacité avec laquelle la ville a su collaborer avec le gouvernement, les entreprises et la population. Selon lui, Toronto attirera les visiteurs en renforçant progressivement leur confiance quant à la sécurité de la ville.

Immobilier

Le maire soutient que les revenus tirés des droits de mutation immobilière de Toronto commencent à se redresser après le creux important observé en mars et en avril. Il attend avec impatience la reprise de l’immigration qui devrait stimuler le marché immobilier, et il est optimiste quant au marché de l’habitation de Toronto dans son ensemble.

L’économie de Toronto

Les services offerts par la ville sont essentiels pour tous. Dans une ville aussi grande que Toronto, le maire souhaite éviter un déficit, mais il n’existe pas de service « sécuritaire » où faire des coupes. Il ne veut pas non plus compter sur les contribuables pour régler les problèmes de la ville. Il mentionne toutefois que la confiance des investisseurs à l’égard de la ville est prometteuse et que les titres de créance de Toronto suscitent beaucoup d’intérêt en raison de la vigueur attendue de l’économie de la ville.

Ce que réserve l’avenir

Un des principaux domaines d’intérêt sera l’augmentation du nombre de logements abordables pour tous les niveaux de revenu. Le maire souligne également la nécessité d’un soutien opérationnel de la part du gouvernement pour éviter le recours au budget d’immobilisations. Par ailleurs, il est optimiste quant aux perspectives à l’égard de Toronto, surtout si la ville est en mesure de s’en tenir à ses plans d’infrastructure : l’avenir est prometteur.

 

Andrew Marchese – 14 juillet 2020

Andrew Marchese, chef des placements à Fidelity Gestion d’actifs Canada (FCAM), fait part de ses perspectives pour le deuxième semestre de 2020.

Croissance et valeur

Les placements axés sur la valeur ont été surclassés par ceux fondés sur la croissance au cours des derniers mois (et des dernières années). M Marchese se demande si nous assisterons à un changement à cet égard. Il croit toutefois que la tendance pourrait ne s’inverser qu’avec l’arrivée d’un vaccin ou d’un traitement contre la COVID-19, qui permettrait à la société de renouer avec une vie normale, sans restriction, et aux placements de valeur d’effectuer un retour en force. Si ce n’est pas le cas, il est possible que nous ne voyions que des fragments d’une société « normale », certains secteurs en récoltant les fruits.

Bénéfices

M. Marchese souligne que le marché est tourné vers les bénéfices de 2021 et de 2022 et qu’il accorde une attention particulière aux éléments suivants :

  • COVID-19 : traitement ou vaccin, et réouverture des économies
  • élections aux États-Unis : conséquences d’un balayage démocrate

o   les taux d’imposition des sociétés augmenteront-ils dans une fourchette de 7 % à 8 %? Quelle incidence aura une telle hausse sur les valorisations?

o   La prise en compte des facteurs ESG se fera-t-elle aux dépens du secteur pétrolier et gazier?

M. Marchese croit que des occasions intéressantes pourraient se présenter, et que même si les anomalies sont susceptibles d’être moins prononcées qu’en mars, elles découleront vraisemblablement des résultats et des estimations en matière de bénéfices.

Il souligne également que même si les placements de croissance à long terme ne semblent pas aussi bon marché qu’en mars, leur potentiel de bénéfices peut être important.

Structure des portefeuilles

Selon M. Marchese, un portefeuille équilibré devrait comprendre :

  • une couverture contre l’inflation (comme l’or ou des titres du Trésor protégés contre l’inflation); les marchandises peuvent s’avérer de bons outils en matière d’inflation
  • des entreprises de qualité assorties d’un bilan attrayant et de flux de trésorerie élevés
  • une perspective sur plusieurs années (de cinq à dix ans)

Il gère ses portefeuilles en s’efforçant de trouver des sociétés qui affichent un rendement du capital élevé et un bilan solide, dont le cours est très intéressant; il accorde plus d’importance au prix qu’aux meneurs du marché.

Dans le Mandat privé Fidelity Actions canadiennes – Concentré, M. Marchese maintient un taux de rotation de moyen à faible; il applique une stratégie d’achat et de conservation assortie d’un taux de roulement moyen d’environ 20 %. Au fur et à mesure que les prix ont commencé à se détacher de leur valeur véritable en mars, le taux de roulement a pu augmenter jusqu’à 33 %; un changement qui n’est pas radical, mais qui a néanmoins été suffisant pour tirer parti d’occasions uniques.

Inflation

M. Marchese croit qu’il est plus important de surveiller la politique budgétaire que la politique monétaire à l’heure actuelle, car les banques centrales ne peuvent serrer davantage la vis – les taux d’intérêt sont déjà à 0 % – et la politique budgétaire demeurera souple et légèrement orientée en faveur de l’inflation.

Il croit qu’il existe suffisamment de facteurs « désinflationnistes », comme le vieillissement de la population et la technologie, pour contrebalancer les pressions inflationnistes découlant des mesures de relance.

Incidence historique de la COVID-19

M. Marchese souligne que les événements d’envergure donnent souvent lieu à l’émergence de diverses tendances à long terme avec quelques gagnants qui se distinguent nettement du lot – comme les grandes sociétés de technologie dans le cas de la COVID-19. Les entreprises solides peuvent devenir plus grosses et plus robustes si la concurrence n’arrive pas à suivre la cadence et finit par disparaître.

 

Jurrien Timmer – 13 juillet 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, partage ses observations sur les événements de la semaine dernière sur le marché et ses réflexions sur la ronde des bénéfices du deuxième trimestre.

Ampleur du marché

M. Timmer pense que si la remontée de l’indice S&P 500 continue de battre des records, il est extrêmement important que ces nouveaux sommets s’accompagnent d’une participation plus large du marché. Autrement, un décalage important pourrait se produire, ce qui, par le passé, a mis fin aux rebonds boursiers. Si nous sommes bien dans un marché haussier cyclique, comme le pense M. Timmer, la participation du marché est l’un des aspects les plus importants.

Services financiers

Le secteur des services financiers fait face à trois grandes menaces : des taux d’intérêt proches de zéro, une courbe des taux aplatie et un potentiel de pertes sur prêts élevé. Il sera intéressant de voir ce que les banques auront à dire cette semaine au moment du dévoilement de leurs bénéfices et de connaître leurs intentions concernant leur dividende, puisque de l’avis de M. Timmer, l’investisseur moyen investit dans les banques pour leur rendement en dividendes.

L’indice S&P 500 exprimé en or

M. Timmer explique que l’indice S&P 500 a effacé environ 87 % de son déclin, mais que si on l’évalue en fonction du cours de l’or, seulement environ 30 % des pertes ont été récupérées.

Mesures de relance des gouvernements

Peu importe qui remportera la prochaine élection aux États-Unis, M. Timmer pense que le pays traînera des déficits pendant longtemps. Si Joe Biden gagne (comme les sondages semblent l’indiquer), la politique monétaire et budgétaire de la Réserve fédérale pourrait être davantage orientée vers les causes sociales.

Marchés émergents

Les actions des marchés émergents ont surpassé les titres américains cycliques et à petite capitalisation. M. Timmer pense que cette tendance persistera, puisque le dollar continuera de se déprécier selon lui.

 

Eileen Dibb – 10 juillet 2020

Eileen Dibb, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Étoile d’AsieMD et du Fonds Fidelity Japon, présente ses perspectives pour la région de l’Asie-Pacifique en 2020.

Rendement du portefeuille

Géré par Mme Dibb, le Fonds Fidelity Étoile d’AsieMD a devancé son indice de référence de 7 % depuis le mois de février et de 2 % pour l’année. Mme Dibb privilégie une stratégie à long terme à faible taux de rotation pour ses portefeuilles.

Structure du portefeuille

Au début de la pandémie, les portefeuilles investissaient dans des sociétés plus stables au sein de secteurs qui profitaient de tendances favorables. Maintenant, Mme Dibb cible les titres qui devraient à son avis offrir de bons résultats, indépendamment du virus, et elle mise notamment sur des entreprises qui offrent des solutions en ligne et qui risquent moins de pâtir des perturbations qui affligent le secteur du commerce traditionnel.

Estimant que le coronavirus est maîtrisé dans environ 80 % du territoire asiatique, Mme Dibb croit que la région demeure un bon placement. Elle recherche les occasions dans les secteurs qui ont été le plus durement touchés et elle surveille ceux qui devraient se démarquer à long terme.

Asie-Pacifique et COVID-19

Avant la pandémie de COVID-19, les tensions avec les États-Unis avaient poussé la Chine à stimuler son économie au moyen de mesures de relance monétaires et budgétaires. Le commerce régional a augmenté en raison de la tendance vers la démondialisation provoquée par la COVID-19 et les tensions commerciales préexistantes.

Tout au long de la pandémie, les pays d’Asie ont été largement dominants, mais tous les marchés émergents n’ont pas réagi aussi bien. Beaucoup de pays asiatiques étaient déjà prêts à faire face à une épidémie, ayant déjà eu à lutter contre le SRAS et d’autres virus dans le passé. La propagation relativement contenue du coronavirus en Asie du Sud-Est a eu un impact positif sur la fabrication dans cette région.

Un certain choc de demande a cependant été observé dans le secteur de l’automobile en raison des besoins de transport réduits. En revanche, l’impact sur la chaîne d’approvisionnement n’a pas été aussi important, puisqu’il existait déjà une offre excédentaire.

Risques pour la Chine

Mme Dibb estime que les relations géopolitiques constituent le principal risque pour la Chine en ce moment. La relation de la Chine avec les États-Unis et la façon dont elle évoluera au cours de la prochaine année sont une grande source d’incertitude.

Placements ESG

Les facteurs ESG sont une grande priorité pour Fidelity dans l’ensemble, et Mme Dibb leur accorde beaucoup d’importance dans ses décisions de placement. Nombre des placements qu’elle détient dans ses deux Fonds ont d’ailleurs une cote ESG élevée. Les chaînes d’approvisionnement sont extrêmement importantes pour les sociétés d’Asie, et les facteurs ESG jouent un rôle important dans leur succès. L’importance accordée à ces facteurs favorise le développement de la région et la réduction des coûts.

Inde

L’Inde est l’un des marchés qui intéressent particulièrement Mme Dibb en raison de son excellent potentiel à long terme. Par contre, comme l’Inde était dans une situation moins enviable que d’autres pays avant la crise, ses perspectives à court terme ne sont pas aussi prometteuses. Les infrastructures déficientes ont nui au pays dans le passé, mais si les efforts de stimulation devaient favoriser les infrastructures, les avantages à long terme pour l’Inde pourraient être importants.

Japon

Le Japon a adopté un plan de relance intéressant avec un soutien gouvernemental dirigé vers les entreprises et leurs employés, plutôt que vers les chômeurs.

 

Maxime Lemieux – 9 juillet 2020

Maxime Lemieux, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Frontière NordMD, est à l’affût d’occasions dans chaque secteur. Il souligne qu’il a été fort intéressant de rechercher des entreprises dont la croissance s’est accélérée en raison du virus.

Rapport sur le déficit du gouvernement fédéral

Le 8 juillet, le gouvernement fédéral canadien a publié un rapport selon lequel un déficit record de 343 milliards de dollars est à prévoir pour l’exercice 2020-2021. Un déficit d’une telle ampleur n’a pas été enregistré depuis les années 1940, et M. Lemieux estime que la plupart des pays seront également confrontés à des déficits colossaux.

Élections américaines

À l’instar de ses pairs, M. Lemieux croit que si les Démocrates remportent les élections, il est possible qu’ils augmentent les taux d’imposition des entreprises, ce qui pourrait faire dérailler la reprise et plomber les taux de croissance et les bénéfices l’année suivante.

Secteur canadien des services financiers

À l’heure actuelle, M. Lemieux sous-pondère les fournisseurs canadiens de services financiers par rapport à l’indice de référence. Il craint en effet que les banques canadiennes n’aient pas augmenté leurs dotations pour pertes sur créances autant que les banques américaines au cours du dernier trimestre.

Secteur canadien de l’énergie

Ce secteur compte quelques joueurs importants; si le prix du pétrole atteint 45 $, certaines entreprises pourraient être en mesure de doubler leurs bénéfices. Nous ne pouvons toutefois pas savoir combien de temps s’écoulera avant que l’offre et la demande se normalisent.

Dollar canadien

Le dollar canadien étant lié à l’énergie et aux mesures budgétaires, M. Lemieux ne croit pas que nous assisterons à des fluctuations importantes du huard si les prix du pétrole continuent d’osciller autour de 40 $.

Marché canadien de l’habitation

M. Lemieux souligne qu’au cours des dernières années, la vigueur du marché de l’habitation a été en partie attribuable à l’immigration, qui a ralenti en raison du coronavirus. Il pourrait exister une certaine demande refoulée, mais il y a lieu de se demander si les consommateurs seront disposés à effectuer des achats importants dans le contexte économique actuel.

Fonds Fidelity Frontière NordMD

Avant la pandémie de COVID-19, M. Lemieux allouait 5 % du portefeuille du Fonds aux liquidités, qu’il a utilisées pour acquérir des sociétés de qualité pendant la période de volatilité. Au cours des derniers mois, il s’est graduellement départi de ses positions défensives pour étoffer ses placements dans les sociétés susceptibles de tirer parti de la reprise.

 

Ramona Persaud – 8 juillet 2020

La gestionnaire de portefeuille Ramona Persaud préfère adopter une perspective à long terme en matière de placement (entre 5 et 15 ans) et elle estime qu’une stratégie de gestion très tactique peut ajouter une grande valeur pour les investisseurs à long terme.

Banques centrales

Selon Mme Persaud, les interventions rapides et musclées de la Réserve fédérale en 2020 entrent en conflit avec les données fondamentales. Même si les données fondamentales ont été minées par le coronavirus, la liquidité est restée élevée, en bonne partie grâce à l’intervention des banques centrales.

Taux d'intérêt

Bien que Mme Persaud adhère à la thèse de « faiblesse prolongée des taux d’intérêt », cela sous-entend de faibles prévisions d’amélioration des conditions macroéconomiques. Par conséquent, les titres de valeur pourraient produire des résultats inférieurs aux titres de croissance. Du point de vue de la valorisation,          Mme Persaud pense que nous avons atteint un point d’équilibre, ce qui explique pourquoi elle attend avant de faire de nouveaux placements.

Valeur

Malgré un scénario peu favorable sur le plan de la valorisation, Mme Persaud pense que les secteurs fortement cycliques offrent une bonne valeur. On observe toujours des distorsions dans bon nombre des secteurs qui ont le plus souffert de la pandémie (comme les services financiers et la consommation discrétionnaire). C’est pourquoi elle investit à la fois dans des sociétés de qualité et dans celles qui s’écartent de leur véritable valeur. 

Rachats et dividendes

Mme Persaud considère que les rachats et les dividendes peuvent offrir des options intéressantes pour l’affectation du capital. La capacité des sociétés de procéder à des rachats pourrait être limitée dans une économie qui avance et recule. La dette élevée au bilan des entreprises pourrait également freiner le recours à l’effet de levier pour stimuler la croissance des bénéfices. Mme Persaud estime que cela vaut aussi pour les dividendes.

Marché et risque économique

Même si le marché semble percevoir la situation actuelle comme un événement passager semblable à une catastrophe naturelle, il n’a pas pris en considération comment on arrivera à tout rembourser. Mme Persaud surveille de près la façon dont cela se reflète dans les valorisations.

Nouveaux placements

Mme Persaud a acquis plusieurs sociétés de consommation discrétionnaire, quelques sociétés financières, des sociétés européennes d’expédition et de logistique et une entreprise de logistique asiatique qui effectue des investissements contracycliques. Elle a également investi dans des sociétés aériennes en Nouvelle-Zélande et en Chine dont les titres étaient bon marché.

 

Mike Hickey – 7 juillet 2020

Le gestionnaire de portefeuille institutionnel Mike Hickey gère la Catégorie Fidelity Vision stratégique aux côtés de Will Danoff. M. Hickey attribue les résultats de la Catégorie depuis le début de l’année aux titres de croissance à long terme de grande qualité qui étaient détenus avant l’effondrement du marché.

Géants de la technologie

Les gestionnaires de portefeuille détiennent leurs titres de technologie depuis plusieurs années. Selon M. Hickey, la décision d’acheter des titres technologiques à valorisation élevée dépend largement de l’horizon de placement de l’investisseur, et il ne pense pas que leur avantage concurrentiel risque de disparaître à court terme. Il s’attend à ce que les géants de la technologie continuent de dominer le marché, en raison à la fois de leur taille et de leur envergure.

Il mentionne également que nous sommes au début d’une révolution industrielle (infonuagique, mégacentres de données, apprentissage machine, etc.) et que les investisseurs devraient adopter une perspective à long terme.

Soins de santé

Avec le vieillissement de la population et les gouvernements faisant appel à des fournisseurs de services de santé pour combattre la pandémie de COVID-19, les gestionnaires de portefeuille estiment qu’il s’agit d’un secteur intéressant dans lequel ils entendent continuer d’investir.

Autres secteurs

Services financiers : M. Hickey fait remarquer que le secteur des services financiers est confronté à des difficultés, car la Réserve fédérale maintiendra probablement les taux bas jusqu’en 2022, ce qui n’est pas un scénario idéal pour les banques. Selon lui, les sociétés financières qui ne dépendent pas des taux d’intérêt sont plus attrayantes.

Énergie : Le secteur énergétique est un secteur à une forte intensité de capital, à faible croissance et non évolutif, et il a tendance à être moins attrayant sur de longues périodes.

Secteur immobilier commercial et lignes aériennes : M. Hickey estime que dans le contexte actuel, ces secteurs sont les « grands perdants ». Les FPI détenus dans la Catégorie sont concentrés dans les tours de téléphonie cellulaire.

Chine

Pour M. Hickey, la Chine sert d’indicateur des tendances aux États-Unis, et il cible des sociétés individuelles plutôt que des régions en particulier.

 

Jurrien Timmer – 6 juillet 2020

Dans sa mise à jour hebdomadaire, Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, parle de l’orientation des marchés à l’aube de la période de déclaration des bénéfices et fait remarquer que la courbe des bénéfices prévisionnels s’est aplatie étant donné l’incertitude quant à l’avenir.

Bénéfices

M. Timmer est d’avis que les bénéfices prévisionnels sont peut-être trop bas et qu’une période favorable de déclaration des bénéfices alimentera davantage les gains des marchés. Cependant, les choses peuvent encore changer, car les entreprises dérogent de leur mode habituel de déclaration des bénéfices.

Rétrospective du premier semestre de 2020

Jusqu'à présent cette année, M. Timmer estime que les « perdants » sont les actions des sociétés à petite capitalisation, les actions de valeur et les marchandises et, du point de vue sectoriel, les services financiers, l’énergie et les produits industriels. À son avis, les « gagnants » sont les obligations d'État à long terme, l’or, les TIPS et les actions de croissance des sociétés à grande capitalisation. Sur le plan sectoriel, les technologies de l’information, les soins de santé et les biens de consommation discrétionnaire se sont démarqués.

Fusions et acquisitions

M. Timmer s’attend à un changement de régime, compte tenu des sondages et de la composition future du Sénat. Si les rachats d’actions deviennent moins intéressants parce que le Parti démocrate est au pouvoir, les fusions et acquisitions pourraient être la façon logique pour les entreprises de déployer leur surplus de liquidités.

Marchés émergents

Les marchés émergents dépendent énormément de la Chine, comme en témoigne l’indice MSCI Marchés émergents, et la dépréciation du dollar américain est extrêmement favorable aux actions non américaines. Aux États-Unis, les titres cycliques des sociétés à petite capitalisation sont fortement influencés par les spéculateurs de la plateforme Robinhood, tandis que les marchés émergents ne subissent pas cette influence. D’après M. Timmer, le gouvernement chinois laisse entrevoir le déploiement d’autres mesures de relance.

Replis

L’analyse de M. Timmer du rendement de l’indice S&P 500 jusqu’au 30 juin 2020 illustre que l’indice est au sommet de la ligne de tendance; autrement dit, il est exactement là où il devrait se trouver. Jusqu’à preuve du contraire, M. Timmer croit que nous pourrions assister à un autre marché haussier prolongé. Ce dernier serait propulsé par un besoin de liquidités découlant du vieillissement de la population et attirerait les investisseurs vers les actions productives de liquidités, celles-ci ayant dominé au chapitre du rendement depuis une dizaine d’années.

 

Rod Phillips – 30 juin 2020

Le ministre des Finances de l’Ontario, Rod Phillips, a participé à une webémission DialoguesFidelity afin de discuter de la stratégie de réouverture et des secteurs où l’on pourrait voir se dessiner des occasions tandis que la province entame la phase 2 de la réouverture de son économie.

Le point sur l’économie

Le ministre des Finances fait remarquer que le budget qui devait être adopté à la fin du mois de mars était très différent du budget actuel. En 10 jours, le plan a été modifié afin d’inclure une aide de 17 milliards de dollars pour les soins de santé et les particuliers.

La direction que prendra maintenant l’économie pourrait dépendre de deux facteurs :

  • La progression du virus : en raison de l’incertitude latente, il est difficile de faire des prévisions, mais l’approche prudente de la province a permis de réduire le nombre de cas. M. Phillips rappelle que le redémarrage de l’économie provoquera de nouvelles éclosions et que la reprise économique pourrait être plus lente qu’on pourrait le croire.
  • Impact sur les différents secteurs : certains secteurs, comme les voyages et le tourisme, ont été plus durement touchés.

Chaîne d’approvisionnement et commerce

M. Phillips estime que la période est très intéressante pour le commerce et que des discussions est-ouest prometteuses pourraient bientôt s’engager, alors que les ministres responsables cherchent à lever certaines entraves actuelles au commerce. Beaucoup de ces discussions se sont amorcées dans la foulée de la COVID-19, vu la nécessité de faciliter le plus possible les échanges commerciaux. Les relations entre les provinces se sont également resserrées durant cette période, grâce à l’étroite collaboration entre les premiers ministres pour contenir la propagation du virus.

Marché de l’habitation

Pour l’instant, la plupart des données sont seulement hypothétiques; toutefois, la province a stratégiquement choisi de garder ouverts de nombreux chantiers de construction, notamment dans le secteur multirésidentiel. Trente pour cent des grues en Amérique du Nord sont déployées dans la région du Grand Toronto, ce qui est un signe encourageant de croissance soutenue.

 

Jurrien Timmer – 29 juin 2020

Dans sa mise à jour hebdomadaire, Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, partage ses observations sur les tendances du marché au cours de la dernière semaine.

Revirement des marchés

Les marchés, qui avaient atteint le creux de la vague en mars, ont rebondi de 45 % pour atteindre un sommet à court terme le 8 juin 2020, alors que l’indice S&P 500 s’établissait à 3 233 points. Selon M. Timmer, les spéculateurs sur séance de la plateforme Robinhood y sont peut-être pour quelque chose. L’or et les titres des sociétés FAANG figurent constamment en tête du classement, tandis que les actions de valeur et de sociétés à petite capitalisation ferment la marche. Depuis le sommet du 8 juin, l’écart se creuse, au point où même les sociétés FAANG subissent des pressions.

Cinq mille milliards de dollars sur les marchés monétaires

En ce moment, cinq mille milliards de dollars dorment sur les marchés monétaires. Selon le sondage sur la confiance des investisseurs de l’AAII, bien que les millénariaux – incluant les spéculateurs sur séance de la plateforme Robinhood – investissent, ce sont les personnes plus âgées qui détiennent la majeure partie des capitaux. M. Timmer croit que les investisseurs plus âgés sont encore extrêmement frileux à l’égard des marchés et c’est ce qui explique la montagne de liquidités qui dorment sur les marchés monétaires.

Élections américaines

M. Timmer fait remarquer que l’appui au président Donald Trump a chuté récemment; ses chances d’être élu ont diminué de 30 %, tandis que M. Biden affiche une avance à deux chiffres. Cependant, il reste encore quatre mois avant les élections et bien des choses peuvent changer d’ici là. M. Timmer s’intéresse davantage à ce qui pourrait se produire au Sénat qu’aux résultats des sondages sur l’issue des élections présidentielles. Selon lui, si le Parti démocrate obtient la majorité au Sénat, des hausses d’impôts, une diminution des rachats et moins d’ingénierie financière pourraient s’en suivre, ce qui ferait baisser les ratios cours/bénéfice des actions cotées en bourse. Cela dit, comme les élections sont relativement fréquentes, les démocrates ne pourront pas faire grand-chose s’ils accèdent au pouvoir. Ne voulant pas passer pour pessimiste, M. Timmer pense que les effets sur les marchés boursiers dureraient seulement un ou deux ans.

Mesures de relance budgétaires supplémentaires

D’autres mesures viendront peut-être, pense M. Timmer, mais il ignore quand elles pourraient être adoptées. Les autorités n’envisageront pas de prolonger le plan de protection de la masse salariale, à moins que des obstacles majeurs n’entravent la réouverture de l’économie. En fin de compte, la Réserve fédérale américaine continue d’affirmer que son mandat est « d’éliminer » le risque associé à l’extrême gauche (risque de perte).

Devise adossée à l’or par rapport au dollar américain

Les opinions à ce sujet sont extrêmement partagées, mais beaucoup avancent que les dépenses déficitaires sont insoutenables et qu’elles finiront par déloger le dollar américain comme devise de réserve. M. Timmer pose instamment la question suivante : « Quelle serait la solution de rechange? » À son avis, le dollar continuera de se déprécier sans toutefois perdre son statut de monnaie de réserve. Il entrevoit toujours une hausse du prix de l’or, car tout l’or du monde « tient dans deux piscines » et n’est pas suffisant pour répondre aux besoins de l’économie mondiale.

 

Steve Buller – 26 juin 2020

Steve Buller, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Immobilier mondial, explique comment le secteur immobilier commercial profite de la réouverture de l’économie.

Impact de la réouverture sur les marchés immobiliers

M. Buller constate que la réouverture de l’économie a été très positive pour le secteur. En effet, comme la plupart des catégories d’immeubles sont des endroits où les gens se rassemblent, le déconfinement a eu des effets favorables. À l’exception des commerces de détail et des hôtels, les statistiques sur les taux de location sont encore bonnes dans la plupart des secteurs dans le monde. Ce sont les commerces de détail, les hôtels et certains immeubles de bureaux qui ont été les plus durement touchés par les défauts de paiement.

Centres commerciaux

Le commerce électronique soutire chaque année une part de marché au secteur des centres commerciaux, et M. Buller pense que la COVID-19 a accéléré cette tendance d’environ deux ans. Les clients apprécient l’aspect pratique du commerce électronique et ils pourraient ne plus revenir dans les commerces de détail traditionnels lorsque ceux-ci rouvriront.

Immeubles de bureaux

Deux courants s’opposent : d’une part la technologie qui permet le télétravail et d’autre part le désir de travailler avec des collègues et de collaborer en personne. Le problème, c’est que le secteur des immeubles de bureaux suit la croissance du PIB et de l’emploi, qui pourrait ralentir dans les deux cas. Par contre, l’augmentation du nombre de personnes qui travaillent de la maison pourrait être contrebalancée par le besoin d’avoir plus d’espace dans les locaux pour ceux qui travaillent au bureau.

Occasions

M. Buller pense qu’il y a de bonnes occasions de placement dans les centres de données et de logistique qui soutiennent le commerce électronique, puisque chaque tranche de 1 million $ US de ventes en ligne nécessite des installations de distribution logistique d’un million de pieds carrés.

Il se méfie du piège de valeur dans le secteur du détail, parce que certains détaillants pourraient ne jamais se remettre du confinement, mais il pense toujours que les titres immobiliers mondiaux peuvent offrir une bonne protection contre l’inflation à long terme (sur des dizaines d’années). La demande est aussi passablement élevée pour la location à court terme, l’impossibilité de voyager obligeant les gens à passer leurs vacances près de chez eux.

 

Don Newman – 25 juin 2020

Le gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Dividendes Plus Don Newman explique comment il répartit l’actif à l’intérieur du portefeuille pendant le redémarrage de l’économie.

Remontée de l’indice S&P 500

De l’avis de M. Newman, la remontée de 45 % de l’indice S&P 500 a été soutenue par :   

  • Les mesures de politique monétaire des banques centrales, comme l’ajout d’environ 3 000 G$ dans le bilan de la Réserve fédérale pour fournir des liquidités au marché et inciter les gens à investir dans des actifs risqués.
  • Les mesures budgétaires d’environ 200 G$ au Canada, qui ont aidé à stabiliser les dépenses de consommation.
  • L’optimisme relié à la réouverture de l’économie.

Répartition du portefeuille

M. Newman classe ses placements dans trois catégories :

1. Sociétés ayant de très bonnes chances de maintenir et d’augmenter leur dividende au cours des deux à trois prochaines années; leurs titres se négocient à des ratios cours/bénéfice raisonnables et sont peu volatils. Les secteurs visés sont les services publics, les biens de consommation de base, les soins de santé et les services de communication.

2. Sociétés qui ont été acquises durant le repli, notamment des titres cycliques qui ont été exagérément sanctionnés (en baisse de 70 %). M. Newman pense qu’un certain nombre de ces sociétés pourraient rapporter aux investisseurs plusieurs fois leur mise. Il cible en particulier les secteurs de l’énergie et des mines et métaux.

3. Sociétés de grande qualité dans lesquelles M. Newman ne pouvait pas investir auparavant parce qu’elles se négociaient à des ratios cours/bénéfice plus élevés. Ce sont des sociétés qui ont un RCP élevé, un important pouvoir de fixation des prix et un bilan enviable et qu’on peut retrouver dans n’importe secteur.

Nouvelles occasions

M. Newman recherche les sociétés qui ne sont pas lourdement endettées, qui n’auront pas à rembourser leur dette pendant les deux prochaines années, qui continuent de prendre de l’expansion, ainsi que les sociétés dont les dividendes sont durables et qui continueront de se négocier à prime. 

Les dividendes vont remplacer les rachats

M. Newman pense que plusieurs sociétés mettront les rachats d’actions de côté pendant un certain temps, étant donné qu’il serait mal vu de congédier des employés, pour ensuite racheter le titre. Il pense que les dividendes pourraient remplacer les rachats au cours des deux prochaines années.

L’avantage des sociétés de grande taille

M. Newman estime que la COVID-19 a favorisé les grandes sociétés qui étaient en meilleure situation financière et qui avaient les ressources pour permettre à leurs employés de travailler de la maison sans délai.

 

Ayesha Akbar – 24 juin 2020

Ayesha Akbar, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Répartition mondiale, décrit les tendances qu’elle constate et comment elle établit la répartition des actifs mondiaux dans un contexte de volatilité des marchés.

Composition du portefeuille

Mme Akbar conserve une répartition neutre dans laquelle les actions occupent la plus grande part (actions = 65 %, titres à revenu fixe = 30 % et liquidités = 5 %).

Vecteurs de l’économie

Selon Mme Akbar, la croissance économique est propulsée par deux principaux vecteurs depuis quelques années :

1. la Chine, qui a largement contribué à la croissance économique;

2. la volonté de dépenser des consommateurs américains. 

Chaînes d’approvisionnement

Mme Akbar note que le consensus général penche vers le rapatriement des chaînes d’approvisionnement. Les marchés d’Amérique du Nord ne veulent plus être dépendants de la production étrangère, la plupart des chaînes d’approvisionnement étant concentrées en Chine, et la pandémie a renforcé cette conviction. Il reste à voir comment les États-Unis rétabliraient les chaînes d’approvisionnement, par exemple : le travail sera-t-il exécuté par des employés ou des robots? Cette décision aurait d’importantes répercussions sur l’inflation et sur les salaires.

Tourmente politique

Mme Akbar est d’avis que, dans l’ensemble, la tourmente n’est pas un événement négatif. Le monde entier est le théâtre de nombreux changements, ce qui est tout à fait normal. Elle surveille actuellement les marchés émergents et l’Europe; elle croit que l’Europe pourrait devenir un marché intéressant pour les investisseurs grâce au fonds de relance de la Banque centrale européenne.

Valeur ou croissance?

Mme Akbar considère que les actions de valeur ne constituent pas un bon placement depuis une dizaine d’années, et elle a privilégié les actions de croissance. Une surperformance des actions de valeur supposerait que la courbe de rendement s’accentue à nouveau et que des mesures de contrôle de la courbe soient adoptées (ce que pourrait effectivement faire la Réserve fédérale américaine). Néanmoins, elle estime judicieux, pour en assurer la diversification, d’accorder une certaine pondération aux actions de valeur dans un portefeuille.

 

Peter Bowen et Michelle Munro – 23 juin 2020

Les spécialistes de la fiscalité et de la réglementation Peter Bowen et Michelle Munro discutent du Sondage 2020 de Fidelity sur la retraite et cherchent à déterminer si la retraite sera assujettie à de nouvelles règles après la pandémie.

Sondage 2020 de Fidelity sur la retraite

Pour cette quinzième édition du sondage de Fidelity sur la retraite, la COVID-19 a dominé l’attention. L’inquiétude ressentie par de nombreux investisseurs au sujet de leur situation financière s’est traduite par une variation inhabituelle des résultats sur une période de douze mois.

Analyse du sondage

La variation la plus importante concerne les préretraités, dont 40 % envisagent la retraite avec appréhension. Ce pourcentage est le plus élevé depuis la création du sondage en 2004. Bon nombre de gens ont perdu leur emploi et sont inquiets sur leur situation financière future. Mme Munro estime que cela fait ressortir la nécessité de consulter un conseiller financier.

Impact de la COVID-19 sur les retraités

La COVID-19 a eu un impact négatif pour 38 % des préretraités et 48 % des retraités qui occupent un emploi, et les Canadiens dans l’ensemble envisagent désormais des placements plus prudents.

Importance d’avoir un plan financier

M. Bowen constate que les personnes qui ont un plan se sentent généralement mieux préparées (financièrement, socialement, émotionnellement et même physiquement), mais seulement 22 % des préretraités déclarent disposer d’un plan financier écrit.

Taux de retrait durable

Le taux de retrait traditionnellement utilisé se situe en moyenne dans la fourchette de 4 % à 4,5 %, et le contexte actuel ne justifie pas de le changer. Le taux de retrait varie habituellement au fil du temps; les premières années de la retraite peuvent exiger davantage d’argent et le plan doit en tenir compte.

Le rapport 2020 de Fidelity sur la retraite est maintenant disponible. 

 

Jurrien Timmer – 22 juin 2020

Dans sa mise à jour hebdomadaire, Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, partage ses observations sur les tendances du marché au cours de la dernière semaine.

Volte-face du marché baissier

L’analyse de M. Timmer des reprises ayant suivi un marché baissier révèle que la seule fois où nous avons connu une reprise de l’ampleur et de la vigueur de celle que nous connaissons aujourd’hui était de 1929 à 1932, ce qui n’est pas sans l’étonner, car les marchés baissiers sont rarement aussi profonds.

Dollar américain

Le dollar américain a fléchi, ce qui pourrait donner lieu à d’excellentes occasions, pense M. Timmer, car le reste du monde semblera plus attrayant. Si la Réserve fédérale américaine (Fed) continue d’acheter davantage de papier commercial que ce que le Trésor américain émet, le dollar américain restera faible et continuera de présenter des occasions pour les marchés mondiaux. L’affaiblissement du dollar favorise les marchés émergents, les marchandises et l’or ainsi qu’un penchant pour la valeur. À l’heure actuelle, les régions que préfère M. Timmer sont les marchés émergents et l’Europe.

Actions axées sur les dividendes

D’après M. Timmer, les sociétés en mesure d’offrir une croissance stable de leur dividende – et non seulement de leur taux de distribution – seront récompensées par les investisseurs vieillissants, à la recherche de revenu et ne le trouvant pas sur le marché obligataire, sauf en ce qui concerne les obligations de sociétés. Il est convaincu que dans les régions aux prises avec un vieillissement de la population, comme le Canada et les États-Unis, les sociétés qui versent des dividendes sauront tirer leur épingle du jeu.

Inflation

Les banques centrales pourraient tirer parti d’une hausse de l’inflation et du maintien de faibles taux de rendement nominaux par la Fed pour faire reculer les taux réels encore plus loin en territoire négatif, créant des conditions propices à une hausse des cours aurifères. Si l’inflation structurelle reprend, le style valeur pourrait surpasser le style croissance, à son avis, et les marchandises pourraient l’emporter sur les titres de sociétés.

 

Jed Weiss – 19 juin 2020

Jed Weiss, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Croissance internationale, a participé à une webémission DialoguesFidelity afin de discuter de son approche de placement et des secteurs des marchés internationaux où il perçoit des occasions.

Démarche de placement

La discipline d’achat de M. Weiss repose sur trois principaux critères :

1. perspectives de croissance structurelle sur plusieurs années;

2. entreprises où les barrières à l’entrée sont élevées (grâce à un solide pouvoir de fixation des prix à toutes les étapes du cycle du marché);

3. valorisations attrayantes compte tenu des prévisions de bénéfices.

Lorsqu’un placement commence à s’écarter de ces critères, M. Weiss se tourne vers sa discipline de vente.

Segments intéressants

M. Weiss s’intéresse aux entreprises franchisées; il recherche des franchises durables qui profitent d’importants facteurs favorables à long terme et de prix attrayants. Ses décisions de placement reposent sur une perspective de trois à cinq ans, et le taux de rotation du portefeuille du Fonds oscille entre 20 % et 30 %.

Positionnement durant la COVID-19 

La pandémie de COVID-19 a donné naissance à nombre d’occasions, et M. Weiss a pu déployer progressivement des capitaux  dans trois catégories :

  • entreprises dont les valorisations étaient à un certain moment excessives;
  • entreprises dotées d’un solide modèle d’affaires, qui était loin de se refléter sur le cours du titre, même si la baisse n’était pas justifiée;
  • entreprises qui ont profité de la crise, mais dont le cours du titre était toujours en baisse.

Liquidités 

M. Weiss cherche à maintenir une proportion de liquidités variant entre 1 % et 4 % à l’intérieur du Fonds. Il conserve un certain niveau de liquidités de roulement pour ne pas être forcé de vendre durant un repli – autrement dit pour ne pas être obligé de vendre des placements du Fonds pour pouvoir en acheter d’autres – tout en évitant que les liquidités augmentent au point où l’exposition aux facteurs macroéconomiques dicte le rendement du Fonds.

Démondialisation 

M. Weiss pense que même si la Chine a été traditionnellement considérée comme l’usine du monde, le pays est en train de perdre sa position concurrentielle dans certains secteurs de la fabrication; en conséquence, on commence à voir apparaître des usines dans d’autres régions, comme en Asie du Sud-Est et au Vietnam. Le déploiement de nouvelles usines et l’automatisation ont été profitables pour d’autres pays, mais que ceux-ci pourraient aussi causer des mini-dislocations, qui à leur tour pourraient offrir des occasions de placement pour le Fonds. M. Weiss pense qu’un mouvement vers la démondialisation était déjà engagé avant que les discussions sur le commerce commencent.

Thèmes en Chine 

M. Weiss observe trois grands thèmes en ce moment :

  • la pénétration du commerce électronique est en forte accélération;
  • les dépenses de consommation augmentent;
  •  l’infonuagique est en expansion. 

Il y a 10 ou 15 ans, on regardait ce qui se passait aux États-Unis et on transposait nos observations dans nos prévisions pour la Chine, mais les choses ont commencé à changer et on regarde désormais ce qui se passe en Chine pour anticiper ce qui pourrait se produire aux États-Unis.

 

Sam Polyak – 18 juin 2020

Sam Polyak, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Marchés émergents, décrit les types de sociétés qu’il recherche parmi les marchés émergents et traite des secteurs qui sont porteurs d’occasions.

Style de placement

M. Polyak est réputé pour son style de placement CAPR (croissance à un prix raisonnable) et il considère que le cours des actions est dicté par les bénéfices. Son processus repose essentiellement sur la sélection des titres afin de constituer un portefeuille composé d’une cinquantaine de placements. M. Polyak applique des balises strictes pour les placements du Fonds (régions géographiques, secteurs et titres individuels) afin d’augmenter la diversification et de générer de solides rendements corrigés du risque.

Pays et secteurs intéressants

M. Polyak surpondère deux pays par rapport à l’indice de référence : le Mexique et la Russie. Il mentionne qu’il n’a jamais détenu des pondérations supérieures à l’indice dans ces pays auparavant, et même s’il reconnaît qu’ils ont été gravement malmenés en raison de leur dépendance au pétrole, il pense qu’on peut toujours y trouver une poignée de sociétés très intéressantes. Les banques mexicaines sont très bon marché d’un point de vue historique, de même que les sociétés de matériaux. En Russie, une entreprise similaire à Google a bien fait grâce à une bonne gestion et une concurrence limitée, ce qui lui a permis d’étendre sa présence au pays.

Sociétés émergentes – transparence et analyse

M. Polyak estime que Fidelity est avantagée par sa solide équipe de recherche établie à Hong Kong. Celle-ci est toujours sur le terrain pour rencontrer les sociétés, les fournisseurs, les dirigeants et les consommateurs, mais ce qui distingue surtout Fidelity, c’est l’attention portée à la gouvernance d’entreprise. L’équipe de la gouvernance d’entreprise de Fidelity, établie à Bangalore, analyse tous les placements potentiels en procédant à des vérifications des antécédents et à des examens en profondeur afin d’éviter d’éventuels écueils.

Impact du virus

M. Polyak pense que certaines régions dans le monde pourraient continuer d’être confinées, mais pas avec la même ampleur qu’en mars lorsque le monde entier s’est arrêté. Il s’attend à ce que le monde se déconfine progressivement et il est de plus en plus convaincu que les choses vont commencer à s’améliorer en deuxième moitié d’année si un vaccin devient disponible et que les gens recommencent à voyager. Certains secteurs pourraient peiner davantage – par exemple celui des immeubles commerciaux, étant donné le maintien du télétravail – alors que d’autres pourraient encore se démarquer, comme le commerce électronique et les supermarchés.

 

Patrice Quirion – 16 juin 2020

Le gestionnaire de portefeuille Patrice Quirion estime qu’il y a de bonnes occasions à saisir pour les investisseurs à contre-courant en ce moment, et il donne son point de vue sur les secteurs qui lui semblent les plus prometteurs.

Rotation du portefeuille

Selon M. Quirion, la rotation des titres de croissance – qu’il appelle les « chouchous du marché » – vers les entreprises stables et de bonne qualité, mais malmenées, offre une excellente occasion. Pour les investisseurs qui peuvent adopter une perspective à long terme, M. Quirion juge que ce genre d’occasions pourrait ne pas se représenter avant 10 ans. L’achat de bonnes entreprises cycliques devrait être privilégié à son avis, puisque si l’économie prend du temps à se rétablir, ces entreprises ont plus de chances de passer au travers et elles pourraient offrir un potentiel de gains important.

Soins de santé et fabrication

M. Quirion a évité les sociétés qui fabriquent des tests de dépistage du virus jugeant la chasse au rendement inutile puisque les valorisations de ces sociétés sont déjà élevées. Dans le secteur des soins de santé, le sous-groupe des appareils médicaux et des chirurgies non urgentes lui semble plus attrayant.

À son avis, la fabrication est l’un des secteurs les plus prometteurs en ce moment. Les sociétés de ce secteur pâtissent et les guerres commerciales, le Brexit et le ralentissement de la Chine ont réduit la capacité; par contre, elles pourraient représenter un bon achat à contre-courant pour les investisseurs qui peuvent se projeter dans quelques années.

Segments intéressants

  • Corée du Sud : doté d’un secteur manufacturier robuste, ce pays est aussi un important exportateur, ce qui pourrait donner lieu à de nombreuses occasions aux yeux de M. Quirion.
  • Automobile : les ventes sont en baisse, mais à long terme on peut penser que les craintes liées au transport public pourraient stimuler la demande d’automobiles. M. Quirion se concentre sur les meilleures sociétés de la chaîne de production automobile.
  • Services financiers européens : M. Quirion a ajouté certaines positions dans les banques qu’il juge être les meilleures en Europe.

 

Jurrien Timmer – 15 juin 2020

Dans sa mise à jour hebdomadaire, Jurrien Timmer partage ses observations sur les tendances du marché au cours de la dernière semaine.

Repli du marché 

M. Timmer pense que la correction était nécessaire et que les investisseurs ne devraient pas s’inquiéter, précisant que les chances sont du côté des investisseurs et que jamais dans l’histoire le marché ne s’est redressé autant sans que cela coïncide avec le début d’un marché haussier.

Capital vs main-d’œuvre

M. Timmer souligne l’impression générale que les entreprises sont récompensées au détriment des gens ordinaires; si la situation devait s’inverser, l’impôt des sociétés pourrait augmenter aux États-Unis. Une croissance plus faible des bénéfices pourrait réduire les montants distribués aux actionnaires. En raison de ce retour du pendule du capital vers la main-d’œuvre, les employés pourraient être mieux rétribués que les actionnaires, ce qui ferait baisser les valorisations.

M. Timmer estime que si une transition du capital vers la main-d’œuvre s’opère, le salaire minimum aux paliers inférieurs pourrait augmenter. En revanche, si les entreprises constatent un gain de productivité alors que leurs employés travaillent de la maison, celles-ci se verront-elles toujours obligées de payer les salaires « de la grande ville » ou pourraient-elles réduire les salaires à mesure que les gens migrent à l’extérieur des villes ou dans des régions où le coût de la vie est moins élevé?

Chine

Les données ont été impressionnantes, en particulier dans le cas de l’indice des directeurs d’achats (Purchasing Managers Index ou PMI), qui confirme une reprise complète « en forme de V » de l’économie chinoise. Ce constat permet à M. Timmer de croire en la capacité de l’ensemble des économies à surmonter l’impact du virus en ce qui concerne la production de biens. Les bons résultats de l’indice MSCI s’expliquent en bonne partie par la place prépondérante qu’occupe la Chine au sein de celui-ci, et M. Timmer est d’avis que de belles occasions à saisir pourraient se présenter de ce côté.

Vieillissement de la population

Le filet social aux États-Unis est moins important que dans d’autres pays, comme en Europe où les importants régimes de pension permettent de soutenir les revenus à la retraite. Cela pourrait expliquer la domination des sociétés de croissance à long terme et des sociétés à dividende stable sur les sociétés axées sur la valeur fondamentale au cours des cinq dernières années, étant donné que leurs titres produisent des liquidités très recherchées dans le contexte actuel de bas taux d’intérêt.

 

Hugo Lavallée – 12 juin 2020

L’investisseur à contre-courant Hugo Lavallée expose ses perspectives sur les occasions de placement en accord avec son mandat à la lumière de la réouverture des économies.

Investir à contre-courant

M. Lavallée investit à la fois dans des titres de valeur et des titres de croissance, et il peut favoriser l’une ou l’autre de ces catégories. L’évolution de la pandémie a bien servi son style de placement, qui consiste à chercher de bonnes entreprises aux prises avec des difficultés temporaires (trimestres ou années difficiles). Alors que les événements défavorables vont et viennent, ce qui a un effet sur la volatilité actuelle, M. Lavallée s’intéresse plutôt à l’avenir. Ses principaux placements en ce moment se composent de sociétés qui vendent des articles de faible valeur, comme 5below, Dollarama et Chipotle.

Perspectives sectorielles

  • Services financiers : M. Lavallée sous-pondère ce secteur par rapport à l’indice de référence et il ne détient aucune banque canadienne. 
  • Pétrole et gaz : Même s’il a obtenu du succès dans ce secteur par le passé, M. Lavallée s’en désintéresse en raison du trop grand nombre de facteurs défavorables pour son style de placement.
  • Titres cycliques et produits industriels : Le gestionnaire de portefeuille a augmenté ses placements dans ces secteurs durant le repli afin d’améliorer le bêta du portefeuille.
  • Marché canadien de l’habitation : M. Lavallée estime que si ce secteur a réussi à se remettre de la crise de 2008-2009, il parviendra à se tirer d’affaire encore cette fois. Il s’inquiète davantage de l’immigration, qui est traditionnellement un important moteur de croissance économique. 
  • Tourisme : M. Lavallée n’investit pas dans ce secteur en ce moment, que ce soit dans les hôtels, les compagnies aériennes ou les agences de voyages.
  • Or : M. Lavallée est optimiste pour l’or, même s’il en détient peu en ce moment.

Placements ESG

M. Lavallée s’intéresse surtout aux placements liés à l’environnement (le « E »), mais il constate que ses collègues de Fidelity font de l’excellent travail dans les secteurs de l’investissement socialement responsable et de la gouvernance (le « S » et le « G »). Il est important également de rappeler que Fidelity a sa propre cote ESG et qu’elle ne se contente pas de suivre les évaluations de MSCI.

 

Andrew Clee, Jing Huang et Andres Rincon – 11 juin 2020

Andrew Clee, vice-président, FNB, discute de la façon dont les investisseurs peuvent inclure des FNB dans leurs portefeuilles, en compagnie de Jing Huang, directrice, BMO Marchés des capitaux, et d’Andres Rincon, directeur, Stratégie de FNB.

Conjoncture des marchés

En avril, les flux d’actifs investis dans des FNB se sont chiffrés à seulement 650 M$, mais ils ont augmenté considérablement en mai pour atteindre 2,5 G$, alors que les investisseurs reprenaient le goût du risque. Les marchés boursiers ont montré une préférence pour les titres de valeur, qui ont devancé les titres de croissance, et pour les titres à petite capitalisation, qui ont surpassé les grandes capitalisations.

Thèmes courants pour les conseillers

M. Clee et ses collègues constatent que les conseillers se renseignent sur des catégories d’actifs bien précises et ils notent un intérêt particulier pour les FNB axés sur les marchandises et pour le secteur aurifère, où plusieurs petits titres ont récemment ajouté de la valeur aux portefeuilles.

Tendances sectorielles

Les placements ESG continuent d’être en vogue, en particulier chez les investisseurs institutionnels, alors que leur croissance est plus faible dans le secteur du détail. Bien que la COVID-19 ait brisé temporairement le rythme, avant la pandémie, les placements ESG retenaient l’attention de nombreuses sociétés, et nous pensons qu’ils retrouveront la faveur après la pandémie. Pendant la récente période de volatilité, les fonds ESG ont enregistré de bons résultats, et de nombreuses recherches indiquent qu’ils génèrent de l’alpha.

Une autre tendance importante observée chez de nombreux investisseurs institutionnels est l’abandon des versions tactiques des FNB au profit des versions de base.

Rotation actuelle des facteurs

Les titres de croissance ont dominé au cours des 13 dernières années, mais les titres de valeur commencent à prendre la relève. S’inscrivant dans cette tendance, Fidelity a lancé cette semaine les FNB factoriels axés sur la valeur et le momentum.

 

Mark Schmehl – 10 juin 2020

Le gestionnaire de portefeuille Mark Schmehl estime que la situation s’améliore, mais reste à savoir à quelle vitesse se fera le retour à la normale. Les fonds qu’il gère ont enregistré de bons résultats tout au long de la crise parce qu’ils détenaient plusieurs sociétés qui ont bénéficié de la croissance du télétravail.

Secteurs d’intérêt
Pour ce qui est des tendances montantes, le télétravail est là pour rester, selon M. Schmehl, et les actions qui en profitent resteront performantes.  Il s’intéresse aux sociétés très innovantes de ce segment, comme Zoom et Etsy, et suit de près les entreprises axées sur les facteurs ESG, comme Tesla, pour voir comment elles se redresseront. Il observe un retour progressif de certaines tendances sur lesquelles il misait avant la pandémie de COVID-19, mais elles sont encore éclipsées par le virus.

M. Schmehl investit dans des sociétés qui se trouvent aux deux extrémités du spectre et précise que les actions les plus malmenées appartiennent essentiellement au secteur du tourisme (p. ex. les croisiéristes, les compagnies aériennes et les sociétés de réservation). Il indique que lorsqu’une entreprise appartenant à un secteur particulièrement mal en point revient sur les marchés et recommence à vendre des titres participatifs, cela signifie qu’elle a probablement touché le fond; il investit dans certaines d’entre elles, estimant qu’elles échapperont à la faillite.

Rotation du portefeuille

Actuellement, le taux de rotation du portefeuille de M. Schmehl est très faible, car il détenait déjà bon nombre d’entreprises qui ont profité de la crise, comme Etsy, Slack, Zoom et Shopify. Sa participation aux hausses a donc été supérieure aux prévisions. Sa démarche a été de conserver les entreprises qui ont tiré leur épingle du jeu et d’accroître les placements dans les sociétés les plus durement touchées.

Tendances

M. Schmehl s’attend à de nombreux changements au cours des 12 à 18 prochains mois. Il s’emploie à repérer les sociétés qui bénéficieront de ces changements et celles qui risquent d’en souffrir. Lors de ses entretiens avec les équipes de direction, il les interroge sur les tendances qu’elles observent chez leurs clients : le comportement des consommateurs a-t-il changé? Y a-t-il des données qu’elles trouvent surprenantes? Les changements d’habitude de leur clientèle ont-ils eu des répercussions sur leurs activités?

 

Sri Tella et Catriona Martin – 9 juin 2020

Les gestionnaires de portefeuilles de titres à revenu fixe Sri Tella et Catriona Martin affichent un optimisme prudent face aux nouvelles récentes de déconfinement, et ils attendent de voir si le consommateur va rebondir. La phase de déconfinement est importante pour rebâtir la confiance, mais même si les indices se sont améliorés considérablement et que les gens retournent progressivement au travail, un soutien continu est nécessaire pour surmonter la volatilité actuelle. M. Tella et Mme Martin surveillent :

o   les taux de chômage (temporaires et à long terme);

o   les indicateurs à haute fréquence (p. ex., le nombre de personnes qui conduisent);

o   la croissance des liquidités des sociétés (p. ex., ont-elles des liquidités suffisantes pour survivre?).

Mesures monétaires et budgétaires

La Banque du Canada est intervenue pour assurer le financement et la liquidité des marchés, indiquant clairement que l’objectif de ses programmes était d’améliorer leur fonctionnement, et l’ampleur des mesures de relance a permis aux entreprises de trouver de l’argent plus facilement. Au début de cette crise, le Canada était dans une situation enviable avec le ratio de la dette au PIB le plus bas de tous les pays du G7, ce qui le plaçait dans une position avantageuse pour financer sa dette.

Secteurs visés et occasions dans les titres à rendement élevé

Avant les événements récents, les actifs à risque étaient chèrement évalués, attendant qu’un élément déclencheur provoque une réévaluation du marché, et les valorisations des obligations atteignaient des niveaux sans précédent. Les gestionnaires ont trouvé des occasions intéressantes dans la câblodistribution, les télécommunications et les magasins d’alimentation, des secteurs essentiels pour lesquels la demande est élevée en ce moment.

Les gestionnaires ont également noté des occasions parmi les titres de qualité et à rendement élevé où les écarts de taux avaient atteint leurs niveaux les plus faibles du cycle actuel, avant que la crise ne frappe. Mme Martin a profité des écarts de taux plus élevés pour augmenter l’exposition aux titres à rendement élevé.

Inflation

Les gestionnaires mentionnent que les prévisions d’inflation sont assez faibles à court terme, mais qu’il pourrait être avisé d’ajouter à son portefeuille une protection contre l’inflation à long terme.

 

Jurrien Timmer – 6 juin 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, analyse l’activité de la semaine dernière sur les marchés.

Points saillants

  • La semaine dernière, le rapport sur l’emploi paru vendredi a provoqué une capitulation forcée, tout en soulevant quelques questions sur l’exactitude des chiffres.
  • Les différentes pièces ont commencé à se mettre en place pour former ce qui ressemble à un marché haussier cyclique :

o   La domination du marché par une poignée de titres de croissance a pris de l’ampleur pour alimenter une reprise déjà impressionnante.

o   L’indice Russell n’a pas remonté autant que l’indice S&P et sa fiabilité a été davantage mise à l’épreuve, mais depuis quelques semaines ces sociétés enregistrent des gains et augmentent l’ampleur du marché.

  • Certaines personnes défient la reprise, ce qui pourrait être une bonne chose si cela continue de pousser le marché plus haut, alors que des investisseurs demeurent à l’écart.

o   L’argent investi dans des actions a été retiré au moment où le marché se redressait.

o   Des actifs de 4,75 mille milliards de dollars sont toujours détenus sur le marché monétaire, mais les sommes qui ont été retirées ont à peine entamé ce montant.

  • Les fonds de couverture couvrent leurs paris baissiers, ce qui a aussi un effet de stimulation, puisqu’ils doivent couvrir leurs positions vendeurs. Les indices des fonds de couverture fournissent les rendements quotidiens, et le calcul des rendements mobiles par rapport à l’indice S&P 500 peut permettre de déterminer si ces produits ont des positions acheteur ou vendeur sur les actions (un bêta mobile inférieur à 0 indique une position vendeur).
  • Une dépréciation du billet vert est aussi un indicateur haussier, puisqu’un dollar fort est un signe de tarissement de la liquidité, ce qui n’est pas favorable.

Démondialisation

M. Timmer considère que c’est un problème grave; cette possibilité avait été mise de côté, mais elle a refait surface lorsque les chaînes d’approvisionnement mondiales ont démontré leur fragilité. Les investisseurs se préoccupent de ces enjeux, mais l’aplatissement de la courbe de la COVID-19 et l’évolution de l’économie ont retenu davantage l’attention parce que leur impact est plus immédiat.

Augmentation des taux des obligations du Trésor

Les taux des obligations du Trésor, qui sont descendus jusqu’à 0,3 %, ont ensuite stagné dans une fourchette de 0,6 % à 0,7 %. Ils se rapprochent maintenant de 1,0 %, ce qui est un autre bon indicateur pour le scénario haussier. Selon M. Timmer, deux indicateurs en particulier montrent qu’une hausse des taux est justifiée dans le contexte actuel :

  • le ratio titres de services financiers/titres de services publics
  • le ratio or/cuivre

Cours vs bénéfices

Le marché avait escompté un résultat bien pire que ce que nous avons vu, et maintenant les bénéfices pour 2020 se stabilisent. Soit les cours sont trop élevés et une correction s’impose, soit les prévisions de bénéfices doivent être rajustées à la hausse. M. Timmer pense que les chiffres de bénéfices vont commencer à se redresser, en particulier en l’absence d’indications de la part des sociétés. Il se peut également que la croissance des chiffres de bénéfices soit simplement plus lente.

Données

M. Timmer estime qu’il est possible que les données économiques globales surestiment le degré de faiblesse de l’économie. Ce fut le cas avec les chiffres de l’emploi qui ne reflètent pas le nombre de demandes d’assurance chômage.

En fin de compte, M. Timmer s’en tient à deux principes : « ne pas aller à contre-courant » et « ne pas défier la Fed ».

 

Joe Overdevest et Lucas Klein – 5 juin 2020

Les directeurs principaux de la recherche Joe Overdevest et Lucas Klein ont observé les tendances des secteurs et des marchés. M. Overdevest indique qu’il est particulièrement emballé par les perspectives des secteurs des services financiers et des ressources. Grâce à leur portée toutefois, les équipes de recherche de Fidelity parviennent à trouver des occasions dans presque tous les secteurs.

Habitation et immobilier

Selon M. Overdevest, ce secteur a ralenti, en bonne partie en raison du niveau d’endettement élevé des consommateurs et de l’impossibilité de visiter physiquement les propriétés dans le contexte actuel. Après 15 années de sous-construction dans le marché américain de l’habitation, M. Klein pense qu’une importante demande contenue pourrait se déployer après la réouverture du marché.

Services financiers

M. Overdevest estime qu’il est très peu probable que les banques canadiennes réduisent leur dividende et, d’un point de vue sectoriel, les gestionnaires de portefeuille perçoivent des occasions plus intéressantes dans ce secteur qu’au cours des deux dernières années. De plus, comme le fait remarquer M. Klein, les évaluations des courtiers sur les marchés des capitaux américains sont descendues en deçà d’une fois la valeur comptable corporelle; or à de tels niveaux récessionnistes, il croit qu’il est logique d’investir dans les banques.

Inflation

Dans le passé, la mondialisation a réduit les coûts. M. Overdevest mentionne qu’un mouvement vers la démondialisation pourrait faire augmenter l’inflation.

 

David Wolf – 4 juin 2020

Le gestionnaire de portefeuille David Wolf, un ancien conseiller du gouverneur de la Banque du Canada, gère des actifs de plus de 65 milliards de dollars en tant que membre de l’équipe de répartition mondiale de l’actif. Il observe plusieurs thèmes au sein de l’économie en ce moment :

  • La perspective divergente de l’investisseur par rapport à celle du consommateur.
  • Les marchés boursiers, qui s’approchent de sommets records, présentent une dichotomie entre un marché en forte hausse d’une part, et la pire économie depuis des années, d’autre part. 
  • Les mesures politiques pour lutter contre la pandémie poussent les gouvernements en situation de déficit. 
  • Les chocs économiques touchent particulièrement les petites entreprises, alors que les plus grandes sont avantagées par la diminution des coûts dans des domaines comme la formation et le perfectionnement, ainsi que les salaires des employés. 
  • Le taux de chômage est à son niveau le plus élevé depuis la Grande Crise. 

Dollar canadien

M. Wolf constate que les attentes sont faibles pour le dollar canadien, comme pour les monnaies de nombreux autres pays. Les indicateurs économiques sous-jacents et les échanges commerciaux seront des indicateurs importants de la performance économique future.

Chaînes d’approvisionnement

M. Wolf pense que les sociétés évalueront le compromis entre rentabilité et fiabilité, quoique la fiabilité soit devenue davantage un enjeu en raison de la COVID-19 et des tensions commerciales. Il laisse entendre qu’un coût pourrait être rattaché à l’obligation de fiabilité, ce qui pourrait réduire la production, les gains d’efficacité et la croissance en raison de l’augmentation des dépenses. 

Perspectives pour la répartition mondiale de l’actif

L’équipe de répartition mondiale de l’actif maintient une perspective globale assez neutre : « nous ne voulons pas partir à la chasse au rebond boursier. » Les fonds gérés par l’équipe présentent une proportion de titres canadiens inférieure à celle de l’indice au profit des marchés émergents et de l’Europe. Selon M. Wolf, les entreprises européennes retiennent davantage l’attention, car elles offrent un potentiel de gains prometteur.

Point de vue sur les placements

M. Wolf a l’intention de se tenir loin de l’économie intérieure et il s’intéresse aux marchés émergents. D’une façon plus générale, il estime que beaucoup d’entreprises offrent encore un certain potentiel d’expansion, grâce aux mesures de soutien des gouvernements fédéraux. 

Direction du marché et tendances 

M. Wolf constate que les titres de croissance ont bien fait et que si la valeur avait la faveur du marché depuis plusieurs dizaines d’années, c’est moins le cas maintenant. Les Portefeuilles gérés de Fidelity et les Mandats de placement privé de Fidelity offrent dans les deux cas des solutions équilibrées qui allient croissance et valeur à l’intérieur des portefeuilles, ce qui peut permettre d’éviter un biais trop prononcé en faveur d’une catégorie en particulier.

 

Jason Kenney, Travis Toews et Tanya Fir – 4 juin 2020

Le premier ministre d l’Alberta, Jason Kenney, le ministre des Finances, Travis Toews, et la ministre du Développement économique, du Commerce et du Tourisme, Tanya Fir, ont participé à une webémission DialoguesFidelity portant sur la reprise dans la province et les perspectives pour le pétrole.

Reprise

Dans l’ensemble, ils ont été surpris par la rapidité de la remontée du secteur de l’énergie et, bien que le secteur ne soit pas encore nécessairement profitable, les signes demeurent néanmoins favorables.

Stratégie de diversification mondiale

Le gouvernement de la province cherche à s’assurer une présence au sein des grands marchés mondiaux, tout en reconnaissant que les États-Unis resteront toujours le principal partenaire commercial; la diversification ne remet pas en question ce fait.

Pipeline transnational

Le ministre des Finances, Travis Toews, fait état de sa satisfaction à l’égard de nombreux projets sur lesquels il travaille. L’objectif de ces projets est d’augmenter la capacité de transport par pipeline vers chacun des grands pôles commerciaux, notamment vers le Centre et l’Est du Canada afin de répondre aux besoins des entreprises de raffinage.

Le premier ministre Jason Kenney pense que l’importante récession mondiale nous rappelle la nécessité de nous doter de politiques pour remettre tout le monde au travail et que le secteur des pipelines peut aider à créer de bons emplois bien rémunérés dans le secteur de la construction. Il mentionne qu’il est important d’avoir une stratégie nord-américaine pour éviter que le Canada dépende du pétrole de l’Arabie saoudite ou d’autres producteurs, et le gouvernement albertain fait valoir que le pétrole canadien est de meilleure qualité, plus propre et plus sécuritaire que celui produit n’importe où ailleurs dans le monde.

Facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance

Le premier ministre pense que si le rendement des placements ESG était évalué de façon plus objective, pour chaque entreprise prise individuellement, les producteurs canadiens obtiendraient une bien meilleure note. Il estime que de nombreuses décisions prises par les investisseurs institutionnels pour restreindre les placements reposent sur des campagnes mal informées.

Immigration

La province lance un certain nombre de programmes d’immigration ciblant les entreprises en démarrage et l’entrepreneuriat. Un volet immigrant entrepreneur, par exemple, pourrait faciliter la crise de succession des petites et moyennes entreprises en permettant à des acheteurs potentiels étrangers qui le souhaitent de lier leur acquisition de ces entreprises à une résidence permanente.

Coopération entre les provinces

Le premier ministre Kenney mentionne qu’il y a eu une formidable coopération entre l’ensemble des provinces et le gouvernement fédéral et que le public serait surpris par le niveau de collaboration sur des sujets comme l’économie et la santé publique.

La province examine la possibilité d’offrir une autre forme de liquidité financière aux entreprises en difficulté, qui s’ajouterait aux programmes de crédit aux entreprises de la BDC et d’EDC.

Tourisme

Pour relancer le secteur du tourisme, la ministre du Développement économique, du Commerce et du Tourisme, Tanya Fir, estime qu’il faut absolument trouver un moyen de permettre aux gens de voyager de nouveau d’une manière sécuritaire. Son ministère travaille avec Tourisme Alberta pour inciter les gens à prendre des « vacances à la maison ». Pendant qu’ils préparent les prochaines phases de la réouverture, ils entendent continuer de resserrer les liens avec les partenaires aériens en vue d’une reprise des voyages à l’intérieur du pays.

Perspectives pour le pétrole

Le premier ministre estime qu’il faudra entre 12 et 18 mois avant que les surplus de pétrole diminuent; pour l’instant, il espère que le marché pourra remonter autour des 40 $ le baril, ce qui correspond à peu près au seuil de rentabilité. Tout bien considéré, il pense que les gens devraient être optimistes pour le pétrole canadien à moyen et long terme, compte tenu de l’utilisation plus efficace du capital au Canada, qui surpasse la concurrence.

 

Adam Kutas – 3 juin 2020

Le gestionnaire de portefeuille Adam Kutas surveille les tendances en matière de mondialisation et leur incidence pour les investisseurs. Il constate que les entreprises quittent la Chine et s’établissent dans les pays émergents et frontaliers voisins, et se demande si la COVID-19 et les tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine accélèrent ce phénomène.

Mondialisation

M. Kutas fait remarquer que la tendance vers la mondialisation est l’une des dynamiques historiques les plus durables. La mondialisation s’accélère en Chine par le biais de l’initiative « ceinture et route », et l’intégration fiscale des pays européens en est un autre exemple.

Chaîne d’approvisionnement

Le monde évolue et, vu la conjoncture du marché, la recherche se concentre sur les chaînes d’approvisionnement. La guerre commerciale, un enjeu qui ne posait pas problème auparavant, force maintenant de nombreuses sociétés à réévaluer leurs chaînes d’approvisionnement et à réduire leur exposition à la Chine.

L’initiative « ceinture et route » de la Chine l’aide à reprendre sa place en tant que puissance mondiale et à développer des partenariats économiques, politiques et commerciaux. Ceci lui permet d’établir une sphère d’influence dans les pays avec lesquels elle entretient des relations commerciales plus importantes que les États-Unis et d’accroître la dépendance de ces pays envers la Chine.

Sources d’occasions

D’un point de vue structurel, M. Kutas est d’avis que les Philippines, le Bangladesh et l’Indonésie demeurent gagnants. Il tient les investissements privés à l’œil et investit ses capitaux de façon agressive, tout en cherchant les titres de grande qualité qui se négocient à bon prix.

 

Daniel Dupont – 2 juin 2020 

Le gestionnaire de portefeuille Daniel Dupont est optimiste et enthousiaste face au potentiel de gains des actions à grande capitalisation dans les prochaines années.

Structure des portefeuilles

Depuis qu’il a commencé à investir les actifs liquides qui comptaient pour 40 % du Fonds en mars, M. Dupont a revu à la hausse ses perspectives pour le pétrole et il a augmenté la pondération de ce secteur. Il ne pense pas que les conséquences à long terme des mesures de relance gouvernementales face à la pandémie de COVID-19 auront beaucoup d’impact sur les investisseurs en actions, et il ne dévie pas de sa philosophie de placement de base.

M. Dupont mentionne qu’il perçoit plus d’occasions au Canada pour le Fonds Fidelity Grande Capitalisation Canada qu’il n’en a vu au cours des cinq à huit dernières années, et il a accordé plus de place aux sociétés pétrolières et gazières et aux banques, qui affichaient une valeur comptable enviable en mars et dont le succès à long terme sera plus déterminant selon lui que la prochaine volatilité à court terme. Les sociétés de biens de consommation de base et de technologie, qui forment une bonne partie du Fonds, aident cependant à gérer la volatilité.

Valeur c. croissance

Le décalage entre les titres de valeur et de croissance qu’on observe depuis des années, à l’avantage des titres de croissance, a persisté malgré la pandémie de coronavirus.

Pétrole et gaz

M. Dupont a profité des faibles valorisations pour augmenter ses placements dans des sociétés qui occupent une position favorable sur un horizon de placement à long terme (de 10 à 20 ans).

 

Jurrien Timmer – 1er juin 2020

Dans sa mise à jour hebdomadaire, Jurrien Timmer partage son point de vue sur les événements de la semaine dernière.

Indicateurs de la semaine dernière

  • Nous avons noté une ampleur et un momentum positifs, un leadership positif, un affaiblissement du dollar américain, un aplatissement de la courbe des bénéfices et beaucoup de scepticisme au sein du marché.
  • Les marchés sont en hausse de 40 % par rapport aux creux et en baisse de seulement 10 % par rapport aux sommets.
  • Les révisions à la baisse des prévisions de bénéfices restent très faibles, mais la courbe s’aplatit.
  • Le taux d’épargne a récemment augmenté à 33 %.
  • Le dollar américain commence à faiblir.
  • 94 % des actions se négocient à l’intérieur de leur moyenne mobile à 50 jours (le taux le plus élevé en 20 ans).
  • Cette progression survient malgré la perception négative du marché.
  • Des liquidités de 4,8 billions de dollars sont emmagasinées sur les marchés monétaires.

États-Unis, Chine et Hong Kong

Le marché s’intéresse davantage aux impacts de la COVID-19 qu’à la relation entre les États-Unis et la Chine en ce moment, une situation qu’il faudra surveiller, en particulier à l’approche des élections.

Perspectives de reprise aux États-Unis par rapport aux autres pays du G7

M. Timmer estime que les États-Unis sont dans une position unique où la Réserve fédérale (la Fed) et le Trésor américain sont au diapason. Par contre, en Europe, la situation peut être plus compliquée en raison de l’absence d’une politique budgétaire commune.

Divergence entre Wall Street et l’homme de la rue?

M. Timmer pense que, comme durant la grande crise financière, les estimations de bénéfices futurs peuvent être trop faibles dans des périodes comme celle-ci.

Comment expliquer qu’une reprise soit en vue?

L’endiguement du virus et le confinement comptent parmi les principaux facteurs, suivis de près par la réponse de la Fed aux États-Unis.

Volatilité

M. Timmer pense qu’on peut s’attendre à ce que la volatilité diminue à mesure que la situation sanitaire s’améliore et que les économies redémarrent, mais les gens vont continuer de craindre une réouverture trop rapide, qui pourrait nécessiter un nouveau confinement. Selon lui, la reprise « en forme de V » pourrait se transformer en reprise « en forme de W » si jamais une deuxième vague venait compromettre le scénario de reprise.

Marchés émergents et frontaliers

À son avis, un dollar plus faible est une bonne chose (et un signal haussier) pour les placements dans les marchés émergents et frontaliers; c’est important pour les marchés américains et ce pourrait l’être encore plus pour les marchés à l’extérieur des États-Unis qui détiennent des positions vendeur sur le billet vert.

 

HyunHo Sohn – 29 mai 2020

HyunHo Sohn, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Innovations technologiques, traite des tendances actuelles dans le domaine de la technologie et explique où il trouve des occasions.

Tendances

Au chapitre de la consommation, M. Sohn constate que le taux d’adhésion du magasinage en ligne et des plateformes utilisées pour se connecter à un réseau virtuel a augmenté, tout comme l’utilisation des options de divertissement numérique, comme Netflix, les plateformes de diffusion en continu et les services de jeux. Du côté des entreprises, on a observé une transition visant à raccorder les employés au réseau de l’employeur et à étendre le télétravail afin d’assurer le maintien de la productivité.

Fonds Fidelity Innovations technologiques

M. Sohn pense que son mandat est différent de celui des autres fonds de technologie au sein du marché :

  • Il s’intéresse de près aux grandes tendances à long terme du secteur, par exemple l’intelligence artificielle et l’infonuagique, tout en restant attentif aux valorisations et en prenant le temps de jauger la perception du marché et des consommateurs. 
  • Comparativement à l’horizon de placement des autres fonds de technologie, il adopte une position à contre-courant du marché.
  • M. Sohn comprend la volatilité des actions de technologie; lorsque la perception du marché à l’égard de ces titres se détériore pour une courte période, sa préférence pour les tendances à long terme peut être bénéfique.

Le Fonds accorde plus de place aux titres à petite/moyenne capitalisations que l’indice de référence, car M. Sohn estime que les idées de placement sont plus intéressantes dans ce segment; ce ne sont pas toutes les sociétés qui disposent de la capacité de recherche de Fidelity pour trouver d’excellentes options de placement dans des créneaux plus modestes. M. Sohn trouve des occasions à l’extérieur de l’Amérique du Nord, notamment au Japon et dans d’autres parties de l’Asie.

Tensions commerciales mondiales

Dans l’ensemble, M. Sohn se dit optimiste à l’égard de la relation entre les États-Unis et la Chine; il pense que les deux pays trouveront un terrain d’entente, puisque la guerre commerciale ne profite ni à l’un ni à l’autre, en particulier en raison de la dépendance de la Chine aux semiconducteurs américains.

Logiciels et cybersécurité

Le Fonds investit moins dans ces secteurs que l’indice de référence. Selon M. Sohn, les ratios élevés des titres de ce secteur sont difficiles à justifier. Il constate qu’en raison de la transformation rapide du secteur de la cybersécurité, il est devenu difficile d’y trouver des idées de placement. Il investit cependant dans quelques sociétés qui y sont reliées indirectement.

 

Alex Gold et Dre Judith Finegold – 28 mai 2020

Alex Gold, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Soins de la santé mondiaux, et Dre Judith Finegold, analyste en recherche sur les actions du secteur des soins de santé et cogestionnaire de portefeuille, se penchent sur l’avenir du secteur des soins de santé dans le contexte de la pandémie. 

Mise à jour sectorielle

La recherche axée sur la santé revêt désormais une importance capitale, non seulement pour le secteur, mais aussi pour l’ensemble du marché, d’autant plus que le secteur des soins de santé est très défensif de nature.  Or, on craint de plus en plus que des gens ne se présentent pas à l’hôpital pour recevoir des soins, parce qu’ils ont peur de la pandémie.  De plus, le chômage prive de plus en plus de personnes d’assurance, si bien qu’elles hésitent à subir des interventions médicales.  Cette situation cause des problèmes dans ce secteur. 

L’avantage Fidelity

Il faut absolument trouver des entreprises résilientes dans lesquelles investir et, à ce chapitre, Fidelity a une longueur d’avance, parce qu’elle a un meilleur accès à de nombreuses entreprises, en temps réel, que d’autres sociétés qui investissent dans le domaine de la santé et de la médecine.

Structure du Fonds

M. Gold et Mme Finegold ont augmenté la pondération des sociétés de traitement et avaient déjà une participation suffisante dans des entreprises de produits de diagnostic et d’outils de style de vie qui, à leur avis, ont été favorable au Fonds. 

 

Darren Lekkerkerker – 27 mai 2020

Alors que le continent procède à une réouverture graduelle des économies, le gestionnaire de portefeuille Darren Lekkerkerker nous révèle les occasions de croissance à long terme qu’il déniche.

Repérer des occasions pendant la vague de liquidations à l’aveuglette

Au cours de cette période, M. Lekkerkerker a analysé les titres à caractère défensif dans ses portefeuilles et a commencé à les liquider lentement pour pouvoir investir dans d’excellents titres qui ont été malmenés pendant l’épisode de volatilité de mars.

Le secteur des biens de consommation discrétionnaire, en particulier le sous-secteur du commerce de détail et des restaurants, surtout les chaînes de restauration rapide, a retenu son attention. Ces entreprises n’ont pas été aussi durement touchées parce qu’elles avaient déjà des stratégies de commandes à emporter et de livraison et que leurs ventes sur douze mois ont été plus élevées puisque les gens n’ont plus fréquenté les restaurants.

Cibler les sociétés à grande capitalisation

M. Lekkerkerker privilégie les sociétés à grande capitalisation, car elles ont tendance à obtenir de meilleurs résultats grâce à leurs flux de trésorerie plus élevés. Elles sont, par le fait même, moins touchées par les problèmes de liquidités et généralement moins volatiles que les sociétés à petite capitalisation.

De nombreuses sociétés à grande capitalisation étaient mieux préparées au confinement puisqu’elles pouvaient faire travailler leurs employés de la maison, étant donné qu’elles avaient amorcé un virage précoce vers les plateformes infonuagiques.

Les attentes envers le Canada

M. Lekkerkerker croit que de nombreuses entreprises cycliques qui n’ont pas tiré pleinement parti de la reprise, comparativement aux titres de croissance, pourraient dégager de meilleurs rendements. 

Il fait remarquer que nous pourrions assister à une appréciation du dollar canadien, parce que le Canada compte un grand nombre d’entreprises cycliques, comparativement aux États-Unis.

Les réouvertures

La réouverture des économies peut poser un risque, mais M. Lekkerkerker surveille les statistiques, qui sont positives aux États-Unis. Il voit que les marchés continuent de réagir positivement au déconfinement et aux nouvelles encourageantes quant à un vaccin éventuel. 

Le pétrole

À moyen et à plus long terme, M. Lekkerkerker croit que les prix du pétrole commenceront à remonter, parce qu’ils sont en ce moment inférieurs au coût marginal de nombreux producteurs.

Sur les marchés des marchandises, il faut surveiller l’offre et la demande. Les producteurs commencent à interrompre leur production et à réduire l’offre; parallèlement, les économies rouvrent et la demande augmente.

 

Jurrien Timmer – 26 mai 2020

Les faits saillants du marché de la semaine dernière donnent des raisons d’être optimistes selon Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale; il constate que le marché n’a jamais remonté aussi promptement d’un déclin sans que cela coïncide avec le début d’un nouveau marché haussier.

Reprise

Le marché boursier est un mécanisme d’actualisation qui escompte en ce moment un déclin des bénéfices en 2020, puis un déclin beaucoup plus modeste en 2022. Dans une perspective de bénéfices, cela correspond à une reprise « en forme de V ».

Dollar américain

M. Timmer estime que la vigueur du dollar, malgré les 3 000 G$ ajoutés au bilan de la Réserve fédérale, pourrait annoncer une crise de financement mondiale continue, puisqu’un dollar faible est un important indicateur haussier.

Marché monétaire et confiance des investisseurs

D’après les liquidités détenues dans les fonds du marché monétaire et le sondage de la semaine dernière sur le niveau de confiance des investisseurs, il semble que les investisseurs baissiers étaient plus nombreux la semaine dernière qu’au moment du creux du marché en mars.

Selon M. Timmer, ces indicateurs révèlent deux choses :

1.       Si vous avez un portefeuille diversifié et la capacité de surmonter la tempête, cette stratégie de placement a fait ses preuves.

2.       Le marché anticipe une grande quantité de bonnes nouvelles, mais il n’y a pas nécessairement de bulle. Parfois, les données fondamentales sont compatibles, mais pas toujours, et il ne faut jamais oublier que le marché est un mécanisme d’actualisation.

M. Timmer croit que cette reprise ne perdra pas de son élan tant que le nombre de facteurs baissiers n’augmentera pas et que le marché s’intéresse davantage à la trajectoire de la pandémie et à la forme de la reprise qu’à la prochaine élection américaine ou aux tensions avec la Chine.

Démondialisation

M. Timmer considère que la pandémie de COVID-19 est un autre « clou dans le cercueil » de la mondialisation – le premier étant les tarifs douaniers – et il s’attend à ce que les sociétés soient maintenant plus motivées à rapprocher les chaînes d’approvisionnement des marchés intérieurs. Les prix reflètent déjà ces nouvelles en bonne partie.

Valeur vs croissance

M. Timmer est d’avis qu’il faudra attendre un changement de régime sur le front de l’inflation avant qu’une rotation s’opère. Par le passé, les périodes d’accélération de l’inflation ont favorisé les titres de valeur par rapport aux titres de croissance.

 

Catherine Yeung – 25 mai 2020

La directrice principale des placements Catherine Yeung estime que quelques facteurs importants pourraient influencer la phase de reprise qu’entame la Chine.

Aperçu

Mme Yeung pense que la Chine pourrait sortir de cette crise en meilleure position que d’autres économies; ce qui vaut également pour les placements en Chine. Selon elle, trois principaux facteurs influencent l’économie chinoise en ce moment :

1.      COVID-19 : La courbe s’aplatit et malgré une seconde vague, celle-ci a été bien contenue par des fermetures immédiates et l’envoi de personnel médical dans les zones où il y avait une plus grande concentration de cas.

2.      Mesures gouvernementales : Mme Yeung pense que le gouvernement chinois n’a pas fini de soutenir l’économie : il a encore des outils de stimulation à sa disposition.

3.      Reprise économique : Dans son plan d’action, la Chine est soucieuse d’axer ses efforts sur le marché du travail et la réduction du taux de chômage.

Tensions commerciales

Mme Yeung pense que la montée des tensions géopolitiques, en particulier entre la Chine et les États-Unis, continuera d’accentuer la volatilité.

Stimulation

Les dirigeants chinois ont annoncé un calendrier pour le déploiement de son réseau 5G, de nouvelles réformes dans le secteur des soins de santé et un plan de relance intérieure qui mise d’abord sur le marché national.

Chaîne d’approvisionnement

Il sera difficile pour les autres marchés de créer des chaînes d’approvisionnement aussi efficaces que celles de la Chine, et les régions qui tentent de lui faire concurrence se heurtent à des goulots d’étranglement.

Facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance

Les sociétés investisseuses chinoises s’intéressent davantage aux placements ESG. Le facteur social est déjà une priorité importante, mais la responsabilité environnementale commence à s’imposer.

 

Andrew Clee et Paul Ma – 22 mai 2020

Andrew Clee, vice-président, FNB et Paul Ma, vice-président et stratège principal, Portefeuilles, décrivent les principes de base de la construction de portefeuilles de FNB, ainsi que les avantages et les inconvénients des différents types de portefeuilles dans le contexte actuel de volatilité des marchés.

Élaboration d’un portefeuille de FNB dans les marchés actuels

La gestion active est importante, car elle tient compte des perspectives à long terme, susceptibles de représenter jusqu’à 80 % du rendement à long terme d’un portefeuille, tandis que les FNB peuvent couvrir les aspects tactiques, susceptibles de représenter jusqu’à 20 % du rendement à long terme d’un portefeuille.

Selon MM. Clee et Ma, il peut être avantageux pour les investisseurs de rééquilibrer leurs portefeuilles annuellement, en utilisant un seuil de 5 %.

Répartition de l’actif et construction de portefeuille

Les FNB factoriels permettent aux conseillers de personnaliser les portefeuilles des clients en fonction de leurs objectifs et du résultat recherché. Par exemple, si un client a besoin de revenu, un FNB de dividendes peut s’avérer un complément idéal. C’est un moyen judicieux d’éviter les solutions toutes faites pour privilégier plutôt une stratégie « de base et satellite ». 

Stratégie « de base et satellite »

Le marché canadien est concentré dans les banques, les sociétés minières et les producteurs énergétiques. Une bonne façon de réduire cette concentration est d’ajouter des placements dans d’autres secteurs au moyen de FNB factoriels, qui peuvent procurer une plus grande diversification à long terme.

Les portefeuilles 60/40 sont-ils menacés du fait que les titres à revenu fixe n’offrent plus la même protection qu’auparavant?

Les obligations ne sont pas uniquement une source de revenu; elles peuvent aussi offrir une protection contre le risque de baisse. À long terme, un portefeuille équilibré peut procurer des rendements supérieurs, et une plus grande stabilité, de sorte que les obligations sont un élément essentiel pour la construction d’un portefeuille.

Le rééquilibrage peut aussi produire de meilleurs résultats qu’une simple stratégie de gestion passive.

 

Maxime Lemieux – 21 mai 2020

Maxime Lemieux, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Frontière NordMD, affirme que le Fonds se portait bien avant la propagation du virus. Il est d’avis que la crise a fait subir un sérieux test de résistance au portefeuille et lui a permis de modifier graduellement la répartition de l’actif du Fonds; il a réduit lentement la pondération des titres à caractère défensif, mais n’a pas délaissé complètement ce « panier » de titres.

L’économie canadienne

M. Lemieux croit que l’économie canadienne ne va pas plus mal que celle de n’importe quel autre pays du G7, ni même qu’aucun autre pays.

Il surveille les indicateurs qui lui donnent un avant-goût de ce à quoi la réouverture de l’économie et une reprise potentielle pourraient ressembler, y compris : 

  • les pays qui ont été touchés en premier et qui ont amorcé une réouverture;
  • le cuivre, indicateur de la réouverture du secteur des produits industriels;
  • l’industrie mondiale de l’automobile, parce qu’elle est un gros utilisateur de métaux et de matériaux de base à des fins de production, ce qui pourrait indiquer que l’économie rouvre.

Fonds Fidelity Frontière NordMD

M. Lemieux a réitéré qu’en raison de son penchant pour les entreprises de qualité supérieure dotées d’abondants flux de trésorerie disponibles, d’un bon bilan et de dirigeants compétents, le Fonds Fidelity Frontière NordMD était en bonne posture avant l’accès de volatilité provoqué par l’éclosion du virus

De bonnes occasions de placement dans tous les secteurs

M. Lemieux parvient à trouver des occasions de placement dans des entreprises de qualité bien gérées dans tous les secteurs.

Il réserve 10 % de l’actif du Fonds Fidelity Frontière NordMD aux placements à l’extérieur du Canada afin d’investir dans des secteurs qui ne sont pas bien représentés au Canada, comme celui des technologies de l’information.

Le gestionnaire de portefeuille croit que les comportements humains sont profondément ancrés et résilients; il pense que lorsque la situation reviendra à la normale, les gens reprendront leurs bonnes vieilles habitudes, comme faire des voyages en avion.

 

Nicole Connolly – 20 mai 2020

Chef des placements ESG et gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Leadership au féminin, Nicole Connolly a surveillé le rendement des placements ESG tout au long du repli du marché. Comme les données disponibles sur les placements ESG reflètent le marché haussier passé, il a été intéressant d’observer les résultats de ces entreprises durant le repli et de constater que les investisseurs conservent leurs placements, ce qui laisse supposer que l’investisseur ESG investit dans une perspective à long terme et qu’il est fidèle aux valeurs qui guident ses placements.

Les investisseurs ESG sont restés fidèles durant le repli du marché et les flux d’actifs totaux dans les fonds ESG ont été positifs

Depuis le début de 2019, les flux d’actifs dans les produits ESG ont été très importants; ils sont d’ailleurs restés positifs entre le sommet du 19 février et le récent creux.

Mme Connolly estime que la crise a transformé les priorités des gens, ce qui pourrait entraîner un changement de mentalité en matière de placement et avoir des répercussions sur le type de sociétés dans lesquelles ils choisissent d’investir.

Rendement des placements ESG

Les sociétés dont la cote ESG était élevée ont surpassé le marché de plus de 1 % par année au cours des six dernières années.

Entre le sommet du 19 février et le creux, les fonds ESG ont devancé les autres catégories de fonds d’environ 80 à 100 points de base (après correction pour le biais sectoriel).

Les piliers de l’inclusion

Nous avons maintenant analysé 700 sociétés dans le monde en fonction de la diversité et de l’inclusion en tenant compte de 25 critères. (Par exemple, comment l’écart de rémunération entre les sexes est-il géré? Combien de femmes siègent au conseil d’administration? Quelle importance est accordée à la diversité?)

Occasions de placement sur le marché : le profil risque/rendement des titres de valeur et à petite capitalisation est attrayant

On observe en ce moment une dispersion inégalée des valorisations des titres de valeur depuis 1985. L’indice Russell 2000 (qui sert aussi de référence pour les titres à petite capitalisation) est en baisse de 20 %.

Mme Connolly a privilégié les sociétés à petite capitalisation et de valeur de qualité, caractérisées par un bon rendement du capital et une utilisation judicieuse des flux de trésorerie. 

La stratégie ESG de Fidelity est axée sur les facteurs quantitatifs et s’appuie sur une cote ESG exclusive

L’un des outils de recherche qui enchante Mme Connolly est un système de notation exclusif à Fidelity qui est réservé à l’usage interne et qui s’applique aux entreprises.

 

Jurrien Timmer – 19 mai 2020

Dans sa revue de l’évolution des marchés de la semaine dernière, Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, souligne que la semaine a été difficile pour les États-Unis, surtout en raison des tensions commerciales qui perdurent avec la Chine et des discussions relatives aux mesures de relance qui commencent à prendre le dessus sur les préoccupations géopolitiques.

Décalage du marché

M. Timmer croit que le décalage du marché entre la baisse des estimations de bénéfices et les statistiques économiques, comme le PIB, divise les participants au marché en deux camps :

1. les haussiers, qui estiment que les cours influencent les paramètres fondamentaux;

2. les baissiers, qui estiment que la Réserve fédérale américaine (Fed) a créé une illusion monétaire.

À son avis, la vérité se trouve quelque part entre les deux, puisque les cours et les bénéfices n’évoluent pas au même rythme. Selon M. Timmer, les estimations de bénéfices pour 2021 et 2022 exercent des pressions à la hausse sur les prix; le marché pourrait escompter une remontée des bénéfices.

Des liquidités en réserve

En ce moment, environ 4 700 G$ sont détenus dans des fonds du marché monétaire aux États-Unis; ces liquidités pourraient servir à stimuler les marchés, quoique les investisseurs craignent toujours l’inconnu.

La Fed et le dollar américain

M. Timmer ne pense pas que la Fed soit le seul acheteur; les gens auront encore besoin de revenus, car les tendances démographiques qui prévalaient avant la pandémie de COVID-19 sont toujours présentes. La Fed se trouve à injecter de la liquidité dans le marché obligataire, et ses interventions pour assurer son bon fonctionnement ont été un succès; la Fed continuera d’agir comme acheteur.

M. Timmer est d’avis que le dollar américain pourrait devenir une préoccupation, en particulier s’il tarde à baisser. Un raffermissement du dollar indique que nous sommes toujours aux prises avec une importante crise de financement mondiale, et c’est ce que tout le monde souhaite éviter.

Possibilité d’un retour vers le bas

En regardant sous le capot, on note ici et là de nouvelles mises à l’épreuve (p. ex., indice de valeur Russell 2000). Selon le secteur analysé, de nouveaux tests ont eu lieu, mais la volatilité n’a pas encore monté en flèche.

 

Matt Siddle – 15 mai 2020

Matt Siddle, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Europe, se dit encouragé par la diminution du nombre de cas de COVID-19 en Europe à la suite du confinement, ainsi que par les développements récents dans les pays qui ont été les plus fortement touchés, mais qui sont maintenant en mesure de reprendre leurs activités.

Pour ce qui est des tensions commerciales, il constate que bien que les États-Unis s’opposent à la Chine, l’Union européenne a été plus discrète à cet égard. En conséquence, certaines entreprises européennes se portent mieux et ont accès à un plus grand nombre d’occasions. Au sein de l’Union européenne, le Brexit a dans une certaine mesure été relégué au second rang par la crise sanitaire en cours et M. Siddle estime qu’à l’heure actuelle, le résultat est difficile à prédire.

En ce moment, M. Siddle recherche des entreprises solides qui présentent des résultats attrayants et des bilans robustes. Il ne se considère pas comme un gestionnaire axé sur la croissance dynamique, mais demeure tout de même à l’affût de sociétés de qualité dont la valorisation est intéressante. Il croit que nous assisterons à une augmentation de la volatilité à court terme, mais ses perspectives à long terme sont très positives. À l’heure actuelle, son portefeuille contient des positions dans des entreprises alimentaires (p. ex., des entreprises de livraison de repas) et de soins de santé, et surpondère les entreprises qui participent à la lutte contre le virus. Il se méfie du secteur de la finance européen, car même si les titres sont exceptionnellement bon marché en ce moment, ils présentent un risque accru en termes de rentabilité. Il voit davantage d’occasions dans le secteur de l’assurance, qui a été durement touché, mais dont les données fondamentales demeurent solides. Les valorisations dans ce secteur sont très bon marché, mais le ratio risque/rendement est intéressant comparativement à divers secteurs cycliques du marché boursier.

 

Ramona Persaud – 14 mai 2020

La gestionnaire de portefeuille Ramona Persaud sépare les quatre derniers mois en trois phases. La première phase – avant que nous prenions conscience de la crise – a débuté en janvier. À ce moment, les recherches exhaustives des analystes de Fidelity lui ont permis d’entrevoir la possibilité d’une pandémie à l’échelle mondiale avant qu’elle ne se répande.

Selon Mme Persaud, la deuxième phase, qu’elle appelle la période de prise de « nouveaux risques », a été un moment extraordinaire pour investir. Il fallait en profiter pleinement et acquérir autant de titres cycliques qu’un portefeuille peut en contenir, parce que les valorisations jouaient en faveur des investisseurs.

La troisième phase, celle que nous traversons actuellement, en est une de réévaluation rapide, où nous assistons à un tiraillement entre un scénario favorable et un scénario défavorable. Elle nous ramène vers un marché qui oscille entre l’espoir et la crainte. Les investisseurs, qui doivent sans cesse composer avec des perturbations, doivent être assez agiles pour ne pas rater les occasions d’achat ou de vente qui se présentent.

La structure actuelle du portefeuille de Mme Persaud est le résultat de la transition entre les trois phases de la crise. Au cours de la première phase, elle s’est concentrée pleinement sur l’atténuation des risques du portefeuille. Pendant la phase deux, lorsque les écarts de valorisation se sont établis à 80 % de ceux qui prévalaient lors de la crise financière mondiale, elle a revu le niveau de risque du portefeuille à la hausse et bonifié les positions plus défensives. La phase trois constitue un point d’équilibre intéressant et est assortie d’un large éventail de résultats possibles. Elle se tient donc prête à réorienter le portefeuille en fonction des données qui seront disponibles.

À l’instar de ses pairs, Mme Persaud pense que les tendances qui sont déjà en cours se sont accentuées en raison de la crise. D’un point de vue plus macroéconomique, elle croit que le populisme continuera de s’étendre, car les collectivités à faible revenu et à forte densité, qui ont un accès plus limité aux soins de santé, ont été affectées de façon disproportionnée par la COVID-19. Les chaînes d’approvisionnement, surtout celles de l’équipement de protection individuelle et des médicaments, se sont également avérées extrêmement vulnérables. Pour toutes ces raisons, Mme Persaud met l’accent sur les entreprises nationales, notamment celles des secteurs des technologies et de l’industrie, qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu.

En ce qui concerne l’investissement durable, Mme Persaud estime que les stratégies environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) ont tendance à dégager un meilleur rendement dans les contextes de crise, étant donné qu’elles sont étroitement liées à de nombreux facteurs de qualité. Les entreprises axées sur les facteurs de gouvernance sont plus transparentes que celles qui sont centrées sur les facteurs environnementaux et sociaux. Ces derniers doivent être mesurés de manière qualitative, et il est important de rechercher des sociétés qui privilégient une approche englobant toutes les parties prenantes, car elles ont tendance à se conformer davantage aux normes ESG.

Un grand nombre de sociétés réduisent leurs dividendes à l’heure actuelle. Mme Persaud examine donc le taux de rendement, tout en privilégiant une orientation souple et dynamique à cet égard. Elle note que la valorisation constitue le meilleur facteur pour générer de l’alpha à long terme. Elle consacre beaucoup de temps à l’analyse du crédit, évite les entreprises qui diminuent leurs dividendes et examine les bilans, les flux de trésorerie et le crédit. Elle observe que les règles qui régissent les réactions aux réductions de dividendes évoluent en période de crise : les investisseurs sont plus indulgents et certaines entreprises en profitent pour sabrer leurs dividendes alors qu’elles jouissent d’une relative solidité et pour assainir leur bilan, s’il y a lieu, afin de mieux traverser la crise.

Dans le secteur de la finance, les organismes de réglementation américains s’interrogent actuellement sur la nécessité d’éliminer les dividendes des banques s’ils offrent du soutien à celles-ci. Les marchés feront fi de cette situation si elle se concrétise, contrairement à ce qui s’est produit durant la crise de 2008 et 2009 (qui était attribuable aux banques). Mme Persaud s’intéresse particulièrement aux banques qui touchent d’importants revenus grâce à leurs frais et à celles qui améliorent leurs flux attribuables aux frais. Elle note que l’interférence de la Fed et la suppression des taux d’intérêt ont provoqué de l’incertitude, qui s’est traduite par des différences entre les cours et la valeur. Son travail consiste maintenant à tirer parti de ces différences.

 

Dan Kelley – 13 mai 2020

Dan Kelley, gestionnaire de portefeuille de la Catégorie Fidelity BâtisseursMC, observe qu’étant donné que les sociétés dirigées par leurs fondateurs sont fortement axées sur les secteurs de la « nouvelle économie » – comme la technologie, les soins de santé et les services de communications – le Fonds était déjà bien placé lorsque la plus récente crise s’est amorcée.

M. Kelley croyait que la numérisation était une tendance qui avantagerait le portefeuille au cours des dix prochaines années, mais sa mise en place a été accélérée par la pandémie et le télétravail. À son avis, il s’agit maintenant d’un thème qui se poursuivra durant les quatre ou cinq prochaines années. De nombreuses sociétés avaient déjà amorcé leur migration vers le nuage, et celles qui ont réussi leur transition au télétravail sont celles qui avaient déjà préparé le terrain afin de tirer parti de l’infonuagique pour faire tourner leurs applications. Même son de cloche dans le commerce électronique, où les consommateurs avaient commencé à se tourner vers les achats en ligne, et où la demande en ligne a fortement augmenté. Il ne s’agit là que de deux exemples de thèmes que le Fonds surveille en ce qui a trait à la numérisation et à l’accélération de la demande.

M. Kelley croit que lorsque les consommateurs auront adopté des habitudes et des routines en ligne, il est peu probable qu’ils reviennent aux opérations traditionnelles. La valeur et la commodité du commerce électronique ont été démontrées et les sociétés qui ont investi dans l’infrastructure en ligne pendant des années – alors que les autres ne le faisaient pas – jouissent maintenant d’un net avantage.

Comme nous l’avons mentionné, le Fonds est fortement exposé à la « nouvelle économie », 50 % de l’actif du portefeuille étant investi dans des titres des secteurs des technologies de l’information et des soins de santé. Les technologies de l’information ont pris la tête du peloton au cours de la récente période et ont contribué à la croissance dans différents domaines. Personne ne s’attendait aux taux de rendement dégagés par certaines de ces sociétés technologiques, ce qui en dit long sur le manque de croissance. Selon M. Kelley, étant donné que nous nous trouvons dans une période de grande incertitude, il est plus facile d’investir dans les sociétés qui sont en expansion que dans celles dont les bénéfices risquent de diminuer. Il trouve que dans bien des cas, le rapport valorisation/croissance n’est pas démesuré à l’heure actuelle.

Le secteur des soins de santé a également offert un rendement supérieur. M. Kelley examine tout particulièrement les domaines du diagnostic, des thérapies et des plateformes de recherche et développement innovantes afin d’y repérer des occasions. Il a aussi trouvé des occasions dans l’or, plus particulièrement dans les sociétés aurifères, car les importantes mesures de relance budgétaire et monétaire ont soutenu les prix sous-jacents de l’or. Les services de communications ont également présenté de belles occasions alors que s’accélèrent les investissements dans la technologie 5G. M. Kelley détient des positions dans des sociétés de téléphonie cellulaire qui pourraient profiter de cette croissance accélérée. Il a aussi repéré des occasions dans des sociétés qui répondent aux goûts changeants des consommateurs (p. ex., en matière de bien-être), et observe que le fonds investit dans certaines sociétés associées à cette tendance.

M. Kelley estime que bien que le pouvoir d’achat soit susceptible de diminuer à court terme en raison de la hausse du taux de chômage, la migration vers le commerce électronique stimulera la croissance et pourrait même favoriser le marché de l’emploi, lorsque les entreprises chercheront à embaucher des travailleurs pour répondre à la demande grandissante.

M. Kelley signale par ailleurs que le Fonds a déjà traversé des périodes de baisse, et précise que de telles périodes sont souvent le moment approprié d’investir davantage dans le mandat du Fonds. Finalement, on se souviendra peut-être de ces périodes de volatilité comme ayant été moins graves qu’elles n’avaient semblé l’être à l’époque.

 

Jeff Moore et Michael Foggin – 12 mai 2020

Les gestionnaires de portefeuille Jeff Moore et Michael Foggin surveillent l’évolution des marchés de titres à revenu fixe et des marchés mondiaux. Selon M. Moore, le soutien des banques fédérales, la façon dont nous sortirons de la volatilité élevée et le rôle des facteurs démographiques sont les trois principaux enjeux à prendre en considération en ce moment. M. Foggin, pour sa part, recherche des occasions offertes par l’activité des marchés boursiers et les mises à jour des agences de notation.

Il affirme qu’il ne modifie pas ses attentes en fonction des mesures à venir de la Banque centrale européenne. Il estime que celle-ci sera en mesure de défendre sa position et qu’elle maintiendra ses programmes d’assouplissement quantitatif. M. Moore prévoit d’importants gains en capital, qui se concrétiseront lorsque la volatilité s’atténuera. Il croit que ces gains seront réalisés par les titres de créance, et que le moment est venu d’acheter.

Les trois principaux fonds d’obligations de M. Moore, soit le FNB Fidelity Obligations mondiales de base Plus, le Fonds Fidelity Obligations de qualité multisectorielles et le Fonds Fidelity Obligations multisectorielles, ont recours à une approche mondiale et privilégient les rendements fiables. Au moment d’acquérir des obligations, M. Moore recherche les entités qui sont des banques championnes souveraines et qui disposeront de liquidités et de flux monétaires positifs pour les années à venir. M. Foggin privilégie l’immobilier et la logistique, qui demeurent de solides occasions de placement.

MM. Moore et Foggin signalent que la demande pour les titres à revenu fixe, qui est soutenue par les facteurs démographiques (entre autres choses), se maintiendra. En ce qui concerne les marchés émergents, ils examinent un large éventail de volatilités, d’occasions et de facteurs de croissance. Ils ne répartissent pas l’actif des portefeuilles dans un bassin de titres de marchés émergents, mais bien dans des placements individuels que leurs recherches mettent en évidence.

 

Jurrien Timmer – 11 mai 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale de Fidelity, observe que même si les taux de chômage sont à leur plus haut niveau en 50 ans, les cours des actions continuent d’augmenter en prévision d’une reprise économique. Il estime toutefois que les marchés se sont peut-être emballés.

M. Timmer voit actuellement des mouvements intéressants du côté des marchandises et croit qu’il est possible que ces dernières progressent davantage que les actions. Il note que le pétrole demeure une marchandise attrayante et que la demande se maintiendra, voire augmentera, à mesure que les marchés se redresseront. Selon lui, même si nous en utilisons moins, nous continuerons d’en avoir besoin, tant aujourd’hui que dans le futur. En ce qui concerne l’or, M. Timmer croit que les investisseurs qui se montrent optimistes voient juste : la remontée des marchés semble en effet être moins forte quand on la mesure par rapport à un actif durable comme l’or, plutôt qu’en dollars. Il rappelle cependant que la même situation s’est produite lors de ralentissements économiques antérieurs et que le marché a fini par rattraper et même surpasser l’or.

M. Timmer compare la situation économique actuelle des États-Unis avec la réalité historique du Japon et relève des parallèles entre les économies américaines et japonaises. Bien qu’il reconnaisse qu’il existe de nombreuses différences entre les deux économies, il voit les facteurs démographiques comme un indicateur. Ainsi, il croit que le Japon sert d’avertissement et que nous n’assisterons peut-être pas à la hausse de l’inflation à laquelle beaucoup s’attendent parce que la dette et les facteurs démographiques auront raison de celle-ci.

M. Timmer ajoute que les marchés seront exposés à un risque si l’économie rouvre trop tôt et que nous nous retrouvons avec une deuxième vague de cas de COVID-19 plus importante que prévu. Une réouverture anticipée est également susceptible de surcharger le système de santé. M. Timmer partage les deux adages suivants : « N’allez pas à l’encontre des tendances du marché », et « Ne luttez pas contre la Fed ». Le premier signifie que le marché représente la sagesse collective de toute personne qui y a déjà investi, et le deuxième que la Fed s’efforcera de réglementer les marchés.

M. Timmer estime que le marché européen est limité par les mesures budgétaires, qui sont hautement fragmentées. Aux États-Unis, en revanche, les deux côtés du spectre politique collaborent efficacement pour mettre en œuvre des mesures d’allégement fiscal. L’Europe est donc désavantagée, puisqu’elle ne peut pas réagir aussi rapidement que les États-Unis.

 

Denise Chisholm – 7 mai 2020

Stratège sectorielle, Denise Chisholm estime qu’une récession mondiale à grande échelle d’ici un mois est plus probable que ce que pourraient penser les investisseurs. Pour les investisseurs qui préfèrent attendre un signal avant de réinvestir, il est important de savoir que la plupart des gains par rapport au creux (qui peut survenir n’importe quand entre le premier trimestre et le milieu d’une récession) sont déjà réalisés lorsque la récession prend fin. Selon elle, il ne faut pas oublier que les actions ne suivent pas les bénéfices et que lorsque les récessions sont plus prononcées et plus rapides, les actions ont tendance à trouver leur plancher plus tôt. Après avoir vu le marché boursier se replier de 30 %, puis remonter de 35 % – escomptant une certaine forme de récession, puis une certaine forme de reprise – les investisseurs ont des sentiments partagés et on peut le comprendre.

Mme Chisholm mise sur les secteurs qui profitent de la rotation du marché vers les titres défensifs. Cela se produit lorsque les investisseurs vendent tout ce qui est sensible à l’économie ou cyclique d’un point de vue sectoriel (p. ex., les services financiers et l’énergie) pour investir dans des titres à caractère défensif et stable (p. ex., les biens de consommation de base et les services publics). En avril seulement, on a observé une rotation vers les titres défensifs aussi importante que pendant toute la durée de la crise financière – rotation qui s’était alors étalée sur plus d’un an.

Les données historiques permettent de tirer certaines conclusions : les actions peuvent trouver leur plancher rapidement lorsque la récession est courte et prononcée; la reprise peut dépendre du niveau de stimulation; et il est important de surveiller les écarts de valorisation et les indicateurs défensifs, qui laissent entrevoir une plus forte probabilité de récession, compte tenu de la vitesse à laquelle les événements se sont enchaînés en un peu moins d’un mois.

Un petit nombre de secteurs se démarquent habituellement durant les six mois qui précèdent le début d’une récession, durant la période de six mois vers le creux d’une récession et les six mois qui suivent le creux du marché en période de récession, selon les données historiques. Les technologies de l’information, les biens de consommation de base et les services publics sont quelques-uns des secteurs les plus défensifs traditionnellement. Tout au long de la période actuelle, les technologies de l’information et les biens de consommation discrétionnaire ont assez bien résisté, et les technologies de l’information ont continué de dominer même durant la correction. La question que se posent souvent les investisseurs à ce stade-ci, c’est s’ils doivent se retirer des secteurs qui les ont bien servis. Mme Chisholm estime, quant à elle, qu’il y a des secteurs « pérennes » qui ont toujours leur place à l’intérieur d’un portefeuille, comme les technologies de l’information et les soins de santé, qui offrent le meilleur potentiel risque-rendement lorsqu’on combine les paramètres fondamentaux et la valorisation. Elle note toutefois que le marché a pris de l’ampleur et qu’en conséquence, il pourrait être indiqué d’accroître le risque du portefeuille au moment où plusieurs autres secteurs se démarquent et se joignent à la fête. Selon Mme Chisholm, plusieurs tendances à long terme qui existaient avant la crise ont peut-être été accentuées, si bien que la croissance dans ces secteurs pourrait être considérablement plus rapide dans les dix prochaines années qu’au cours de la dernière décennie.

Alors que certains évoquent une autre correction, Mme Chisholm pense que c’est très improbable compte tenu du niveau de volatilité que nous avons connu. Le marché est capable d’anticiper ce qu’il a déjà expérimenté. Cela ne signifie pas qu’une seconde vague n’entraînera pas un certain mouvement de liquidation, mais selon elle, celui-ci sera moins prononcé que prévu. Maintenant que le marché sait qu’il existe des solutions pour contenir la propagation du virus et que les interruptions sont temporaires – et parce qu’on voit que le marché commence déjà à redémarrer – le déclin entre le sommet et le creux pourrait être moins important. D’ailleurs, au lieu de provoquer des ventes débridées, le repli pourrait offrir une occasion d’achat.

 

Steve MacMillan – 6 mai 2020

Steve MacMillan, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Actions américaines, du Fonds Fidelity Petite Capitalisation Amérique et de la Catégorie Fidelity Occasions canado-américaines, pense que les secteurs les plus défensifs du marché boursier domineront encore plus qu’ils ne l’ont fait au cours des derniers mois. Il mentionne que durant le délestage du marché boursier en mars, les sociétés se sont repliées, tous secteurs confondus. Dans celui des soins de santé, M. MacMillan note que même si certaines chirurgies électives peuvent être reportées, ce n’est que temporaire; peu importe l’état de l’économie, la demande sera toujours là. En conséquence, il considère que beaucoup de sociétés de soins de santé offrent un potentiel de stabilité à long terme. Pour ce qui est de l’éducation, il estime que la COVID-19 nous aura permis de prendre conscience de la capacité et de la volonté des gens d’apprendre. Il pense que l’enseignement en ligne créera des occasions dans ce secteur. En ce qui concerne les perspectives de bénéfices pour 2021, les sociétés stables dans les secteurs des soins de santé et de l’éducation pourraient devancer les entreprises des autres secteurs, selon lui.

Jusqu’ici, M. MacMillan considérait les chaînes d’approvisionnement surtout dans une perspective de réduction des coûts. Maintenant, il pense que la diversification géographique pourrait devenir un enjeu et que les sociétés tenteront de réduire leur dépendance à un seul pays pour leur production. Il est curieux de voir à quel point les emplois manufacturiers vont se rapprocher des États-Unis et si la nationalisation des chaînes d’approvisionnement fera baisser le coût du capital.

Il s’attend à ce que les élections américaines soient plus déterminantes pour certains secteurs que pour d’autres. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup d’incertitude et qu’il est difficile de prendre des décisions de placement qui dépendent d’un événement politique. M. MacMillan cherche des sociétés qui vont se démarquer au-delà de toute considération politique, en mettant l’accent sur des entreprises durables capables de surmonter les élections et la pandémie et de produire une valeur à long terme pour leurs actionnaires. Durant la crise financière, M. MacMillan était analyste du secteur bancaire chez Fidelity. Ce qu’il retient surtout de la dernière récession, c’est que les entreprises ont réalisé les conséquences d’avoir des dettes qui arrivent toutes à échéance la même année. Il constate maintenant qu’elles échelonnent leurs dettes afin de pouvoir utiliser leurs flux de trésorerie pour réduire leur endettement en cas de fermeture des marchés des titres d’emprunt. M. MacMillan cherche les sociétés ayant un niveau d’endettement raisonnable par rapport à leur niveau de bénéfices, ce qui constitue un objectif de placement à long terme pour son portefeuille.

Cette année, M. MacMillan a modifié sensiblement les titres figurant parmi les dix principaux placements de son Fonds Fidelity Titres américains à rendement élevé et de son Fonds Fidelity Petite Capitalisation Amérique – des changements qui avaient été amorcés avant la COVID-19. Habituellement, les deux fonds ont tendance à produire un rendement similaire en raison des recoupements dans les secteurs qui y sont représentés. Cette année, cependant, M. MacMillan a noté une grande différence entre le rendement des sociétés à grande et à petite capitalisation. Il reste optimiste pour les titres à grande capitalisation, et il se réjouit des possibilités qui émergent également dans le segment des petites capitalisations. Dans l’ensemble, il estime que les actions défensives sont celles qui offrent le meilleur potentiel cette année, aussi bien du côté des grandes que des petites capitalisations. À plus long terme, il espère trouver des occasions dans des titres à croissance supérieure potentiellement plus cycliques. M. MacMillan reconnaît que les temps sont difficiles pour les investisseurs, qui doivent composer avec des titres bon marché affichant de piètres paramètres fondamentaux et d’autres qui sont prometteurs sur le plan des fondamentaux, mais qui paraissent surévalués. Pour éviter les risques liés aux aspects fondamentaux et à la valorisation, il cherche un entre-deux, c’est-à-dire des sociétés qui offrent de bonnes perspectives de bénéfices et des valorisations raisonnables.

 

Andrew Marchese – 5 mai 2020

Andrew Marchese, président et chef de la direction de Fidelity Gestion d’actifs (Canada) (FCAM), est fier de travailler avec une équipe diversifiée et extrêmement compétente, qui s’appuie sur l’information fiable générée par une équipe de recherche solide.

M. Marchese souhaite que les gestionnaires de portefeuille de FCAM restent fidèles à leur processus de placement en tout temps. Ainsi, les gestionnaires axés sur la croissance devraient continuer de s’assurer que certains aspects de leurs fonds sont orientés vers la croissance, et les gestionnaires de valeur devraient eux aussi s’efforcer de trouver des caractéristiques de valeur. De cette façon, les clients savent toujours à quoi s’attendre, et M. Marchese pense aussi que c’est la meilleure façon pour un fonds de produire un résultat prévisible. Lorsqu’ils collaborent avec les gestionnaires de portefeuille, M. Marchese et l’équipe de gestion du risque s’efforcent de toujours faire ressortir les caractéristiques de leurs portefeuilles. Ils s’assurent ainsi que toutes les caractéristiques respectent leurs cibles, et ils peuvent aussi vérifier si un fonds présente des risques inattendus et apporter les correctifs qui s’imposent. M. Marchese explique que cela permet d’offrir une grande variété de produits pour répondre aux besoins uniques des différents clients.

L’inflation pourrait augmenter, mais selon M. Marchese cela s’inscrirait dans un processus à long terme. Avant la COVID-19, il s’attendait à ce que les investisseurs doivent recommencer à se préoccuper de l’inflation. Les facteurs démographiques, le niveau d’endettement dans le monde et la technologie exerçaient un effet déflationniste défavorable. Par contre, il fait remarquer que la pandémie de COVID-19 a été suivie d’un niveau de stimulation monétaire et budgétaire sans précédent à l’échelle mondiale et, maintenant, de mesures de stimulation extraordinaires. Toutefois, lorsque la croissance économique reprendra son rythme normal, il pense que les banques centrales pourraient devoir laisser l’inflation s’accélérer un peu. Il base son raisonnement sur le précédent créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les États-Unis étaient en récession, que les taux d’intérêt étaient maintenus à un niveau très bas et que l’inflation était élevée. M. Marchese n’entrevoit pas de menace inflationniste dans les prochaines années, mais avec le temps, cela deviendra de plus en plus une préoccupation, parce que le seul moyen dont dispose un gouvernement pour régler un problème d’endettement, selon lui, c’est l’inflation.

M. Marchese pense qu’il existe une très étroite corrélation entre l’or et des taux réels négatifs. Il explique que lorsque l’inflation est élevée, les taux réels sont faibles ou négatifs. En ce moment, il constate que la courbe des taux est aplatie, et les prix de l’or illustrent le fait qu’au-delà d’un certain point l’inflation finira par s’accélérer. Les taux nominaux sont suffisamment bas pour laisser croire que l’or est corrélé, ce qui explique pourquoi les cours des titres aurifères sont en hausse. Si nous ne réglons pas ce problème de déflation de façon durable, les conditions économiques pourraient se normaliser et les mesures de stimulation pourraient être retirées. Dans un tel scénario, M. Marchese entrevoit la possibilité que les prix de l’or baissent dans un contexte de faible croissance où ces forces déflationnistes continuent d’exercer un effet défavorable.

M. Marchese gère le Fonds Fidelity Discipline ActionsMD, le Mandat privé Fidelity Actions canadiennes et le Mandat privé Fidelity Actions canadiennes – Concentré. Il estime que le profil de risque de ces fonds est similaire à ce qu’il était au 1er janvier 2020. Il surveille certains titres qui ont été durement touchés au cours des 90 derniers jours. Dans les secteurs de valeur du marché (services financiers, matériaux de base et consommation discrétionnaire), il a été très strict sur le prix.

Il utilise le ratio du cours à la valeur comptable comme paramètre de valorisation pour trouver des titres de sociétés financièrement solides qui se négocient à un prix quasi-plancher. Dès que le marché s’est mis à remonter, il a constaté que la liquidité était plutôt restreinte. Aussi, il conseille à ses gestionnaires de portefeuille de ne pas partir à la chasse aux titres trop rapidement lorsque la liquidité est restreinte, car l’impact sur le marché risque d’être important. Le « déficit de mise en oeuvre » pourrait être élevé. Comme l’explique M. Marchese, on pense acheter un titre à un prix « x », alors qu’en réalité le prix payé est 10 % plus élevé en raison des mouvements du marché. Il mentionne que FCAM a la chance d’avoir un excellent pupitre de négociation qui connaît les intentions des équipes de placement et les exécute en conséquence, si bien que les clients bénéficient d’un bon rendement.

 

Jurrien Timmer – 4 mai 2020

Récemment, dans son rapport annuel aux actionnaires, Warren Buffet a expliqué sa décision de se retirer complètement du secteur du transport aérien. Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, y voit un désaveu total à l’égard du secteur du transport aérien, ce qu’il juge compréhensible venant de M. Buffet. Même s’il est lui-même impatient de pouvoir voler de nouveau, M. Timmer reconnaît que les réductions de capacité pour permettre la distanciation sociale pourraient avoir une incidence négative sur les modèles d’affaires du secteur. M. Timmer rappelle aux investisseurs que M. Buffet a indiqué que l’une des raisons pour lesquelles il détenait autant de liquidités en ce moment, c’est que les marchés n’ont pas encore baissé suffisamment pour offrir de véritables aubaines. Selon lui, cela tarde à se produire parce que la Fed est intervenue très rapidement pour fournir des liquidités et assurer le bon fonctionnement du marché, si bien que même quelqu’un comme Warren Buffet n’a pas pu profiter des prix plus bas. Même si M. Timmer salue ces initiatives, il reconnaît qu’il peut y avoir différentes interprétations.

J. Crew a récemment demandé la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, mais pour M. Timmer, cela signifie que l’entreprise ne ferme pas ses portes définitivement; c’est plutôt un moyen pour elle de rester ouverte, le temps de réorganiser ses activités. M. Timmer est suffisamment au fait de la situation financière de J. Crew pour savoir où elle se situe en termes de positionnement concurrentiel sur le marché. Toutefois, la pandémie en général a accéléré les tendances qui existaient avant le repli : les commerces de détail traditionnels étaient déjà à la peine avant la COVID-19 et on ne sait pas quel sera leur sort après la pandémie.

Jurrien Timmer estime que jusqu’ici, le marché a réussi à éviter le scénario « extrême », attribuable en grande partie à la vitesse d’intervention des autorités politiques. À son avis, le marché n’a pas encore intégré les chiffres de bénéfices consensuels, parce que cela entraînerait une remontée rapide – ce qui paraît peu probable pour l’instant.      M. Timmer pense que le marché escompte un déclin marqué suivi d’une remontée graduelle et que les bénéfices pourraient revenir à leurs niveaux d’avant la pandémie vers la fin de 2021. En ce moment, il tente d’évaluer les conséquences d’une réouverture de l’économie. Y aura-t-il une seconde vague et quel en sera l’impact? Les États-Unis et d’autres pays réussiront-ils l’opération délicate de vouloir rouvrir l’économie pour éviter une destruction permanente du capital, sans trop se précipiter pour ne pas provoquer une seconde vague? Selon lui, les marchés anticipent un scénario quelque part entre les deux.

De son point de vue, le fait que la Fed ne rachète pas des obligations à rendement élevé est positif pour l’économie. Si les écarts de taux se sont resserrés, c’est que la liquidité est revenue et que les rouages des marchés fonctionnent, et la Fed a réussi ce tour de force en ne détenant presque pas d’obligations, ce que M. Timmer considère comme un succès. Il fait remarquer que la Fed achète de grandes quantités d’obligations du Trésor, entre autres, ce qui montre toute sa puissance. Selon lui, la courbe est déjà en train de s’infléchir : certains pays ont déjà redémarré, l’Autriche a repris toutes ses activités, les Pays-Bas sortent du confinement – certaines courbes de la COVID-19 ont régressé de 90 %.

M. Timmer rappelle que les marchés escomptent les événements futurs – ils regardent vers l’avenir – et c’est l’une des choses qui crée de la confusion chez beaucoup d’investisseurs. Le principal risque du marché en ce moment, selon lui, c’est que l’économie reprenne, puis connaisse une rechute, et non que le marché n’ait pas escompté des pertes économiques substantielles. Il pense que nous sommes engagés dans une course contre la montre, non seulement sur le plan d’un traitement médical, mais aussi sur le plan économique, parce que plus longtemps l’économie sera à l’arrêt, plus les dommages seront permanents.

 

Andrew Clee et Bobby Barnes – 1er mai 2020

Andrew Clee, vice-président, FNB, et Bobby Barnes, analyste quantitatif, surveillent de près le comportement des FNB depuis le début de la période de volatilité des marchés en lien avec la COVID-19. M. Clee souligne qu’au cours du dernier mois, les FNB d’actions internationales ont largement dépassé les autres sur le marché canadien des FNB, tandis qu’aux États-Unis, les FNB d’actions de valeur ont gagné en popularité. Il croit que les tendances observées aux États-Unis commencent à émerger au Canada, ce qui signifie que les FNB d’actions de valeur pourraient attirer davantage d’investisseurs sur le marché canadien des FNB. M. Barnes soutient que la remontée des actions de valeur sur le marché américain pourrait refléter une perception haussière et il espère que le marché boursier a atteint le creux de la vague. Mais il prévient que se synchroniser avec le marché est extrêmement difficile, d’autant plus qu’il y a encore de l’incertitude.

M. Clee explique que le jumelage de placements qui reposent sur différents styles de gestion (passif, factoriel ou actif) varie selon les besoins de chaque investisseur et qu’il est important de tenir compte des objectifs financiers et de la situation personnelle de chacun. Voici comment il décrit brièvement les différents types de FNB. Les FNB passifs imitent les mouvements d’un indice (comme l’indice S&P 500), de sorte que le FNB obtient un rendement comparable à celui du marché. Un FNB factoriel est plus restreint, il imite un indice sur mesure, plutôt qu’un indice généralisé. Un FNB factoriel cible les entreprises qui correspondent à un facteur donné (p. ex. : les entreprises à faible volatilité). En comparaison, les fonds communs de placement gérés activement permettent au gestionnaire de portefeuille d’avoir recours à l’analyse quantitative et aux renseignements qu’ils obtiennent de leurs rencontres avec des dirigeants d’entreprise. M. Clee fait état des avantages particuliers des FNB factoriels, qui permettent aux investisseurs de cibler un objectif de placement précis adapté à leurs besoins uniques.

Plus de détails sur les placements factoriels ->

M. Barnes juge la situation intéressante pour les sociétés qui génèrent des dividendes, compte tenu des circonstances particulières issues de la COVID-19. À son avis, en dehors des périodes de récession, les baisses de dividendes dénotent une détérioration de la santé financière d’une entreprise et laissent présager de moins bons rendements. Par contre, dans une situation comme celle que l’on vit en ce moment, il croit que les baisses de dividendes pourraient signaler que les dirigeants gèrent leurs liquidités de manière à pouvoir poursuivre leurs activités pendant la durée de la période d’incertitude économique. Il rappelle aux investisseurs la crise financière de 2008, alors que certaines des entreprises qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu pendant la reprise étaient celles qui avaient réduit leurs dividendes pendant la récession. Il mentionne également l’importance de la diversification, autre atout de la gamme de FNB axés sur le Facteur Dividende de Fidelity.

M. Clee est enthousiaste quant au potentiel de rendement des FNB factoriels et des placements ESG. Il estime que pendant cet épisode de volatilité des marchés, les entreprises qui obtiennent de bons résultats en matière de performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) sont, en règle générale, des entreprises de grande qualité, capables de générer des flux de trésorerie élevés. À son avis, les entreprises gérées selon les critères ESG ont peut-être un meilleur potentiel de viabilité pendant cette période d’incertitude.

Le choc pétrolier des derniers mois et ses causes probables suscitent la crainte, parce que certains FNB investissent beaucoup dans ce secteur. M. Clee explique en termes simples comment les FNB qui investissent dans le secteur pétrolier sont construits; il précise que les gestionnaires de ces FNB n’achètent pas directement des barils de pétrole, ils achètent plutôt des dérivés de contrats à terme sur le pétrole. Lorsque le FNB achète un contrat pétrolier, celui-ci a une date d’expiration et s’il n’est pas vendu avant cette date, l’acheteur se porte garant du stockage de ces barils de pétrole. Comme la capacité de stockage est limitée, il pourrait être préférable pour l’acheteur de payer quelqu’un pour qu’il prenne livraison du pétrole, plutôt que de le stocker, d’où les prix négatifs observés ces derniers temps. Il ajoute que les FNB qui détenaient des dérivés de ces contrats vulnérables ont commencé à se replier considérablement. M. Clee prévient que ces FNB s’adressent aux négociateurs professionnels, car ils ne sont pas destinés à être conservés pendant de longues périodes.

 

Steve Buller – 30 avril 2020

Depuis l’éclosion de la pandémie, Steve Buller, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Immobilier mondial, constate que ce sont les immeubles où les gens se rassemblent qui ont été les plus durement touchés, plus précisément, les hôtels, les centres commerciaux et les établissements de soins de santé. Le Fonds Fidelity Immobilier mondial était structuré relativement défensivement avant la crise, en ce sens qu’il surpondérait les secteurs qui ont continué de faire bonne figure, comme les entreprises industrielles, les centres de données et les immeubles à appartements, et M. Buller a poursuivi dans la même veine. Les tendances actuelles des entreprises industrielles et de logistique ne sont accélérées que par la pandémie, alors que les clients optent pour le cybercommerce au lieu de la vente au détail en magasin, en particulier dans certains pays comme les États-Unis.

M. Buller est particulièrement optimiste à l’égard des FPI d’entreprises industrielles et de logistique, car on estime qu’un milliard de dollars américains de ventes en ligne nécessitent un million de pieds carrés de distribution. L’augmentation de la demande de ventes en ligne crée une demande accrue d’infrastructures logistiques. Le modèle de chaîne d'approvisionnement juste-à-temps auquel nous étions si habitués ne fonctionne plus, ce qui fait augmenter la demande d’espace d’entreposage. Il s’attend aussi à un accroissement de la « délocalisation », à savoir que les entreprises tenteront de déplacer la production de l’Asie vers d’autres régions pour protéger leurs chaînes d’approvisionnement, ce qui ferait également augmenter la demande d’installations logistiques.

M. Buller fait remarquer que, pendant un certain temps, la croissance globale des dividendes pourrait être plus faible en raison du ralentissement de l’activité dans les secteurs les plus « écorchés » (l’hôtellerie, le commerce de détail traditionnel et les soins de santé). Les établissements hôteliers et les commerces de détail ont subi une forte dégradation de leur valeur potentielle et des prix; toutefois, il y a énormément de capitaux en latence, si bien que leur valeur pourrait ne pas baisser autant que nous le croyions. Dans cette optique, le gestionnaire n’est pas vraiment pressé d’orienter le portefeuille vers des secteurs à caractère plus offensif.

 

Bruce MacDonald – 28 avril 2020

Bruce MacDonald, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Extrême-Orient, entrevoit trois vagues pour cette crise. La première vague, la fermeture des entités productives de profits, a déjà déferlé à l’échelle mondiale. Il croit que la deuxième vague sera une récession. Les entreprises cesseront d’investir; cependant, il n’a pas encore constaté ce phénomène en Chine, où les entreprises commencent à peine à déclarer leurs résultats de premier trimestre. Bien qu’il ne dispose pas encore de données suffisantes pour étayer cette thèse, il estime que les entreprises commencent seulement à se préoccuper des liquidités, parce que leur situation était relativement confortable avant la fermeture, grâce à la demande de stocks. La troisième vague pourrait être un krach du crédit bancaire, quoiqu’elle lui semble moins probable que les deux premières.

M. MacDonald note que cette crise ne se compare à aucune autre, car elle est attribuable à des contraintes imposées aux fournisseurs par les gouvernements. La quantité innombrable d’inconnus pose un défi unique pour ceux qui tentent de regarder au-delà de chaque vague, et c’est la raison pour laquelle M. MacDonald privilégie les entreprises capables de répondre à la demande, dont l’avenir est plus certain et qui ont un bon potentiel de croissance des bénéfices à long terme. Avant la crise, le portefeuille était structuré défensivement, mais le gestionnaire cherche désormais des occasions de placement à caractère plus offensif.

M. MacDonald classifie les occasions de placement en trois groupes. Le premier se compose des champions de la capitalisation, des actions aptes à faire fructifier l’avoir des actionnaires sur un horizon de placement de trois à cinq ans. Ces entreprises ont un potentiel de croissance des bénéfices supérieur à la moyenne et sont appelées à profiter des déboires de leurs concurrents, ou alors ce sont des entreprises en mesure d’investir au cours de cette période afin de se positionner encore mieux au sortir du repli. Le deuxième groupe renferme des entreprises qui ont de fortes parts de marché et des modèles d’affaires qui l’attiraient avant le repli et qui ont seulement besoin de capitaux. Le troisième groupe inclut les entreprises cycliques de qualité qui devraient pouvoir tirer parti de l’inflation, parce qu’il s’attend à ce que l’inflation soit une conséquence de la conjoncture actuelle.

M. MacDonald croit que le modèle des chaînes d’approvisionnement mondiales se fragmente et que nous allons graduellement voir naître des chaînes d’approvisionnement plus localisées en raison de la crise. Étant donné qu’il est gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Extrême-Orient, il cible les entreprises qui délaissent les fournisseurs étrangers au profit de fournisseurs locaux, notamment en Chine. Le monde entier a toujours fait appel aux pays asiatiques pour fabriquer des objets à bon marché, mais si ces pays se mettent à produire les objets qu’ils importaient autrefois et qu’ils deviennent des pays à plus forte valeur ajoutée, nous verrons la Chine monter sur la courbe de valeur, ce qui accélèrera le développement économique des pays asiatiques et créera de bonnes occasions de placement pour ceux qui investissent dans cette région.

 

Jurrien Timmer – 27 avril 2020 

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, fait part de ses perspectives sur la chute des prix du pétrole et sur l’économie mondiale dans la foulée de la pandémie de COVID-19 et remarque une dissociation des prix du pétrole aux États-Unis. La grande part attribuable au secteur de l’énergie dans les dépenses en immobilisations des sociétés cotées à l’indice S&P 500 est probablement la raison pour laquelle les prix du pétrole ont causé du tort à l’indice. M. Timmer souligne que le secteur pétrolier n’est peut-être plus aussi systémique qu’autrefois. Il se souvient de la récente chute des prix du pétrole en territoire négatif comme d’un événement surréaliste, et considère que ce qui s’est passé dans le secteur de l’énergie ressemble à un krach éclair. Il rappelle aux investisseurs que tout cela est dû aux caractéristiques fondamentales du secteur : on assiste à une destruction de la demande quotidienne parce que tout le monde reste à la maison. Lorsque les mesures de confinement seront levées et que l’économie rouvrira, M. Timmer croit qu’il y aura une demande refoulée et un effet possible de « névrose de solitude ». Cependant, il prévient que les changements dans le secteur du pétrole pourraient être graduels.

Les récentes rentrées de fonds dans l’indice S&P 500 ont été remarquables. M. Timmer ne croit pas qu’elles soient attribuables principalement aux investisseurs individuels ou aux entreprises qui rachètent des actions, mais plutôt aux placements institutionnels (par exemple, des régimes de retraite d’entreprise) et aux négociations programmées. Il est d’avis que le marché a enregistré des liquidations massives lorsqu’il a atteint un creux. Au sommet des liquidations, à la fin mars, de bonnes entreprises ont vu leur cours chuter autant que de moins bonnes entreprises, en raison de ce que M. Timmer qualifie de délestage forcé. Ses collègues adeptes de la gestion active analysent en ce moment beaucoup de titres dans le but d’investir dans des actions d’entreprises dirigées par des gens compétents. 

M. Timmer estime que le rythme auquel évolue la crise sanitaire commence à s’améliorer, malgré le fait que la COVID-19 soit encore répandue à l’échelle mondiale. Il ajoute que la Chine a rouvert son économie il y a quelque temps et que c’est maintenant au tour de l’Europe, les premières économies européennes appelées à rouvrir au cours des prochaines semaines étant l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et les Pays-Bas. De plus, à la mi-mai, il se peut que la construction et le secteur manufacturier reprennent leurs activités dans l’État de New York. D’autres États américains ont déjà amorcé le déconfinement, quoique, comme le mentionne M. Timmer, certains craignent une réouverture trop rapide et de nouvelles poussées de cas d’infection à la COVID-19. Même si cela se produit, M. Timmer n’anticipe pas un autre mouvement de confinement mondial, car il est persuadé que la réouverture des économies ne sera pas instantanée, mais plutôt graduelle. 

M. Timmer fait remarquer qu’au début de cet événement exogène, les marchés financiers se trouvaient en fin de cycle. Il précise que comparativement aux autres replis boursiers, celui-ci est inhabituel, parce que c’est essentiellement le secteur tertiaire de l’économie américaine qui a été touché, et pas le secteur manufacturier. Quant à l’économie chinoise, il croit qu’elle était plutôt dans un cycle de production de biens, parce que sa chaîne d’approvisionnement a été perturbée. Il admet que les économies des marchés émergents pourraient surperformer une fois le repli passé, puisqu’il s’agit en quelque sorte d’un repli cyclique. M. Timmer s’attend à ce que la majeure partie du rendement des marchés émergents provienne de la dévaluation potentielle du dollar américain, parce que les marchés émergents ont tendance à emprunter en dollars américains, si bien qu’une dévaluation pourrait mettre fin à la crise du financement qui sévit dans ces économies. La plupart des indicateurs que M. Timmer suit évoluent dans la bonne direction, mais le dollar américain s’entête à rester fort. Il suit de près le dollar américain pour voir quelles économies prendront les devants au sortir du repli.

 

Joe Overdevest et Darren Lekkerkerker – 24 avril 2020

Joe Overdevest et Darren Lekkerkerker, gestionnaires de portefeuille du Fonds Fidelity Ressources naturelles mondiales, partagent une vision optimiste après la chute récente du prix du pétrole WTI en territoire négatif. Les répercussions plus larges des prix négatifs pour les marchés boursiers et d’autres marchés de contrats à terme de marchandises ont créé des occasions et permis aux deux gestionnaires de portefeuille d’acquérir de nouvelles positions à bon prix.

M. Overdevest, qui gère la composante de l’énergie du Fonds, surveille les signes d’accroissement de la demande, qui l’inciteraient à revoir à la hausse ses perspectives pour l’énergie. Avant les événements récents, le portefeuille investissait dans des producteurs à faible coût et des sociétés aux assises financières solides, de sorte que M. Overdevest est convaincu que toutes les conditions sont réunies pour profiter d’une conjoncture plus favorable pour le pétrole. Le sort du pétrole est d’ailleurs lié à celui de nombreux biens et services, et tout dépendra de la reprise de la demande et de la rapidité et de l’ampleur de cette reprise. Un grand nombre des sociétés énergétiques détenues dans le Fonds sont des sociétés à grande capitalisation que M. Overdevest apprécie tout particulièrement pour leurs caractéristiques de préservation du capital et leurs valorisations attrayantes.

Il souligne qu’il a ajouté pour la première fois une entreprise d’énergie renouvelable dans ses dix meilleurs titres. La demande pour les énergies renouvelables est la plus forte lorsque les prix du pétrole sont élevés, puisque les énergies renouvelables offrent une solution de remplacement. Mais outre ce facteur, il a observé une augmentation de la demande à long terme pour les placements ESG et les sources d’énergie renouvelables, une tendance qui devrait persister selon lui et soutenir ce genre d’actifs.

M. Lekkerkerker, qui gère la composante de matériaux de base du Fonds, continue de rechercher des occasions dans trois catégories en particulier. La première de ces catégories est l’or, qui est complètement à l’opposé du pétrole. L’or réagit positivement à des taux d’intérêt nominaux faibles et à des taux d’intérêt réels négatifs (après inflation). M. Lekkerkerker estime que les conditions actuelles sont favorables pour l’or, parce que le métal jaune a des caractéristiques défensives et qu’il est faiblement corrélé avec les autres actifs financiers. Il précise qu’il préfère investir dans des sociétés aurifères plutôt que dans le métal lui-même, parce que lorsque le prix de l’or monte, les bénéfices des sociétés aurifères augmentent habituellement plus rapidement que le prix du lingot.

La deuxième catégorie comprend les entreprises défensives qui pourraient profiter des faibles prix du pétrole. L’un des principaux placements de M. Lekkerkerker dans cette catégorie est un fabricant de peinture. Un intrant important dans la fabrication de la peinture est un dérivé du pétrole et, par conséquent, des entreprises comme celle-là profitent de coûts plus bas et de marges brutes plus élevées.

La troisième catégorie est composée de sociétés de marchandises qui sont davantage orientées vers la Chine que vers les États-Unis. Selon lui, ces sociétés pourraient profiter de la reprise plus précoce en Chine, qui devrait favoriser une relance plus rapide de la demande.

M. Lekkerkerker précise que l’autre fonds qu’il gère, la Catégorie Fidelity Actions nord-américaines, est aussi investi de façon défensive, avec une faible exposition directe au pétrole et quelques placements en actions similaires à ceux du Fonds Fidelity Ressources naturelles mondiales. Ceux-ci devraient profiter des faibles prix du pétrole, qui se traduisent par des coûts plus bas, des marges plus élevées et une demande accrue.

En dehors du secteur pétrolier, M. Lekkerkerker estime que le marché compte de nombreux autres gagnants potentiels qui passent plus inaperçus. Dans le contexte actuel, beaucoup de sociétés pourraient en effet profiter de la fragilité de certains concurrents (santé financière précaire, capacité de commerce électronique limitée, etc.) Ce marché offre aux gestionnaires actifs un important potentiel de rendement supérieur aux indices généraux.

 

Jurrien Timmer – 22 avril 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, compare la crise de la COVID-19 aux marchés baissiers traditionnels. Il explique qu’en période baissière, il se produit habituellement un événement qui perturbe le cycle économique, comme une surcapacité ou un resserrement de la politique monétaire, qui peut entraîner l’apparition d’un cycle des stocks. Selon lui, un tel scénario est favorable aux marchandises comme le pétrole, le cuivre, les métaux industriels, qui peuvent tous profiter d’une reprise. M. Timmer prévoit une corrélation haussière entre les prix du pétrole et les marchés canadien, américain et mondial. Il met les investisseurs en garde : comme il ne s’agit pas d’un marché baissier traditionnel, il se peut que la chronologie diffère de celle des cycles précédents parce que le marché boursier est un mécanisme prospectif alors que les marchandises reflètent l’offre et la demande en temps réel.

M. Timmer signale une autre différence entre les effets de la COVID-19 et les récessions traditionnelles : on n’observe pas l’habituelle alternance des secteurs. Généralement, les différents secteurs se succèdent à la tête du marché, selon la phase du cycle économique. En fin de cycle, l’inflation commence à augmenter et le secteur de l’énergie a tendance à bien se porter. M. Timmer explique que, durant une récession, les secteurs qui dominent le marché sont ceux qui versent des dividendes stables, comme les services publics et les biens de consommation de base. À la fin d’une récession et au début d’un nouveau cycle, on peut s’attendre à voir s’améliorer les services financiers, la consommation discrétionnaire, les produits industriels et les matériaux de base. Durant cette crise de la COVID-19, il constate une domination soutenue d’un secteur tout au long des phases du cycle de marché. Il observe que les technologies, qui menaient le bal durant la précédente phase du cycle, demeurent en tête, aux côtés des services publics et des biens de consommation de base, deux secteurs qui versent des dividendes stables. Il rejette la rumeur voulant que la remontée des marchés soit artificielle. Il tient à rappeler aux investisseurs que le comportement humain n’est pas à l’origine du cycle actuel, qui découle en réalité d’une réaction à un phénomène naturel.

Selon M. Timmer, il sera de plus en plus facile de distinguer les entreprises qui reçoivent une aide du gouvernement et celles qui n’en reçoivent pas en examinant les données sur les rachats d’actions et le bénéfice par action. Les sociétés qui ne recevront pas l’aide gouvernementale pourront continuer de racheter des actions en utilisant les flux de trésorerie disponibles générés par leurs activités d’exploitation normales. En revanche, les sociétés qui avaient peut-être, dans le passé, utilisé l’aide du gouvernement pour racheter des actions ou bonifier leur bénéfice par action ne pourront plus le faire, car c’est une condition requise pour recevoir cette aide. M. Timmer estime que cette situation créera des occasions pour les gestionnaires actifs, qui devraient être en mesure de distinguer les entreprises restreintes par l’aide gouvernementale et les entreprises ayant les moyens de financer leur croissance.

M. Timmer constate des différences majeures entre les conditions de marché actuelles et celles de la grande dépression. Actuellement, il considère que l’économie américaine est davantage axée sur les services que sur la production, ce qui procure à certains secteurs des options supplémentaires pour assurer la continuité de leurs activités (par exemple, les services en ligne). Pour lui, un des facteurs aggravants durant la grande dépression a été l’absence de mesures de politique et de prestations d’assurance-emploi. M. Timmer est d’avis que, pour ce qui est d’une éventuelle reprise, les facteurs décisifs sont la vitesse à laquelle se fera le redémarrage de l’économie américaine et le risque d’un redémarrage trop hâtif, compte tenu des risques sanitaires.

 

Adam Kutas – 21 avril 2020

Adam Kutas, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Marchés émergents frontaliers, investit dans les régions du monde appelées à se développer au cours de la prochaine décennie. Son objectif est de créer une croissance structurelle différenciée, qui rehaussera la diversification du portefeuille, en misant sur des marchés qui affichent une croissance structurelle. Il s’emploie à trouver les « nouveaux marchés chinois », c’est-à-dire des régions dont le niveau de développement est comparable à celui où se trouvaient il y a 20 ou 30 ans les marchés émergents d’aujourd’hui.

Actuellement, la plupart des marchés émergents ont fini par « émerger » (p. ex. la Chine) et ne correspondent plus au profil traditionnel. Ils demeurent toutefois dans cette catégorie parce que l’accès à leurs marchés des capitaux est limité. Un peu comme les actions à moyenne capitalisation, ils offrent une croissance, mais pour un moindre risque. De leur côté, les marchés frontaliers sont des économies qui se trouvent dans leurs premières phases de développement (comme le Vietnam), se concentrent sur la fabrication légère, mais commencent à progresser dans la courbe de valeur et dont la croissance est structurelle, mais dont le profil de risque est plus élevé. M. Kutas estime que le potentiel des marchés frontaliers augmente à mesure que les pays émergents comme la Chine gravissent les échelons de la courbe de valeur, délaissant les produits à faible valeur pour miser sur ceux à plus forte valeur ajoutée, créant une concurrence dans certains secteurs et des frictions avec les pays du G7.

Il estime que la pandémie pourrait déclencher une démondialisation dans des secteurs stratégiques comme la santé et les produits pharmaceutiques, les gouvernements cherchant à se prémunir contre d’autres événements de ce type. Toutefois, il est peu probable que la fabrication de produits à faible valeur, qui est source de croissance dans les marchés frontaliers, soit rapatriée au Canada, où les coûts associés à la production seraient bien plus élevés.

Selon M. Kutas, les effets de la crise de la COVID-19 pourraient se faire sentir plus tôt dans les marchés frontaliers, comparativement aux pays développés. Les bénéfices des entreprises risquent de souffrir, mais les gouvernements des marchés frontaliers n’ont pas les moyens d’offrir une relance et d’éponger les dettes. Par ailleurs, la récente crise du pétrole pourrait profiter aux marchés frontaliers, qui sont habituellement des importateurs de pétrole, car le plongeon des prix (particulièrement en Asie) pourrait avoir un effet direct sur leur résultat net.

 

Will Danoff – 20 avril 2020

Dans le cadre de son mandat de placement, Will Danoff privilégie la croissance et l’appréciation du capital. D’après le gestionnaire, le cours des actions affiche une forte corrélation avec le bénéfice par action, si bien qu’il recherche des sociétés dont les perspectives de bénéfices à long terme sont favorables. M. Danoff n’a apporté que peu voire aucun changement à sa méthode de placement durant le repli du marché attribuable à la COVID-19. Il constate que l’attention des investisseurs est monopolisée par ce qui se passe à court terme. Contrairement au marché, M. Danoff analyse plutôt la situation sur un horizon de trois à cinq ans.

M. Danoff note que le commerce électronique est une tendance importante qui a bénéficié de la pandémie comme l’indique la croissance accélérée des sociétés de ce secteur comme Amazon. Il entrevoit également des occasions à long terme dans les plateformes de médias sociaux telles que Facebook, qui détient aussi Instagram et WhatsApp et qui compte environ 2,5 milliards d’utilisateurs[i].

Selon M. Danoff, les obstacles à l’accessibilité du secteur des technologies n’ont jamais été aussi faibles, mais à grande échelle, ceux-ci n’ont jamais été plus élevés en raison de la rétention de sociétés bien établies sur le marché. Il est d’avis que les soins de santé ont tendance à bien performer en périodes de replis des marchés, et de nombreuses grandes sociétés pharmaceutiques ont affiché de bons rendements récemment. Par ailleurs, les organisations de soins de santé intégrés (OSSI) aux      États-Unis montrent des résultats favorables, compte tenu du fléchissement des coûts médicaux, car les opérations chirurgicales non urgentes sont suspendues. 

Les titres des sociétés de voyage et de détail sont offerts à des prix favorables pour le moment, mais fort des leçons tirées de replis précédents, M. Danoff sait qu’il vaut mieux attendre une amélioration de la situation économique ou des perspectives d’une société en particulier, plutôt que d’acheter des titres impulsivement, parce qu’ils sont bon marché. Dans les circonstances actuelles, M. Danoff rappelle aux investisseurs les avantages de collaborer avec un conseiller et de réfléchir à leurs placements et à leurs objectifs financiers.

 

FNB : Andrew Clee et Vivian Hsu – 17 avril 2020

Andrew Clee, vice-président, FNB, et Vivian Hsu, directrice principale, FNB, font remarquer que l’industrie canadienne des FNB a atteint un sommet sans précédent au début de l’année 2020 et a poursuivi sur sa lancée en février. Malgré le repli marqué des marchés en mars, les rentrées nettes de fonds des FNB sont demeurées positives, grâce surtout aux rentrées de fonds dans les FNB d’actions.

Beaucoup d’observateurs ont laissé entendre que la correction a peut-être été causée en partie par l’industrie des FNB, mais M. Clee et Mme Hsu ne croient pas que ce soit le cas. Comme l’explique M. Clee, le volume élevé des transactions de FNB a peut-être déstabilisé les marchés en mars, mais il faut se rappeler qu’il y a une distinction entre les liquidités primaires et secondaires. Ces dernières font référence à la négociation directe des FNB, pendant laquelle le titre sous-jacent n’est pas négocié, tandis que les liquidités primaires passent par les mécanismes de création et de rachat, à l’instar des fonds communs de placement. En mars, le marché primaire a enregistré des achats nets d’actions. Alors que les investisseurs liquidaient leurs titres, l’industrie des FNB les achetait, ce qui a procuré des liquidités. La situation des titres à revenu fixe a été toute autre, mais dans l’ensemble, les FNB se sont bien comportés compte tenu de l’accélération et de la profondeur du repli.

Mme Hsu constate que même si les FNB de titres à revenu fixe gérés passivement jouent un rôle important dans l’industrie, leur part de marché a commencé à diminuer et les FNB gérés activement sont de plus en plus populaires. M. Clee signale que le stress observé sur les marchés des titres à revenu fixe en mars montre pourquoi les investisseurs privilégient la gestion active : les gestionnaires de portefeuille ont pu délaisser les titres à rendement élevé en janvier et février, avant le début du véritable repli, puis réinvestir au moment opportun. La gestion active des titres à revenu fixe donne lieu à beaucoup d’occasions de placement lorsque la volatilité est au rendez-vous.

Bien qu’il soit difficile de prédire le rendement des marchés au cours des prochains mois, les FNB factoriels peuvent procurer aux investisseurs une exposition plus ciblée. Les investisseurs qui se demandent où nous en sommes dans la reprise des marchés auraient peut-être intérêt à regarder du côté des FNB factoriels de qualité. Les titres de qualité se sont bien comportés lors du repli et de la remontée. Les Fonds ESG pourraient également être attrayants, car ils renferment des titres de sociétés de qualité et permettent aux investisseurs de faire leur part pour la société et d’investir en fonction de leurs valeurs.

Les spéculateurs haussiers, qui croient qu’un redressement s’amorce, pourraient trouver les évaluations des FNB factoriels de dividendes, de valeur et d’actions de sociétés à petite capitalisation attrayantes. Les FNB de valeur, de dividendes et d’actions de sociétés à petite capitalisation ont tiré de l’arrière lors du repli initial de mars, si bien que les évaluations ont fléchi. Les investisseurs pourraient être en mesure de choisir des titres malmenés dotés d’un énorme potentiel de redressement qui se négocient en deçà de leur valeur comptable. Par contre, le camp des spéculateurs baissiers, qui croient que les choses pourraient s’empirer avant de s’améliorer, feraient peut-être mieux de regarder du côté des FNB factoriels de qualité et à faible volatilité, qui pourraient être payants dans ce type de marché. Les titres de qualité et à faible volatilité ont surclassé les indices de référence ces derniers mois. Les titres à faible volatilité représentent aussi une bonne option pour les investisseurs dont l’horizon temporel est plus court.

 

Patrice Quirion – 16 avril 2020

Patrice Quirion, gestionnaire de portefeuille qui se consacre aux placements mondiaux pour les investisseurs canadiens, est d’avis que le repli du marché dans le cadre de la crise de la COVID-19 se fera probablement en trois phases. La première est celle de la prise de conscience d’un événement négatif, immédiatement suivie d’un climat d’incertitude et de panique intense; c’est ce que nous avons observé avec les ventes d’actions massives au cours des deux premières semaines du mois de mars. M. Quirion pense que les investisseurs s’efforçaient de réunir des liquidités, provoquant ainsi une contraction générale parmi tous les actifs à risque. Cette première phase, qui a culminé avec une forte chute des cours boursiers vers la mi-mars, est à présent terminée, selon lui. Il estime que les marchés sont désormais dans la deuxième phase, qui procure un certain répit pour analyser la situation.

Au cours de cette deuxième phase, les marchés cherchent à déterminer quelles sociétés enregistreront de mauvais résultats, une bonne performance ou n’afficheront aucun changement pendant la pandémie de COVID‑19.  M. Quirion note également que les marchés commencent à intégrer d’éventuelles variations importantes de prix quant à la capacité des actions de rebondir en phase de reprise. Effectivement, nous avons pu constater l’impact de cette phase le mois dernier, avec la surperformance des secteurs défensifs et des sociétés de vidéoconférence. En période de baisse, une des tactiques du marché consiste à soumettre le bilan des sociétés à un test de résistance; ce procédé permet de cerner celles dont le bilan est faible et qui sont susceptibles d’avoir des problèmes de liquidité le trimestre suivant, et M. Quirion s’attend à ce que leurs actions fassent l’objet de liquidations massives. Au cours de la troisième phase, il pense que les marchés apprécieront le cours des actions par rapport à leur juste valeur à long terme. Il se prépare en prévision de cette phase en rééquilibrant son portefeuille et en saisissant les aubaines offertes sur le marché.

Selon M. Quirion, l’ampleur de la réaction à la COVID-19 ne reflète pas les débâcles boursières antérieures. Le choc à court terme est sans doute plus important qu’on ne l’envisageait il y a quelques mois. M. Quirion se concentre sur la situation à long terme : lorsque la pandémie de COVID-19 sera maîtrisée et que l’activité économique aura repris, combien de temps la récession durera-t-elle? Quelle sera la gravité de la récession? Beaucoup d’incertitude plane encore sur l'économie.

M. Quirion recherche les sociétés qui ont tenu le coup, profitent de la conjoncture ou présentent des perspectives favorables à long terme. Par exemple, il estime que le secteur de l’épicerie est actuellement privilégié puisque les consommateurs mangent chez eux. En revanche, les services de restauration, qui desservent notamment les lieux de travail, les cafétérias ou les stades, perdent présentement de la valeur. Toutefois, il est peu probable que leur rendement potentiel continue à subir la même chute que leur cours boursier actuel, car ces services seront à nouveau nécessaires. Si certains secteurs économiques prennent plus de temps à remonter la pente, ils présentent toujours un bon potentiel. Après les attaques du 11 septembre, par exemple, les voyages avaient diminué et on craignait que les consommateurs n’utilisent plus autant le transport aérien; cependant, un an environ après la tragédie, le secteur a rebondi et l’achalandage a atteint des sommets sans précédent. En ce qui concerne les marchés émergents, étant donné que plusieurs devises de ces pays sont tributaires des prix du pétrole, M. Quirion recherche des sociétés sans aucun lien avec le pétrole et aptes à bénéficier d’un fléchissement de la devise dans la foulée du choc des cours pétroliers. M. Quirion rappelle aux investisseurs canadiens d’éviter de céder à la panique et de ne pas hésiter à consulter leur conseiller en placements. L’essentiel est de se souvenir que la conjoncture n’aura pas forcément le même impact négatif sur le cours de l’action d’une société que sur sa capacité à produire des flux de trésorerie disponibles à long terme.

 

Kyle Weaver – 16 avril 2020

Kyle Weaver déclare que malgré la conjoncture actuelle, sa philosophie et sa méthode de placement n’ont pas changé; en fait, elles se sont intensifiées. Sa stratégie consiste à bâtir un portefeuille d’actions de croissance de sociétés dont le modèle d'affaires est soutenu par un ensemble de moteurs à long terme, qui pourront procurer de la valeur à un placement sur de nombreuses années. Il analyse les modèles d’entreprise et s’efforce de calculer quelles seront les projections de bénéfices dans plusieurs années afin de cerner les incohérences entre le modèle et le prix courant de l’action. Cependant, il n’est pas à l’affût des occasions évidentes – comme c’est le cas de Netflix, manifestement avantagée par le contexte actuel. Il préfère dépister des titres que le contexte a renforcés, mais que le marché perçoit comme affaiblis, créant ainsi une incohérence plus nette.

Pour chaque occasion, M. Weaver tente de déterminer si le potentiel de bénéfices sera plus ou moins le même une fois la crise passée, et si les facteurs qui favorisent habituellement le secteur auront la même force. Il évalue ensuite les probabilités que la société traverse la crise sans perdre de plumes ou si elle devra endurer une période de transition. Si le marché suit une courbe en V, il pourrait être judicieux de regarder au-delà du plancher; toutefois, étant donné leur position, certaines sociétés n'auront pas cette chance. M. Weaver augmente la part des sociétés qui à son avis émergeront plus solides de la crise ou avec un potentiel de bénéfices intact; parallèlement, il élague dans les positions de celles qui lui paraissent moins résilientes, ne suscitent pas autant de conviction, ou ne présentent pas autant d’incohérence étant donné qu'elles ont fait l'objet d'une analyse plus juste.

M. Weaver affirme que la composition de son portefeuille est aujourd'hui pareille à celle qu’il visait il y a un ou deux mois, et que plusieurs des tendances auxquelles il a fait face précédemment ont simplement été accentuées par la crise actuelle. Il estime que le choix des sociétés qu’il détient est justifié et que leurs actions offrent un bon potentiel de rendement sur une période de trois à cinq ans.

 

Harley Lank – 15 avril 2020

Harley Lank fait remarquer que les deux événements rares et imprévisibles dont nous faisons l’objet en ce moment, soit la COVID-19 et la crise du pétrole, ont donné lieu à une hausse de déclassements parmi les obligations de qualité. Ces « anges déchus » constituent maintenant une part considérable de l’ensemble du marché et ont ajouté un surplus en approvisionnement de plusieurs milliards de dollars sur le marché des titres à revenu élevé. Selon lui, à mesure que la Réserve fédérale américaine prendra des dispositions afin de restaurer la confiance des investisseurs à l’égard des marchés de capitaux et du crédit, le marché des titres à rendement élevé trouvera son équilibre. 

Étant donné que M. Lank avait commencé à réduire les titres à risque de son portefeuille au début de l’année en raison des évaluations, il était bien placé pour bénéficier de la dislocation du marché et des ventes, ce qui a lui permis de faire des achats opportuns. Depuis lors, il parle régulièrement avec les dirigeants d’entreprises pour obtenir des données en temps réel sur les entreprises qui ont subi une perte de demande et les mesures qu’elles prennent pour gérer leur structure de coûts et de liquidités. Il tient à s’assurer que son équipe protège les placements, minimise le risque de perte du capital à long terme et distingue les occasions qui se présentent en raison de la dislocation du marché.

M. Lank anticipe une reprise lente et progressive en forme de « coche », dans laquelle certains segments et secteurs verront une remontée plus rapide que les autres. Comme nous ne connaissons pas la durée de la crise due au virus ni ses répercussions finales sur l’économie pour le moment, il investit en conservant une plus grande marge de sécurité qu’il ne le faisait avant. 

 

Jurrien Timmer – 14 avril 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, constate que le marché, qui escomptait les pires scénarios lors du plongeon boursier d’il y a trois semaines, est revenu à des évaluations plus modérées. Il explique que même si la période de déclaration des bénéfices s’annonce décevante, les cours boursiers poursuivent leur ascension parce que des scénarios futurs continuent d’être escomptés. Bien que les dirigeants risquent d’être plus avares de commentaires cette fois-ci en raison de l’incertitude causée par la COVID-19, M. Timmer est quand même intéressé par ce que les chefs de direction auront à dire. Il mentionne qu’à partir de maintenant et pour la suite des choses, les interactions entre les cours et les bénéfices des entreprises seront déterminantes.

Il salue les responsables des politiques budgétaires et monétaires pour les efforts déployés afin de permettre au marché de tenir le coup. Il précise que le gouvernement américain, par ses mesures budgétaires, et la Réserve fédérale américaine (Fed) ont joué un rôle décisif pour aider les investisseurs à se projeter au-delà de « l’abîme » et entrevoir une reprise en injectant des liquidités dans le marché et en assurant son bon fonctionnement. M. Timmer estime que les mesures de relance et d’allègement du gouvernement auront un effet déterminant sur la vitesse de la reprise. Selon lui, la COVID-19 ressemble davantage à un désastre naturel qu’à la crise du crédit de 2008, car la Fed est consciente qu’il ne s’agit pas d’un cycle de crédit classique et elle va soutenir les marchés afin d’éviter les dommages collatéraux inutiles.

M. Timmer rappelle aux investisseurs que lorsque les indices boursiers généraux se contractent, comme ils l’ont fait il y a trois semaines, les placements détenus dans les fonds passifs reculent aussi, puisque les fonds passifs cherchent à reproduire les mouvements des indices. À son avis, les algorithmes et les achats automatiques ciblant l’indice S&P 500 sont au nombre des facteurs qui ont causé la forte volatilité observée non seulement au dernier trimestre, mais aussi au quatrième trimestre de 2018. La négociation à haute vitesse, combinée aux algorithmes et au tarissement de la liquidité, peut accentuer le déclin d’un marché et sa reprise. Pour M. Timmer, la négociation automatisée a de bons et de mauvais côtés, mais il estime qu’en fin de compte, les données fondamentales sont la clé du succès. Pour les fonds gérés activement, un repli comme celui-ci crée des occasions pour les gestionnaires de portefeuille de départager facilement les gagnants des perdants au sein du marché boursier. M. Timmer le constate non seulement pour les actions, mais aussi pour le marché des titres à revenu fixe, tant dans le cas des titres à rendement élevé que des titres de qualité.

 

David Wolf – 9 avril 2020

David Wolf, gestionnaire de portefeuille de l’équipe de répartition mondiale de l’actif, suit une méthode à contre-courant à l’heure actuelle. À mesure que les liquidités sur le marché obligataire deviennent disponibles et que les actions se dirigent vers un creux, l’équipe s’éloigne progressivement des actifs à caractère défensif vers des actifs à caractère plus offensif.

M. Wolf croit que la conjoncture macroéconomique canadienne éprouvera des difficultés comme jamais auparavant. Dès lors, il vise à atténuer le risque des portefeuilles en diversifiant davantage sur les marchés mondiaux, en ajoutant des titres défensifs grâce à une exposition aux monnaies contracycliques et en réduisant la volatilité des portefeuilles avec moins de devises cycliques comme le dollar canadien.

Il s’attend à voir de l’inflation une fois la crise passée, car les banques prennent des mesures non calibrées dans un monde qui sera vraisemblablement moins mondialisé (ce qui signifie une baisse de l’efficacité et une augmentation des coûts). M. Wolf estime qu’au sortir de la crise, les investisseurs seront plus endettés qu’avant, et parce qu’il est peu probable qu’ils s’en sortent ou se trouvent en défaut de paiement, l’inflation semble être le chemin de la moindre résistance. Le gestionnaire croit que l’inflation sera plus élevée et plus volatile, et il transfère les actifs moins défensifs, comme les obligations nominales, vers des actifs réels indexés sur l’inflation (y compris les titres aurifères) qui, selon lui, offriront une meilleure couverture et un caractère défensif dans le portefeuille.

Il note que les titres à rendement élevé ont fait mauvaise figure en cette période, et les valorisations ne reflètent pas nécessairement les prix réels, que ce soit pour les titres de référence ou les FNB. Étant donné la nature peu liquide de ce segment du marché et le nombre réduit de transactions, il est difficile de savoir où trouver des occasions de placement à rendement élevé. M. Wolf conseille de ne pas considérer les titres à rendement élevé comme une catégorie d’actifs unique. Il suggère plutôt de les voir comme un marché de titres à rendement élevé. Certaines sociétés qui émettent des titres à rendement élevé ne parviendront pas à traverser cette étape, alors que les titres d’autres sociétés se négocient à prix d’aubaine. Dans l’ensemble, le marché des titres à rendement élevé est plus risqué, et en ce moment, par rapport aux autres catégories d’actifs, ces titres ne représentent pas une aubaine. L’équipe compte réduire ces titres avec le temps, une fois qu’elle aura déterminé les émetteurs qui sont susceptibles de s’en sortir indemnes.

 

Don Newman – 8 avril 2020 

Don Newman, gestionnaire de portefeuille axé sur les actions à dividende de grande qualité, analyse actuellement la viabilité des entreprises. Il tient à souligner que les analystes de Fidelity examinent continuellement la durée potentielle de l’épidémie de COVID-19 et évaluent pendant combien de temps les entreprises peuvent continuer à produire des rendements satisfaisants et à verser des dividendes. Au début de cette période de volatilité, son équipe d'analystes évitait les sociétés qui affichaient une dette et un ratio de distribution élevés. En tant qu’investisseur axé sur les dividendes, M. Newman privilégie le rendement total : un rendement en dividende appréciable, un bilan financier solide et une bonne croissance des bénéfices. Il se concentre particulièrement sur le bilan, estimant que les entreprises font généralement faillite à cause d’un mauvais bilan, pas à cause des bénéfices. Selon lui, l’affectation des capitaux dans les entreprises se déroule habituellement dans l’ordre suivant : remboursement de la dette, continuité de l’exploitation, versement des dividendes et dépenses en immobilisations. Si une entreprise peut compter sur un bilan solide et de faibles coûts, elle est exposée à un risque de liquidité moins grand que d’autres sociétés. 

M. Newman ajoute que mars a été le mois le plus mouvementé de sa carrière chez Fidelity : depuis le début de cette période de volatilité, les actions sont passées d’un sommet à un creux de plus de 30 %. En mars, il a utilisé toutes les liquidités de ses fonds pour investir dans des titres de grande qualité qui se négociaient à des prix nettement inférieurs à leur valeur intrinsèque. Par exemple, les banques canadiennes se sont échangées à des cours proches de leur valeur comptable, ce qui s’est produit seulement deux fois au cours des 20 dernières années. À un moment, le secteur des services publics aux États-Unis avait perdu près de 35 %. En tant que gestionnaire actif, M. Newman travaille au quotidien avec les analystes pour dénicher les perles rares, c’est-à-dire les entreprises dotées de solides paramètres fondamentaux dont les cours ont fortement baissé en raison de ventes massives. Il privilégie le Canada et les États-Unis, estimant que, sur ces marchés, on trouve des sociétés très intéressantes qui ont un meilleur accès aux ressources et aux capacités de gestion, ce qui rend moins attrayants les marchés étrangers (p. ex. les marchés émergents). 

 

Salim Hart et Naveed Rahman – 7 avril 2020

MM. Hart et Rahman insistent sur l’objectif de leur portefeuille, à savoir miser sur des actions qui se négocient à des cours proches de leur valeur intrinsèque, mais restent sous-évaluées. Ils privilégient les entreprises de grande qualité, qui produisent des rendements supérieurs à la moyenne, sont moins endettées et offrent valeur et qualité, autrement dit des placements défensifs que l’on conserve habituellement en période de volatilité. Les gestionnaires sont convaincus d’obtenir de bons résultats en ce qui a trait à la protection des investisseurs en période baissière (par rapport à l’indice), au rendement excédentaire à long terme et à la réduction de la volatilité par rapport aux marchés. Dans le contexte actuel, ils classent les occasions de placement et les titres en portefeuille dans trois catégories : les entreprises moins durement touchées par la crise; les entreprises durement touchées, mais en mesure de s’en remettre assez rapidement; et les entreprises qui ont subi des dommages permanents et risquent de ne pas survivre. Ils précisent qu’ils n’ont pas eu à trop puiser dans la troisième catégorie pour garnir le portefeuille.

La Catégorie Fidelity Valeur intrinsèque mondiale, composée de sociétés de grande qualité et dont l’orientation est habituellement plus défensive, a surpassé son indice de référence au premier trimestre, car elle était protégée par la combinaison de plusieurs facteurs, à savoir des entreprises solides, de nombreuses sociétés japonaises dotées d’importantes réserves de liquidités et une forte pondération des liquidités. Durant la première moitié du premier trimestre, les gestionnaires ont misé sur l’Asie et dans la seconde moitié, de nombreuses occasions se sont présentées dans les soins de santé, la construction résidentielle, la chaîne d’approvisionnement du secteur automobile et les produits industriels. Ils estiment que les placements les plus avantageux actuellement sont dans les secteurs de l’énergie et des services financiers, qui ont été particulièrement touchés. Ils mentionnent également que le secteur de la consommation pourrait offrir des occasions intéressantes à la fin de cette crise, parce que les entreprises qui n’ont pas les ressources nécessaires pour survivre à la crise risquent de disparaître, ce qui réduira la concurrence et permettra aux sociétés restantes d’augmenter leurs parts de marché.

De l’avis des deux gestionnaires, une des particularités du processus de Joel Tillinghast est la grande quantité de titres en portefeuille. En période baissière, lorsque les liquidités se font rares, il est plus facile de négocier de petites positions et d’accroître la diversification. Cela procure un bon potentiel de hausse et réduit l’encaissement des baisses, en plus de permettre aux gestionnaires de diversifier le portefeuille et de prendre des risques sur un petit nombre de placements au lieu d’exposer de grandes portions du portefeuille à des risques, étant donné la multitude d’inconnues.

 

David Tulk – 7 avril 2020 

David Tulk, gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe de répartition mondiale de l’actif de Fidelity, nous recommande de patienter pour voir si les politiques mises en place seront suffisantes. Actuellement, l’équipe s’active à dresser un portrait futur des marchés. Au-delà de la volatilité, elle s’intéresse à l’après-COVID-19. Elle demeure prudente et choisit les placements avec soin, analysant à la fois les mesures prises par les autorités et les effets de la COVID-19. La philosophie de placement de l’équipe repose sur l’équilibre entre actions et titres à revenu fixe. 

La reprise économique pourrait être plus graduelle et cahoteuse au Canada, comparativement aux autres régions. C’est pourquoi les actions canadiennes sont moins représentées dans les placements de l’équipe; elles sont sous-pondérées. M. Tulk estime que, dans la catégorie des titres à rendement élevé, il vaut mieux miser sur un gestionnaire de portefeuille qui applique une sélection active des titres plutôt que sur une solution à gestion passive, c’est-à-dire calquée sur un indice. En effet, comme les indices ont tendance à surreprésenter le secteur de l’énergie, il se peut qu’ils ne profitent pas des occasions de valeur pouvant émerger en dehors de ce secteur. Pour ce qui est des catégories défensives, l’équipe met l’accent sur l’or, qui s’apprécie en raison d’autres effets économiques de la pandémie, comme la hausse de l’inflation. M. Tulk précise que l’équipe a recours à la gestion des devises pour protéger les rendements des placements. Étant donné la récente dépréciation du dollar canadien, l’équipe privilégie le dollar américain, le yen et le franc suisse. Pour ce qui est des marchés mondiaux, l’équipe continue de surpondérer les actions des marchés émergents, estimant que c’est cette région qui offre le plus d’occasions. 

M. Tulk tient à rappeler les risques que l’on court si l’on vend ses placements sur un coup de tête. Quand on décide de quitter le marché, la question qui se pose immédiatement est la suivante : quand faut-il revenir sur le marché? Il est quasi impossible de prédire le moment où le marché touchera le fond. De plus, la vitesse d’une reprise reste une inconnue. En gardant le cap et en conservant leurs placements, les investisseurs sont en mesure de participer à la remontée des marchés. M. Tulk fait remarquer que, dans le contexte actuel, les jeunes investisseurs sont généralement bien placés. Comparativement aux investisseurs proches de la retraite, les jeunes ont l’avantage d’un horizon de placement plus long. L’historique des marchés boursiers montre qu’en conservant leurs placements plus longtemps, les investisseurs peuvent être récompensés, car ils profitent de la capitalisation des rendements. 

 

Jurrien Timmer – 6 avril 2020

Jurrien Timmer, directeur principal, Macroéconomie mondiale, réitère qu’outre les nouveaux cas de COVID-19, l’attention se porte actuellement sur la prochaine période de déclaration des bénéfices. Habituellement, les dirigeants d’entreprise font des prévisions sur les bénéfices pour donner un aperçu de l’évolution future de leur société. Toutefois, on pourrait suspendre les prévisions pour ce trimestre. M. Timmer mentionne que d’ici à ce que le marché touche un creux et que l’on soit rassuré sur la vitesse d’une éventuelle reprise, les sociétés pourraient avoir de la difficulté à présenter leurs propres perspectives, compte tenu de la grande incertitude.

En conséquence, les gestionnaires de placements actifs auront l’occasion d’obtenir l’information appropriée durant leurs rencontres avec les dirigeants et d’analyser les états financiers pour pouvoir départager les gagnants des perdants. Eu égard à la volatilité du marché observée au dernier trimestre, M. Timmer note que pour les gestionnaires de placements actifs comme Fidelity, de nombreuses occasions sont apparues. Durant cette période, tant les sociétés les plus performantes que les moins performantes ont subi des pressions, ce qui a créé de nombreuses occasions d’achat, en particulier pour les gestionnaires axés sur la valeur.

Les entreprises commencent à réaliser que le système d’approvisionnement est un écosystème fragile, ce qui pourrait favoriser l’établissement d’un plus grand nombre de chaînes d’approvisionnement nationales. Si la démondialisation se poursuit, l’inflation pourrait augmenter. M. Timmer considère également d’autres scénarios si jamais la demande d’obligations du Trésor devait diminuer. La Réserve fédérale (Fed) est largement en mesure d’acheter les obligations du Trésor en circulation. Cela conduirait à un régime inspiré par la « théorie monétaire moderne » combinant des déficits importants, des taux d’intérêt faibles, des taux réels négatifs et une expansion appréciable du bilan de la Fed. Il suggère de comparer les mesures adoptées aux États-Unis avec celles mises en œuvre dans les années 1940, lorsque la Fed avait racheté la quasi-totalité des obligations du Trésor en circulation; la reprise économique à cette époque pourrait présenter certaines similarités avec la reprise du présent cycle de marché.

 

Hugo Lavallée – 3 avril 2020

Hugo Lavallée réitère que malgré ces temps difficiles, les conditions actuelles favorisent la gestion active et les placements à contre-courant. Sa liste de surveillance s’est allongée, et il peut maintenant suivre des sociétés qui présentaient déjà un intérêt, mais qui étaient peut-être trop chères pour justifier un achat; il s’intéresse plus particulièrement aux sociétés qui sont actuellement en difficulté, mais qui ont des bilans sains et des liquidités enviables, si bien qu’elles redeviendront rentables d’ici un an ou deux.

M. Lavallée accueille favorablement les mesures de soutien considérables mises de l’avant par le gouvernement, mais compte tenu de la valeur et des revenus qui seront perdus, il estime que la reprise sera plus laborieuse que prévu, et il réorganise son portefeuille en conséquence. Il est davantage attiré par les services financiers diversifiés que par les banques et les produits industriels, mais il se concentre surtout sur les secteurs les plus gravement malmenés, comme celui des biens de consommation discrétionnaire. Dans le secteur du détail, il privilégie en ce moment les détaillants à bas prix, car il est d’avis que les produits de luxe haut de gamme seront délaissés au profit des produits bon marché lorsque l’activité économique reprendra.

 

Stephen DuFour – 2 avril 2020

Stephen DuFour gère ses portefeuilles selon le style de croissance à prix raisonnable (CAPR). Il a toujours consacré beaucoup de temps à examiner les états des résultats des entreprises dont les actions se négocient à prix raisonnable pour dénicher celles dont les bénéfices augmentent plus rapidement que le marché. Cependant, dans le présent cycle de marché, il se penche d’abord et avant tout sur le bilan pour prendre connaissance des liquidités et des dettes des entreprises. Il s’intéressera à leur ratio de liquidité tout au long de la pandémie, qu’elle dure un mois ou un an.

La période de déclaration des bénéfices du trimestre en cours sera probablement l’une des plus déterminantes des prochaines années, affirme M. DuFour, car elle nous permettra d’évaluer les perspectives pour l’année. Avant le dévoilement des bénéfices des sociétés, il faudra absolument voir à quelle vitesse le gouvernement américain parviendra à déployer le plan de sauvetage qu’il a annoncé, car cela nous dira si un autre plan s’avérera nécessaire.

M. DuFour vise à détenir un portefeuille de 40 titres à la fois, qu’il compare à une équipe de soccer. Son objectif pendant cette période est de sortir du cycle de marché avec une meilleure équipe qu’au début du cycle. Les titres auxquels il accorde la plus forte pondération proviennent du secteur des technologies de l’information, qui perturbe la plupart des secteurs d’activité, en ce sens que la technologie empiète sur les autres secteurs (p. ex. : les paiements en ligne empiètent sur le secteur des services financiers). La nouvelle dynamique de travail à domicile confère certains avantages au secteur des technologies de l’information et c’est la raison pour laquelle il continuera d’occuper une place prépondérante dans le Fonds Fidelity Actions américaines – Ciblé tout au long du présent cycle de marché.

 

Catherine Yeung – 1er avril 2020

Catherine Yeung nous signale que les Chinois sont de retour au travail et que le pays a amorcé la phase de reprise économique. À l’heure actuelle, le gouvernement chinois met de l’avant des politiques pour favoriser cette reprise, ciblant certains secteurs et régions afin de stimuler la consommation. Cependant, les entreprises de la chaîne d’approvisionnement risquent d’éprouver des difficultés étant donné le ralentissement de la demande mondiale. Jusqu’ici, la banque centrale de Chine n’est pas allée aussi loin que les autres dans ses mesures de relance, mais Mme Yeung croit que les politiques monétaire et budgétaire comporteront des mesures de plus grande envergure au cours des prochains mois.

Mme Yeung affirme que jusqu’à la semaine dernière, la Chine n’avait pas suivi les mêmes tendances de placement que d’autres régions du monde. Alors que les investisseurs étrangers gravitaient autour des titres de valeur et des secteurs comme les services de télécommunications, les investisseurs chinois privilégiaient les titres de croissance de sociétés dotées d’une grande notoriété de la marque et commencent à peine à se tourner vers les titres de valeur. Elle est d’avis qu’il pourrait y avoir un virage vers les services en ligne, comme l’enseignement et les applications infonuagiques, mais les marques réputées dans le domaine des technologies, des biens et services de consommation et du cybercommerce qui détiennent une bonne part de marché conserveront probablement un avantage concurrentiel.

Durant cette période de volatilité, Mme Yeung estime qu’il est essentiel de s’attarder au bilan d’une société, à ses liquidités et à ses initiatives pour résoudre les problèmes à venir, parce que la plupart des secteurs subiront inévitablement une baisse de revenus au cours des prochains mois. Même si la Chine est sur le chemin de la reprise, elle n’est pas à l’abri de l’affaiblissement de la demande mondiale et peut s’attendre à quelques soubresauts en cours de route.

 

Joe Overdevest – 31 mars 2020

Joe Overdevest est convaincu que l’écosystème de Fidelity est conçu pour faire face à des perturbations sans précédent comme celle que nous connaissons en ce moment, grâce à la portée mondiale de Fidelity, à l’accès aux chefs de direction et aux ressources technologiques. Par ailleurs, il estime que la situation actuelle n’a pas perturbé, mais plutôt dynamisé les processus existants. Dans ce contexte de ventes massives et indifférenciées au sein du marché, lui et d’autres gestionnaires de portefeuille de Fidelity ont tiré profit des connaissances de chacun afin de s’assurer de ne manquer aucune occasion potentielle.

M. Overdevest est généralement optimiste à l’égard des banques canadiennes, étant donné que le gouvernement s’est montré coopératif et qu’il est intervenu rapidement pour soutenir l’économie. Bien qu’une réduction du dividende ne puisse être exclue dans aucun secteur, M. Overdevest pense qu’une réduction du dividende par les banques est peu probable, étant donné le soutien gouvernemental. À l’inverse, il estime qu’un abaissement du dividende est plus probable dans le secteur de l’énergie, en particulier dans le cas des sociétés qui sont endettées et qui ont une structure de coûts élevée.

En ce moment, M. Overdevest analyse les sociétés en se posant trois questions clés :

  • La situation financière de l’entreprise est-elle suffisamment solide pour lui permettre de traverser la crise?
  • Le modèle d’affaires de l’entreprise va-t-il changer après la crise?
  • À quoi la valorisation pourrait-elle ressembler après la crise?

Dans le secteur mondial des ressources naturelles, les sociétés en bonne santé financière et faiblement valorisées ont été emportées par le délestage général, de sorte que les entreprises de pipelines et les producteurs d’énergie renouvelable pourraient offrir d’excellentes occasions.

 

Jurrien Timmer – 30 mars 2020

Au cours des prochaines semaines, Jurrien Timmer surveillera avec attention le rythme de propagation de la COVID-19. Il garde espoir que les marchés pourront reprendre rapidement une fois que le taux de propagation du virus aura culminé. Selon lui, les sociétés qui ont un rendement en dividendes élevé et qui sont capables de surmonter la volatilité actuelle du marché pourraient enregistrer des rendements solides durant la reprise. M. Timmer note que les mesures tant budgétaires que monétaires prises par les gouvernements au cours du dernier trimestre ont été beaucoup plus rapides que durant la crise financière de 2008. La Réserve fédérale américaine, entre autres, n’a pas négligé les efforts pour essayer de stabiliser le dollar américain et de freiner son ascension.

Lorsque la reprise s’amorcera, ce qui marquera le début d’un nouveau cycle du marché, M. Timmer s’attend à ce que les secteurs des biens de consommation discrétionnaire, des services financiers et de l’énergie enregistrent une bonne performance. De même, la volatilité actuelle pourrait favoriser un mouvement des titres de croissance vers les titres de valeur, ce qui profite traditionnellement aux segments de valeur du secteur des marchés émergents. Globalement, M. Timmer a bon espoir que les politiques récentes et un possible plafonnement de la pandémie de COVID-19 dans les prochaines semaines permettront au marché d’atteindre rapidement un creux afin que la reprise puisse s’enclencher. 

 

Jing Ning – 27 mars 2020

Jing Ning, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Chine, constate que bien que la COVID-19 ait ébranlé la confiance des investisseurs, la braderie boursière généralisée a créé des occasions intéressantes.

Fidèle à son style de placement à contre-courant axé sur la valeur, Mme Ning continue d’investir dans des titres dont les bénéfices pourraient être plus faciles à prédire sur un horizon de trois à cinq ans. Selon elle, les titres qui offrent des valorisations attrayantes et des rendements en dividendes élevés sont ceux qui peuvent le mieux aider les investisseurs à traverser cette période de volatilité sur les marchés. Mme Ning est à la recherche de sociétés bien gérées qui ont un bon potentiel de croissance à long terme et qui profitent des changements structurels en Chine. Elle estime que le Fonds conserve une orientation défensive en prévision d’un ralentissement de la croissance économique chinoise, qui deviendra plus évident dans les prochains mois.

La réaction du gouvernement et des décideurs chinois à cet événement rare inattendu a été remarquable. L’économie chinoise avait déjà commencé à pâtir du différend commercial entre les États-Unis et la Chine, et le marché boursier chinois s’était fortement contracté après s’être apprécié à la faveur d’une abondance de liquidités. Cependant, comme les titres considérés comme des titres de croissance ont continué d’avoir la préférence du marché, les titres de valeur se négocient à un escompte appréciable par rapport aux titres de croissance.

Mme Ning est d’avis que les mesures de relance gérées activement vont se poursuivre en Chine. On s’attend à ce que les décideurs accélèrent les investissements dans les infrastructures, et l’ouverture des marchés financiers pourrait aussi être bénéfique.

 

Mark Schmehl – 26 mars 2020

L’objectif actuel de Mark Schmehl consiste à dénicher des sociétés qui obtiendront de bons rendements pendant le ralentissement provoqué par la COVID-19. Parmi celles-ci se trouvent les sociétés technologiques et d’autres entreprises qui sont appelées à rebondir une fois qu’une solution aura été trouvée. Cet objectif découle d’une perspective à long terme en matière de placements, car le gestionnaire s’attend à ce que le virus ait une incidence potentielle à long terme sur le comportement des consommateurs.

M. Schmehl examine activement comment les sociétés technologiques peuvent contribuer à ce nouveau monde du travail. On citera, par exemple, les sociétés qui fournissent des services de vidéoconférence, comme Zoom, qui affichent une bonne performance pendant ce repli en raison de l’augmentation du télétravail. Dans le secteur des soins de santé, M. Schmehl constate que les sociétés travaillent en équipe plutôt que comme des concurrents dans la lutte contre la COVID-19. En ce qui concerne l’ensemble du marché, le gestionnaire affirme que dans cette économie différente, la gestion active s’avère un atout pour les investisseurs en ce moment. Les gestionnaires de portefeuille ont l’occasion de trouver des sociétés gagnantes en cette période d’incertitude et de donner aux investisseurs les moyens de tirer parti de la reprise du marché. Hormis les secteurs des technologies et des soins de santé,
M. Schmehl entrevoit des occasions dans les secteurs qui occupaient une position favorable avant la pandémie de la COVID-19, comme ceux de la construction résidentielle et des services financiers.

 

Andrew Marchese – 25 mars 2020

Andrew Marchese est convaincu que la correction boursière sans précédent, qui a provoqué la liquidation prématurée de certains titres, est une occasion d’étudier les entreprises avec un regard neuf et de constater le véritable pouvoir des bénéfices d’une société comparativement à ce que laissent transparaître ses valorisations. Par conséquent, la liste d’achats de Fidelity s’est allongée, ce qui a fait croître l’étendue des rendements potentiels des titres au cours des prochaines années.

M. Marchese anticipe de maigres bénéfices en 2020. La trajectoire inconnue du virus affectera la demande; c’est pourquoi il estime qu’il vaut mieux ne pas se fier aux bénéfices pour les deux prochains trimestres, voire d’ici la fin de l’année. Il rappelle que le marché sait mieux comment réagir aux bonnes et aux mauvaises nouvelles qu’à l’incertitude. Il convient qu’il est naturel de vouloir se réfugier dans les liquidités en période de volatilité; ce faisant, les investisseurs se trouvent cependant à cristalliser leurs pertes et se contraignent à la prise d’une autre décision difficile : celle du moment où revenir sur le marché. Ainsi leur revient la tâche ardue de tenter d’anticiper le marché et, avec elle, le risque de prendre de mauvaises décisions.

À mesure que les pays mettront en œuvre des mesures pour contenir le virus, M. Marchese s’intéressera à son incidence sur le potentiel des bénéfices futurs. Il analyse les bilans et s’assure de ne prendre part à aucun risque d’insolvabilité ni risque de violation importante des clauses de remboursement qui pourrait devenir problématique. Son horizon temporel est de plus de deux ans et, s’il trouve des occasions qui semblent appelées à fructifier de façon disproportionnée plutôt qu’à fléchir, c’est de bon augure pour ses placements pense-t-il. Il souligne que tous les gestionnaires de portefeuille chez Fidelity suivent activement la situation et voient la vague de liquidations comme une occasion à saisir.

 

Joel Tillinghast – 24 mars 2020

Selon Joel Tillinghast, lorsque surviennent des événements macroéconomiques comme celui que nous vivons actuellement, les marchés boursiers réagissent habituellement correctement du point de vue directionnel, mais de façon exagérée en ce qui a trait à l’amplitude. Dans ces cas, il lui arrive de profiter de l’occasion pour acheter des titres intéressants à un prix moindre compte tenu de leur rapport risque/rendement et des fluctuations du cours de l’action relativement à l’évolution des caractéristiques fondamentales des sociétés en question. M. Tillinghast demeure rationnel et prudent. Il continue de prendre ses décisions de placement en fonction de l’évaluation et des caractéristiques fondamentales des sociétés.

 

Kyle Weaver – 24 mars 2020

Kyle Weaver fait remarquer que le marché a puni les entreprises qui enregistrent des profits faibles ou négatifs, qui ont des taux d’endettement plus élevé ou qui sont  liées aux transports ou aux loisirs, et bon nombre des titres de croissance plus agressive qu’il privilégie font partie d’une ou de plusieurs de ces catégories. Par contre, de tels épisodes de dispersion sur les marchés ont donné lieu à des occasions d’achat par le passé, car certaines entreprises attrayantes se négocient alors au rabais. M. Weaver est donc d’avis que la volatilité permet d’investir dans des sociétés aux modèles d’affaires solides.

 

Jeremy Podger – 24 mars 2020

Jeremy Podger, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Mondial, estime que la conjoncture économique évoluera en trois étapes : escalade, consolidation et reprise. Il fait remarquer que la première étape est en cours et, selon lui, bon nombre d’actions ont vu leur cours fléchir davantage que ne le justifient les perspectives à l’égard de leurs caractéristiques fondamentales. Le gestionnaire de portefeuille soutient, toutefois, qu’il importe de comprendre dans quelle mesure les entreprises sont aptes à traverser les difficultés actuelles, et d’évaluer leur valeur à long terme. À son avis, la deuxième étape suivra sous peu, et c’est à cette étape que nous aurons une meilleure idée des acteurs qui feront les frais de la crise, de la valeur des créances douteuses et des dommages à long terme causés à l’économie. M. Podger juge qu’à la dernière étape, soit celle de la reprise, il est peu probable que le marché se redressera en ligne droite, car une reprise économique aura déjà été prise en compte et des créances douteuses seront vraisemblablement mises au grand jour après avoir été dissimulées pendant la crise.

M. Podger soutient que le Fonds Fidelity Mondial a commencé l’année avec des niveaux de liquidités très bas et une sensibilité économique relativement élevée. Au moment de l’éclosion du coronavirus en Chine, le gestionnaire de portefeuille a amorcé des changements à la structure du Fonds. Il a commencé à réunir des liquidités et à réduire la sensibilité du Fonds aux fluctuations du marché en réduisant ses placements à bêta élevé. Tandis que le repli du marché s’accélérait, le risque associé à ces positions augmentait. Au cours des dernières semaines, M. Podger a encore réduit la pondération des services financiers, de sociétés liées au transport et des sociétés énergétiques les plus vulnérables à une chute des prix du pétrole, car il ne pense pas que ces dernières s’en remettront de façon marquée à court terme. En revanche, il a étoffé ses placements dans les sociétés qui sont appelées à mieux résister, et celles qui pourraient s’en remettre presque entièrement après le repli actuel.

Dans l’ensemble, le gestionnaire de portefeuille du Fonds maintient un profil plutôt équilibré. Il a ajouté de nouveaux noms, notamment des sociétés de biens de consommation de base et de soins de santé, et a augmenté la participation du Fonds dans le commerce électronique. M. Podger juge avoir sensiblement réduit l’exposition du Fonds aux sociétés plus à risque et augmenté la participation dans d’éventuels titres gagnants, le tout à un prix raisonnable.

 

Ramona Persaud – 24 mars 2020

La volatilité est source d’occasions parmi les actions, pense Ramona Persaud; d’ailleurs, le contexte actuel en est un parfait exemple. D’après la gestionnaire de portefeuille, le marché boursier tire sa valeur du fait qu’il réunit les meilleurs talents humains pour créer des produits et services qui se matérialisent en entreprises à l’écoute des besoins. Mme Persaud constate qu’à certains moments, en l’occurrence maintenant, on peut se procurer ces produits et services à prix réduit. Elle cherche à investir dans des entreprises dont les valorisations sont faibles, mais qui sont dotées du « biais du survivant », c’est-à-dire qu’elles s’endurcissent avec le temps tandis que d’autres disparaissent.

Contrairement à maintenant, la crise financière de 2008 comptait beaucoup plus de variables inconnues. Cette fois-ci, la variable – un virus – a été isolée par les scientifiques qui travaillent maintenant à l’élaboration d’un vaccin. Dans le contexte de volatilité actuelle, Mme Persaud emploie une méthode de résolution de problème qui tire parti de plusieurs sources, notamment les analyses de l’équipe de recherche mondiale de Fidelity et celles des professionnels de la santé à l’échelle mondiale.

Les stratégies de placement de Mme Persaud sont conçues pour atteindre trois objectifs : tirer un rendement total des placements, surpasser les marchés en période de repli et procurer un niveau acceptable de revenu. Ses fonds répondent déjà au deuxième objectif de protection en période de repli par rapport à leur indice de référence. À l’heure actuelle, ils sont structurés en vue d’atteindre le premier objectif de tirer un rendement des placements. La gestionnaire déniche continuellement des entreprises sous-évaluées, mais appelées à contribuer à l’atteinte de ces trois objectifs.

 

Dan Kelley – 24 mars 2020

Dan Kelley considère la situation économique actuelle sous l’angle des occasions qu’elle présente. Il examine plus particulièrement certaines occasions intéressantes dans les secteurs des technologies de l’information et des soins de santé afin de tirer parti de la situation actuelle et de rehausser son portefeuille. Dans le secteur des TI, il porte son attention sur les modèles d’affaires axés sur les logiciels et la vidéoconférence, car les outils offerts par les sociétés qui préconisent ces modèles sont encore plus en demande durant les périodes comme celles que nous traversons. Pour ce qui est des soins de santé, M. Kelley continue de trouver des occasions parmi lesquelles plusieurs sont de nature défensive, en raison de leur capacité à générer de nouveaux revenus, peu importe le climat économique.

Dans l’ensemble, M. Kelley est très enthousiaste à propos de certaines perles découvertes en raison de la fragmentation actuelle et il est convaincu que les sociétés solides et gérées par leur fondateur offrent une vision claire et une direction stable, d’autant plus en période de tumultes comme celles-ci. Il est optimiste à long terme, car il s’attend à voir une forte accélération de l’activité économique dès que la situation actuelle aura finalement dépassé le creux.

 

Darren Lekkerkerker  23 mars 2020

Darren Lekkerkerker fait remarquer qu’il y a certains titres très attrayants qu’il envisage d’ajouter dans son portefeuille, car ils ont le potentiel de procurer d’excellents rendements à long terme. Ces rendements reposent sur les nouvelles concernant le virus, le moment du pic de l’épidémie, la distanciation sociale, la création d’un vaccin et les mesures de stimulation du gouvernement. D’après ses observations, les secteurs défensifs qui sont essentiels durant la pandémie de COVID-19, surpassent les autres secteurs. Parmi ceux-ci, on compte la consommation de base (soit les supermarchés, l’alimentation et les boissons), les soins de santé, l’or et les services commerciaux tels que les services de voirie. Il déplace lentement son portefeuille vers ces secteurs, tout en faisant preuve d’une grande prudence.  

L’équipe de gestion de l’actif de Fidelity consacre son temps à parler avec les chefs de direction et les chefs des finances. Quant à M. Lekkerkerker, il s’attache aux modèles d’affaires et aux états financiers des sociétés. Il est à l’affût de sociétés axées sur la qualité et le long terme dotées de modèles d’affaires durables qui tentent d’adapter leurs opérations dans le but de minimiser les risques durant l’épidémie de COVID-19.

 

Maxime Lemieux – 20 mars 2020

Le repli actuel du marché pourrait donner lieu à des occasions d’achat fructueuses pense Maxime Lemieux, gestionnaire de portefeuille du Fonds Fidelity Frontière NordMD. Il remarque que la liquidité fait défaut dans certaines catégories d'actifs, une situation exacerbée par la participation accrue des FNB à gestion passive. Il rappelle aux investisseurs de se montrer prudents à l’égard des FNB à gestion passive qui détiennent des titres illiquides, car ceux-ci pourraient connaître des difficultés. M. Lemieux affirme que le temps est venu pour les investisseurs actifs de tirer parti des ventes massives.

Dans le contexte actuel, le gestionnaire de portefeuille met l’accent sur trois éléments en matière de placement : les valorisations, la croissance des bénéfices et les taux d’intérêt. Les niveaux des valorisations ont diminué considérablement au Canada et aux États-Unis et ils sont désormais plus intéressants. Cela dit, M. Lemieux continue de s’intéresser aux sociétés de grande qualité affichant un bilan sain, car ces caractéristiques tendent à être bénéfiques en période de volatilité boursière. La croissance des bénéfices est appelée à ralentir, mais chacune des positions prises par Maxime Lemieux au terme de son processus de placement a été mise à l’épreuve dans un scénario de marché baissier afin de s’assurer que les pressions à la baisse soient prises en compte dans sa décision. Les faibles taux d’intérêt et les stocks dégarnis font généralement grimper la demande, ce qui requiert l’appui d’un marché du travail sain, et le gestionnaire croit que ce facteur pourrait jouer sur la vitesse de la reprise du marché.

Le Fonds Fidelity Frontière NordMD continue d’appliquer une approche en haltères et préconise une exposition aux secteurs tant défensifs que cycliques sur le marché. À mesure que les conditions de marché changeront, la structure du Fonds pourrait elle aussi changer graduellement et de façon ordonnée.

 

Hugo Lavallée – 20 mars 2020

Le gestionnaire de portefeuille Hugo Lavallée estime qu’il s’agit d’un moment idéal pour un investisseur actif. Il est important de comprendre comment les sociétés font face à la volatilité des marchés; à son avis, celles qui ont un bilan en bonne santé et savent bien gérer leur capital sont susceptibles de se redresser rapidement. D’après lui, la volatilité des marchés constitue une occasion de mettre en évidence les mérites de la gestion active et de se concentrer sur certaines des sociétés qu’il privilégie et dont les titres font l’objet d’une vente maintenant.

Les sociétés qui composent actuellement les fonds gérés par M. Lavallée ne présentent pas beaucoup de risque au bilan, et il évalue chaque position pour s’assurer que ces sociétés seront en mesure de résister aux tensions exercées par un repli et qu’il pourra travailler en étroite collaboration avec une équipe de placement afin de déceler les occasions potentielles.

Étant donné le degré élevé d’incertitude qui règne sur les marchés mondiaux, M. Lavallée croit qu’il est préférable de ne pas se concentrer sur le court terme, parce qu’il estime que la réussite en placement repose sur une approche à long terme. En tant que véritable investisseur à contre-courant, sa stratégie consiste à être défensif lorsque les choses vont bien et à adopter une approche audacieuse quand les choses vont mal. Comme l’a dit Warren Buffet : « Ayez peur quand les autres sont gourmands; soyez gourmands quand les autres ont peur. »

 

Jeff Moore  20 mars 2020

Jeff Moore affirme que nous nous trouvons à l’extrême d’un épisode de volatilité extraordinairement élevée. Il insiste sur le fait que la conjoncture économique actuelle n’est pas aussi inquiétante que lors de la crise du crédit, en 2008, parce que la situation d’incertitude actuelle, bien qu’intense, sera de courte durée à son avis.

La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont agi beaucoup plus rapidement qu’elles ne l’ont fait en 2008, bien que l’élément de distanciation sociale se soit interposé et ait figé la demande. Chaque secteur connaîtra un sort différent, mais au final, le marché demeure le même pour l’ensemble d’entre eux, ce que Jeff Moore juge être une bonne nouvelle pour les investisseurs, parce que cela signifie que des occasions pourraient se présenter. La structure de son portefeuille lui inspire confiance, dit-il, car nombre des secteurs qui pourraient avoir besoin d’une aide financière massive pour éviter un défaut ne sont pas de ceux auxquels s’intéressait son équipe.

Le gestionnaire de portefeuille constate que dans certains endroits du monde, la situation à l’égard du virus s’améliore (pensons par exemple à la Chine) et revient à la normale, si bien que nous pourrions commencer à avoir une idée de la durée de la crise en Amérique du Nord et du délai avant que les marchés deviennent moins erratiques. D’ici là, M. Moore continue de profiter de cette occasion pour examiner soigneusement chaque entreprise, notamment celles qui se négociaient à un prix trop élevé auparavant et qui sont désormais plus abordables.

 

David Tulk

David Tulk adopte un point de vue macroéconomique et ses portefeuilles intègrent une stratégie défensive. Selon lui, l’or joue un rôle très important dans ses portefeuilles. En effet, il remarque qu’une exposition à l’or a plus souvent été bénéfique que défavorable. Il souligne également les bienfaits de la diversification de ses portefeuilles, qui sont construits de façon stratégique. Il est satisfait des pondérations globales de ceux-ci, car elles leur permettent de faire face à des situations très variées.

M. Tulk est d’avis qu’il faut investir dans une optique à plus long terme et s’attendre à une reprise de l’activité économique tôt ou tard. Il croit qu’il est presque impossible de prédire l’orientation du marché et qu’adopter une vision à long terme pourrait être la clé du succès, ce qui a été le cas lors d’autres périodes de volatilité liées à des événements.

 

Daniel Dupont

Daniel Dupont soutient que ce n’est pas le bon moment pour vendre ses placements; mieux vaut, selon lui, rester concentré sur le moyen et long terme. Il déploie actuellement des sommes importantes de liquidité et de trésorerie dans des titres plus volatils, mais qui sont fortement sous-évalués à son avis. À court terme, la volatilité est appelée à augmenter; toutefois, le potentiel de rendement à moyen et long terme s’en trouve lui aussi augmenté. M. Dupont soutient que son approche est plus audacieuse qu’elle ne l’était il y a quelques mois, et il se dit désormais plus enthousiaste à l’égard de certaines actions canadiennes particulièrement touchées par l’accès de volatilité boursière.

Il se montre prudent à long terme, mais estime que le moment est bien choisi pour investir la presque totalité des actifs, et ce, de manière audacieuse, et pour déployer des liquidités. Il entrevoit les deux à trois prochaines années avec optimisme, et il s’est affairé à investir ses liquidités rapidement ces dernières semaines parce qu’il juge certaines actions canadiennes intéressantes et sous-évaluées à l’heure actuelle.

 

Geoff Stein et David Wolf

D’après Geoff Stein et David Wolf, les liquidations massives sont essentiellement attribuables au climat de panique plutôt qu’à toute déficience structurelle à long terme. Cela dit, l’état de panique a donné lieu à des mesures monétaires – pensons aux baisses de taux d’intérêt –, et les gestionnaires de portefeuille anticipent également des mesures budgétaires dont les effets seront plus immédiats.

Ils se penchent sur les thèmes macroéconomiques et leur évolution au cours des trois prochaines années, et ne se disent pas inquiets outre mesure de l’accès sporadique de volatilité et d’aversion pour le risque. Ils s’intéressent aux catégories d’actifs qui ont été exagérément surévaluées ou sous-évaluées, mais sont disposés à prendre une autre direction lorsque la situation s’éclaircira, que les politiciens agiront et que la panique se sera estompée.
 

Don Newman

Don Newman continue de surveiller de très près les marchés. Il a constaté que les valorisations de certains titres sont désormais plus intéressantes. Par définition, les fonds indiciels passifs encaissent 100 % des reculs, ce qui signifie que dans une conjoncture comme celle-ci, les gestionnaires actifs peuvent ajouter une valeur considérable en période de baisse et potentiellement procurer d’excellents rendements lorsque les marchés se redresseront.

 

[i]. Statista, nombre d’utilisateurs de Facebook dans le monde 2008-2019. Publié par J. Clement, 30 janvier 2020. https://www.statista.com/statistics/264810/number-of-monthly-active-facebook-users-worldwide/



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