La COVID-19 et les marchés frontaliers : principaux risques et différences

Adam Kutas | Gestionnaire de portefeuille

Juin 2020

Londres, R.-U. (en confinement)

 

Le mois dernier, mon épouse et moi avons regardé le formidable concert en ligne Global Citizen: Together at Home, qui rendait hommage à tous les travailleurs de première ligne, notamment ceux du secteur des soins de santé, dans le contexte de la crise de COVID-19. L’événement mettait en vedette des artistes du monde entier, et visait à transmettre le message que « c’est ensemble qu’on va s’en sortir », parce que le virus de la COVID-19 ne connaît pas de frontière.

Cela dit, le virus a-t-il la même incidence sur tous les pays? Le risque lié au virus est universel, mais en faisant le point auprès de diverses entreprises établies dans des pays frontaliers, j’ai constaté que les répercussions économiques ne sont pas nécessairement les mêmes dans les marchés développés tels que le Canada et les marchés en phase initiale de développement, comme le Kenya. Nous ne pouvons cependant pas nous fier indûment aux données de cas, puisque la communication de l’information est problématique dans un grand nombre de pays émergents et frontaliers.

Voyons d’abord les risques généraux – qui sont certes réels, et qui rendent essentiels le respect des recommandations des représentants de la santé publique – auxquels ils font face par rapport aux marchés développés. Les marchés frontaliers partent d’une position moins risquée, étant donné qu’ils ont moins de liens avec le reste du monde. Comme le montre le Tableau 1, le nombre annuel de vols dans les pays frontaliers ne représente qu’une fraction de ceux enregistrés dans les pays développés; quant aux marchés émergents, ils se situent quelque part entre les deux. Le fait qu’un moins grand nombre de voyageurs se rendent dans des pays comme la Zambie atténue en partie l’exposition du pays au virus. Par ailleurs, en moyenne, la plupart des pays frontaliers se situent plus près de l’Équateur, ou ont un climat plus tropical. Ainsi, dans un pays frontalier, la température moyenne est à peu près deux fois plus élevée que dans un pays comme la France, par exemple. Si le virus a besoin d’un temps plus froid pour se propager, certains pays frontaliers bénéficient alors de certaines défenses naturelles.

Sur le plan historique, l’un des défis que doivent relever de nombreux pays frontaliers est l’espérance de vie moindre, qui est attribuable à la pauvreté, une mauvaise alimentation et un accès limité aux soins de santé. En conséquence, comme le montre le Tableau 2, le pourcentage de la population âgée de plus de 60 ans – qui est la plus vulnérable au virus – est beaucoup moins élevé dans le pays frontalier moyen. Le risque demeure réel pour chaque citoyen de chaque pays, mais la quantification du risque n’y est pas la même qu’au Royaume-Uni, par exemple, qui a connu une explosion démographique après la Seconde Guerre mondiale, et qui compte aujourd’hui une population relativement plus élevée à l’âge de la retraite et nécessitant des mesures de précaution très strictes. Évidemment, un pays comme le Royaume-Uni a également les moyens de fournir le soutien nécessaire : comme le montre le Tableau 3, les dépenses en santé sont considérablement plus élevées dans les pays développés que dans les pays émergents et frontaliers.

Sur le plan économique, de nombreux marchés développés ont mis en place des mesures de relance importantes à l’intention des citoyens et des entreprises sous forme d’allègements fiscaux, de subventions salariales, de garanties gouvernementales et de dépenses publiques générales. La plupart des pays frontaliers n’ont pas la souplesse budgétaire requise pour rivaliser avec de tels programmes. Il incombe donc aux sociétés de payer leurs employés même si les magasins ou les centres commerciaux sont fermés, ou de reporter le remboursement des prêts de façon à ce que les emprunteurs ne se retrouvent pas en situation de défaut. Ainsi, mes vérifications auprès des entreprises m’indiquent que cette année, l’incidence sur les bénéfices sera vraisemblablement plus importante dans les marchés frontaliers, exception faite des entreprises défensives telles que les supermarchés, qui peinent à répondre à la demande. L’incidence sur le risque souverain des pays frontaliers devrait toutefois être minimale, parce que leur nouvel endettement est limité. Il en ira sans doute autrement dans les marchés développés, où les gouvernements empruntent des sommes considérables, même s’ils sont déjà endettés; cela signifie que le risque souverain augmente, contrairement au risque lié aux entreprises, qui bénéficient de multiples avantages. Les marchés émergents se situent probablement entre les deux, selon le pays et son arsenal budgétaire.

Alors, quelles sont les conclusions en termes de placements? Dans les pays frontaliers, les entreprises des secteurs des biens de consommation de base et de soins de santé devraient, à court et à moyen terme, connaître un raffermissement de leurs bénéfices relatifs. Les sociétés des métaux précieux devraient quant à elles inscrire des bénéfices absolus solides, en plus d’offrir une assurance attrayante dans un monde incertain.

Merci d’avoir lu ce billet. Prenez soin de vous.

 

Adam J. Kutas, CFA

Tableau 1 – Nombre moyen de départs des transporteurs enregistrés par année (milliers)
Tableau 1 – Nombre moyen de départs des transporteurs enregistrés par année (milliers)
Sources : Banque mondiale, Haver, FMR

 

Tableau 2 – Pourcentage moyen de la population âgée de plus de 60 ans
Tableau 2 – Pourcentage moyen de la population âgée de plus de 60 ans
Sources : Nations unies, Haver, FMR

 

Tableau 3 – Dépenses moyennes en santé par habitant ($ US)
Tableau 3 – Dépenses moyennes en santé par habitant ($ US)
Sources : Banque mondiale, Haver, FMR


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