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Comment le marché se comporte-t-il en période de récession économique? La réponse pourrait vous surprendre

Rédigé par : Sergei Klebnikov

Source : Forbes

Le marché boursier a connu son pire début d’année de l’histoire récente, et la situation pourrait s’aggraver à cause des craintes de récession. Depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a eu 13 récessions – qui se définissent comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB – et trois au 21e siècle (2001, 2008 et 2020), selon le National Bureau of Economic Research. Certains experts soutiennent qu’une autre se profile à l’horizon.

Il n’est donc pas étonnant que les investisseurs s’inquiètent de la capacité du gouvernement à effectuer un « atterrissage en douceur » – c’est-à-dire à réduire l’inflation sans nuire à la croissance économique – au moment où il resserre sa politique monétaire. L’indice S&P 500 a brièvement plongé en marché baissier le mois dernier, les investisseurs étant ballottés entre les inquiétudes à l’égard de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt.

Alors, comment les actions se comportent-elles lorsque l’économie est confrontée à une récession? De façon surprenante, l’indice S&P 500 a progressé en moyenne de 1 % pendant toutes les périodes de récession depuis 1945. Cela s’explique par le fait qu’habituellement les marchés plafonnent avant le début des récessions et atteignent leur creux avant leur conclusion.

En d’autres termes, le pire est passé pour les actions, avant que ce soit le cas pour le reste de l’économie. Dans presque tous les cas, l’indice S&P 500 a touché le fond à peu près quatre mois avant la fin d’une récession. L’indice atteint généralement un sommet sept mois avant le début d’une récession.

Au cours des quatre dernières récessions depuis 1990, l’indice S&P 500 a reculé en moyenne de 8,8 %, selon les données de CFRA Research. Cependant, au cours de plus de la moitié des 13 années où se sont produites des récessions depuis la Seconde Guerre mondiale, l’indice S&P 500 a en fait inscrit des rendements positifs.

Selon Sam Stovall, stratège en chef des placements de CFRA Research, « les cours mènent les données fondamentales – un repli du marché boursier est donc traditionnellement signe que la plupart des investisseurs croient qu’une récession est à nos portes. Lorsque nous entrons finalement en récession, le moment est habituellement bien choisi pour revenir sur le marché. »

Où devriez-vous investir votre argent pendant une récession? Les titres des secteurs de la consommation et de la santé ont eu tendance à enregistrer des rendements supérieurs – les deux seuls secteurs positifs en période de récession, en moyenne – tandis que les titres des compagnies aériennes, des constructeurs automobiles, des hôtels et des casinos ont tous connu des difficultés.  

Lors de la dernière récession, de février 2020 à avril 2020, qui a été provoquée par les confinements liés à la pandémie, les actions ont reculé de 1,4 %, mais l’indice S&P 500 a clôturé l’année en hausse de plus de 16 %. Durant la crise financière de 2008, qui a été une baisse plus prolongée, les actions ont chuté de près de 40 % cette année-là, avant de rebondir de 23 % en 2009.

Malgré les perspectives de plus en plus sombres qui ont dominé Wall Street après la contraction de 1,4 % de l’économie américaine au premier trimestre de 2022, les économistes s’attendent toujours largement à ce que la croissance économique reste solide et à ce que le PIB du deuxième trimestre rebondisse jusqu’à 3 %. M. Stovall n’entrevoit pas encore de récession, même si les risques sont en hausse : « Il ne s’agit pas d’un point de vue consensuel, mais on en parle discrètement. »

« L’anxiété des investisseurs est compréhensible, étant donné les pertes sur les marchés boursiers, l’inflation très élevée et le risque croissant de récession. Pour le dire simplement, la Fed mène une bataille difficile », affirme Ryan Detrick, stratège en chef des marchés de LPL Financial. Malgré l’incertitude persistante sur les marchés, il n’entrevoit pas de récession imminente en raison d’un solide PIB et d’une croissance des bénéfices, ainsi qu’au ralentissement attendu de l’inflation plus tard dans l’année.

Selon M. Stovall, un atterrissage en douceur, semblable à celui qui s’est produit en 1994, serait un scénario idéal pour les économistes. Dans ce cas, même si les actions ont enregistré des résultats négatifs sur l’année, la Fed ayant relevé les taux à sept reprises en 13 mois, l’économie a quand même évité la récession et les actions ont rebondi de 34 % en 1995.

Cette année, les élections de mi-mandat en novembre ajoutent à l’incertitude déjà considérable. La deuxième année d’un cycle présidentiel a souvent tendance à afficher des rendements boursiers plus faibles dans l’ensemble, produisant le plus faible rendement moyen de l’indice S&P 500, soit juste 4,9 %. Les deuxième et troisième trimestres des années de mi-mandat enregistrent les pires rendements et reculent en moyenne de 1,8 % et de 0,5 %, respectivement, affichant une volatilité plus élevée qu’à tout autre moment au cours du cycle présidentiel.

Compte tenu de la volatilité accrue des marchés à laquelle les investisseurs sont confrontés cette année, « les élections de mi-mandat étant imminentes et l’inflation atteignant des sommets inégalés depuis 40 ans, nous croyons que cette tendance devrait se poursuivre en 2022 », selon les analystes financiers. 

 

Cet article a été rédigé par Sergei Klebnikov de Forbes et sa publication a été autorisée légalement par le biais du site Content Marketplace d’Industry Dive. Pour toute question sur les droits de reproduction, écrivez à legal@industrydive.com.




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