Aller au contenu

A - Présentation des REEE

L’ABC du REEE

Il est difficile pour les nouveaux parents – ou grands-parents, tantes et oncles – d’imaginer que leur bébé ira un jour à l’université, mais comme vous l’avez sans doute entendu à maintes reprises, le temps passe vite, surtout lorsqu’il s’agit d’élever des enfants. Avant même que vous vous en aperceviez, ce nouveau-né au regard candide finira l’école secondaire, puis commencera les études postsecondaires, où il entamera sa vie d’adulte. Voilà qui semble formidable, jusqu’à ce que vous vous rendiez compte que quelqu’un doit payer les droits de scolarité universitaires de plus en plus élevés.

Il vaut mieux commencer la planification financière pour ce grand jour le plus tôt possible, aussi loin que cela puisse paraître. Personne ne tient à devoir couvrir des coûts qui n’avaient été prévus, ce qui signifie que le moment est venu de commencer à mettre un peu d’argent de côté pour les études de votre enfant.

Heureusement, le gouvernement canadien a pris des mesures pour faciliter l’épargne en vue des études postsecondaires; il est même prêt à vous aider, vous et votre famille, à atteindre vos objectifs en matière d’études. Vous n’avez qu’à ouvrir un régime enregistré d’épargne-études (REEE) et, idéalement, y cotiser chaque année jusqu’à ce que votre enfant en ait besoin.

Dans cette série, nous vous expliquons l’ABC du REEE.

 

A – Présentation des REEE

 

Qu’est-ce que le REEE?

En 1974, le gouvernement libéral de Pierre Trudeau a mis en place le REEE, un compte de placement enregistré semblable à celui du régime enregistré d’épargne-retraite (REER), afin d’inciter un plus grand nombre de Canadiens à épargner en vue des études postsecondaires. Comme pour le REER, les fonds peuvent être placés dans divers titres et fructifient avec report d’impôt. Cet argent sera imposé lorsqu’il sera retiré du compte, mais l’impôt sera fondé sur le revenu imposable de l’étudiant, qui sera probablement peu élevé, étant donné que la plupart des étudiants dans la vingtaine ne gagnent pas encore beaucoup d’argent. Le REEE est également doté de caractéristiques uniques, que nous vous expliquerons.

Pourquoi devriez-vous épargner pour les études postsecondaires maintenant?

Sur le marché de l’emploi actuel, les études postsecondaires, qu’elles soient à l’université ou dans une école de métiers, sont essentielles pour trouver du travail. Malheureusement, elles sont également coûteuses : en effet, les droits de scolarité universitaires de premier cycle varient entre 3 000 $ et 10 000 $, voire plus, pour l’année scolaire 2021-2022, selon le programme universitaire, nous apprend Statistique Canada.

En 2018, Maclean’s a établi à 19 498,75 $ par année le coût global moyen pour un étudiant vivant hors campus (loyer, nourriture, voyages, matériel de cours et activités parascolaires). Ajoutons à cela l’inflation, et l’on peut supposer que la moyenne actuelle est bien supérieure à 20 000 $ par année.

Maintenant, multipliez cette somme par les trois ou quatre années du baccalauréat et par le nombre d’enfants que vous avez ou que vous avez l’intention d’avoir, et il pourrait s’agir de centaines de milliers de dollars, que vous devrez réunir d’ici quelques années. Et cela, sans même tenir compte des études de deuxième et de troisième cycles.

De toute évidence, après avoir acheté une maison et épargné en vue de la retraite, payer pour les études supérieures d’un enfant est le plus grand défi financier auquel est confrontée la famille canadienne typique.

Trois façons de payer

Les étudiants canadiens couvrent habituellement le coût de leur formation universitaire, collégiale ou professionnelle grâce à une combinaison des trois sources suivantes :

  • Régimes enregistrés d’épargne-études (« REEE »)
  • Revenu ou épargne des parents, d’eux-mêmes ou d’autres membres de la famille ou de bienfaiteurs
  • Prêts étudiants

Il est difficile pour la plupart des familles de compter uniquement sur le revenu et l’épargne, car l’étudiant ou le membre de la famille devra payer les droits de scolarité à partir du revenu qu’il gagne à ce moment-là, et les avantages fiscaux de cette façon de faire sont limités. Les prêts étudiants enchaînent les étudiants à des dettes coûteuses, justement quand ils en ont pas encore vraiment les moyens, et il arrive souvent que ces dettes les suivent longtemps dans leur vie adulte. En revanche, les REEE permettent à une famille de répartir le coût des études sur des décennies, tout en profitant de la croissance fiscalement avantageuse des placements et des subventions gouvernementales.

(Il existe une quatrième source de financement de l’éducation, soit les bourses d’études, mais elles ne sont pas offertes à tous les étudiants et ne couvrent souvent pas le coût total des études.)

Quand devriez-vous ouvrir un REEE?

Le meilleur moment pour ouvrir un REEE est lorsque l’enfant est très jeune, ce qui vous permet de profiter au maximum de la croissance des placements et de l’aide gouvernementale. Même si vous n’êtes pas en mesure de cotiser chaque année, vous ne perdez pas de droits de cotisation, tandis que la Subvention canadienne pour l’épargne-études – essentiellement, de l’argent gratuit que le gouvernement vous donne parce que vous cotisez (nous vous fournirons plus de détails sur cette subvention bientôt) – peut être reportée et utilisée plus tard. Toutefois, un REEE peut aussi alléger le fardeau financier des familles ayant des enfants plus âgés et même des adultes qui travaillent et qui cherchent à améliorer leurs compétences. Pour ouvrir un compte, vous aurez besoin du numéro d’assurance sociale de la personne cotisante et du bénéficiaire du REEE, ainsi que de leur certificat de naissance ou de leur carte de résident permanent.

Qui peut ouvrir un compte et y cotiser?

De nombreuses personnes pensent que les REEE sont destinés aux parents consciencieux qui veulent commencer à épargner tôt pour les études de leurs enfants, mais ce n’est là que la pointe de l’iceberg. N’importe qui – grand-parent, oncle, tante, meilleur ami de papa, généreux patron de maman – peut ouvrir un compte pour un enfant, ou même pour un autre adulte qui souhaite retourner aux études. Les enfants peuvent avoir plusieurs comptes ouverts à leur nom, mais l’important ici est que la somme totale des dépôts dans tous les REEE ne peut dépasser le plafond de cotisation à vie de 50 000 $. Vous pouvez faire des cotisations pendant 31 ans à compter de la date de l’ouverture de compte et vous avez jusqu’à la fin de la 35e année pour utiliser les fonds, sinon le REEE expirera.

La distribution

Dans la documentation officielle, les REEE utilisent les termes suivants pour définir les différentes parties prenantes :

• souscripteur : la personne ou le couple qui ouvre et finance un REEE

• bénéficiaire : l’enfant dont les études sont financées

• promoteur : institution financière qui détient et gère le compte REEE

Le contribuable canadien a accès à divers comptes d’épargne enregistrés, comme le REER et le CELI, mais le REEE est avantageux pour bien des raisons en ce qui a trait à l’épargne-études. Le prochain article de la série « L’ABC du REEE » portera sur les avantages des REEE. Pour le lire, cliquez ici.




Content is loading, please wait