Inflation, IA et diversification : analyse de Jurrien Timmer – 20 juillet 2026

Inflation, IA et diversification : analyse de Jurrien Timmer – 20 juillet 2026

Le contexte de marché actuel reste caractérisé par une inflation persistante, une incertitude géopolitique et un changement de leadership sur les marchés boursiers. Bien que plusieurs des thèmes ayant soutenu les rendements au cours des dernières années demeurent en place, les récents mouvements du marché laissent croire que le leadership pourrait s’élargir au-delà d’une poignée de grandes sociétés technologiques dominantes. Selon Jurrien Timmer, directeur en chef, Macroéconomie mondiale, ce changement renforce l’importance de la diversification et de la participation élargie aux marchés.

 

Voici quelques-uns des sujets abordés.  

L’inflation demeure supérieure à la cible

Les pressions inflationnistes se sont atténuées depuis les sommets atteints en 2022, mais le retour aux cibles des banques centrales a été inégal. Les données récentes sur l’inflation aux États-Unis ont été encourageantes, bien que les tensions renouvelées au Moyen-Orient aient contribué à la hausse des prix du pétrole et à la volatilité accrue. Si l’inflation a chuté considérablement par rapport à son sommet, elle demeure néanmoins au-dessus de la cible de 2 % de la Réserve fédérale américaine. Par conséquent, les marchés n’anticipent pas de baisses importantes des taux d’intérêt pour l’instant et continuent d’intégrer la possibilité de hausses supplémentaires. Dans ce contexte, M. Timmer a souligné le rôle des titres à revenu fixe dans les portefeuilles. La hausse des taux obligataires a amélioré les occasions de générer du revenu, mais il convient de surveiller le risque d’inflation lorsque l’on évalue les obligations à plus long terme.

 

Élargissement du leadership sur le marché

L’un des événements les plus marquants des derniers mois a été l’élargissement de la participation au marché boursier. Bien que l’indice S&P 500 pondéré en fonction de la capitalisation boursière soit demeuré relativement stable depuis le début de juin, sa version équipondérée a enregistré de meilleurs résultats, ce qui indique que les gains ne sont plus uniquement attribuables aux plus grandes sociétés. Certains signes indiquent que le leadership relatif des sept magnifiques pourrait s’atténuer. Ces sociétés représentent toujours une part importante du marché boursier des États-Unis, mais leur rendement relatif s’est affaibli, tandis que d’autres secteurs et sociétés ont commencé à participer de façon plus significative aux gains du marché. Par ailleurs, certaines grandes sociétés technologiques consacrent une plus grande partie de leurs flux de trésorerie à la mise en place d’infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA) plutôt que de redistribuer du capital aux actionnaires au moyen de rachats et de dividendes. D’autres secteurs du marché continuent de maintenir des ratios de distribution élevés, ce qui pourrait favoriser une participation plus large au marché. Selon M. Timmer, la participation accrue du marché est positive, car les rendements dépendent de moins en moins d’un petit groupe de titres.

 

L’IA demeure un domaine d’intérêt clé

L’IA demeure un important centre d’intérêt. Cependant, les rendements récents ont démontré que même les thèmes solides à long terme peuvent connaître des périodes de consolidation. M. Timmer a expliqué que les titres liés à l’IA et les sociétés de semi-conducteurs ont reculé depuis le début de juin, même si l’ensemble du marché est demeuré relativement résilient. Les marchés surveillent désormais les résultats des grandes sociétés technologiques et d’infonuagique, afin de mieux comprendre les dépenses consacrées aux infrastructures d’IA. Il faudra voir si les sociétés gardent le cap sur leurs plans de dépenses en immobilisations et si elles continuent d’investir dans les technologies liées à l’IA. Toutefois, une question importante demeure : la croissance actuelle liée à l’IA reflète-t-elle une tendance structurelle à long terme ou une hausse cyclique de la demande? Les bénéfices des sociétés de semi-conducteurs ont augmenté rapidement, ce qui a contribué à soutenir les valorisations, mais les résultats futurs pourraient dépendre de la capacité à maintenir cette croissance. M. Timmer a aussi indiqué que l’expansion rapide des infrastructures d’IA pourrait se heurter à des défis d’ordre pratique et réglementaire. La hausse de la demande d’électricité, la construction de centres de données à grande échelle et l’évolution des politiques publiques pourraient avoir une incidence sur le rythme des développements futurs.

 

Le secteur des produits financiers peut offrir des avantages en matière de diversification

Au-delà de la technologie, M. Timmer estime que les produits financiers sont un secteur à surveiller. Il a souligné que de nombreuses sociétés du secteur offrent actuellement des ratios de distribution relativement élevés et se négocient à des valorisations qui semblent inférieures à celles de certains secteurs axés sur la technologie. Les institutions financières pourraient également être positionnées de façon à profiter d’un contexte de taux d’intérêt plus élevé. Au sein du secteur, M. Timmer a mentionné les banques de la zone euro, qui se distinguent par des ratios de distribution élevés et des rendements en espèces intéressants. Selon lui, ces caractéristiques pourraient en faire des outils de diversification utiles dans un portefeuille, particulièrement parce que leur corrélation a récemment été différente de celles des actions et des obligations en général.

 

La diversification demeure importante

La récente rotation des marchés rappelle une leçon clé : la diversification au sein des portefeuilles est importante. Bien que les actions et les obligations continuent de présenter une certaine corrélation positive, M. Timmer a fait remarquer qu’il pourrait être bénéfique de s’intéresser aux actifs qui se comportent différemment les uns des autres dans un contexte de marché changeant. Trouver des placements qui se distinguent de par leur corrélation peut aider à réduire la volatilité globale d’un portefeuille. Par ailleurs, il ne faut pas négliger l’incidence des enjeux géopolitiques. Les perturbations persistantes touchant les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement mondiales pourraient continuer d’influencer les tendances inflationnistes et la confiance des marchés. Selon M. Timmer, les pénuries de stocks et les pressions sur les chaînes d’approvisionnement demeurent préoccupantes et pourraient contribuer à une hausse des coûts dans l’ensemble de l’économie.

 

Conclusion : au-delà de la concentration du marché

Bien que les récents gains du marché aient été étroitement associés à l’IA et à un petit groupe de chefs de file technologiques, M. Timmer a fait remarquer que la capacité du marché à s’élargir sans signes de faiblesse de la part des principaux indices a été un développement positif. Plutôt que de miser sur un seul thème d’investissement, il a souligné l’importance de répartir l’exposition entre différents secteurs et catégories d’actifs tout en tenant compte de la façon dont les placements réagissent les uns par rapport aux autres dans différents contextes de marché. À l’heure actuelle, la diversification et l’accès à des sources de rendement différenciées demeurent des considérations importantes alors que le leadership du marché continue d’évoluer.