Le momentum du marché s’élargit : une analyse de Jurrien Timmer – 19 janvier 2026

Le momentum du marché s’élargit : une analyse de Jurrien Timmer – 19 janvier 2026

Jurrien Timmer, directeur en chef, Macroéconomie mondiale chez Fidelity, a expliqué son point de vue sur la dynamique actuelle du marché, soulignant une participation élargie, des bénéfices résilients et l’importance d’une répartition diversifiée de l’actif dans un contexte marqué par l’incertitude géopolitique.

Voici quelques-uns des sujets abordés.  

Le momentum du marché s’élargit en dépit des manchettes

Bien que le contexte géopolitique demeure tendu, M. Timmer a fait remarquer que le marché montre des signes encourageants d’équilibre et de résilience. Après leur performance dominante, les grands fournisseurs de services infonuagiques aux États-Unis ont marqué une pause, laissant la possibilité à d’autres secteurs et aux autres capitalisations boursières de gagner du terrain. L’indice équipondéré S&P 500 a commencé à percer, tandis que l’indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière est demeuré stable. L’amplitude du marché se consolide; en effet, le pourcentage des actions qui ont surpassé leur moyenne mobile sur 50 jours est passé de 32 % à 73 % en novembre.

 

Les valorisations, les bénéfices et les attentes du marché

Les bénéfices demeurent le principal moteur du rendement du marché, selon M Timmer. De fait, les bénéfices des sociétés de l’indice S&P 500 ont augmenté de 12 %, alors que le ratio cours/bénéfice s’est accru de 2 % et les dividendes ont ajouté environ 1,4 %. Le marché anticipe implicitement un taux de croissance annuel composé des bénéfices d’environ 14 % pour les prochaines années, comparativement à la moyenne à long terme plus près de 7 %. Selon la méthode d’actualisation des flux de trésorerie employée par M. Timmer, cela correspond à une prime de risque sur les actions de près de 4,3 %, soit légèrement inférieure à la norme à long terme, mais pas exagérément.

 

Les tendances des bénéfices s’améliorent à l’extérieur des États-Unis

Les bénéfices prévisionnels ont augmenté de 14 % aux États-Unis, de 23 % dans les marchés émergents et de 17 % dans les marchés développés internationaux. L’indice MSCI EAEO, tant sa version équipondérée que sa version pondérée selon la capitalisation boursière, a surpassé l’indice S&P 500. Environ 75 % des actions mondiales sont désormais en hausse, signe d’une plus grande participation dans toutes les régions.

 

Le contexte géopolitique complexe et le rôle des marchandises

De nombreuses tendances contradictoires influencent les marchés, selon M. Timmer, notamment les répercussions des droits de douane, la réorganisation des chaînes d’approvisionnement et les données sur l’inflation en temps réel, comme l’indice Truflation qui a récemment atteint près de 1,7 %. La baisse des prix du pétrole a permis de compenser la pression exercée par les droits de douane, et certaines des inquiétudes de l’année dernière ne se sont finalement pas concrétisées.

Les marchandises ont suscité davantage d’intérêt, en raison notamment de la démondialisation qui rend certaines ressources moins fongibles. M. Timmer a souligné des conditions techniques plus favorables pour l’or, le cuivre et l’ensemble du secteur des marchandises, expliquant que les marchandises peuvent servir d’outil de diversification, en raison de leur faible corrélation avec les actions et les obligations. La croissance de la masse monétaire mondiale (dont le taux annualisé atteint près de 11,4 %) renforce également le rôle de l’or comme couverture contre l’inflation monétaire.

 

Les répercussions sur la répartition de l’actif

M. Timmer a constaté que les obligations ont retrouvé leur corrélation négative avec les actions au cours de la dernière année, rétablissant ainsi leur fonction de point d’ancrage dans un portefeuille. Les actions demeurent essentielles dans une répartition à long terme, mais de nombreuses équipes de répartition de l’actif privilégient une exposition mondiale plus large et une sous-pondération des actions américaines, en raison des attentes implicites plus élevées liées aux bénéfices prévisionnels.

M. Timmer a également fait remarquer que le bitcoin pourrait connaître une année relativement calme, car ses indicateurs de momentum laissent présager qu’il pourrait revenir à une évolution similaire à celle d’autres actifs à risque. Une répartition diversifiée, qui comprend des actions, des obligations, des marchandises, de l’or et des placements non traditionnels, peut aider le public investisseur à composer avec un contexte incertain en évitant de miser sur un seul moteur de rendement.

 

Conclusion : adopter une vision plus large du marché

Cette récente analyse de M. Timmer met en lumière un contexte marqué par une participation élargie, des tendances favorables en matière de bénéfices à l’échelle mondiale et un ensemble de forces macroéconomiques complexes, mais gérables.