Ce qui façonne les marchés d’aujourd’hui : analyse de Jurrien Timmer – 23 février 2026
Jurrien Timmer, directeur en chef, Macroéconomie mondiale chez Fidelity, a présenté son point de vue sur l’élargissement du marché, le rôle des bénéfices, la participation aux actions mondiales, l’évolution des politiques et la dynamique de certaines catégories d’actifs.
Voici quelques-uns des sujets abordés. .
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Poursuite de l’élargissement du marché
Une rotation significative s’opère en arrière-plan des grands indices boursiers depuis la volatilité liée aux tarifs douaniers de l’an dernier. Bien que les actions à très grande capitalisation aient porté une grande partie des gains depuis le début du marché haussier à la fin de 2022, l’indice S&P 500 équipondéré a récemment réduit l’écart de rendement par rapport à l’indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière. Selon M. Timmer, cette convergence reflète une participation plus large à l’ensemble des actions plutôt que des rendements concentrés dans un petit groupe de sociétés. Il a insisté sur le fait que cet élargissement s’est produit sans baisse significative des actions à grande capitalisation. Au lieu de cela, les titres des sociétés à très grande capitalisation ont évolué en grande partie à l’horizontale, ce qui a permis à d’autres segments du marché de rattraper le retard. M. Timmer a décrit cette situation comme un résultat constructif par rapport à une rotation provoquée par une faiblesse des titres de sociétés à grande capitalisation.
Dynamique rare assortie de certaines conditions
M. Timmer a souligné que, historiquement, les périodes où l’indice équipondéré surpassait les titres de sociétés à très grande capitalisation surviennent plus souvent lors des replis du marché. Il a noté que ce type d’élargissement est moins fréquent lorsque le marché global demeure relativement stable ou augmente. Bien qu’il ait qualifié la conjoncture de positive, il a également insisté sur une condition importante. Pour que ce type d’élargissement se poursuive de façon saine, les titres de sociétés à très grande capitalisation doivent maintenir leurs niveaux de soutien récents. Si ces niveaux venaient à céder, M. Timmer a prévenu que l’élargissement pourrait encore se produire, mais potentiellement dans un marché en baisse plutôt que dans un marché stable. Par conséquent, il a insisté sur l’importance de surveiller l’évolution du rôle moteur des sociétés à grande capitalisation.
Importance accrue des bénéfices dans le soutien des marchés
M. Timmer a également discuté d’un changement dans ce qui a alimenté les rendements du marché. Au début du marché haussier, l’expansion des valorisations représentait une part importante des gains, ce qu’il a décrit comme typique lorsque les bénéfices prennent du temps à se redresser. Plus récemment, la croissance des bénéfices et les dividendes sont devenus des facteurs plus importants. L’élan vigoureux des bénéfices au cours des derniers trimestres a été un point clé, tout comme le constat que l’expansion des valorisations s’est aplatie en grande partie depuis la volatilité liée aux tarifs douaniers de l’an dernier. Selon M. Timmer, s’appuyer davantage sur les bénéfices est une structure de marché plus saine.
Participation mondiale plus visible
L’élargissement actuel du marché ne se limite pas aux États-Unis. L’amélioration de l’élan des bénéfices est également évidente sur les marchés internationaux, les marchés émergents en particulier montrant une forte hausse des prévisions de bénéfices. Les marchés émergents affichent actuellement une croissance des bénéfices sur douze mois plus forte que celle des États-Unis et des autres marchés développés. Une participation mondiale élargie pourrait contribuer à contrer le risque de concentration, en particulier si les titres des États-Unis cessaient d’être à la tête des marchés.
Exposition du dollar américain et placements internationaux
M. Timmer a constaté que le dollar américain n’évolue plus dans une seule direction. Bien qu’il n’ait pas connu de forte baisse, il s’inscrit dans une tendance baissière avec une dynamique limitée. Il a laissé entendre que ce changement pourrait modifier la perception à l’égard des marchés internationaux, les effets de change constituant désormais un frein moins important qu’auparavant.
Surveillance accrue des placements dans l’intelligence artificielle
Pour ce qui est de l’intelligence artificielle (IA), M. Timmer s’est penché sur l’évolution de la confiance des marchés au fil du temps. Il a souligné que les questions touchant les dépenses en immobilisations, les rendements des placements et les flux de trésorerie, apparues l’an dernier, se sont accentuées récemment. Ces enjeux s’inscrivent aussi dans un contexte de préoccupations croissantes liées aux perturbations et au risque de banalisation dans certains secteurs, en particulier les logiciels. Au lieu de considérer cette surveillance comme négative, M. Timmer l’a décrite comme constructive. Il a insisté sur le fait qu’une réflexion critique accrue peut contribuer à réduire le risque d’excès spéculatif et à empêcher la formation de phénomènes semblables à des bulles. Il a également fait remarquer que les gains de productivité découlant des placements liés à l’IA pourraient, en fin de compte, profiter à un plus large éventail de sociétés, au-delà de celles qui ont les plus fortes dépenses en capital.
Évolution de la politique commerciale et incidence sur le marché
Les récents développements liés à la politique commerciale des États-Unis ont également été abordés. La décision de la Cour suprême ayant une incidence sur l’utilisation des pouvoirs d’imposition de tarifs douaniers d’urgence a été largement anticipée par les marchés, ce qui pourrait expliquer la réaction immédiate modérée. Les tarifs douaniers ont été décrits comme fonctionnant comme une taxe, dont le coût est historiquement supporté en grande partie par les importateurs et les consommateurs des États-Unis plutôt que par les exportateurs étrangers. Même si le retrait des tarifs douaniers en place peut être complexe d’un point de vue juridique, l’incidence globale sur le marché a été caractérisée comme étant plus limitée qu’elle ne l’aurait été plus tôt dans le cycle, étant donné que plusieurs mesures plus sévères ont déjà été revues à la baisse.
État de la consommation et actifs numériques
Sur le plan de la consommation, M. Timmer a décrit les conditions comme étant généralement stables. Le marché de l’emploi demeure solide, les salaires ont largement suivi le rythme de l’inflation et les niveaux d’endettement globaux ne semblent pas excessifs. Il a aussi évoqué le bitcoin, soulignant qu’il se négocie près d’un niveau qu’il avait auparavant identifié comme une zone de soutien importante. Même si le cours pourrait encore reculer, M. Timmer a observé que les périodes où l’or a nettement surpassé le bitcoin ont historiquement coïncidé avec des creux pour la devise numérique. Il considère le niveau actuel comme une zone à surveiller, tout en reconnaissant les risques associés.
Conclusion : un marché qui s’élargit, sans être immobile
En conclusion, M. Timmer a décrit un contexte où les chefs de file du marché sont de plus en plus équilibrés, où les bénéfices jouent un rôle plus important pour soutenir les rendements et où la participation s’élargit à l’échelle mondiale. Bien qu’il ait souligné plusieurs tendances constructives, il a également insisté sur l’importance de surveiller les conditions clés, en particulier le comportement des titres de sociétés à très grande capitalisation et l’évolution continue des politiques. Dans l’ensemble, son analyse reflète un marché qui gagne en complexité plutôt qu’un marché évoluant dans une seule direction.