Déclarer ses revenus et réduire sa facture fiscale quand on est travailleur autonome au Canada

Déclarer ses revenus et réduire sa facture fiscale quand on est travailleur autonome au Canada

Aperçu
  • Si vous exploitez votre propre entreprise à titre de propriétaire unique ou de partenaire, vous êtes considéré comme un travailleur autonome et les règles fiscales qui s’appliquent à vous diffèrent de celles des employés salariés.
  • En plus de l’impôt sur le revenu habituel, vous devez penser au Régime de pensions du Canada (RPC) et au Régime de rentes du Québec (RRQ) et, peut-être aussi à la TPS et à la TVH, en plus des déductions d’entreprise.
  • Les travailleurs autonomes font souvent l’erreur de sous-estimer l’impôt à payer, de mêler dépenses professionnelles et personnelles, de ne pas faire leurs versements à temps et d’oublier de produire les déclarations de TPS ou TVH.
  • Des stratégies judicieuses, comme cotiser à un REER au bon moment, contribuent à réduire le revenu imposable et favorisent l’atteinte des objectifs à long terme.

Pour les travailleurs autonomes, la période de déclaration des revenus diffère de celle des employés salariés. Les règles et les exigences de production des déclarations de revenus des travailleurs autonomes au Canada sont plus complexes et exigent un effort supplémentaire. Ils doivent notamment consigner les revenus, planifier les contributions au RPC et au RRQ, déclarer la TPS et la TVH puis trouver des moyens de réduire leur facture fiscale.

En comprenant bien vos principales obligations et le fonctionnement du processus, vous pourrez gérer vos impôts de travailleur autonome avec assurance et faire des choix avisés qui favorisent vos affaires et vos objectifs financiers à long terme.

Voici ce que vous devez savoir pour produire votre déclaration de revenus en tant que travailleur autonome au Canada.

 

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Quelle est la différence entre un travailleur autonome et un employé salarié?

L’Agence du revenu du Canada (ARC) considère que vous êtes travailleur autonome si vous générez des revenus de manière indépendante, par exemple si vous êtes pigiste ou consultant ou, encore, si vous êtes propriétaire unique ou co-propriétaire d’une entreprise. Le personnel salarié d’un employeur échappe donc à cette définition. Les propriétaires d’entreprises constitués en société sont soumis à d’autres règles fiscales.

Revenu de travail autonome versus revenu d’emploi : la différence est importante

Le revenu de travail autonome et le revenu d’emploi sont deux choses différents. Il est essentiel de connaître la distinction entre ces deux types de revenus si vous êtes travailleur autonome. Les différences ont une incidence sur l’impôt à payer, les échéances de versement et les déductions auxquelles vous avez droit.

Le revenu d’emploi est ce que vous gagnez lorsque vous travaillez pour quelqu’un d’autre. Vous touchez ce type de revenu lorsque vous travaillez pour un employeur et votre paie est habituellement versée à intervalles réguliers et prévisibles (aux deux semaines, une fois par mois ou autre). Le revenu de travail autonome est ce que vous gagnez lorsque vous travaillez pour vous-même ou gérez une entreprise. Vous ne recevez pas ce revenu d’un employeur : il provient plutôt des biens ou des services que vous offrez.

Voici quelques distinctions essentielles à connaître :

Catégorie

Revenu d’emploi

Revenu de travail autonome ou d’entreprise

Retenues d’impôt sur le revenu

L’impôt sur le revenu est habituellement déduit de chaque chèque de paie par votre employeur et versé à l’ARC tout au long de l’année.

L’impôt n’est pas déduit de votre revenu. Vous devez mettre de côté une partie de vos revenus pour couvrir la totalité de l’impôt à verser avant l’échéance annuelle ou effectuer des versements trimestriels si le solde d’impôt net à payer est supérieur à 3 000 $ (1 800 $ au Québec).

Régime de pensions du Canada / Régime de rentes du Québec

Vous et votre employeur versez chacun un pourcentage de vos gains jusqu’à concurrence d’un montant maximal en dollars. Les cotisations sont déduites de vos chèques de paie.

Vous payez à la fois les portions de l’employé et de l’employeur du RPC et au RRQ lorsque vous produisez votre déclaration de revenus.

Primes d’assurance-emploi

Les primes d’assurance-emploi sont automatiquement déduites de votre chèque de paie par votre employeur. Vous pourriez être admissible à des prestations d’assurance-emploi si vous perdez votre emploi.

Cotiser à l’assurance-emploi est facultatif. Si vous choisissez de participer, vous pourriez avoir accès à certains avantages sociaux, comme des prestations de maternité ou de maladie, mais pas aux prestations de chômage régulières.

Frais déductibles

La plupart des frais liés à l’emploi ne sont pas déductibles à moins que vous remplissiez certaines conditions de l’ARC et que votre employeur vous ait remis le formulaire T2200 signé.

Certains frais professionnels peuvent être déduits de votre revenu, par exemple les fournitures de bureau, les frais professionnels, les frais de bureau à domicile et les dépenses liées aux véhicules.

Exigences et formulaires de déclaration

Le revenu provenant d’un emploi est indiqué sur un feuillet T4 préparé par votre employeur et reporté tel quel dans votre déclaration de revenus de particulier, laquelle doit être produite chaque année avant le 30 avril.  

Les revenus et les dépenses sont déclarés sur le formulaire T2125. L’échéance de production est fixée au 15 juin chaque année mais tout solde d’impôt à payer doit être versé au plus tard le 30 avril.

Déductions courantes sur les relevés de paie
En savoir plus

Quelles dépenses peuvent être déduites de la déclaration de revenus de travail autonome?

L’un des avantages du travail autonome est que vous pouvez déduire plusieurs frais professionnels, ce qui contribue à réduire la facture fiscale. Selon l’Agence du revenu du Canada, les dépenses d’entreprise déductibles correspondent généralement à un coût raisonnable engagé dans le seul but de générer un revenu d’entreprise.

Pour déterminer si une dépense est admissible, posez-vous ces questions : 1) La dépense sert-elle principalement à des fins de travail autonome? 2) Est-elle raisonnable par rapport au secteur et à l’envergure de vos affaires? 3) Avez-vous conservé des preuves comme des reçus, des factures ou autres?

Voici quelques-unes des dépenses admissibles courantes :

  • Fournitures et équipement de bureau
  • Frais de déplacement (comme les vols, l’hébergement et les conférences d’affaires)
  • Repas et divertissements (habituellement, 50 % du coût des repas, boissons et divertissements destinés aux clients peuvent être déduits)
  • Une partie des dépenses liées aux véhicules (comme le carburant, les assurances et l’entretien)
  • Frais d’utilisation de la maison (comme une partie du loyer, des intérêts hypothécaires, de l’impôt foncier et d’Internet, du chauffage et de l’électricité) en fonction de la proportion occupée pour le travail
  • Publicité (comme le marketing, les cartes professionnelles, l’hébergement de sites Web)
  • Frais professionnels (comme les services de comptabilité et les frais juridiques ou de consultation)

Il est judicieux de tenir un registre de toutes les factures et de tous les reçus pour demander des déductions pour frais professionnels.

Erreurs fréquentes des travailleurs autonomes et moyens pour les éviter

Comme la préparation de la déclaration exige des efforts supplémentaires quand on est travailleur autonome, il est facile de laisser échapper un détail. Voici quelques erreurs courantes à surveiller :

  1. Sous-estimer le montant du solde à verser : Il est facile de perdre de vue la somme que vous devrez verser en impôts et de dépenser sans le vouloir l’argent requis. Une règle générale consiste à mettre de côté 25 % à 30 % des revenus d’entreprise pendant l’année pour payer l’impôt dû.

  2. Mêler dépenses personnelles et professionnelles : Maintenez une séparation claire entre vos dépenses professionnelles et vos dépenses personnelles. Si vous réglez tous vos achats sur la même carte de crédit, vous pourriez avoir de la difficulté à déterminer lesquelles sont liées à votre travail et lesquelles sont personnelles, ce qui complique l’identification des dépenses d’entreprise.

    Pensez à utiliser une carte de crédit et un compte bancaire distincts. Assurez-vous aussi de classer soigneusement tous vos reçus d’affaires. Omettre de déclarer la totalité de vos revenus d’entreprise peut entraîner des pénalités et des impôts supplémentaires. Si vous découvrez une erreur ou une omission dans une déclaration de revenus précédente, vous pouvez utiliser le programme des divulgations volontaires de l’ARC pour la corriger.

  3. Faire les versements à temps : Si vous êtes travailleur autonome, vous avez jusqu’au 15 juin pour produire votre déclaration, mais vous devez payer tout impôt dû avant le 30 avril pour éviter les intérêts et les pénalités de production tardive.

  4. Ne pas planifier les déclarations de TPS et TVH : Vous devez ouvrir un compte de TPS et TVH si votre revenu brut (pour tout type d’emploi autonome) est supérieur à 30 000 $ sur quatre trimestres civils consécutifs. Après avoir obtenu un numéro de TPS et TVH, vous devez imputer et percevoir ces taxes sur les ventes de produits ou services non exonérés de taxes. Les montants doivent être versés à l’ARC après en avoir soustrait les déductions éventuelles.

    Vous devez produire une déclaration mensuelle, trimestrielle ou annuelle de TPS et TVH en fonction de votre période de déclaration. Le fait de ne pas verser à temps les versements ou les versements échelonnés peut entraîner des frais d’intérêts, des pénalités et des factures d’impôt imprévues. (Notez également que certaines provinces exigent de percevoir et de déclarer aussi la taxe de vente provinciale.)

Quels sont les taux d’imposition applicables aux travailleurs autonomes?

Si vous n’êtes pas constitué en société, votre revenu d’entreprise est imposé au taux marginal de particulier qui s’applique à vous (fédéral et provincial ou territorial). Voici les taux d’imposition de 2026 du gouvernement fédéral pour les particuliers :

Taux d’imposition

Seuil de revenu imposable

14 %

Jusqu’à 58 523 $

20,5 %

Entre 58 523,01 $ et 117 045 $

26 %

Entre 117 045,01 $ et 181 440 $

29 %

Entre 181 440,01 $ et 258 482 $

33 %

Plus de 258 482,01 $

Les taux d’imposition provinciaux et territoriaux en 2026
Coup d’œil sur

Les sociétés privées sous contrôle canadien sont assujetties au taux d’imposition des petites entreprises lorsque leur revenu d’entreprise actif atteint 500 000 $ ou moins. Au fédéral, le taux d’imposition pour un revenu d’entreprise actif inférieur à 500 000 $ est de 9 %. Il est de 15 % sur tout revenu imposable supérieur à ce montant. Chaque province a ses propres taux d’imposition pour les petites entreprises. Le revenu que vous payez est imposé comme un revenu de particulier tandis que les montants retenus dans l’entreprise peuvent bénéficier d’un report d’impôt.

Comment calcule‑t‑on l’impôt lorsqu’on est travailleur autonome?

Voici comment calculer l’ensemble de vos obligations fiscales en tant que travailleur autonome, incluant l’impôt sur le revenu, les contributions au RPC et au RRQ ainsi que la TPS et TVH :

Étape 1 : Déterminez votre revenu d’entreprise ou professionnel brut pour l’année.

Étape 2 : Si vous avez un revenu d’entreprise, déterminez le coût des biens et services vendus. Soustrayez ce montant de votre revenu brut pour obtenir un profit brut.

Étape 3 : Calculez toutes vos dépenses admissibles par catégorie (assurance, intérêts, frais bancaires, etc.).

Étape 4 : Déterminez votre revenu net (pertes) en soustrayant vos dépenses totales de votre bénéfice brut ou de votre revenu professionnel brut.

Étape 5 : Préparez une estimation de votre impôt sur le revenu. Calculez votre revenu d’entreprise net plus tout autre revenu imposable, soustrayez les déductions personnelles comme les cotisations à un REER, puis appliquez un taux d’imposition estimatif fondé sur les taux d’imposition provincial ou territorial et fédéral échelonnés.

 

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Estimation de votre facture fiscale

Étape 6 : Réduisez le solde de votre impôt estimatif en soustrayant vos crédits d’impôt de particulier.

Étape 7 : Préparez une estimation de vos cotisations au RPC et au RRQ. N’oubliez pas que vous devez remettre à la fois la partie employeur et la partie employé. En règle générale, vous devrez mettre de côté 12 % de votre revenu net, tel que calculé à l’étape 4.

Étape 8 : Déterminez le montant de la TPS et TVH que vous devez verser. Ce montant dépend de la méthode de déclaration de la TPS et TVH utilisée (par exemple, la méthode rapide).

Étape 9 : Additionnez votre impôt sur le revenu estimatif, vos cotisations au RPC et au RRQ ainsi que le montant de TPS et TVH à déclarer pour obtenir une approximation du total à verser.

Quels formulaires fiscaux faut-il remplir?

Les travailleurs autonomes doivent remplir le formulaire T2125, État des résultats des activités d’une entreprise ou d’une profession libérale, pour calculer leur revenu brut pour l’année et déduire les dépenses admissibles.

Le formulaire T2125 doit inclure :

  • Les sources de revenu d’entreprise ou d’une profession libérale et la description des biens ou services et du secteur
  • La TPS et TVH payée (selon la méthode de calcul choisie) et reçue
  • Le coût des biens ou services vendus et des dépenses engagées pour l’exploitation de l’entreprise

Remplissez le formulaire T2125 puis utilisez-le pour remplir la déclaration T1 à produire avec votre déclaration de revenu de particulier à l’ARC.

Comment les cotisations à un REER contribuent-elles à réduire la facture fiscale?

En tant que travailleur autonome, vous pourriez être en mesure de gérer l’impôt plus efficacement au moyen d’un régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Après avoir déduit les frais professionnels de votre impôt sur le revenu, envisagez de cotiser à un REER pour réduire davantage ce que vous devez tout en épargnant en vue de la retraite.

L’avantage d’être travailleur autonome, en supposant que votre revenu fluctue d’une année à l’autre, est que vous pouvez planifier stratégiquement vos cotisations pour les années où votre revenu sera plus élevé. La déduction pourrait procurer un avantage fiscal plus élevé si vous êtes dans une tranche d’imposition plus élevée. Vous pouvez également reporter les droits de cotisation pour les faire correspondre aux flux de trésorerie.

Tout montant investi donne droit à une déduction d’impôt et fructifie à l’intérieur du compte. Bien que les retraits soient imposables, ils sont susceptibles de survenir à la retraite, lorsque vous serez probablement dans une tranche d’imposition inférieure. Si vous êtes en couple, marié ou en union libre, un REER de conjoint vous permet de répartir le revenu entre les deux partenaires et de réduire l’impôt global à long terme.

 

Les avantages de cotiser à un REER
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Dans le cadre de votre plan d’ensemble d’optimisation de la retraite et de vos finances, vous pourriez aussi envisager d’ouvrir un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et un compte épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP). Les cotisations ne réduiront pas votre facture d’impôt, mais vos économies fructifieront à l’abri de l’impôt. En outre, vous ne paierez aucun impôt sur les retraits. Le CELIAPP est conçu pour vous aider à épargner pour votre première propriété. Les cotisations donnent droit à une déduction fiscale et les retraits admissibles sont non imposables.

L’essentiel à retenir sur l’impôt des travailleurs autonomes

Pour les travailleurs autonomes canadiens, la planification fiscale ne se résume pas à la simple production d’une déclaration de revenus. Ils doivent gérer les flux de trésorerie, penser aux multiples obligations fiscales et prendre des décisions judicieuses tout au long de l’année.

La tâche peut rapidement devenir compliquée, mais consulter un conseiller ou une conseillère en placements et un comptable peut aider à réduire la facture fiscale et à harmoniser les stratégies fiscales avec les objectifs à long terme, comme la retraite et la croissance de l’entreprise.