À quels moments les revenus culminent-ils en moyenne au Canada, et pourquoi ces années sont-elles importantes pour votre stratégie financière?
On présume souvent que le revenu continuera d’augmenter à mesure que les années de travail s’accumulent. En réalité, le revenu des Canadiens et Canadiennes suit une trajectoire prévisible. Il augmente de façon continue, atteint un pic en milieu de carrière, puis diminue progressivement.
C’est lorsque ce pic est atteint que vous avez souvent les meilleures occasions de réduire votre impôt, d’accroître votre épargne et de donner un élan à vos placements à long terme. En ayant une meilleure idée de votre trajectoire financière et en établissant une stratégie en conséquence, vous pourrez contribuer de façon significative à votre avenir financier. Voici ce que vous devez savoir.
À quel âge les revenus culminent-ils au Canada?
Pour de nombreuses personnes, les années les plus rentables ont tendance à se situer entre 45 et 54 ans. Il s’agit des années de revenu de pointe. Normalement, votre revenu augmente progressivement, touche un sommet en milieu de carrière et diminue graduellement. Le tableau ci-dessous illustre cette tendance selon la tranche d’âge, tant pour les hommes que pour les femmes.
Salaires, traitements et commissions par tranche d’âge (2023)*
Tranche d’âge |
Les deux sexes |
Hommes |
Femmes |
15 à 24 ans |
16 200 $ |
18 060 $ |
14 730 $ |
25 à 34 ans |
48 600 $ |
54 680 $ |
43 000 $ |
35 à 44 ans |
63 770 $ |
74 740 $ |
54 020 $ |
45 à 54 ans |
67 800 $ |
79 420 $ |
58 120 $ |
55 à 64 ans |
54 020 $ |
64 000 $ |
46 020 $ |
65 à 74 ans |
20 960 $ |
23 670 $ |
18 330 $ |
75 ans et plus |
630 $ |
630 $ |
670 $ |
Source : Statistique Canada
* Tous les chiffres sont indiqués en dollars constants de 2023. Les chiffres correspondent aux salaires, traitements et commissions individuels, et non au revenu du ménage.
Combien de temps le pic salarial dure-t-il?
On peut facilement croire que les années où l’on gagne le plus constituent une brève période. Toutefois, la plupart des Canadiennes et des Canadiens connaissent plusieurs années consécutives de revenus élevés plutôt qu’un seul pic. Cette période serait donc plus longue qu’on ne pourrait le croire. Ainsi, la pression liée au choix du moment idéal pour épargner et investir s’atténue, au profit d’une approche axée sur la régularité.
Pourquoi les pics salariaux ont-ils lieu?
C’est souvent à mi‑carrière que les revenus culminent, lorsque l’expérience professionnelle, l’ancienneté, le leadership et le parcours de formation convergent et portent leurs fruits. Le travail à temps plein devient plus stable, les primes et la rémunération variable deviennent plus fréquentes, et les années consacrées au développement des qualifications mènent à une rémunération plus élevée
Les pics salariaux varient-ils selon la province?
Cette trajectoire générale des revenus s’observe à l’échelle nationale, les niveaux de revenu varient toutefois d’une province à l’autre. Par exemple, en septembre 2025, le salaire annuel moyen en Ontario était de 70 410 $, tandis qu’au Manitoba, il était de 61 773 $. Le Nunavut affichait le salaire moyen le plus élevé, à 91 492 $, tandis que la Nouvelle‑Écosse présentait le plus faible, à 61 659 $.
Ces écarts s’expliquent notamment par la composition des secteurs d’activité locaux, les conditions du marché du travail et la concentration des emplois. Par conséquent, de nombreux Canadiens et Canadiennes connaissent leurs meilleures années de revenus à un âge comparable, mais le montant gagné durant cette période peut varier selon l’endroit où l’on habite.
Comment les Canadiens et Canadiennes devraient-ils optimiser leurs pics salariaux pour effectuer des placements?
Pour bien des gens, les régimes enregistrés, comme le Régime enregistré d’épargne‑retraite (REER), peuvent être particulièrement avantageux durant les années de revenus de pointe. C’est notamment parce que le REER propose des cotisations fiscales déductibles, une croissance des placements à l’abri de l’impôt et une occasion de rattraper des cotisations manquées.
Les années de revenus de pointe coïncident souvent avec les taux d’imposition marginaux les plus élevés auxquels vous serez confronté au cours de votre vie. La valeur d’une cotisation à un REER dépend non seulement du montant que vous cotisez, mais aussi du moment où vous cotisez. Les déductions fiscales appliquées à un taux marginal plus élevé peuvent procurer un allègement fiscal nettement supérieur à celui d’une cotisation équivalente versée durant des années où le revenu est plus faible. De plus, tout remboursement d’impôt provenant d’une cotisation peut être réinvesti pour soutenir la capitalisation à long terme.
En conservant des droits de cotisation de REER durant vos années de revenus plus modestes, il devient possible d’en tirer un avantage à mesure que votre salaire progresse, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de retraite à long terme.
Lorsqu’il existe un écart de revenus au sein d’un couple, le REER de conjoint mérite également d’être considéré, car il permet au conjoint le mieux rémunéré de cotiser au REER de l’autre tout en profitant des avantages fiscaux. Sachez qu’il existe des règles d’attribution pour les retraits . Celles-ci peuvent avoir une incidence sur votre facture fiscale si vous êtes la personne qui cotise.
Comment votre approche de placement devrait‑elle varier entre les années de revenus de pointe et les autres périodes de votre vie?
Votre stratégie de placement n’a pas à rester la même tout au long de votre carrière. En période de revenu plus modeste, en début de carrière ou vers la retraite, les déductions fiscales perdent en valeur relative, alors que la souplesse devient souvent prioritaire.
Dans ce contexte, le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) peut jouer un rôle clé en misant sur la flexibilité des retraits et la croissance libre d’impôt, lorsque la valeur des déductions fiscales est réduite. Pour les Canadiens et Canadiennes admissibles qui épargnent en vue de l’achat d’une première habitation, le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) combine des cotisations déductibles d’impôt à des retraits non imposables pour des achats admissibles.
À mesure que le revenu culmine, les priorités ont tendance à se redéfinir. L’efficacité fiscale gagne en importance, et les stratégies de réduction du revenu imposable procurent généralement des avantages plus marqués. Bien que des comptes comme le CELI continuent de jouer un rôle important, les déductions fiscales découlant des cotisations au REER tendent à être plus avantageuses lors des années de revenus élevés.
Ces années vous permettent également de poursuivre plusieurs objectifs financiers simultanément. Cela peut consister à privilégier un REER pour les avantages fiscaux et l’accumulation à long terme en vue de la retraite, à tirer parti de la souplesse du CELI et à utiliser un REEE pour soutenir les études d’un enfant grâce aux subventions gouvernementales.
Conclusion
Les années de revenus élevés sont une occasion d’optimiser vos finances de manière stratégique. Pour bon nombre de Canadiens et Canadiennes, il s’agit d’une période où des choix de placement fiscalement sensés peuvent exercer une influence significative à long terme, convertissant des années de revenus solides en moteurs de croissance à long terme. Ces décisions gagnent à être prises dans le contexte plus large de votre planification financière, avec le soutien de votre conseiller ou conseillère en placements.
Foire aux questions (FAQ)
À quel âge les revenus des Canadiens et Canadiennes sont‑ils les plus élevés ?
Chez la majorité des Canadiens et Canadiennes, les revenus culminent généralement entre 45 et 54 ans. Il s’agit d’une tendance uniforme d’une province à l’autre et selon les divers indicateurs de revenu.
Quel est le salaire ou le revenu médian au Canada en fonction de l’âge ?
En 2023, les salaires, les traitements et les commissions médians au Canada étaient les suivants* :
- 16 200 $ pour les personnes âgées de 15 à 24 ans
- 48 600 $ pour les personnes âgées de 25 à 34 ans
- 63 770 $ pour les personnes âgées de 35 à 44 ans
- 67 800 $ pour les personnes âgées de 45 à 54 ans
- 54 020 $ pour les personnes âgées de 55 à 64 ans
- 20 960 $ pour les personnes âgées de 65 à 74 ans
- 630 $ pour les personnes de 75 ans et plus
* Les données ne tiennent compte que du revenu d’emploi et n’incluent pas les autres sources de revenus.
Le groupe d’âge de 45 à 54 ans est‑il celui où les revenus sont les plus élevés, tant chez les hommes que chez les femmes?
Oui, les revenus des hommes et des femmes tendent à culminer vers le même âge. Toutefois, les femmes atteignent généralement un pic de revenu plus faible, en raison d’interruptions de carrière liées aux enfants et à une progression des revenus plus lente au fil du temps.
Devrais-je donner la priorité à un REER ou à un CELI dans la quarantaine et la cinquantaine?
Bien que cela dépende de votre situation et de vos objectifs, les années de revenus les plus élevés correspondent habituellement à un taux d’imposition accru, rendant les cotisations au REER particulièrement efficaces pour alléger la facture fiscale. Cela dit, le CELI continue d’offrir une valeur importante en matière d’épargne et de retraits non imposables.
Combien dois-je cotiser à mon REER pour réduire l’impôt?
Une stratégie courante consiste à verser suffisamment de cotisations pour réduire votre revenu imposable. Les Canadiens et Canadiennes disposant de droits de cotisation inutilisés provenant d’années antérieures peuvent être en mesure de verser des cotisations plus importantes pendant leurs années de revenus de pointe afin de maximiser les économies d’impôt.