- Continuez de cotiser à votre REER dans les cas suivants : votre employeur verse des cotisations de contrepartie; vous vous situez dans une tranche d’imposition élevée; votre épargne-retraite est limitée; vous prévoyez de prendre votre retraite à l’étranger.
- Envisagez de suspendre vos cotisations dans les cas suivants : votre taux d’imposition futur risque d’être plus élevé; vous pourriez devoir payer l’impôt de récupération de la Sécurité de la vieillesse (SV); vous comptez sur le Supplément de revenu garanti (SRG); vous avez des dettes à taux d’intérêt élevé.
- La plupart des gens se situent dans une tranche d’imposition inférieure à la retraite, si bien qu’il est souvent judicieux de cotiser à un REER pour faire fructifier l’épargne à long terme.
Pourquoi faut‑il porter une attention particulière aux REER en fin de carrière?
À l’approche de la retraite, la décision de cotiser ou non à votre régime enregistré d’épargne‑retraite (REER) devient particulièrement importante. Pour la majeure partie de votre vie professionnelle, le REER s’avère un excellent outil pour bâtir votre patrimoine, mais il peut, dans certains cas, fragiliser votre sécurité financière.
Quand continuer de cotiser à un REER?
Si vous recevez des cotisations de contrepartie de votre employeur dans le cadre d’un REER collectif, il s’agit d’un important coup de pouce à votre épargne. De nombreux régimes collectifs offrent des cotisations de contrepartie correspondant à 25 %, 50 %, voire 100 %, des cotisations versées par l’employé jusqu’à concurrence d’un certain montant ou pourcentage de revenu. Pour profiter de cet « argent gratuit », vous devez continuer de cotiser. Les régimes de retraite à cotisations déterminées (CD) s’inscrivent dans cette catégorie, et les cotisations de l’employeur font en sorte qu’il est intéressant d’en tirer pleinement profit.
Si vous n’avez pas beaucoup d’épargne-retraite ou de revenu de retraite, cotiser à un REER est généralement avantageux, puisque vous vous trouverez probablement dans une tranche d’imposition inférieure à la retraite. Le fait de passer à un palier d’imposition inférieur à celui dans lequel vous vous trouvez aujourd’hui rend les cotisations à un REER encore plus intéressantes.
Une personne dont le taux marginal d’imposition est élevé aujourd’hui (en particulier près ou dans le palier d’imposition supérieure de sa province) a généralement avantage à cotiser à un REER.
De même, quiconque prévoit de prendre sa retraite à l’étranger a intérêt à cotiser à un REER en fin de carrière. Le taux de retenue d’impôt sur les retraits d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou d’un REER pour les non-résidents varie généralement de 15 % à 25 %. La plupart des pays ont des taux d’imposition inférieurs à ceux du Canada et reconnaissent les retenues d’impôt au Canada comme un crédit pour impôt étranger. Certains pays n’imposent pas du tout le revenu étranger, de sorte que la retenue d’impôt sur les retraits d’un REER ou d’un FERR pourrait être la seule incidence fiscale des retraits.
Quand ne pas cotiser à un REER?
Même si la plupart des gens se retrouvent dans une tranche d’imposition inférieure une fois à la retraite, ce n’est pas toujours le cas. Prenons l’exemple d’une personne dont le revenu actuel est modeste, mais dont le conjoint dispose d’une pension ou d’un REER substantiel. Le fractionnement du revenu de pension permet d’attribuer à un conjoint jusqu’à 50 % de la plupart des revenus de retraite, y compris les retraits d’un FERR après 65 ans.
Ainsi, une personne retraitée fortement imposée peut attribuer une partie de son revenu à son conjoint à faible revenu. Toutefois, le contribuable à faible revenu aujourd’hui pourrait se trouver dans une tranche d’imposition beaucoup plus élevée à la retraite. Il serait logique pour ce couple de réorienter l’épargne-retraite vers un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) s’il dispose de droits de cotisation inutilisés, ou simplement d’épargner dans un compte non enregistré.
Une personne en transition vers la retraite et travaillant à temps partiel constitue un autre bon exemple de situation où le taux d’imposition peut augmenter, rendant les cotisations supplémentaires au REER peu recommandées.
Une personne qui prévoit un revenu de retraite entre 100 000 $ et 150 000 $ devrait aussi tenir compte de l’incidence de l’impôt de récupération de la Sécurité de la vieillesse (SV). La récupération de la SV a essentiellement l’effet d’une hausse du taux d’imposition de 15 % sur les retraits d’un REER ou d’un FERR pour les bénéficiaires de la SV.
Les retraits d’un REER ou d’un FERR pourraient avoir une incidence sur les prestations gouvernementales, comme le Supplément de revenu garanti (SRG) qui est fondé sur le revenu et est versé aux bénéficiaires de la SV à faible revenu. Bref, dans le cas d’une personne qui hésite entre cotiser à un REER ou à un CELI et qui touche peu ou pas de revenu autre que la prestation du Régime des pensions du Canada/Régime des rentes du Québec et la SV, le CELI pourrait être un meilleur choix que le REER.
Si une personne a des dettes à taux d’intérêt élevé, en particulier des dettes de carte de crédit, il peut être préférable de les rembourser au lieu de cotiser à un REER.
Est-ce que la majorité des gens devraient cotiser à un REER ?
La plupart des gens en âge de travailler seront dans une tranche d’imposition inférieure à la retraite par rapport à leurs années de travail. Par conséquent, il est souvent judicieux de cotiser à un REER pour faire fructifier son épargne à long terme.
Si une personne maxise ses cotisations à son CELI et doit choisir entre cotiser à un REER ou à un compte d’épargne non enregistré, les cotisations au REER pourraient être encore avantageuses même si son taux d’imposition à la retraite est le même ou légèrement supérieur.
Il y a un avantage non financier à répartir l’épargne dans des comptes moins accessibles comme un REER. Comme il est plus facile de puiser dans un CELI ou un compte d’épargne non enregistré pour des dépenses discrétionnaires, l’effet psychologique de cotiser à un REER est une considération intéressante au-delà des facteurs financiers.
Si vous avez droit à des cotisations de contrepartie de votre employeur, vous devriez presque toujours cotiser, peu importe votre taux d’imposition actuel ou futur.
Des spécialistes en planification financière peuvent vous aider à estimer votre revenu, vos impôts et vos placements futurs. Leurs conseils vous aideront à déterminer si les cotisations à un REER contribueront à vos dépenses de retraite ou à la valeur de votre succession selon votre situation personnelle, plutôt qu’en fonction d’une règle générale.
Cet article a été rédigé en anglais par Jason Heath, CFP de Money Sense et sa publication a été autorisée par DiveMarketplace d’Industry Dive. Pour toute question sur les droits de reproduction, veuillez écrire à legal@industrydive.com.