Principales tendances qui façonnent la planification de la retraite au Canada : réflexions de Michelle Munro et Jacqueline Power – 3 juin 2026

Principales tendances qui façonnent la planification de la retraite au Canada : réflexions de Michelle Munro et Jacqueline Power – 3 juin 2026

La confiance à l’égard de la retraite ne découle pas seulement des conditions du marché. Elle est étroitement liée à la préparation et à la planification. En s’appuyant sur le Rapport 2026 de Fidelity sur la retraite, Michelle Munro et Jacqueline Power, directrices en chef, Recherche sur la retraite et la fiscalité, commentent la façon dont les Canadiens et les Canadiennes envisagent leur retraite aujourd’hui.

 

Voici ce qui est ressorti de leurs propos. 

Un plan écrit conforte la confiance

On constate régulièrement un lien entre la planification et la confiance. Les Canadiens et les Canadiennes qui ont un plan de retraite écrit sont plus susceptibles d’être optimistes à l’égard de la retraite que ceux et celles qui n’en ont pas. Les données montrent que 86 % des personnes préretraitées qui ont un plan écrit sont optimistes, comparativement à 54 % pour celles n’en ont pas. Les avantages vont au-delà des finances. Un plan écrit est également associé au fait de se sentir prêt ou prête sur les plans financier, émotionnel, social et physique. En ce sens, la planification peut aider à structurer et à clarifier ce qui peut autrement sembler incertain. La plupart de ces plans sont élaborés avec le soutien d’une conseillère ou d’un conseiller professionnel, ce qui souligne le rôle que les conseils peuvent jouer structurer les objectifs à long terme.

 

L’incertitude continue d’influer sur la confiance des préretraités

L’inflation et la situation géopolitique demeurent au cœur des préoccupations, en particulier pour les personnes qui ne sont pas encore à la retraite. Ces facteurs continuent de déterminer le degré de confiance des gens face à leur avenir financier. Des différences se manifestent également d’un groupe à l’autre. Les femmes se disent plus préoccupées par l’inflation, peut-être parce qu’elles sont souvent plus impliquées dans les décisions des dépenses quotidiennes des ménages. Bien que les différences régionales soient globalement plus limitées, le Québec se démarque dans un domaine. Les particuliers de cette province se disent plus préoccupés par les coûts de logement, en particulier les loyers, peut-être parce que le taux d’accession à la propriété est plus bas qu’ailleurs.

 

Les conseils restent une composante importante du processus de planification

Les conseillers et les conseillères continuent de jouer un rôle important dans la planification de la retraite. Parmi les Canadiens et les Canadiennes qui ont un plan écrit, la plupart ont eu recours à ce genre de service professionnel pour le créer. Ce soutien va souvent au-delà de l’élaboration du plan lui-même. Des conseils continus peuvent aider les gens à garder le cap en période d’incertitude, à comprendre les programmes gouvernementaux, comme le Régime de pensions du Canada (RPC), le Régime des rentes du Québec (RRQ) et la Sécurité de la vieillesse (SV), et à rajuster leur plan à mesure que leur situation évolue. La recherche montre également que les conseillers et les conseillères sont une source d’information très fiable, renforçant leur rôle quand ils aident les gens à prendre des décisions financières complexes.

 

La retraite devient plus souple

La vision traditionnelle de la retraite comme une étape fixe évolue. De plus en plus de personnes choisissent de retarder leur départ à la retraite ou de réduire progressivement leurs heures de travail, au lieu de cesser complètement de travailler. Plusieurs facteurs semblent contribuer à ce changement. L’espérance de vie plus longue peut prolonger la période de retraite, tandis que le travail hybride et à distance permet à certaines personnes de continuer à travailler plus tard dans leur vie. Les gens travaillent à la retraite pour toutes sortes de raisons. Certains cherchent à rester actifs et productifs, tandis que d’autres tiennent compte des avantages financiers. En pratique, c’est souvent un peu des deux. Continuer de travailler après l’âge de la retraite est plus courant chez les personnes ayant un revenu élevé, un niveau d’études supérieur et des actifs plus importants. Dans de nombreux cas, cela donne à penser que continuer de travailler est un choix plutôt qu’une nécessité.

 

Des lacunes subsistent dans la planification des retraits

L’importance de la planification est indéniable, mais les recherches signalent des lacunes en ce qui concerne la gestion du revenu de retraite. Seulement 18 % des personnes retraitées déclarent avoir une stratégie écrite pour puiser dans leurs actifs. Bon nombre d’entre elles adoptent une approche moins structurée, par exemple, en retirant des fonds quand elles en ont besoin ou sans suivre un plan détaillé. Une proportion importante de personnes à la retraite effectuent des retraits ponctuels ou déclarent ne pas avoir de stratégie particulière. Un petit groupe utilise des méthodes plus structurées, y compris des taux de retrait fixes, mais cette approche est plus rare. Les taux sont d’environ 5 %, ce qui ne cadre pas nécessairement la situation personnelle de chacun, comme l’horizon de placement, la tolérance au risque ou les besoins de revenu. Compte tenu de l’éventail de facteurs à prendre en considération, il est bon de revoir sa stratégie de retrait et de la rajuster de temps à autre.

 

Les prestations gouvernementales conservent leur importance

Les programmes gouvernementaux, comme le RPC, le RRQ et la SV continuent de compléter le revenu de retraite. La confiance à l’égard de ces programmes varie. Les personnes à la retraite qui reçoivent déjà des prestations ont tendance à être plus confiantes, tandis que ceux qui approchent de la retraite le sont moins, en particulier en ce qui concerne la SV. Ces différences s’expliquent par la structure des programmes. Par exemple, le RPC et le RRQ sont capitalisés, tandis que la SV est financée par les recettes publiques actuelles. Pour beaucoup de gens, les prestations gouvernementales ne sont qu’une partie d’une stratégie de revenu plus large. La composition globale dépend de l’épargne personnelle, des besoins de revenu et des objectifs financiers.

 

L’IA est utilisée comme point de départ

L’IA commence à jouer un rôle dans la façon dont les Canadiens et les Canadiennes abordent la planification financière, bien que son utilisation soit encore relativement limitée. Ceux et celles qui utilisent les outils d’IA le font surtout pour leur apprentissage général. Parmi les utilisations courantes, mentionnons établir un budget, comprendre l’actualité financière et estimer le montant à épargner pour la retraite. En même temps, la plupart des gens ne se fient pas à l’IA pour prendre des décisions. Elle est souvent utilisée comme point de départ pour mieux comprendre avant de mener des conversations approfondies, notamment avec un conseiller ou une conseillère.

 

Conclusion : une vision plus globale de la préparation à la retraite

Ensemble, les constatations montrent que la vision de la planification de la retraite s’est élargie. Les résultats dépendent non seulement des ressources financières, mais aussi de la préparation, de la souplesse et de l’accès aux conseils. Un plan écrit est étroitement associé à une confiance accrue et à une meilleure préparation. Cela dit, il pourrait être utile de se pencher sur les lacunes dans des domaines comme les stratégies de retrait. Alors que la retraite continue d’évoluer, avec des horizons temporels plus longs et des habitudes de travail plus souples, une approche structurée de planification peut aider les personnes à composer avec les changements attendus et imprévus.