Mesures de relance et signaux du marché : analyse d’Andrew Marchese – 7 janvier 2026
Le 7 janvier, Andrew Marchese, chef des placements et gestionnaire de portefeuille, chez Fidelity, a expliqué pourquoi les cycles de marché traditionnels semblent différents dans un monde façonné par des mesures de relance prolongées. Il a abordé la manière dont les bénéfices, les valorisations, les placements dans l’intelligence artificielle (IA) et les ressources du Canada pourraient avoir une incidence sur les occasions et les risques cette année.
Voici quelques-uns des sujets abordés.
Les mesures de relance redéfinissent les cycles de marché
M. Marchese explique que les capitaux importants injectés depuis la crise financière mondiale et la pandémie de COVID-19 n’ont jamais été entièrement retirés. Par conséquent, les économies évoluent maintenant selon des oscillations plus modestes que les schémas d’expansion-récession classiques. Les indicateurs provenant des gestionnaires d’achats du secteur manufacturier ont tendance à se maintenir autour de 50 % à l’échelle mondiale et les marchés surveillent le taux de variation plus que l’ampleur. M. Marchese note que le Canada semble faire face à un enjeu d’abordabilité plutôt qu’à un problème d’inflation pure, ce qui change la façon dont les taux plus élevés sont absorbés.
Les dépenses en IA masquent peut-être des faiblesses
Les fortes dépenses en immobilisations liées à l’IA pourraient influencer les données et la façon dont l’économie en général est perçue. Pour certains, ces dépenses gonflent certains indicateurs, tandis que d’autres croient que les conditions sont un peu médiocres, mais stables. Il n’y a pas vraiment de consensus à ce sujet, c’est pourquoi il peut être difficile d’interpréter les signaux macroéconomiques. Les mesures de relance mises en place depuis la fin de 2024 ajoutent une couche supplémentaire de complexité pour déterminer à quelle phase du cycle nous en sommes.
Valorisations et prévisions de bénéfices
L’écart de valorisation entre les actions américaines et celles du reste du monde s’est rétréci, car les attentes en matière de bénéfices ont changé. Les estimations consensuelles indiquent une croissance des bénéfices d’environ 13 % pour le S&P 500 cette année et l’année prochaine, contre environ 8 % à 9 % pour les marchés de l’EAEO. Étant donné que les valorisations sont déjà supérieures à leurs moyennes à long terme, il y a moins de marge de manœuvre pour une expansion supplémentaire des coefficients de valorisation, ce qui signifie que les rendements futurs dépendront probablement davantage de la croissance réelle des bénéfices. L’an dernier, les ratios ont augmenté, mais compte tenu du point de départ actuel, il est plus difficile d’envisager une hausse marquée des valorisations.
Thèmes gagnants et groupes en début de cycle
L’an dernier, le marché a été porté par des thèmes liés à l’IA, aux centres de données, à la hausse de la demande d’énergie, au nucléaire, au cuivre et aux dépenses de défense. Après le « jour de la libération », les titres miniers ont été solides et les titres non rentables de l’indice Russell 2000 ont connu une vigueur spéculative. Les groupes en début de cycle, comme les banques, l’habitation, l’automobile et les transports, profitent généralement des cycles de baisse des taux, mais M. Marchese note que l’incertitude demeure. Par exemple, l’industrie ferroviaire a subi huit révisions consécutives à la baisse des bénéfices et celle de l’automobile est confrontée à des enjeux liés aux droits de douane. Il considère ces groupes intéressants dans un contexte budgétaire et monétaire favorable, sans les qualifier nécessairement de bons achats.
Biens durables et trajectoire de la politique du Canada
L’avantage du Canada réside dans les minerais stratégiques et les ressources énergétiques nécessaires pour soutenir les infrastructures d’IA et l’activité industrielle en général. M. Marchese décrit ce thème comme une actualité qui passe sous le radar, autrement dit, un sujet encore sous-estimé par rapport aux avancées de l’IA qui monopolisent les gros titres. À mesure que de plus en plus de pays tentent de garantir leur accès à des ressources clés, ce thème prend lentement de l’importance. Il fait aussi remarquer que le Canada compte désormais moins de sociétés minières inscrites en bourse, conséquence de plusieurs années de consolidation. Il note également que la compétitivité à long terme du pays dépendra des décisions politiques et des partenariats commerciaux qu’il établira, alors que les relations mondiales continuent d’évoluer.
Risques à surveiller en 2026
M. Marchese considère l’IA comme un risque central du marché, car les bénéfices des centres de données à très grande échelle liés à l’IA alimentent l’ensemble du cycle des dépenses en immobilisations. Si les bénéfices faiblissent, les dépenses pourraient ralentir et la confiance pourrait diminuer, ce qui toucherait de nombreuses entreprises liées à l’expansion. Il observe que les écarts de crédit sont serrés et que l’inflation s’est améliorée, mais que l’expansion soutenue des liquidités augmente le risque d’un retour de l’inflation, comme en 2022. Aux États-Unis, il s’attend à ce que les taux diminuent si le marché de l’emploi ralentit sans signaler une faiblesse plus profonde. Il souligne également que le logement est devenu une priorité politique et qu’il pourrait être nécessaire de gérer les taux d’intérêt à long terme. Pour expliquer les risques liés aux mesures de relance continues, il utilise une analogie pharmaceutique : ajouter plus de liquidités pour résoudre les problèmes revient à donner à un patient de nouveaux médicaments pour traiter les effets secondaires d’un autre. Au fil du temps, cette approche peut créer des complications encore plus importantes, y compris une nouvelle poussée de l’inflation.
Complexité des échanges commerciaux et rôle du prix
Les négociations commerciales mondiales et les décisions politiques, y compris la nécessité de revoir les accords commerciaux régionaux, sont difficiles à prévoir. M. Marchese suggère de bien comprendre les risques et les hausses potentielles, puis de laisser le prix guider les décisions. Il note que l’achat de titres cycliques suscite un malaise, car ces transactions sont souvent effectuées lorsque les nouvelles sont alarmistes. Il affirme qu’il ne faut pas effectuer d’achats lorsque les choses semblent trop belles pour être vraies.
Conclusion : principaux thèmes à surveiller
Les signaux du marché peuvent sembler plus difficiles à interpréter aujourd’hui, mais les thèmes soulignés par M. Marchese offrent un contexte utile pour comprendre où les conditions pourraient évoluer. Reconnaître la façon dont les mesures de relance continuent de façonner le cycle, les bénéfices influencent la dynamique des valorisations et les forces structurelles comme l’IA et les biens durables progressent procure une vision plus nette pour évaluer la conjoncture.