- La volatilité des marchés ne reflète pas un changement d’urgence, de mentalité ou de prise de décisions. Ces derniers jours, le marché a adopté un ton ordonné, sans panique.
- Historiquement, les réactions négatives des marchés fondées sur la situation géopolitique ont eu tendance à être de courte durée. Une analyse récente de Fidelity a conclu qu’un ensemble large et agrégé de chocs géopolitiques de Pearl Harbor jusqu’à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a donné lieu à un rendement moyen des actions d’environ 8 % au cours des 12 mois suivants (à peu près équivalent à la moyenne annuelle à long terme des actions).1
- Mercredi, les États-Unis ont déclaré que la marine pourrait escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, au besoin. De plus, l’administration a indiqué qu’elle assurerait les pétroliers par l’intermédiaire de l’International Development Finance Corporation. Cette nouvelle a fait chuter le prix du pétrole brut américain (près de 74 $), contre environ 78 $ le 3 mars.
Sept choses à savoir sur l’évolution du conflit avec l’Iran
Article de fond rédigé par nos partenaires américains
L’incertitude des investisseurs s’est accrue dans les jours qui ont suivi la campagne militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a commencé le 28 février.
La durée prévue du conflit demeure un facteur clé. Le comportement des marchés donne à penser que les investisseurs anticipent une période d’incertitude potentiellement plus longue.
Lors d’une récente discussion, Jacob Weinstein, vice-président principal de l’équipe de recherche sur la répartition de l’actif (ERRA) de Fidelity, a souligné sept points à garder à l’esprit à mesure que la situation évolue en Iran – ainsi que les répercussions potentielles sur l’univers des placements.
1. Nous vivons dans un monde de risques géopolitiques accrus.
On ignore comment le conflit pourrait finir par impliquer d’autres grandes puissances militaires et économiques sur le plan régional et mondial, surtout si, comme on le pense généralement, l’Iran cherche à prolonger la durée des combats. Pour l’instant, la Chine, partenaire économique et sécuritaire proche de l’Iran, et d’autres grands acteurs mondiaux semblent adopter une approche attentiste. Selon M. Weinstein, il est probable que des événements géopolitiques imprévus se produisent dans le contexte actuel.
2. La hausse des prix de l’énergie pourrait avoir des répercussions.
La fluctuation des prix de l’énergie pourrait avoir une incidence sur la confiance et les dépenses des consommateurs, surtout si le conflit s’éternise. Cependant, le pétrole a moins d’influence sur les dépenses de consommation que par le passé. Au début de 2026, les dépenses énergétiques représentaient environ 3 % du panier de biens de consommation d’un consommateur américain type, contre plus de 10 % au début des années 1970.
Jusqu’à présent, les prix de l’énergie n’ont pas suffisamment augmenté pour plonger l’économie en récession, estime M. Weinstein. Les entreprises pourraient devoir payer plus cher leurs intrants énergétiques, ce qui pourrait se répercuter sur les consommateurs. C’est un élément à surveiller, mais M. Weinstein affirme qu’il ne s’agit pas encore d’une menace économique importante.
3. Ce n’est pas le Venezuela.
Contrairement au Venezuela, l’Iran est une puissance régionale, une économie plus importante, un grand producteur d’énergie et un pays doté d’une force militaire importante. Il a également de son côté des forces de procuration, notamment le Hezbollah et les Houthis. Par conséquent, M. Weinstein entrevoit un large éventail de résultats et de risques possibles, possiblement sur une plus longue période.
4. Surveillez l’inflation, et la croissance.
Un conflit prolongé pourrait maintenir les prix de l’énergie à des niveaux plus élevés pendant plus longtemps, ce qui accentuerait la pression à la hausse sur l’inflation. Si les taux continuent à augmenter en conséquence, M. Weinstein dit qu’il surveillera la réaction de la Réserve fédérale américaine. Une évolution potentiellement à contre-courant à surveiller : si la Fed et les autres banques centrales s’inquiétaient davantage de l’incidence du conflit sur la croissance économique par rapport à l’inflation, cela pourrait accroître le potentiel d’assouplissement monétaire.
5. Le cycle économique demeure inchangé, pour l’instant.
Rien n’a changé en ce qui concerne le cycle économique aux États-Unis, qui demeure dans sa phase intermédiaire, selon l’ERRA. Au début de mars, M. Weinstein estime que le risque de récession est faible et qu’il faudrait un choc plus important sur les marchés pétroliers pour modifier l’état expansionniste actuel du cycle économique. Or ce n’est pas ce que prévoit l’équipe de recherche sur la répartition de l’actif dans son scénario de base.
6. Mettez l’accent sur les données fondamentales.
Les risques géopolitiques ont augmenté. M. Weinstein souligne toutefois que cela s’est produit dans un contexte de tendance générale forte des bénéfices des entreprises, qui s’est étendue au-delà des sociétés à grande capitalisation en croissance pour inclure les actions de valeur, les petites capitalisations et d’autres catégories d’actifs, ce que l’on appelle un élargissement des échanges.
7. Pensez à la diversification.
M. Weinstein note que pour les investisseurs à long terme, des prix plus bas équivalent à des points d’entrée plus attrayants. Cela pourrait ouvrir des occasions d’achat à la baisse et de diversification par rapport aux actions américaines. L’ERRA encourage également la clientèle à envisager une couverture dans une nouvelle ère de risque géopolitique. Une diversification dans les marchandises et les métaux précieux fait partie des options à considérer.
Notes de bas de page
1 Le rendement passé n’est pas une garantie des résultats futurs. L’analyse, réalisée par Fidelity Investments le 2 mars 2026, a calculé le rendement prévisionnel sur 12 mois de l’indice S&P 500 après le début de 11 événements géopolitiques historiques : attaque de Pearl Harbor (décembre 1941), conflit coréen (juin 1950), crise des missiles de Cuba (octobre 1962), Vietnam (août 1964), guerre de six jours (juin 1967), embargo pétrolier (octobre 1973), invasion du Koweït par l’Irak (août 1990), guerre du Golfe (janvier 1991), attaque du 11 septembre (septembre 2001), guerre en Irak (mars 2003), invasion de l’Ukraine par la Russie (février 2022). Le rendement moyen 12 mois après ces événements était de 8 % (selon les données mensuelles).