Perspectives des FNB : analyses d’Étienne Joncas-Bouchard (18 février 2026)

Perspectives des FNB : analyses d’Étienne Joncas-Bouchard (18 février 2026)

Janvier a été le meilleur mois de l’histoire du secteur canadien des FNB, la demande du public investisseur est restée généralisée et l’exposition aux titres internationaux a volé la vedette, alors que les marchés continuaient de s’élargir. Étienne Joncas-Bouchard, directeur en chef, FNB et stratégies non traditionnelles chez Fidelity, a expliqué les raisons de la forte augmentation des rentrées de capitaux, les éléments qui ont contribué à améliorer la dispersion du marché et la rotation des facteurs dominants qui s’opère.

Élan et croissance du marché canadien des FNB

Les FNB ont enregistré environ 22 milliards de dollars en nouveaux actifs nets en janvier au Canada, ce qui marque un nouveau record mensuel et prolonge la forte croissance observée au cours des dernières années. Les FNB d’actions ont mené le bal, avec environ 14 milliards de dollars, tandis que les FNB de titres à revenu fixe ont inscrit des rentrées plus modestes d’à peu près 4 milliards de dollars, dont une partie est attribuable à quelques transactions institutionnelles importantes, dont un apport en capitaux important dans un FNB de titres protégés contre l’inflation (TIPS). L’un des faits marquants a été la demande en actions internationales, qui s’est élevée à environ 7 milliards de dollars, soit à peu près l’équivalent du total combiné des catégories d’actions canadiennes et américaines. Une étape importante a également été franchie : les actifs détenus dans des FNB d’actions internationales sont désormais plus importants que ceux détenus dans des FNB d’actions canadiennes, ce qui montre à quel point la diversification mondiale est désormais intégrée aux FNB.

 

Tendances du secteur canadien des FNB par catégorie d’actifs (flux nets en M$)

Tableau illustrant les flux nets du secteur canadien des FNB pour décembre 2025. Le marché des FNB au Canada continue d’évoluer, le public investisseur manifestant un regain d’intérêt pour les actions, la diversification mondiale et les stratégies actives. Selon M. Joncas-Bouchard, l’industrie est en voie de connaître une année record, avec près de 108 milliards de dollars en nouveaux actifs nets.
Source : Bloomberg, au 31 janvier 2026.

La dispersion du marché s’améliore à mesure que le leadership s’élargit

Après plusieurs années pendant lesquelles le nombre de meneurs sur le marché était restreint, M. Joncas-Bouchard a fait remarquer que la dispersion du marché s’est considérablement améliorée. La part des actions qui ont surpassé l’indice de référence général s’est rapprochée de 65 %, contre une moyenne historique de près de 55 %, et bien au-dessus de la barre des 30 % observée au cours de la période précédente de rendement concentré du marché depuis 2023. Il a également fait remarquer que plusieurs géants de l’infonuagique et sociétés à mégacapitalisation ont récemment enregistré des rendements plus faibles. D’ailleurs, cinq sociétés parmi les sept magnifiques ont affiché des résultats inférieurs depuis le début de 2025, Alphabet et Nvidia étant les exceptions. Cette accentuation de la tendance haussière est importante, car elle permet aux approches systématiques et factorielles d’ajouter de la valeur lorsque les rendements ne sont pas dominés par quelques poids lourds de l’indice.

 

Les FNB simplifiés et le rôle de la diversification

Les FNB Fidelity Simplifié ont été un important vecteur de capitaux, attirant près de 60 % des capitaux affectés aux FNB Fidelity depuis le début de l’année. La gamme couvre différents profils de risque dont la composition varie entre 100 % de titres à revenu fixe et 97 % d’actions avec 3 % en bitcoins. M. Joncas-Bouchard souligne que ces portefeuilles sont conçus pour être stratégiques et diversifiés à l’échelle mondiale, sans reposer sur des stratégies de répartition tactique de l’actif. Cette approche vise plutôt à ajouter de la valeur au fil du temps grâce au processus sous-jacent de sélection des facteurs et des titres. Il a également expliqué comment, au fil des années civiles, différentes composantes ont influencé les résultats à différents moments, ce qui renforce les arguments en faveur d’une grande diversification plutôt que de miser sur un seul thème pour dégager un rendement.

 

Stratégies factorielles et changements actuels

Fidelity emploie un cadre alliant les facteurs de valeur, de qualité, de momentum et de faible volatilité dans le but de saisir les avantages de la diversification et les forces à long terme de chaque facteur au cours d’un cycle économique complet. M. Joncas-Bouchard a fait remarquer que l’année a démarré en force, trois des quatre facteurs ayant affiché des rendements supérieurs aux États-Unis et à l’international. Il a également évoqué des résultats rétrospectifs démontrant qu’à long terme, le nombre moyen de facteurs qui affichent des rendements supérieurs au cours d’une année donnée se situe généralement autour de 2,5 sur les marchés canadiens et américains et à près de 3 sur les marchés internationaux. Il souligne qu’un important rééquilibrage factoriel est prévu pour le 20 février 2026, ce qui peut changer les expositions à mesure que les facteurs fondamentaux et les valorisations évoluent.

 

Valeur, momentum et occasions internationales

M. Joncas-Bouchard a réaffirmé que la valeur peut servir de facteur de diversification utile et il a laissé entendre que les perspectives s’annoncent meilleures qu’il y a deux ans, car l’activité économique semble avoir atteint un creux et les sous-valorisations demeurent importantes. Il a également fait remarquer que le cours des titres dans certains secteurs et sous-secteurs, notamment les logiciels et la consommation discrétionnaire, a diminué, ce qui pourrait les rendre plus intéressants à suivre lors du prochain rééquilibrage, même si la question quant à la place de l’intelligence artificielle dans les modèles d’affaires continue d’évoluer.

Sur le plan des actions internationales, M. Joncas-Bouchard a mis en avant deux dynamiques encourageantes : la demande continue pour une exposition mondiale et l’écart de valorisation persistant, les titres des marchés développés internationaux se négociant toujours à un prix inférieur aux titres américains, malgré leur surperformance l’année dernière. Il a également souligné les occasions évoquées par les gestionnaires de Fidelity, notamment au Japon, tout en notant que certains secteurs, comme celui des produits financiers, pourraient être plus tendus.

 

En conclusion

Les rentrées sans précédent des FNB en janvier, l’amélioration de la dispersion du marché et l’évolution du leadership factoriel viennent appuyer ce message constant : la diversification et une approche multifactorielle rigoureuse sont utiles pour conserver ses placements, peu importe le facteur dominant. Dans un marché où les thèmes peuvent changer rapidement, la combinaison de facteurs et le maintien d’expositions larges peuvent offrir un cadre plus stable pour affronter l’avenir.