Changements mondiaux, pressions inflationnistes et stratégie de portefeuille du point de vue de David Wolf – 21 mai 2026

Changements mondiaux, pressions inflationnistes et stratégie de portefeuille du point de vue de David Wolf – 21 mai 2026

Nous vivons dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la transformation des chaînes d’approvisionnement et des pressions inflationnistes changeantes. Le gestionnaire de portefeuille David Wolf explique comment ces changements reflètent les forces structurelles plus profondes qui influencent le fonctionnement des économies et la construction de portefeuille.

 

Voici quelques-uns des sujets abordés.  

Un monde plus fragmenté et un risque d’inflation

L’économie mondiale est de plus en plus fragmentée, alors que les modèles commerciaux et les chaînes d’approvisionnement se redéfinissent après des décennies de mondialisation. Cette tendance a débuté avant la pandémie et s’est poursuivie alors que les pays réévaluaient leur résilience et leur sécurité. Des chaînes d’approvisionnement plus courtes et plus localisées peuvent améliorer la fiabilité, mais elles peuvent également augmenter les coûts. En même temps, les tensions géopolitiques, notamment le conflit iranien, exercent des pressions supplémentaires sur les marchés de l’énergie et l’offre mondiale. Ensemble, ces forces laissent entrevoir un contexte où l’inflation pourrait être plus sujette à des secousses périodiques.

La hausse de la dette publique vient complexifier davantage la situation. À mesure que les niveaux d’endettement grimpent, les décideurs pourraient être plus enclins à laisser l’inflation réduire le fardeau de la dette réelle au fil du temps. Ces dynamiques structurelles et politiques laissent présager un contexte où l’inflation pourrait se comporter différemment que par le passé.

 

La sécurité énergétique met le Canada au premier plan

Dans ces conditions, un accès fiable à l’énergie devient de plus en plus important. Bien que l’orientation des prix du pétrole demeure incertaine à court terme, il est peu probable que les craintes entourant la sécurité énergétique diminuent. Le Canada dispose d’importantes ressources énergétiques et est considéré comme un fournisseur fiable. Toutefois, la capacité actuelle limite la vitesse à laquelle la production peut s’accroître. Par conséquent, l’accent est mis davantage sur la mobilisation des investissements dans le secteur de l’énergie par le biais d’initiatives publiques et privées visant à renforcer la croissance à long terme.

Cette transition se produit alors même que s’opèrent des changements dans l’ensemble de l’économie. Par le passé, la croissance a été soutenue par le marché de l’habitation et l’endettement des ménages, mais cette dynamique semble s’affaiblir. Étant donné que l’activité du marché de l’habitation a ralenti dans plusieurs régions, la nécessité de nouvelles sources de croissance est devenue plus évidente. L’investissement dans les infrastructures et les actifs productifs est considéré comme un moyen de soutenir une expansion économique plus durable au fil du temps.

 

Dette, déficits et capacité à long terme

La hausse des déficits publics suscite souvent des préoccupations, en particulier chez les porteurs et porteuses d’obligations. Cependant, M. Wolf souligne que l’incidence de la dette dépend de son utilisation. Les dépenses qui favorisent la croissance à long terme et augmentent la capacité de production de l’économie peuvent aider un pays à mieux gérer sa dette au fil du temps. En revanche, les dépenses axées sur le soutien à court terme pourraient ne pas avoir le même effet.

La dette publique du Canada demeure relativement modérée par rapport à celle de plusieurs autres économies développées. Cette situation procure une certaine flexibilité, surtout si l’emprunt sert à financer des investissements favorisant la croissance future.

 

Les banques centrales doivent composer avec des pressions concurrentes

Les politiques monétaires évoluent dans un contexte plus complexe. La hausse des prix de l’énergie peut contribuer à l’inflation, en particulier dans une économie riche en ressources comme le Canada. En même temps, les conditions économiques du pays demeurent inégales. Dans ce contexte, la Banque du Canada pourrait demeurer prudente à court terme, en cherchant à concilier les risques d’inflation et la faiblesse sous‑jacente de l’économie. Aux États-Unis, les perspectives politiques sont plus nuancées. M. Wolf fait remarquer que la politique américaine est de moins en moins favorable aux créanciers, ce qui a des répercussions sur les porteurs et porteuses de titres à revenu fixe. Les points de vue divergents au sein de la Réserve fédérale américaine ajoutent également de l’incertitude quant à la manière dont l’inflation sera gérée.

 

Repenser les titres à revenu fixe et la diversification

Ces éléments influencent la façon dont les portefeuilles sont structurés. L’exposition aux obligations d’État américaines a été réduite, ce qui reflète les craintes entourant l’inflation et les conséquences pour les créanciers. Le capital a été réaffecté aux marchés dont les taux d’intérêt réels sont plus intéressants et la situation financière plus soutenable, comme l’Europe, les marchés émergents et le Japon. Les obligations canadiennes ont également pris une place plus importante. Parallèlement, les approches traditionnelles de diversification sont réévaluées. Dans un contexte où l’inflation est un risque clé, les obligations pourraient ne pas offrir le même niveau de protection en périodes de tensions sur les marchés qu’auparavant.

 

Les marchandises comme outil

Les marchandises peuvent jouer un rôle dans la gestion de ce risque. Les actifs comme l’or sont utilisés depuis longtemps comme agent de diversification, et une exposition plus large aux marchandises peut aider à compenser l’impact des chocs inflationnistes. L’intégration d’un éventail plus large de marchandises dans les portefeuilles peut améliorer leur capacité à s’adapter aux conditions changeantes. Cela reflète l’idée selon laquelle les actifs liés aux facteurs d’inflation pourraient offrir une diversification supplémentaire.

 

L’IA et le contexte boursier

Du côté des actions, l’intelligence artificielle (IA) reste au cœur des tendances, bien que son incidence à long terme soit incertaine. Plutôt que de tenter de vagues prédictions, il convient plutôt de s’intéresser aux paramètres fondamentaux des sociétés. M. Wolf souligne l’importance de s’appuyer sur les analyses ascendantes des gestionnaires de portefeuille et des analystes. Les signaux actuels indiquent que la croissance des bénéfices des sociétés liées à l’IA a été plus forte que prévu. Si la tendance se maintient, cela pourrait se répercuter sur les marchés boursiers.

 

Les marchés émergents et la chaîne d’approvisionnement de l’IA

Bien qu’une grande partie de l’attention portée à l’IA se concentre sur les États-Unis, les marchés émergents jouent un rôle important dans l’écosystème. De nombreuses sociétés asiatiques sont des fournisseurs clés des composantes qui permettent le développement de l’IA. Cette dynamique a coïncidé avec d’excellents rendements dans les marchés émergents et des valorisations relativement intéressantes. La croissance des bénéfices de bon nombre de ces sociétés est demeurée vigoureuse, même si certaines personnes s’interrogent sur sa durée.

 

Conclusion : user de rigueur en contexte d’incertitude

Les périodes d’incertitude peuvent sembler plus marquées sur le moment, en particulier lorsque les risques géopolitiques et les changements technologiques évoluent en même temps. Bien qu’il reste difficile à prédire l’issue de la situation, comprendre les forces sous-jacentes peut aider à éclairer les décisions de portefeuille. Une approche rigoureuse qui met l’accent sur la diversification, la connaissance des risques et l’analyse des paramètres fondamentaux demeure essentielle pour composer avec ce contexte de placement plus complexe.