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Les risques des titres à revenu fixe

En général, on considère que les titres à revenu fixe sont des placements plus prudents que les actions, mais les obligations et les autres placements à revenu fixe comportent quand même différents risques que les investisseurs doivent connaître. 

En général, on considère que les titres à revenu fixe* sont des placements plus prudents que les actions, mais les obligations et les autres placements à revenu fixe comportent quand même différents risques que les investisseurs doivent connaître. La diversification peut être une bonne façon de réduire bon nombre des risques associés aux placements à revenu fixe. Dans l’univers des titres à revenu fixe, la diversification peut prendre différentes formes : diversification par type d’obligation, par émetteur (gouvernements fédéral, provinciaux ou sociétés), par duration (obligations à court, moyen et long terme) ou par qualité du crédit et du taux de rendement (les obligations de première qualité sont plus sûres, mais elles offrent des taux plus bas, tandis que les émetteurs dont la cote de crédit est plus faible doivent payer des taux plus élevés pour compenser le risque plus élevé). Les fonds d’obligations peuvent aussi offrir une diversification professionnelle pour un placement initial moins élevé. Par contre, les titres qui sont détenus dans des fonds d’obligations demeurent exposés à plusieurs risques, qui peuvent miner la santé d’un fonds.

Risque de taux d’intérêt

Les investisseurs ne sont pas obligés d’acheter les obligations directement auprès des émetteurs et de les détenir jusqu’à l’échéance. Ils peuvent aussi les acheter et les vendre sur ce qu’on appelle le « marché secondaire ». Les prix des obligations sur le marché secondaire peuvent être supérieurs ou inférieurs à la valeur nominale de l’obligation, selon la conjoncture économique et les conditions du marché qui, toutes deux, peuvent être fortement influencées par les variations des taux d’intérêt. Si les taux d’intérêt montent, les prix des obligations ont tendance à baisser. En effet, si les taux d’intérêt augmentent, les nouvelles émissions d’obligations porteront un taux plus élevé, rendant ainsi les anciennes obligations ou les obligations en circulation moins attrayantes.

Si les taux d’intérêt baissent, les prix des obligations ont tendance à monter et l’investisseur pourra parfois vendre son obligation à un prix supérieur à sa valeur nominale, puisque d’autres investisseurs seront disposés à payer une prime pour une obligation qui offre un paiement d’intérêt plus élevé, aussi appelé « coupon ».

Si une obligation est vendue avant l’échéance, le prix obtenu peut entraîner un gain ou une perte, selon les conditions de taux d’intérêt à ce moment-là. Plus l’échéance d’une obligation est éloignée – ou plus la duration moyenne d’un fonds d’obligations est importante – plus son prix sera influencé par une variation des taux d’intérêt. De plus, les obligations à coupon zéro ou celles dont le taux de coupon (ou d’intérêt) est plus bas sont plus sensibles aux changements des taux d’intérêt, et le prix de ce type d’obligations (ou du fonds ou du FNB qui les détient) a tendance à réagir davantage aux hausses et aux baisses des taux que les obligations assorties d’un taux de coupon plus élevé. Toutefois, si l’obligation est conservée jusqu’à l’échéance, le risque de taux d’intérêt n’est pas une préoccupation.

Risque de crédit

Les obligations comportent un risque de défaillance, ce qui signifie que l’émetteur pourrait refuser ou être incapable d’honorer les paiements de revenus et de capital. De plus, la cote des obligations pourrait être abaissée par les agences d’évaluation du crédit, ce qui peut avoir une incidence sur le prix. La plupart des obligations individuelles sont cotées par des agences comme Moody’s ou Standard & Poor’s (S&P) dans le but d’indiquer la solvabilité de l’émetteur ou d’une émission d’obligations individuelle. Les obligations du gouvernement du Canada sont garanties par le gouvernement canadien et, de ce fait, leur risque de défaillance est considéré comme extrêmement faible – bien que leur cote puisse quand même être abaissée en période de difficulté économique ou politique. Comme toutes les obligations sont évaluées par rapport aux obligations gouvernementales, la qualité du crédit des autres obligations généralement bien cotées, comme les obligations des organismes d’État, peut s’en ressentir.

Les obligations sont habituellement divisées en deux catégories : les obligations de qualité (solvabilité moyenne à élevée) et les obligations de moindre qualité (communément appelées obligations à rendement élevé). Les fonds et les FNB d’obligations ne sont pas cotés par les agences, mais les placements qui les composent peuvent l’être. Vous pouvez vérifier la qualité des placements détenus dans un fonds à la lecture de son prospectus.

Le risque de crédit se rapporte surtout aux obligations à rendement élevé ou de moindre qualité ainsi que les fonds d’obligations qui investissent principalement dans ces obligations de qualité inférieure. Certains fonds d’obligations investissent à la fois dans des obligations de qualité et dans des obligations à rendement élevé. Il est important de lire le prospectus du fonds avant d’investir pour bien comprendre les lignes directrices du fonds en ce qui concerne la qualité du crédit.

Comme les fonds et les FNB d’obligations sont composés d’un grand nombre d’obligations individuelles, la diversification peut permettre de réduire le risque de défaillance d’un émetteur ou le risque d’abaissement de sa cote de crédit, qui aurait des répercussions sur le prix des obligations. Un fonds d’obligations de qualité inclut habituellement au moins 80 % d’obligations de qualité, alors que la plus grande partie de l’actif d’un fonds d’obligations à rendement élevé est investie dans des obligations de moindre qualité.

Risque d’inflation

Le risque d’inflation est particulièrement préoccupant pour les investisseurs qui comptent sur les revenus de leurs obligations pour assurer leur subsistance, bien qu’il s’agisse d’un facteur que tous les investisseurs devraient prendre en considération. Le risque est lié à la perte de pouvoir d’achat du revenu résultant d’une hausse de l’inflation. Pour contrer ce risque, on peut investir dans des titres protégés contre l’inflation. Le capital des titres protégés contre l’inflation est rajusté en cas de hausse de l’indice des prix à la consommation, si bien que le montant remboursé à l’échéance est bonifié du montant de l’inflation (les titres protégés contre l’inflation ne sont pas rajustés si l’inflation diminue pendant la durée de l’obligation). Comme l’inflation est prise en compte dans le calcul des paiements d’intérêt, ces paiements varient même si le taux de coupon est fixe. Certains fonds d’obligations investissent exclusivement dans des titres protégés contre l’inflation, alors que d’autres les utilisent pour neutraliser le risque d’inflation auquel des titres du portefeuille pourraient être exposés.

Risque de rachat

Une obligation rachetable inclut une disposition qui permet à l’émetteur de racheter ou de rembourser son obligation de manière anticipée. Si les taux d’intérêt baissent suffisamment, l’émetteur peut épargner de l’argent en remboursant ses obligations rachetables pour en émettre de nouvelles assorties de taux d’intérêt plus bas. En pareil cas, les paiements d’intérêt cessent et les détenteurs d’obligations récupèrent leur capital plus tôt. Si les détenteurs d’obligations réinvestissent ensuite leur capital dans une obligation ayant des caractéristiques similaires (par exemple, une cote de crédit similaire), ils devront accepter un paiement d’intérêt (ou un taux de coupon) plus bas, qui reflète davantage les taux d’intérêt en vigueur. Le rendement total de l’investisseur sera moins élevé, de même que ses versements d’intérêt – un risque qui a des conséquences plus graves pour les investisseurs qui dépendent de ce revenu.

Avant d’acheter une obligation rachetable, les investisseurs doivent non seulement évaluer le rendement à l’échéance de l’obligation, mais aussi le rendement au rachat ou le rendement le plus défavorable. Le rendement le plus défavorable correspond au pire rendement qui peut être obtenu dans les deux scénarios possibles : l’obligation reste en circulation jusqu’à la date d’échéance ou elle est rachetée avant l’échéance. Voir l’article «  Prix, taux et rendement des obligations ». 

Risque de remboursement anticipé

Certaines catégories d’obligations individuelles, dont les obligations adossées à des créances hypothécaires, comportent un risque de remboursement anticipé. Comme le risque de rachat, le risque de remboursement anticipé est celui que l’émetteur d’un titre rembourse le capital avant la date d’échéance de l’obligation et change ainsi le calendrier de versements prévu de l’obligation. C’est particulièrement fréquent dans le marché des obligations adossées à des créances hypothécaires où une baisse des taux hypothécaires peut provoquer une vague de refinancements. Lorsque les propriétaires refinancent leurs prêts hypothécaires, l’investisseur dans le portefeuille sous-jacent d’obligations adossées à des créances hypothécaires récupère son capital plus tôt que prévu et doit le réinvestir aux taux plus bas en vigueur.

Risque de liquidité

Le risque de liquidité est le risque de ne pas pouvoir acheter ou vendre rapidement des placements à un prix proche de la juste valeur sous-jacente de l’actif. Lorsqu’une obligation est liquide, il existe habituellement un marché actif d’investisseurs disposés à acheter ou à vendre ce type d’obligation. Les obligations du gouvernement du Canada et les grandes émissions de sociétés bien connues sont généralement très liquides. Toutes les obligations ne sont cependant pas liquides; certaines sont très peu négociées (p. ex., les obligations provinciales) et peuvent être difficiles à vendre avant l’échéance : moins il y a de gens pour acheter une obligation, plus il y a de chances qu’elle doive être vendue à un prix plus bas, voire à perte. Le risque de liquidité peut être plus important pour les obligations qui ont une faible cote de crédit (ou dont la cote a été récemment abaissée), qui font partie d’une petite émission ou qui sont émises par une société qui en émet rarement.

Comparaison des risques des obligations individuelles et des fonds et FNB d’obligations

Diversification

Comme les fonds et les FNB d’obligations détiennent généralement un grand nombre de titres diversifiés, un seul achat d’un montant limité peut donner accès à des centaines d’émetteurs différents. Cela peut réduire le risque de perte en cas d’incident de crédit touchant n’importe lequel des émetteurs.

Liquidité

Le risque de liquidité décrit plus haut peut être beaucoup plus important pour une obligation individuelle. Dans certains cas, il n’existe pas de marché actif pour l’achat et la vente d’une obligation donnée. Par contre, l’investisseur dans un fonds d’obligations peut effectuer un achat ou une vente à la fin de la journée, alors que celui qui investit dans un FNB d’obligations peut le faire tout au long de la séance de négociation.

Remboursement du capital

Dans le cas d’une obligation individuelle, l’investisseur recevra la valeur nominale de son obligation à l’échéance, à condition que l’émetteur honore ses engagements. Les fonds et les FNB d’obligations, quant à eux, ne viennent pas à échéance et leur valeur fluctue. Bien que le prix d’une obligation individuelle puisse baisser, l’investisseur peut attendre qu’elle vienne à échéance ou qu’elle soit rachetée.

Prévisibilité du revenu

Les flux de trésorerie futurs d’une obligation individuelle provenant des coupons et des paiements de capital sont définis dans le contrat et sont donc prévisibles – sous réserve de l’insolvabilité de l’émetteur, tel qu’il a été décrit ci-dessus. Dans le cas d’un fonds ou d’un FNB d’obligations, comme les placements sous-jacents sont achetés et vendus, les revenus qu’ils produisent fluctueront au fil du temps et ne sont pas connus d’avance.

 

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