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Épargnez dans le but de vous faire plaisir

Source : La Presse Canadienne

Naturellement, il faut planifier et épargner en vue de dépenses importantes et ennuyeuses, c’est-à-dire, pour répondre à nos besoins financiers. Mais qu’en est-il des choses amusantes? Les dépenses qui ne visent pas vos besoins de base, mais celles qui vous procurent du bonheur, vous permettent de faire le plein d’énergie et vous apportent des bienfaits difficiles à quantifier, mais pour lesquels l’épargne en vaut la chandelle.

Ces dépenses méritent en fait leur propre compte selon Delia Fernandez, planificatrice financière agréée.

« Pensez à ce qui vous allume, à ce qui compte réellement pour vous et mettez des sous de côté pour réaliser ces choses », explique-t-elle.

De quels types de dépenses parlons-nous?

Selon Aja Evans, thérapeute financière et conseillère agréée en santé mentale, les dépenses qui font du bien sont propres à chaque personne. Par exemple, pour certains, les séances de vélo intenses procurent de l’énergie et stimulent la confiance. D’autres voudront à tout prix éviter de se soumettre à une telle activité.

Déterminez quels biens, services et activités vous procurent habituellement du bonheur. Certes, votre budget dictera ce que vous pouvez vous permettre exactement. Prenez un moment de réflexion. Mme Fernandez pose la question suivante : « Qu’est-ce qui vous permettra de traverser cette période? Et qu’est-ce qui donne un sens à votre vie? Qu’est-ce qui vous donne de l’énergie et vous inspire? »

Voici quelques idées : massages, fleurs coupées, vacances et soirées en amoureux.

Pourquoi établir un compte destiné aux choses qui me font du bien?

Le fait de réserver des sous pour ces types de dépenses peut vous aider à dépenser de façon plus consciente. Par exemple, supposons que vous mettez de côté 25 $ à chaque paie dans un fonds de vacances. Cet argent étant placé, vous ne pouvez pas le dépenser de façon impulsive.

Vous protégez également cette épargne de vos besoins financiers. Selon Mme Evans, si vos fonds disponibles sont tous regroupés au même endroit, vous risquez de piger dans l’argent destiné aux dépenses qui vous font du bien lorsque votre budget est serré.

En consacrant de l’argent à un type de dépense précis, qu’il s’agisse d’un prêt hypothécaire ou d’une manucure, vous créez un budget. De plus, les budgets aident à éviter les dépenses excessives.

Supposons que vous avez jusqu’à 50 $ à dépenser chaque mois pour un brunch entre amis et que vous avez déjà dépensé 35 $. Vous participerez possiblement quand même au brunch le week-end prochain, mais vous vous passerez du mimosa qui ferait grimper votre facture au-delà des 15 $ qu’il vous reste.

Idéalement, ce plan devrait aussi vous aider à ne pas vous sentir coupable lorsque vous dépensez pour vous faire plaisir. Mme Fernandez poursuit : « Vous mettez de l’argent de côté pour cette raison. »

Comment m’y prendre pour intégrer cet aspect à mon budget?

J’espère vous avoir convaincu de vous faire plaisir cette année. Commencez à planifier ces moments de bonheur.

Une façon de déterminer combien vous pouvez vous permettre de dépenser est d’appliquer la règle du 50/30/20 à votre revenu mensuel net.

L’objectif de cette approche budgétaire est de répartir votre argent comme suit : 50 % pour vos besoins, 30 % pour vos désirs et 20 % pour l’épargne et le remboursement de vos dettes. Si vous suivez cette répartition, votre nouveau fonds destiné à vous faire plaisir proviendra de la tranche des « désirs ».

Vous ne souhaitez pas pour le moment établir un budget officiel? Voici une autre approche : Commencez par votre revenu mensuel après impôt, puis déduisez toutes les dépenses nécessaires (besoins), y compris le logement, la nourriture, le transport, les services publics de base, l’assurance, les services de garde d’enfants et les autres dépenses qui vous permettent de travailler, ainsi que les versements minimums sur vos prêts.

Ensuite, déduisez les montants destinés à vos objectifs d’épargne (comme un fonds d’urgence), ainsi que les cotisations à des régimes de retraite et les remboursements de dettes.

Il vous reste l’argent destiné à vos dépenses discrétionnaires. Décidez du montant que vous voulez mettre de côté de façon régulière dans votre nouveau fonds. « Ce montant pourrait être de 10 $. Ou de 50 $. Ou même de 100 $ », indique Mme Evans. « Ce qu’il faut retenir, c’est que vous mettez l’argent de côté. »

Idéalement, ces montants devraient être versés directement de votre chèque de paie dans un nouveau fonds, explique Mme Fernandez. (Voyez avec votre employeur si vous pouvez établir un nouveau dépôt direct.) Si cette option n’est pas possible, établissez des transferts automatiques récurrents de votre compte-chèques de tous les jours vers le nouveau compte.

Où puis-je conserver cet argent?

Mme Fernandez recommande de conserver ces fonds dans un compte d’épargne en ligne, lequel vous rapportera probablement des intérêts.

Veuillez noter que vous êtes habituellement limité à six retraits ou transferts par mois à partir d’un compte d’épargne avant de devoir payer des frais. Cette règle a été temporairement assouplie pendant la pandémie, mais pour éviter de futurs frais, envisagez un compte d’épargne uniquement pour les retraits peu fréquents. Par exemple, utilisez le compte pour votre visite mensuelle au spa. Ou encore, regardez votre épargne fructifier à mesure que vous accumulez des liquidités en vue d’un voyage ou d’un achat important.

Si vous prévoyez utiliser ce fonds plus de six fois par mois – pour acheter votre smoothie quotidien par exemple – optez pour un compte-chèques. Ouvrez-le dans une institution financière que vous ne fréquentez pas déjà, de sorte que le nouveau compte ne sera pas facile à utiliser pour les dépenses courantes. Visez un compte sans frais d’ouverture ou frais mensuels et qui n’exige pas le maintien d’un solde minimal. Certains de ces comptes-chèques rapportent même un peu d’intérêts.

Quelles sont les prochaines étapes?

Profitez de ce pour quoi vous avez épargné. Puis, poursuit Mme Fernandez, revoyez régulièrement votre plan. Vous voudrez peut-être modifier le montant de vos versements : les bonifier après une augmentation de salaire ou les réduire après une dépense d’urgence.

Votre objectif d’épargne pourrait aussi changer. Peut-être préférerez-vous les cours de dessins aux séances de vélo.

« Nous devons tous avoir un plan, affirme Mme Fernandez, mais il faut le mettre à jour et le modifier lorsque la situation évolue. »

 

 

Cet article provient de La Presse Canadienne et a été autorisé légalement sous licence par le réseau d’éditeurs Content Marketplace. Veuillez adresser toutes les questions sur les licences à legal@industrydive.com




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