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Bulletin trimestriel sur la chaîne de blocs | T3 2022

Meghan Chen, MFE, CFA | Stratège en actifs numériques
Rédigé le 30 septembre 2022

PREMIÈRE PARTIE : APERÇU DU RENDEMENT

Au troisième trimestre de 2022, le prix du bitcoin (BTC) a inscrit un léger gain de 3,3 %[1] tandis que celui de l’ether (ETH) a bondi de 31,6 %[2], ce qui s’est traduit par des rendements de -57,5 % et de -63,3 % respectivement depuis le début de l’année. L’indice CMBI 10 Excluding Bitcoin de Coin Metrics, qui mesure le rendement des 10 plus importants cryptoactifs après le bitcoin, pondérés selon leur capitalisation boursière ajustée en fonction du flottant, a terminé le trimestre en hausse d’environ 23,8 %, pour un rendement de -68,2 %[3] depuis le début de l’année. Le tableau ci-dessous montre que le bitcoin et l’ether ont surpassé les principaux indices boursiers traditionnels au troisième trimestre, même s’ils sont toujours à la traîne en cumul annuel.

TABLEAU 1 – Rendements par période standard (au 30 septembre 2022)

 

S&P

TSX

NASDAQ

Glb Agg

BTC

ETH

1 mois

-9,2 %

-4,3 %

-10,4 %

-5,1 %

-3,5 %

-15,1 %

3 mois

-4,9 %

-1,4 %

-3,9 %

-6,9 %

3,3 %

31,6 %

6 mois

-20,2 %

-14,4 %

-25,3 %

-14,6 %

-57,2 %

-59,3 %

9 mois

-23,9 %

-11,1 %

-32,0 %

-19,9 %

-57,5 %

-63,3 %

1 an

-15,5 %

-5,4 %

-26,3 %

-20,4 %

-55,3 %

-55,4 %

3 ans

8,2 %

6,6 %

10,6 %

-5,7 %

33,1 %

96,0 %

5 ans

9,2 %

6,5 %

11,2 %

-2,3 %

36,2 %

3,4 %

10 ans

11,7 %

7,3 %

14,2 %

-0,9 %

--

--

 

Remarque : Les rendements pour les périodes de plus d’un an sont annualisés. Les rendements de l’ether sont représentés par l’indice Fidelity Ethereum et ceux du bitcoin par l’indice Fidelity Bitcoin. Les actions américaines sont mesurées par l’indice S&P 500, les actions de croissance américaines par l’indice composé NASDAQ, les actions canadiennes par l’indice composé plafonné S&P/TSX et les obligations de qualité par l’indice Bloomberg Global Aggregate. Tous les rendements sont exprimés dans leur devise de base (le dollar américain, sauf dans le cas de l’indice composé plafonné S&P/TSX, dont la devise de base est le dollar canadien) et avant déduction des frais. Le rendement ci-dessus est présenté à titre d’exemple seulement et ne reflète pas le rendement réel ou hypothétique du FNB Fidelity Avantage EtherMC ou du FNB Fidelity Avantage BitcoinMC (collectivement, les « FNB »). Il reflète plutôt le rendement du cours de l’ether et du bitcoin tel qu’il est mesuré par l’indice Fidelity Ethereum et l’indice Fidelity Bitcoin respectivement. Les FNB ne sont pas des FNB indiciels et ils peuvent être assujettis à des frais de gestion, à des frais de courtage et à d’autres frais et charges. L’indice Fidelity Ethereum a été lancé le 31 décembre 2020. Par conséquent, les données sur l’ether qui se rapportent à une période antérieure à la date de lancement sont simulées a posteriori et hypothétiques, et reposent sur le calcul du cours hypothétique de l’indice observé pendant la période précisée si l’indice Fidelity Ethereum avait existé. Elles sont obtenues à l’aide de la méthode de calcul du cours de l’indice Fidelity Ethereum existante. L’indice Fidelity Bitcoin a été lancé le 31 décembre 2019. Par conséquent, les données sur le bitcoin qui se rapportent à une période antérieure à la date de lancement sont simulées a posteriori et hypothétiques, et reposent sur le calcul du cours hypothétique de l’indice observé pendant la période précisée si l’indice Fidelity Bitcoin avait existé. Elles sont obtenues à l’aide de la méthode de calcul du cours de l’indice Fidelity Bitcoin existante. Il pourrait y avoir des écarts importants entre les données simulées a posteriori et les résultats réels. Le rendement passé, qu’il soit réel ou rétrospectif, n’est pas une garantie des résultats futurs. Le rendement passé n’est pas une garantie des résultats futurs. Pour de plus amples renseignements sur les méthodes indicielles (en anglais seulement), veuillez vous référer au site https://research2.fidelity.com/pi/Fidelityindex/Rebalanceschedules. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. 

 

TABLEAU 2 – Volatilité par période standard (au 30 septembre 2022)

 

S&P

TSX

NASDAQ

Glb Agg

BTC

ETH

3 ans

20,3 %

17,4 %

23,6 %

6,9 %

79,2 %

111,7 %

5 ans

18,1 %

15,0 %

21,1 %

6,0 %

89,7 %

116,3 %

10 ans

14,4 %

11,8 %

17,0 %

5,3 %

--

--

 

Remarque : Les écarts-types sont annualisés en fonction des données sur le rendement mensuel. Les rendements de l’ether sont représentés par l’indice Fidelity Ethereum et ceux du bitcoin par l’indice Fidelity Bitcoin. Les actions américaines sont mesurées par l’indice S&P 500, les actions de croissance américaines par l’indice composé NASDAQ, les actions canadiennes par l’indice composé plafonné S&P/TSX et les obligations de qualité par l’indice Bloomberg Global Aggregate. Tous les rendements sont exprimés dans leur devise de base (le dollar américain, sauf dans le cas de l’indice composé plafonné S&P/TSX, dont la devise de base est le dollar canadien) et avant déduction des frais. Le rendement ci-dessus est présenté à titre d’exemple seulement et ne reflète pas le rendement réel ou hypothétique du FNB Fidelity Avantage EtherMC ou du FNB Fidelity Avantage BitcoinMC (collectivement, les « FNB »). Il reflète plutôt le rendement du cours de l’ether et du bitcoin tel qu’il est mesuré par l’indice Fidelity Ethereum et l’indice Fidelity Bitcoin respectivement. Les FNB ne sont pas des FNB indiciels et ils peuvent être assujettis à des frais de gestion, à des frais de courtage et à d’autres frais et charges. L’indice Fidelity Ethereum a été lancé le 31 décembre 2020. Par conséquent, les données sur l’ether qui se rapportent à une période antérieure à la date de lancement sont simulées a posteriori et hypothétiques, et reposent sur le calcul du cours hypothétique de l’indice observé pendant la période précisée si l’indice Fidelity Ethereum avait existé. Elles sont obtenues à l’aide de la méthode de calcul du cours de l’indice Fidelity Ethereum existante. L’indice Fidelity Bitcoin a été lancé le 31 décembre 2019. Par conséquent, les données sur le bitcoin qui se rapportent à une période antérieure à la date de lancement sont simulées a posteriori et hypothétiques, et reposent sur le calcul du cours hypothétique de l’indice observé pendant la période précisée si l’indice Fidelity Bitcoin avait existé. Elles sont obtenues à l’aide de la méthode de calcul du cours de l’indice Fidelity Bitcoin existante. Il pourrait y avoir des écarts importants entre les données simulées a posteriori et les résultats réels. Le rendement passé, qu’il soit réel ou rétrospectif, n’est pas une garantie des résultats futurs. Le rendement passé n’est pas une garantie des résultats futurs. Pour de plus amples renseignements sur les méthodes indicielles (en anglais seulement), veuillez vous référer au site https://research2.fidelity.com/pi/Fidelityindex/Rebalanceschedules. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. 

 

Facteurs macroéconomiques

Les facteurs macroéconomiques ont continué à avoir une incidence importante sur le cours des cryptomonnaies et d’autres actifs à risque. Tout au long du troisième trimestre, la corrélation entre le bitcoin et les principaux indices boursiers est demeurée élevée, à plus de 60 %. 

TABLEAU 3 – Corrélation des rendements sur des périodes mobiles de 90 jours ouvrables entre le bitcoin et les indices boursiers

 

Diagramme à ligne brisée montrant la corrélation sur 90 jours ouvrables entre le bitcoin et le NASDAQ ainsi qu’entre le bitcoin et l’indice S&P 500, de septembre 2015 à septembre 2022. Le graphique indique une hausse de la corrélation au cours des derniers mois.
Remarque : Le rendement du bitcoin est représenté par l’indice Fidelity Bitcoin, celui des actions américaines, par l’indice S&P 500 et celui des actions de croissance américaines, par l’indice composé NASDAQ. Tous les rendements sont exprimés dans leur devise de base (le dollar américain) et avant déduction des frais.

Puisque les cryptomonnaies ont fait preuve d’une grande volatilité par le passé et qu’elles constituent une catégorie d’actif émergente, elles se négocient essentiellement comme des actifs à risque. Les investisseurs cherchent à réduire le risque de leur portefeuille dans un contexte de resserrement de la politique monétaire et de craintes de récession, et nous croyons que cela a pesé sur les prix des cryptomonnaies, comme en témoignent les rendements décevants dégagés par le bitcoin et l’ether depuis le début de l’année. Les prix du bitcoin et de l’ether ont été particulièrement sensibles à la publication de données macroéconomiques clés, comme celles sur l’inflation et les taux d’intérêt cibles. Voici quelques exemples pour le trimestre.

  • 13 juillet : Les prix du bitcoin et de l’ether ont plongé parce que l’indice des prix à la consommation (IPC) a été plus élevé que prévu aux États-Unis (9,1 % en juin, comparativement à la prévision de 8,8 %[1]) et a atteint un sommet en plus de 40 ans. Le bitcoin a reculé de 4,5 % dans les minutes qui ont suivi la publication de l’IPC, passant sous la barre des 19 000 $ avant de remonter au-dessus de 20 000 $.
  • 27 juillet : Le bitcoin s’est apprécié de plus de 8 % après l’annonce d’une hausse de 75 points de base[2] des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed). Dans la même journée, cette décision de la Fed et la mise à niveau réussie, deux jours plus tôt que prévu, d’un logiciel de test lié à la fusion (voir ci-dessous) ont fait grimper les prix de l’ether de 16 %.
  • 10 août : Aux États-Unis, l’inflation pour le mois de juillet, représentée par l’IPC, a été inférieure aux attentes, s’établissant à 8,5 % (alors que la prévision était de 8,7 %). Le bitcoin a grimpé de 4 % dans les heures suivant la publication de l’IPC, mais sa croissance a ralenti plus tard dans la journée.
  • 19 août : Le bitcoin et l’ether ont plongé de près de 10 %, emboîtant le pas aux marchés traditionnels dans un contexte de craintes renouvelées que la Fed et d’autres banques centrales ne soient tenues de se montrer plus énergiques dans la lutte contre l’inflation. Le recul a été provoqué par des données inattendues sur l’inflation élevée en Allemagne.
  • 26 août : Les cours du bitcoin et de l’ether ont reculé après une annonce de Jerome Powell, président de la Fed, qui avait déclaré que la banque centrale resterait fidèle à sa politique monétaire restrictive lors du symposium économique de Jackson Hole.
  • 13 septembre : Les prix du bitcoin et de l’ether ont chuté à la suite de la publication des données sur l’IPC aux États-Unis en août, qui témoignaient d’une hausse inattendue de 8,3 % (comparativement aux prévisions de 8,1 %).
  • 21 septembre : Les cours du bitcoin et de l’ether se sont légèrement repliés après la décision de la Fed de relever les taux d’intérêt de 75 points de base, même si cette décision était attendue.

Les pressions de vente semblent s’être atténuées récemment, comme le montrent les données suivies par ByteTree Asset Management. Selon celles-ci, le volume de bitcoins détenu par des fonds à capital fixe américains et canadiens et des FNB canadiens et européens oscille dans une fourchette de 833 000 à 842 000 bitcoins depuis la mi-juin[6]. Fait intéressant, pendant la semaine qui a suivi le relèvement des taux par la Fed le 21 septembre, le bitcoin et l’ether se sont plutôt bien comportés, tandis que les indices boursiers ont reculé et que la livre sterling a atteint un creux sans précédent par rapport au dollar américain. Le 28 septembre, la Banque d’Angleterre a annoncé qu’elle interviendrait pour stabiliser le marché obligataire du Royaume-Uni, ce qui a soutenu le bitcoin et suscité l’espoir que les banques centrales pourraient bientôt délaisser le resserrement qui a ébranlé les cryptomonnaies et les marchés traditionnels cette année[7]. La stabilité relative du bitcoin dans un contexte de baisse récente des monnaies fiduciaires – comme la livre sterling, le renminbi et le yen – semble conforme à son statut de « réserve de valeur non traditionnelle ». Les facteurs macroéconomiques pourraient continuer de faire grimper les prix des cryptomonnaies, du moins à court terme, car ce marché s’ajuste à un nouveau paradigme macroéconomique, soit un accès au capital plus restreint.

 

La crise de la finance centralisée (FiDé)

 

La volatilité du bitcoin a été relativement faible au troisième trimestre, le BTC s’étant surtout cantonné dans une fourchette de 19 000 $ à 24 000 $ pendant la majeure partie de la période[8]. Cette période de stabilité relative a fait suite à une forte volatilité au deuxième trimestre, causée par une série de manchettes négatives liées aux cryptomonnaies ainsi que par des pressions macroéconomiques générales sur les actifs à risque. À titre de rappel, le deuxième trimestre a été marqué par l’implosion de LUNA et du réseau de chaînes de blocs Terra, ainsi que par les craintes entourant la solvabilité de plusieurs acteurs du domaine de la cryptomonnaie, dont la société de prêt de cryptomonnaies Celsius Network et le fonds spéculatif Three Arrows Capital. Ces événements ont donné lieu à une série de mises à pied, de créances irrécouvrables et de dépôts de bilan dans l’industrie des cryptomonnaies.

 

Les répercussions de ces événements se sont poursuivies au troisième trimestre. Dans la première quinzaine de juillet, Three Arrows Capital et Celsius, ainsi que les sociétés de prêt de cryptomonnaies Voyager Digital et Vauld Group, se sont placées sous la protection de la loi sur les faillites. Vauld Group aurait contracté une dette de plus de 400 millions de dollars auprès de ses créanciers, dont 90 % auprès des investisseurs particuliers[9], [10]. Voyager Digital a déposé son bilan à la United States District Court for the Southern District of New York afin de bénéficier de la protection prévue au chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Elle estimait compter plus de 100 000 créanciers, un actif se situant entre 1 et 10 milliards de dollars, et un passif dans la même fourchette[11]. Le 28 juillet, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et la Fed ont envoyé à Voyager une ordonnance conjointe de cesser et de s’abstenir, l’enjoignant à supprimer les déclarations fausses et trompeuses selon lesquelles les comptes de dépôt de ses utilisateurs étaient assurés par la FDIC[12]. En septembre, Voyager a amorcé le processus de vente de ses actifs, attirant des offres des bourses de cryptomonnaies FTX et Binance[13]. Le 27 septembre, l’offre de FTX pour les actifs de Voyager a été retenue.

 

La société Celsius s’est placée sous la protection de la loi américaine sur les faillites le 13 juillet, précisant que son actif atteignait 4,3 milliards de dollars et son passif, 5,5 milliards de dollars[14]. Elle fait actuellement l’objet d’une procédure de faillite. En septembre, un document déposé par les autorités financières du Vermont laissait entendre que Celsius était en fait insolvable depuis 2019[15]. Celsius a admis qu’elle n’avait jamais généré de revenus suffisants pour financer les rendements versés aux investisseurs. Selon le document, les rendements des investisseurs existants ont probablement été payés, à au moins quelques reprises, avec les dépôts de nouveaux investisseurs. Même si les autorités n’ont pas utilisé ce terme, cela correspond à la définition d’une pyramide de Ponzi. Les autorités du Vermont se sont prononcées en faveur de la nomination d’un examinateur indépendant disposant de vastes pouvoirs pour enquêter sur Celsius, notamment afin de savoir si la société avait abusivement déployé sesactifs en vue de manipuler le cours du CEL (un jeton émis par Celsius), gonflant ainsi artificiellement la valeur de sa position nette en CEL dans son bilan et ses états financiers[16].

 

La faillite de ces sociétés de cryptomonnaie centralisées ne remet toutefois pas en question la fonctionnalité fondamentale et la proposition de valeur de la technologie de la chaîne de blocs, qui reposent sur l’idée de créer des systèmes décentralisés. La surveillance accrue des autorités découlant des événements récents pourrait accélérer les changements réglementaires dans le domaine de la cryptomonnaie, augmenter la stabilité des acteurs centralisés qui jouent un rôle dans l’écosystème global de la chaîne de blocs, et contribuer à l’adoption de la cryptomonnaie à long terme. La banque centrale de Singapour, par exemple, envisage de mettre en place de nouvelles mesures afin de protéger l’accès du grand public à la cryptomonnaie, à la suite de l’effondrement de divers projets de cryptomonnaie dans le pays[17]. De plus, l’effondrement de Terra a mis en lumière l’importance systémique des cryptomonnaies stables, ce qui a stimulé les efforts législatifs liés à ces cryptomonnaies dans les principaux territoires.

 

La fusion

Alors que le bitcoin faisait du surplace au troisième trimestre, le cours de l’ether a grimpé de plus de 30 %[18], tiré en grande partie par le sentiment positif à l’égard de la fusion, un événement qui a permis à Ethereum d’achever sa transition de l’algorithme de consensus à preuve de travail à l’algorithme de consensus à preuve d’enjeu. Les mécanismes de consensus permettent aux réseaux de chaînes de blocs de choisir les nouveaux blocs qui doivent être ajoutés à la chaîne. Dans l’algorithme de consensus à preuve de travail, les « mineurs » utilisent de la puissance de calcul pour pouvoir proposer de nouveaux blocs et gagner des récompenses. Dans l’algorithme de consensus à preuve d’enjeu, les « validateurs » immobilisent de la cryptomonnaie sur le réseau pour avoir la chance de proposer de nouveaux blocs et d’obtenir des récompenses.

Le prix de l’ether a augmenté le 6 juillet et le 10 août en réaction à la transition réussie des réseaux de test Sepolia et Goerli vers la preuve d’enjeu. (Les réseaux de test sont utilisés pour organiser des « répétitions générales » des mises à niveau des logiciels avant leur mise en œuvre sur le réseau principal Ethereum.)

La fusion a été dûment exécutée à 2 h 43 (HE) le 15 septembre. Ethereum est maintenant une chaîne de blocs qui repose sur le mécanisme de la preuve d’enjeu. Actuellement, environ 14 millions d’ETH ont été mis en jeu, ce qui représente environ 12 % de l’offre totale (voir le graphique ci-dessous). Il est important de noter que l’ether mis en jeu et les récompenses des validateurs associées ne peuvent être retirés qu’après la réalisation d’une mise à niveau à la suite de la fusion, appelée la mise à niveau de Shanghai. Celle-ci devrait avoir lieu de six à douze mois après la fusion. Même après la mise à niveau de Shanghai, l’ether mis en jeu pourrait ne pas être très liquide. Le temps de retrait dépendra du nombre de personnes qui essaient activement de se retirer. Seuls six validateurs peuvent se retirer par période (toutes les 6,4 minutes, soit 1 350 validateurs par jour, ou environ 43 200 ETH); cette limite passera à quatre validateurs si trop d’entre eux essaient de se retirer, afin d’éviter que de grandes quantités d’ETH mis en jeu ne disparaissent en même temps[19]. Par conséquent, il peut y avoir une file d’attente pour la sortie qui pourrait retarder les retraits pendant des jours, des semaines ou même des mois.

 

TABLEAU 4 – Total d’ETH mis en jeu sur la couche de consensus

Diagramme à ligne brisée montrant la croissance de l’offre d’ethers mis en jeu sur la couche de consensus depuis décembre 2020. En septembre 2022, 14 millions d’ethers étaient en jeu, ce qui représente 12 % de l’offre totale.
Source : Coin Metrics. La mise en jeu a été activée en décembre 2020, avant la fin de la fusion.

Le minage effectué à l’aide de la preuve de travail consomme de grandes quantités d’énergie. Le réseau Bitcoin, qui l’utilise, est souvent critiqué pour son impact environnemental. On s’attend à ce que la transition vers le consensus de preuve d’enjeu réduise la consommation d’énergie d’Ethereum de 99,9 %[20]. En outre, la transition vers la preuve d’enjeu contribue à préparer le réseau d’Ethereum pour de futures mises à niveau liées à l’extensibilité (qui rendront les transactions plus rapides et moins coûteuses) et à la décentralisation, deux domaines de développement importants pour Ethereum. Vitalik Buterin, cofondateur d’Ethereum, a déclaré que le développement d’Ethereum n’était complété qu’à 55 % après la fusion[21].

 

Toutefois, la preuve d’enjeu n’a pas encore été mise à l’essai sur le plan de la sécurité dans la même mesure que la preuve de travail. La conception de la preuve d’enjeu est également plus complexe à mettre en œuvre et pourrait introduire de nouvelles vulnérabilités susceptibles de compromettre la sécurité du réseau. Étant donné que dans la preuve d’enjeu, l’ether est la ressource qui détermine l’influence sur le consensus du réseau, une autre préoccupation potentielle est le risque de centralisation lié à la concentration de la propriété des ethers, ainsi que le risque de concentration des activités de mise en jeu parmi un nombre restreint de fournisseurs de services de mise en jeu. Le graphique ci-dessous montre que les trois plus grandes entités contrôlent actuellement plus de 50 % des ethers mis en jeu sur le réseau Ethereum. Dans les heures qui ont suivi la fusion, il a été constaté que la bourse de cryptomonnaies Coinbase et le protocole décentralisé de mise en jeu Lido ont ajouté plus de 40 % des nouveaux blocs sur le réseau[22]. L’objectif de développement d’Ethereum, qui consiste à faciliter l’exécution par l’utilisateur moyen d’un nœud Ethereum, vise à gérer ces risques de centralisation.

 

TABLEAU 5 – Répartition d’ETH mis en jeu par entité

Graphique circulaire montrant que les trois principales entités comptaient pour plus de 50 % des ethers mis en jeu, en date de septembre 2022.
Source : https://beaconcha.in/charts, consulté le 30 septembre 2022.

Après la fusion, la quantité de nouveaux ethers émis par jour devrait diminuer d’environ 90 %[23]. Cette baisse s’explique par le fait que les récompenses pour les validateurs preuve d’enjeu sont beaucoup moins élevées que celles qui étaient versées aux mineurs de preuve de travail, car l’exploitation d’un nœud de validateur nécessite moins de ressources économiques que le minage. La diminution du taux d’émission devrait ramener le taux d’émission net à zéro ou moins. Le futur taux d’inflation monétaire exact est incertain, parce qu’il existe de la variabilité en ce qui concerne tant la quantité de nouveaux ethers créés par les récompenses des validateurs que la quantité d’ethers brûlés ou détruits pour les frais de transaction, conformément à la proposition EIP-1559. Par conséquent, on s’attend à ce que l’ether passe d’une monnaie inflationniste à une monnaie désinflationniste ou déflationniste, ce qui pourrait avoir un effet positif sur son cours. Le fait que les gens puissent mettre en jeu l’ether et obtenir un rendement sur leur mise peut également avoir un effet positif sur le cours de la cryptomonnaie.

 

Depuis la fusion, le cours de l’ether a diminué d’environ 10 %. Cette situation s’explique en partie par le repli généralisé du marché dans la deuxième quinzaine de septembre. Elle pourrait aussi être imputable aux investisseurs qui « achètent la rumeur et vendent la nouvelle ». De plus, les mineurs qui vendent leurs ethers en font chuter le cours. Au moment de la fusion (du 12 au 19 septembre), les mineurs d’Ethereum ont liquidé plus de 16 000 ETH, d’une valeur de plus de 20 millions de dollars. Ces opérations ont réduit le solde combiné des mineurs à environ 245 000 ETH[24]. Comme les mineurs ne retirent plus d’avantages économiques du réseau, ces ventes pourraient continuer d’exercer des pressions à la baisse sur l’ETH à court terme; il convient cependant de noter que les avoirs restants des mineurs ne représentent qu’une petite fraction de l’offre totale actuelle de 119 millions d’ETH.

 

Pour ceux qui souhaitent explorer plus en détail le fonctionnement du mécanisme de preuve d’enjeu d’Ethereum, les objectifs et les risques connexes, le processus de transition, la fourche de preuve de travail d’Ethereum, etc., j’ai rédigé un article consacré à la fusion, que vous trouverez sur fidelity.ca.

 

DEUXIÈME PARTIE : ADOPTION

 

TABLEAU 6 – Valeur totale transférée sur les réseaux Bitcoin et Ethereum

Graphique à barres montrant la valeur transférée sur les réseaux Bitcoin et Ethereum par année. De septembre 2015 à septembre 2022.
Source : Valeur de transfert ajustée selon Coin Metrics, au 30 septembre 2022. Reflète uniquement les transferts sur la chaîne.

TABLEAU 7 – Nombre quotidien d’adresses Bitcoin et Ethereum actives (moyenne sur une période mobile de 30 jours)

Graphique linéaire montrant le nombre quotidien d’adresses actives sur les réseaux Bitcoin et Ethereum. Moyenne sur une période mobile de 30 jours, pour la période de 5 ans terminée en septembre 2022.
Source : Coin Metrics.

En juillet, le président russe Vladimir Poutine a édicté une loi interdisant les paiements numériques à l’échelle du pays[25]. La loi proscrit l’utilisation de titres numériques et de jetons utilitaires comme moyen de paiement de biens et de services en Russie, et s’ajoute à la loi antérieure sur les actifs numériques adoptée en 2020, qui interdisait l’utilisation des cryptomonnaies pour les paiements[26].

 

En août, Coinbase a annoncé un partenariat avec BlackRock, le plus important gestionnaire d’actifs au monde, en vue d’offrir aux clients institutionnels d’Aladdin®, la plateforme de gestion de placements tout-en-un de BlackRock, un accès direct à la cryptomonnaie, en commençant par le bitcoin, grâce à une connexion avec Coinbase Prime. Coinbase Prime offrira aux clients institutionnels d’Aladdin qui sont également clients de Coinbase des services de négociation, de garde, de courtage de premier ordre et de production de rapports liés à la cryptomonnaie[27]. Joseph Chalom, chef mondial des partenariats stratégiques d’écosystèmes chez BlackRock, a déclaré que leurs clients institutionnels sont de plus en plus intéressés à investir sur les marchés des actifs numériques et qu’ils se concentrent sur la façon de gérer efficacement le cycle de vie opérationnel de ces actifs.

 

En septembre, un consortium de courtiers, de teneurs de marchés mondiaux et de sociétés de capital de risque, dont Charles Schwab et Fidelity Digital Assets, a annoncé le lancement prochain de la bourse de cryptomonnaies EDX Markets (EDXM)[28]. EDXM formera un écosystème de cryptomonnaies hautement liquide en regroupant les liquidités de plusieurs teneurs de marchés, ce qui réduira les écarts et améliorera la transparence. EDXM amorcera un cycle de négociation pilote en novembre et devrait être officiellement lancée en janvier[29].

 

En septembre, Nasdaq, le deuxième opérateur boursier en importance aux États-Unis, a annoncé le lancement de Nasdaq Digital Assets, un nouveau groupe axé sur les actifs numériques qui offrira d’abord aux investisseurs institutionnels des services de garde de bitcoin et d’ether[30]. Nasdaq élargira également sa technologie de lutte contre la criminalité financière dans le but d’éliminer le blanchiment d’argent, la fraude et les abus de marché qui entachent la réputation des actifs numériques[31].

 

Les cryptomonnaies en Amérique du Sud

 

Dans les pays confrontés à une forte inflation et à la dévaluation de leur monnaie, les cryptomonnaies stables et autres cryptoactifs peuvent offrir aux gens un moyen de stocker de la valeur, sans se heurter aux restrictions et aux risques associés à l’acquisition et à la garde de devises par l’intermédiaire d’établissements traditionnels.En juillet, les achats de cryptomonnaies stables en Argentine ont augmenté après la démission du ministre argentin de l’Économie, Martin Guzmán, car les consommateurs ont cherché à se protéger contre la dévaluation du peso et la flambée de l’inflation[32]. L’inflation en Argentine devrait atteindre 95 % cette année[33]. En 2001, une crise économique, la fuite généralisée de capitaux et la crainte d’une dévaluation du peso ont amené le gouvernement à geler les comptes bancaires et à bloquer les retraits de comptes libellés en dollars américains dans le cadre d’un processus appelé « corralito »[34]. Cette situation a entraîné une méfiance persistante à l’égard des institutions du pays, qui a favorisé l’adoption des cryptoactifs.

 

En août, les plateformes de cryptomonnaies exerçant leurs activités au Chili ont déclaré que les opérations sur cryptomonnaies stables dans ce pays avaient augmenté de 50 % au cours des trois mois précédents. Les Chiliens se sont de plus en plus tournés vers ces cryptomonnaies afin de protéger leurs actifs contre la dévaluation du peso et l’inflation record enregistrée dernièrement[35]. En juin, le taux d’inflation annuel du pays a grimpé pour atteindre 12,5 %, son plus haut niveau en 28 ans[36].

 

Les cryptomonnaies en Afrique subsaharienne

 

En septembre, la société d’analyse de chaînes de blocs Chainalysis a publié un rapport sur l’utilisation des cryptomonnaies en Afrique subsaharienne. Bien que la région ne représente que 2 % environ du volume de transactions sur chaînes de blocs à l’échelle mondiale, Chainalysis souligne que l’Afrique compte certains des marchés les plus développés au monde en ce qui concerne les cryptomonnaies, qui sont profondément ancrées dans les activités financières quotidiennes de nombreux utilisateurs et sont très répandues[37]. En 2022, le Nigéria et le Kenya se classent aux 11e et 19e rangs selon l’indice mondial d’adoption des cryptomonnaies de Chainalysis et affichent un fort taux d’adoption lorsqu’ils sont pondérés en fonction du pouvoir d’achat et de la population, en particulier au niveau des échanges entre pairs[38].

 

Selon le rapport, l’Afrique subsaharienne se démarque des autres régions par son marché du détail et l’utilisation démesurée des plateformes d’échange de pair-à-pair. Les transferts liés au commerce de détail représentent 95 % de tous les transferts et les petits montants de moins de 1 000 $ forment 80 % des échanges, soit plus que dans toute autre région[39]. L’utilisation des cryptomonnaies dans la région est principalement dictée par les nécessités de tous les jours, et non par la spéculation. Chainalysis compare les pays occidentaux riches qui utilisent la cryptomonnaie pour accroître leur richesse et les pays africains pauvres qui s’en servent pour préserver et accumuler leur richesse dans des conditions économiques défavorables[40].

 

TROISIÈME PARTIE : AUTRES ÉVÉNEMENTS CLÉS

 

Portefeuille général

 

À la une : Les États-Unis imposent des sanctions contre Tornado Cash :

 En août, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain a ajouté des adresses Ethereum liées au protocole de mélange Tornado Cash à sa liste d’entités sanctionnées[41]. C’est la première fois que le gouvernement américain impose des sanctions à une application de contrats intelligents. Par suite de ces sanctions, aucune personne physique ou morale aux États-Unis n’est autorisée à utiliser l’application, directement à titre d’utilisateur ou indirectement dans le cadre de services de tiers[42]. Tornado Cash est un mélangeur de cryptomonnaies qui fonctionne avec Ethereum et d’autres chaînes de blocs. Il sert à masquer la source des transactions conclues sur la chaîne de blocs. L’OFAC a indiqué qu’il sanctionnait le protocole afin de lutter contre le blanchiment d’argent[43]. Tornado Cash a effectué le mélange d’ethers valant plus de 7,6 milliards de dollars depuis son lancement en août 2019, et près de 30 % des fonds étaient liés à des utilisateurs criminels, dont Lazarus Group, une importante organisation de piratage nord-coréenne[44]. Toutefois, il s’agit également d’un protocole largement utilisé à des fins légitimes, afin d’améliorer la protection des renseignements personnels des utilisateurs. Vitalik Buterin, cofondateur d’Ethereum, a admis avoir utilisé Tornado Cash pour faire un don à l’Ukraine[45].

 

En raison de l’immuabilité de la chaîne de blocs, l’application Tornado Cash existe toujours et demeure accessible sur Ethereum. Cependant, depuis les sanctions, divers points de centralisation ont compliqué l’accès à ce protocole pour de nombreux utilisateurs. Par exemple, des opérateurs de nœuds tiers, comme Infura et Alchemy, ont commencé à bloquer les demandes d’accès à Tornado Cash[46]. Cela touche les utilisateurs de MetaMask, le portefeuille Ethereum le plus utilisé, qui se sert d’Infura par défaut pour interagir avec Ethereum. De plus, le serveur Discord de Tornado Cash a été fermé, son code a été retiré de GitHub (mais a été réintroduit le 22 septembre), ses placements en USDC ont été bloqués par l’émetteur de la cryptomonnaie stable Circle et plusieurs applications de FiDé importantes, dont Aave, Uniswap et Balancer, empêchent désormais l’utilisation de leurs propres interfaces par les portefeuilles cryptographiques liés à Tornado Cash[47], [48], [49], [50].

 

Les sanctions contre Tornado Cash ont déclenché un tollé dans la communauté des cryptomonnaies, surtout après l’arrestation d’Alexey Pertsev, un des développeurs de Tornado Cash[51]. Les sanctions représenteraient une attaque sans précédent contre le codage informatique. En septembre, la grande bourse de cryptomonnaies Coinbase a annoncé qu’elle finançait une poursuite en justice contre le Trésor américain en raison des sanctions contre Tornado Cash. Dans un billet de blogue, Coinbase exprime ses préoccupations : ces sanctions portent préjudice à des personnes innocentes et étouffent l’innovation, tandis que le Trésor a outrepassé ses pouvoirs – même si le Trésor peut sanctionner des personnes physiques (ainsi que leurs biens), le Congrès ne lui a jamais donné le pouvoir de sanctionner un logiciel ouvert[52]. Pour Coinbase, sanctionner un logiciel ouvert équivaut à fermer définitivement une autoroute parce que des voleurs l’ont empruntée pour fuir la scène d’un crime[53].

 

L’imposition de sanctions à Tornado Cash a mis en relief les risques de centralisation de la chaîne de blocs. Différents points de centralisation érodent le principe de décentralisation sur lequel certains éléments de la proposition de valeur d’Ethereum s’appuient, notamment la résistance à la censure. L’amélioration de la décentralisation est l’un des éléments clés de la feuille de route du développement d’Ethereum et elle pourrait renforcer la résilience du réseau face aux sanctions gouvernementales.

 

Solana Labs est accusée d’avoir enfreint les lois sur les valeurs mobilières : En juillet, une action collective a été déposée auprès d’un tribunal fédéral de Californie contre Solana Labs, une entreprise qui développe la chaîne de blocs Solana, et des parties liées[54]. La poursuite a été intentée par Mark Young, un investisseur qui a acheté le jeton SOL en août et en septembre 2021, en son nom et au nom de toutes les autres personnes se trouvant dans la même situation[55]. Dans sa plainte, M. Young décrit Solana comme une cryptomonnaie hautement centralisée dont les initiés se sont enrichis au détriment des investisseurs[56]. Il accuse les défendeurs de réaliser d’énormes profits en vendant SOL à des investisseurs individuels aux États-Unis, en violation des dispositions d’enregistrement des lois sur les valeurs mobilières des États et du gouvernement fédéral[57]. L’action met en lumière un enjeu clé : bien que les réseaux de chaînes de blocs visent à être décentralisés en principe, bon nombre d’entre eux demeurent dans les faits très centralisés à plusieurs égards. Elle rappelle également l’incertitude persistante concernant les cryptomonnaies et la réglementation sur les valeurs mobilières. En juin, lors d’une entrevue avec CNBC, le président de la SEC, Gary Gensler, a réitéré que son organisme ne considérait pas le bitcoin comme une valeur mobilière, mais il s’est abstenu d’attribuer cette définition à toute autre cryptomonnaie[58]. La SEC a conclu des arrangements avec de nombreux projets de jetons dont les émissions n’étaient pas enregistrées et leur a imposé des amendes au fil des ans[59].

 

Chainalysis estime que, depuis le début de l’année, deux milliards de dollars ont été volés dans des opérations de piratage de ponts entre chaînes : En août, la société d’analyse des chaînes de blocs Chainalysis a publié un rapport estimant que deux milliards de dollars de cryptomonnaies avaient été volés cette année par l’intermédiaire de ponts entre les chaînes[60]. Les ponts entre les chaînes sont utilisés pour envoyer des jetons d’une chaîne de blocs à une autre. Bien que la conception des ponts varie, elle implique habituellement que les utilisateurs envoient des fonds au protocole de pont d’une chaîne et immobilisent les fonds au moyen d’un contrat. Les utilisateurs reçoivent ensuite les fonds correspondants dans une autre chaîne à laquelle le protocole est relié. Selon Chainalysis, les ponts sont des cibles intéressantes, car ils comportent souvent un point central de stockage de fonds (les fonds immobilisés dans un contrat intelligent ou stockés auprès d’un dépositaire centralisé) qui garantissent les actifs transférés dans la chaîne de blocs de destination[61]. Cette année, l’attaque notoire du pont Ronin a entraîné une perte de 625 millions de dollars en ETH et en USDC. Cette attaque ciblée était l’œuvre du groupe de piratage Lazarus de la Corée du Nord[62]. L’interopérabilité des réseaux de chaînes de blocs est un domaine de développement important, et de nombreux nouveaux modèles sont encore en cours de développement et de mise à l’essai. Ils ajoutent habituellement une couche intermédiaire qui coordonne le transfert, ce qui peut nuire à la sécurité.

 

Coinbase lance un jeton dérivé liquide pour les ETH mis en jeu : En août, Coinbase a lancé son propre jeton liquide de mise en jeu, appelé Coinbase Wrapped Staked ETH (cbETH)[63]. Ces jetons sont émis à des utilisateurs qui ont mis leurs ETH en jeu (voir la section sur la fusion ci-dessus); ils sont représentatifs des ETH mis en jeu, qui peuvent être utilisés à d’autres fins (p. ex., dans un protocole de FiDé). Ces jetons représentatifs peuvent servir à récupérer les actifs sous-jacents mis en jeu. À l’heure actuelle, Coinbase est la deuxième plateforme de mise en jeu sur Ethereum, derrière le protocole de mise en jeu décentralisé Lido. Le lancement de cbETH, un jeton ERC-20, permet à Coinbase de faire concurrence à Lido sur le marché des titres mis en jeu et liquides. Lorsque le réseau aura rendu possibles les retraits d’ETH mis en jeu, on pourra échanger les cbETH contre les ETH sous-jacents mis en jeu, majorés des récompenses de mise en jeu accumulées par les opérateurs de nœuds de validation de Coinbase. Coinbase souligne que l’ETH et le cbETH ne devraient pas être interchangeables sur une base d’un contre un : à mesure que l’ETH sous-jacent mis en jeu continue d’accumuler des récompenses, chaque jeton cbETH représente un montant plus élevé d’ETH mis en jeu, ce qui pourrait entraîner un écart des prix de ces actifs au fil du temps[64].

 

Les États-Unis sont en train de rédiger un projet de loi sur les cryptomonnaies stables : Le Comité des services financiers de la Chambre des représentants prépare un projet de loi destiné à réglementer les cryptomonnaies stables. Le projet de loi permettrait aux banques et aux entités non bancaires d’émettre des cryptomonnaies stables[65]. Les émetteurs bancaires devront obtenir l’approbation de leurs organismes de réglementation fédéraux habituels, comme l’OCC, tandis que les émetteurs non bancaires devront tout d’abord obtenir l’approbation des organismes de réglementation d’État, puis s’inscrire auprès de la Réserve fédérale[66]. Par ailleurs, le projet de loi interdirait pendant deux ans les nouvelles émissions de cryptomonnaies « endogènes garanties », définies comme des cryptomonnaies stables qui dépendent uniquement de la valeur d’un autre actif numérique du même créateur pour maintenir leur prix fixe[67]. Cette définition semble surtout cibler les cryptomonnaies stables algorithmiques comme l’UST, dont le découplage du dollar américain en mai a entraîné l’effondrement de la chaîne de blocs Terra. Le projet de loi exigera que le Trésor commande une étude des jetons semblables à Terra, en consultation avec la Fed, l’OCC, la FDIC et la SEC[68]. L’utilisation des termes « uniquement » et « même créateur » dans les définitions du projet de loi semble toutefois trop précise et celles-ci pourraient ne pas s’appliquer à la majorité des cryptomonnaies stables. Même si le projet de loi est indicatif, il n’a pas encore été finalisé.

 

Finance décentralisée (FiDé)

 

Uniswap pourrait commencer à encaisser des frais : En juillet et en août, une proposition visant à permettre au protocole Uniswap d’encaisser des frais a franchi les deux premières étapes de la gouvernance d’Uniswap[69]. Uniswap est une importante application d’échange décentralisée sur Ethereum. Malgré sa popularité, le protocole lui-même n’a pas encore généré de revenus. À ce jour, tous les frais liés au protocole ont été versés aux fournisseurs de liquidité (personnes qui contribuent aux fonds de liquidité du protocole). Cette situation pourrait toutefois changer, en raison d’une proposition soumise par Leighton Cusack, le fondateur de PoolTogether, visant à permettre à l’organisation autonome décentralisée d’Uniswap d’encaisser une partie des frais gagnés par les fournisseurs de liquidité pour certains fonds[70]. Plus précisément, M. Cusack propose de verser à Uniswap, à titre d’essai pendant une période prédéterminée, 10 % des frais payés aux fournisseurs de liquidité pour trois fonds (ETH-DAI, ETH-USDT et ETH-USDC)[71]. Cette proposition met en lumière le débat faisant rage sur les revenus de la FiDé, à savoir s’ils devraient favoriser les utilisateurs ou les détenteurs de jetons. Si Uniswap se met à encaisser des frais, elle risque de perdre des parts de marché, car les fournisseurs de liquidité pourraient passer à d’autres plateformes si leurs marges diminuent. Il convient toutefois de noter que de nombreuses autres grandes bourses décentralisées (p. ex., Curve, Balancer et SushiSwap) prélèvent une part des frais des fournisseurs de liquidité, ce qui devrait atténuer cette préoccupation.

 

Aave s’apprête à lancer sa première cryptomonnaie stable : En août, la communauté Aave a adopté une proposition visant le lancement d’une cryptomonnaie stable interne du nom de GHO[72]. Aave est une grande plateforme décentralisée d’emprunts et de prêts, et GHO sera sa première cryptomonnaie stable. Pour maintenir son couplage avec le dollar américain, GHO s’appuiera sur le surdimensionnement de sa réserve et sur l’intervention d’arbitragistes lorsque le prix de la cryptomonnaie stable s’éloignera de 1 $. Si un utilisateur rembourse une position d’emprunt (ou est liquidé), le protocole GHO éliminera sa position en GHO. Les paiements d’intérêts sur la cryptomonnaie stable seront envoyés à l’organisation autonome décentralisée (OAD) du protocole, ce qui générera des revenus pour la communauté et permettra à l’OAD d’augmenter sa trésorerie afin de financer des projets futurs[73]. GHO est comparable à la cryptomonnaie stable DAI de MakerDAO, en ce sens qu’elle est décentralisée et adossée à des cryptomonnaies. Ces cryptomonnaies stables sont différentes des cryptomonnaies centralisées et adossées à des monnaies fiduciaires, comme l’USDT ou l’USDC. Il sera intéressant de voir comment le profil de réserves de GHO se développe, car le DAI est souvent critiqué en raison de sa centralisation et des risques de censure liés au fait qu’une partie importante de sa garantie est en USDC.

 

Une grande partie de la valeur totale immobilisée de Solana s’est révélée être fausse : En août, une enquête menée par CoinDesk a révélé que deux frères, Ian et Dylan Macalinao, ont utilisé des profils de développeurs pseudonymes pour gonfler la valeur totale immobilisée (VTI) de Solana de 7,5 milliards de dollars[74]. Cette somme constituait une part importante des quelque 10,5 milliards de dollars de la VTI de Solana au début de l’automne 2021[75]. La VTI est de la valeur totale déposée dans les protocoles de FiDé et elle est souvent considérée comme une mesure clé de l’activité de FiDé sur diverses chaînes de blocs. Selon l’enquête de CoinDesk, Ian Macalinao s’est fait passer pour 11 développeurs soi-disant indépendants afin de construire un vaste réseau de protocoles de FiDé interconnectés[76]. « J’ai conçu un plan pour maximiser la VTI de Solana : j’établissais des protocoles qui se superposaient les uns aux autres, de sorte qu’un dollar pouvait être compté plusieurs fois », a écrit Ian Macalinao dans un billet de blogue jamais publié examiné par CoinDesk[77]. Le gonflement de la VTI de Solana a contribué à faire croire qu’elle était une nouvelle concurrente d’Ethereum et a permis de faire passer le prix du jeton natif de Solana, SOL, de moins de 40 $ en juillet 2021 à un sommet de 259 $ en novembre 2021[78].

 

JETONS NON FONGIBLES (JNF)

Reddit s’associe à Polygon pour lancer un marché de JNF : En juillet, Reddit a annoncé un partenariat avec Polygon pour lancer son nouveau marché d’avatars sous forme de JNF[79]. Cette fonction ne nécessite pas l’utilisation d’un portefeuille de cryptomonnaies, ce qui permet aux utilisateurs d’acheter facilement les JNF au moyen d’une carte de crédit ou de débit. Les JNF seraient émis par Polygon et peuvent être stockés dans le portefeuille cryptographique de Reddit, nommé Vault[80]. Pour chaque JNF vendu par l’intermédiaire de son marché d’avatars, Reddit conserve 5 % du produit de la vente et donne les 95 % restants à l’artiste[81]. L’artiste reçoit également une redevance pour chaque vente secondaire, ce qui correspond à la façon dont les JNF sont utilisés pour de nombreuses autres images de profils à l’heure actuelle[82].

 

Tiffany & Co. dévoile des colliers à l’image des CryptoPunks : En août, Tiffany & Co. a lancé et rapidement écoulé une collection limitée de 250 pendentifs incrustés de joyaux personnalisés pour les détenteurs de CryptoPunks, une collection populaire de JNF[83]. Les CryptoPunks ont été lancés en 2017 et sont composés de 10 000 personnages uniques de style « huit bits » stockés sur la chaîne de blocs Ethereum. Les colliers étaient réservés aux détenteurs de CryptoPunks qui pouvaient les acheter sous la forme de JNF échangeables contre les colliers physiques[84]. Il s’agit d’un autre exemple de la façon dont les JNF peuvent être utilisés pour accéder à divers privilèges.

 

Meta permet aux utilisateurs d’afficher leurs JNF sur Facebook et Instagram : À la fin d’août, Meta a annoncé qu’elle permettrait aux utilisateurs d’afficher leurs JNF sur Facebook, après avoir déployé les JNF sur Instagram au début du mois dans une centaine de pays[85]. Meta est compatible avec les JNF de la chaîne de blocs Ethereum, Polygon et Flow, une chaîne de blocs connue pour la série NBA Top Shot. Le prix de FLOW, le jeton natif de Flow, s’est redressé à la suite de l’annonce de l’intégration à Facebook[86]. Le 29 septembre, Meta a annoncé que tous les utilisateurs de Facebook et d’Instagram aux États-Unis pouvaient désormais connecter leurs portefeuilles et partager leurs articles de collection numériques[87]. Ces intégrations pourraient exposer un public très large à des objets de collection cryptographiques grâce au vaste réseau d’utilisateurs de Facebook et d’Instagram.

 

Métavers

 

Reality Labs essuie sa septième perte trimestrielle de suite : En juillet, on apprenait que Meta avait perdu 2,8 milliards de dollars au deuxième trimestre sur le chiffre d’affaires de 452 millions de dollars de sa division de réalité virtuelle, Reality Labs[88]. Le casque Quest 2 de Meta est le casque de réalité virtuelle le plus populaire actuellement, bien que le marché demeure assez restreint dans son ensemble[89]. Lors de sa conférence sur les résultats du deuxième trimestre de Meta, le chef de la direction Mark Zuckerberg a reconnu que ces pertes risquaient de se poursuivre pendant encore plusieurs années, jusqu’à ce que les applications de réalité virtuelle et le métavers soient suffisamment mûres pour profiter des « occasions exceptionnelles » valant « des centaines de milliards de dollars »[90].

 

Epic Games refuse catégoriquement d’emboîter le pas à Minecraft et d’interdire les JNF : En juillet, Mojang Studios, qui a mis au point la série de jeux Minecraft, a annoncé qu’elle n’intégrerait pas les JNF (ni la technologie de la chaîne de blocs dans son ensemble) à sa plateforme populaire de monde virtuel, entre autres à cause de l’aspect spéculatif des JNF[91]. À la suite de cette annonce, Tim Sweeney, fondateur et chef de la direction d’Epic Games, la société derrière la plateforme de monde virtuel Fortnite, a déclaré que sa société refusait catégoriquement d’emboîter le pas à Minecraft[92]. Reste à voir dans quelle mesure les diverses plateformes faisant office de métavers intégreront les différents aspects de la technologie des chaînes de blocs.

Walmart entre dans le métavers avec Roblox : En septembre, Walmart a annoncé qu’elle s’engageait dans le métavers avec deux expériences, Walmart Land et Walmart’s Universe of Play, sur la plateforme de jeux Roblox[93]. La première incursion du géant du commerce de détail dans le monde virtuel comprendra un ballon dirigeable qui largue des jouets, un festival de musique avec des artistes en vogue, différents jeux et un magasin d’articles virtuels correspondant à ce que les clients pourraient trouver dans les magasins physiques de Walmart et sur son site Web[94]. Le chef du marketing de Walmart, William White, a déclaré que la société utiliserait Roblox comme terrain d’essai, car elle envisage d’autres incursions dans le métavers et au-delà[95].

 

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