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Millénariaux : être obsédé par la rareté peut coûter cher

Source : La Presse Canadienne

Nous l’avons tous vécu dans les épiceries en 2020. Les étagères, autrefois débordantes de papier hygiénique et de savon pour les mains, étaient vides. Nous nous sommes cachés dans nos maisons, nous lavions en profondeur toutes les surfaces et, parfois, nous prenions notre courage à deux mains et affrontions la COVID-19, prêts à faire 80 kilomètres pour trouver une bouteille de désinfectant pour les mains. Nous n’avions pas l’impression d’être en contrôle, alors nous contrôlions ce que nous pouvions : notre cuisine et notre salle de bain.

Aujourd’hui, cette crainte de la rareté se manifeste différemment en raison de la hausse des prix, de la volatilité des marchés boursiers et des rumeurs d’une récession imminente. Nos inquiétudes se sont simplement transformées; nous continuons de penser que toutes nos ressources sont rares, que ce soit vrai ou non.

Si, étant donné le contexte, vous vous empêchez de faire des plans à long terme ou craignez de dépenser de l’argent, même pour vos besoins réels, vous êtes dans un état d’esprit obsédé par la rareté. Essentiellement, vous considérez que vos ressources – argent, nourriture, possibilités d’emploi – sont limitées. Et si la disponibilité de ces ressources vous préoccupe, il est naturel que vous vous accrochiez à tout ce que vous pouvez.

Cela dit, cette réaction peut être bénéfique. « Cette impulsion nous a aidés à survivre dans le passé, lorsque nous étions confrontés aux menaces existentielles de la nature », affirme Courtney Cardin, cofondatrice d’Aura Finance. « Nous avons tous un ancêtre qui a profité de cet état d’esprit, de cette crainte de la disette. »

Or, si l’obsession de la rareté n’est pas alimentée par une peur réelle de tout perdre, de perdre sa réserve de nourriture faute de congélateur, cette peur pourrait vous nuire, elle pourrait vous persuader de faire des choix financiers qui ne sont pas dans votre intérêt.

Les effets émotionnels et financiers de la crainte de rareté

Les facteurs hors de votre contrôle, comme l’inflation ou les pénuries dans la chaîne d’approvisionnement, peuvent limiter votre capacité à subvenir à vos besoins et compliquer l’atteinte de vos objectifs financiers.

« Comme vous pouvez l’imaginer, il n’est pas très agréable d’être sur ses gardes, de se dire qu’il faut conserver tout ce qu’on a, qu’on va perdre nos avoirs d’une façon ou d’une autre », soutient Susan Greenhalgh, conseillère financière accréditée et fondatrice de Mind Your Money LLC. « Personne ne veut vivre dans un état d’alerte constant. »

Le stress persistant peut vous inciter à conserver des liquidités dans un compte d’épargne, car vous avez peur de les investir, ce qui pourrait limiter votre capacité d’accroître votre valeur nette à terme. À l’inverse, vous pourriez décider de dépenser votre argent comme si demain n’existait pas, de peur que les magasins se vident à jamais. Lorsque le court terme nous préoccupe, il peut être difficile de faire des plans sur quelques années, même quelques mois.

Tirer parti de vos craintes

Bien que l’anxiété soit un sentiment terrible, elle peut devenir un moteur et vous pousser à passer à l’action. Par exemple, consulter vos relevés bancaires et de carte de crédit peut vous donner une meilleure idée d’où va votre argent chaque mois et de la façon dont vous pourriez réduire vos dépenses.

Établir des virements automatiques dans un compte d’épargne d’urgence pourrait vous rassurer quant à votre capacité de couvrir une dépense imprévue. Ou, si vous craignez des mises à pied à votre travail, vous pourriez mettre votre curriculum vitae à jour. Que cette crainte se concrétise ou non, vous serez fin prêt à vous lancer sur-le-champ dans la recherche d’un emploi.

Ce qui n’est pas productif est de suivre les cours boursiers de façon obsessive, de tomber dans le panneau des stratagèmes qui vous promettent de faire fortune rapidement, ou d’écouter constamment les nouvelles. Le brouhaha s’élève. Souvent, des gens qui ne comprennent pas tout à fait ce qui se passe donnent leur opinion de toute façon. Accordez-vous le temps et l’espace qu’il faut pour déterminer ce dont vous avez vraiment besoin et ce qui vous importe le plus. Ainsi, vous pourrez vous fixer les bons objectifs financiers et faire un plan en cas d’imprévu.

« Il faut prendre une pause, se calmer et tenter d’y voir clair », indique Mme Greenhalgh. « Ce n’est qu’après que nous arrivons à faire fi de toute l’agitation et à nous concentrer sur notre situation financière. »

 

Cet article provient de La Presse Canadienne et sa diffusion a été autorisée légalement par Content Marketplace d’Industry Dive. Pour toute question sur les droits de reproduction, écrivez à legal@industrydive.com.




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