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Une tarification du carbone s’appliquera bientôt, mais attention à l’inflation verte

27 octobre 2021

Par Terry Raven, directeur principal, Actions européennes, Fidelity International; Gita Bal, chef mondial de la recherche, Titres à revenu fixe, Fidelity International; Amber Stevenson, rédactrice en placements, Fidelity International

La tarification du carbone est un outil incontournable dans la course vers la carboneutralité, selon le dernier sondage de Fidelity mené auprès d’analystes[1]. Toutefois, une hausse du prix du carbone pourrait alimenter les pressions inflationnistes, surtout si elle est combinée aux dépenses en immobilisations nécessaires pour prendre le virage vert.

Les entreprises s’attendent à une tarification du carbone

Selon un sondage réalisé par les analystes de Fidelity, plus du tiers des sociétés adapteront leur modèle d’affaires en prévision de l’établissement d’une tarification du carbone au cours des trois prochaines années. Dans les secteurs à fortes émissions comme l’énergie et les matériaux de base, les analystes estiment que la proportion se rapproche des deux tiers (Tableau 1). Ce résultat semble indiquer que bon nombre de sociétés prennent des mesures pour prévoir les effets financiers et réglementaires de la tarification du carbone, en particulier dans les secteurs où la tarification du carbone rendra les nouvelles technologies plus viables.

Tableau 1 : Certaines sociétés prévoient une tarification du carbone et cherchent à s’adapter.

Question : « Au cours des trois prochaines années, quelle proportion de vos entreprises devrait selon vous adapter leurs activités en prévision d’une éventuelle tarification du carbone? » Le tableau indique la réponse moyenne. Source : Fidelity International, septembre 2021.

Une tarification du carbone d’une certaine forme devrait faire l’objet de discussions à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Glasgow. Un régime mondial forcerait les sociétés à s’adapter, mais il pourrait entraîner l’inflation à la hausse si sa mise en œuvre était trop musclée. Par ailleurs, si le prix du carbone était trop bas, la transition serait ralentie et elle rendrait les sociétés plus vulnérables à des hausses de prix plus prononcées.

Les analystes ont avancé des chiffres précis sur les effets que pourrait avoir la tarification du carbone. « Une taxe sur le carbone ou un coût du carbone supérieur à 100 $ la tonne [par rapport à 3 $ aujourd’hui] aurait des effets graves. Les plans de dépenses en immobilisations seraient rajustés rapidement », affirme un analyste chargé d’examiner la situation des sociétés de produits chimiques nord-américaines et européennes.

Les sociétés commencent à s’adapter

La bonne nouvelle, c’est que les analystes estiment que plus de la moitié des sociétés à l’échelle mondiale ont commencé à adapter leur modèle d’affaires afin de parvenir à la carboneutralité d’ici 2030, soit beaucoup plus tôt que la date limite de l’Accord de Paris fixée à 2050. Or, seulement 7 % d’entre elles prennent des mesures d’envergure, ce qui n’est pas suffisant pour atteindre la cible (Tableau 2). Une politique gouvernementale pourrait être nécessaire pour combler l’écart. Les analystes de Fidelity ont déterminé que les mesures incitatives et la réglementation sont les mesures les plus efficaces pour aider les entreprises à atteindre la carboneutralité, la tarification du carbone étant le principal choix politique pour le secteur de l’énergie.

Tableau 2 : Les sociétés commencent à adapter leurs modèles d’affaires.

Question : « Quelle proportion de vos entreprises prend aujourd’hui des mesures pour modifier leur modèle d’affaires afin d’atteindre la carboneutralité d’ici 2030? » Le tableau indique la réponse moyenne. Source : Fidelity International, septembre 2021.

La transition alimentera l’inflation verte

Les interventions politiques auront toutefois des conséquences. Les analystes de Fidelity prévoient qu’environ le quart de leurs entreprises devront assumer des coûts plus élevés en raison de la tarification du carbone au cours des trois prochaines années et que l’énergie, les matériaux de base et les produits industriels seront les secteurs les plus exposés. « Les compagnies aériennes européennes sont tenues d’acheter des crédits carbone dans le cadre du système de plafonnement et d’échange de l’UE. Les prix augmentent à mesure que les crédits diminuent », selon un analyste couvrant les entreprises européennes de produits industriels.

De nombreuses entreprises devront assumer d’autres types de coûts à la suite de leur virage vert. Un peu plus de la moitié des analystes s’attendent à ce que la transition vers une économie à faibles émissions de carbone entraîne une hausse des coûts d’exploitation de leurs entreprises au cours des trois prochaines années, et 60 % des analystes croient qu’elle entraînera une hausse des dépenses en immobilisations (Tableau 3).

Tableau 3 : La transition entraînera une hausse des coûts pour bon nombre d’entreprises.

Questions : « Comment, le cas échéant, prévoyez-vous que la transition vers une économie à faibles émissions de carbone impactera les coûts d’exploitation de vos entreprises? » et « Comment, le cas échéant, prévoyez-vous que la transition vers une économie à faibles émissions de carbone impactera les dépenses en immobilisations de vos entreprises? » Source : Fidelity International, septembre 2021.

Or, cet investissement pourrait rapporter. Les entreprises qui augmentent actuellement leurs dépenses en immobilisations liées à la transition pourraient réduire leurs coûts d’exploitation plus tôt. Le secteur des services publics en est un exemple. Selon un analyste qui couvre la situation des sociétés de services publics émergentes en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique latine, « les sociétés de services publics s’orientent vers les énergies renouvelables. Ce virage nécessite d’importantes dépenses en immobilisations initiales, mais le coût marginal de production tombe ensuite à zéro. On peut faire une comparaison avec les méthodes de production traditionnelles qui nécessitent des intrants. »

Payer pour tout

Néanmoins, la transition devrait entraîner une augmentation des coûts initiaux pour la plupart des sociétés. Les analystes s’attendent à ce que les sociétés financent ces coûts principalement à partir de ressources internes comme les liquidités (Tableau 4). Cependant, une proportion croissante d’analystes s’attendent à ce que les sociétés augmentent les prix à la consommation, ce qui pourrait alimenter davantage l’inflation verte.

Ce ne sont toutefois pas toutes les sociétés qui ont le pouvoir d’établir les prix. Certaines auront besoin de subventions gouvernementales et d’autres auront recours au financement par emprunt. « Comme mes sociétés n’ont pas d’influence sur les prix, elles ne peuvent pas répercuter les coûts sur les consommateurs. Elles auront donc besoin d’incitatifs budgétaires pour continuer d’investir », affirme un analyste qui couvre les sociétés européennes du secteur des matériaux de base.

Tableau 4 : Les sociétés devront financer la transition.

Question : « Comment prévoyez-vous que vos entreprises financeront la transition vers la carboneutralité au cours des périodes suivantes? Cochez toutes les réponses qui s’appliquent. » Source : Fidelity International, septembre 2021.

Conclusion

Nous sommes des organisations qui dépendent du carbone dans une économie alimentée par le carbone. La transition vers un monde à faibles émissions de carbone nécessitera de nouvelles politiques pour mettre fin aux habitudes de consommation d’énergie qui se sont enracinées au fil des siècles. Même si les nouvelles technologies finissent par réduire les coûts, les politiques nécessaires pour y parvenir pourraient accentuer la flambée actuelle des prix occasionnée par la pandémie en créant une inflation verte. Les analystes de Fidelity laissent entendre que, pour certaines sociétés, le coût du report de ces mesures, même de quelques années, sera beaucoup plus élevé.

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 [1] Le sondage auprès des analystes de Fidelity, qui est administré par Fidelity International Limited (FIL), une société affiliée de recherche et d’opérations sur titres de Fidelity Canada, présente les points de vue des analystes des équipes mondiales de gestion de placements de Fidelity International et de Fidelity Canada.




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