Le moment est-il venu de confisquer les clés des finances?

Un article de fond de nos partenaires américains

À l’âge adulte, on est peu informé sur les finances de nos parents. Voici sept conseils pour prendre les rênes.

Mars 2017

man with arms around older mane, while older man is speaking

Pendant près de 10 ans, la santé de sa mère s’est dégradée, raconte Phyllis Cerys, 56 ans, consultante en éducation pour Cerys Consulting Consortium, à Melrose, dans le Massachusetts.

Elle était atteinte d’une dégénérescence maculaire, son cœur avait besoin d’un stimulateur cardiaque pour battre correctement et elle avait fait une série de petits accidents vasculaires cérébraux (AVC). « Mais ma mère refusait d’admettre qu’elle prenait de l’âge et ne voulait pas parler de sa santé, qui se détériorait progressivement, dit-elle. Quand j’essayais de lui parler de ses finances, elle répondait invariablement : « Non. Pas question que tu t’en occupes. »

Georganne vivait à plus de 3 000 km de sa fille, à Huntington Park, en Californie. L’année de ses 81 ans, tout s’est effondré. Elle a fait deux chutes chez elle et s’est cassé les deux chevilles, mais le plus grave a été un AVC, pire que les précédents, qui a nécessité son hospitalisation.

Mme Cerys a mis temporairement de côté ses activités de consultante et s’est rendue en Californie pour s’occuper de sa mère. Elle bénéficiait d’un avantage : lorsque son père est décédé des suites d’un cancer des poumons vingt ans plus tôt, sa mère, qui ne savait pas comment ouvrir un compte-chèques à son nom, a autorisé sa fille à devenir cotitulaire de son compte bancaire, dans lequel elle a déposé le produit de la police d’assurance vie et la pension de son mari.

« C’est la seule chose qu’elle a accepté de faire, se souvient-elle. Pendant longtemps, je me suis dit que c’était probablement suffisant. » Toutefois, elle retirait périodiquement de l’argent pour payer des réparations, comme un nouveau toit ou des travaux de plomberie.

C’est seulement quand sa mère s’est retrouvée à l’hôpital qu’elle a su qu’il fallait agir vite. « Quand j’ai vu que la situation empirait et à quel point sa santé s’était détériorée, je lui ai dit que tout ce qu’elle remettait sans cesse à plus tard, comme la révision de son testament, l’établissement de directives de fin de vie1 et la désignation d’un mandataire2, devait être réglé d’ici la fin de la semaine. »

Le temps était venu de lui confisquer les clés de ses finances.

Fort heureusement, la santé mentale de sa mère était excellente. « Cette fois-ci, elle n’a pas fait preuve de résistance. J’étais submergée par l’organisation des soins de santé, mais je savais qu’il me fallait régler les questions financières. »

Adult children have little knowledge about their parents’ finances. Here are seven ways to take charge.

Le mythe de l’indépendance

Il est rarement facile de parler d’argent avec ses parents. Un récent sondage de Fidelity mené auprès de 1 043 enfants d’âge adulte, intitulé The Independence Myth: Decoding the Implications of Aging Independently3, révèle qu’un enfant d’âge adulte sur cinq n’aime pas parler d’argent, encore moins avec ses parents.

Pourtant, trois enfants d’âge adulte sur dix sont inquiets quant à la capacité de leurs parents à gérer leurs  finances et 14 % des répondants s’occupent déjà des finances de leurs parents.

Le manque d’information le plus flagrant concerne les dépenses courantes. La moitié des répondants se sont dits peu ou pas informés sur les sommes dépensées chaque mois par leurs parents pour des choses élémentaires comme le prêt hypothécaire ou la consommation d’électricité.

Même si chaque situation est unique – et si ce n’est pas le bien-être d’un parent qui est en jeu, mais le vôtre ou celui de votre conjoint – vous pouvez prendre certaines décisions financières dès maintenant, avant qu’un problème de santé ne vienne bouleverser votre famille.

Sept façons de se préparer à un éventuel problème de santé:

Adult children have little knowledge about their parents’ finances. Here are seven ways to take charge.

1. Sachez reconnaître les symptômes.

La détérioration des capacités physiques et mentales est très graduelle, comme Mme Cerys peut en attester. Plus vous vous tiendrez informé sur la santé de vos proches, plus vous pourrez détecter les changements rapidement, fait valoir Suzanne Schmitt, vice-présidente, Engagement des familles à Fidelity.

« Plus tôt vous planifierez, plus le transfert des responsabilités financières sera facile, explique-t-elle. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un processus graduel et c’est à vous d’amorcer la conversation. »

Si vous vivez loin de vos parents, téléphonez-leur régulièrement ou faites des appels vidéo sur Skype ou FaceTime. Demandez à un ami ou à un proche qui vit à proximité de passer les voir de temps en temps et de vous faire un petit compte rendu.

Dans le cas de Mme Cerys, son frère et les autres membres de sa famille qui vivent non loin de chez sa mère n’étaient pas en mesure d’aider. Elle a donc embauché un travailleur social en gériatrie qui est devenu son représentant pour les questions de santé. Il était ses « jambes sur le terrain » et rendait visite à sa mère au moins une fois par semaine, explique-t-elle. Quand Mme Cerys a dû rentrer chez elle après six semaines d’absence, c’est lui qui a trouvé la meilleure solution de logement avec services de soutien pour sa mère et ses comptes rendus lui ont permis de rester informée sur sa santé.

2. Prenez le temps d’aborder les questions difficiles.

Pour éviter les mauvaises décisions financières et l’exploitation financière par des étrangers, Mme Schmitt conseille d’aborder la question le plus tôt possible avec vos parents et, si vous en avez, avec vos frères et sœurs, avant que survienne un grave problème de santé, la démence ou d’autres problèmes cognitifs.

Ces discussions ont généralement lieu quand le parent est âgé d’environ 70 ans, selon le rapport de Fidelity. Toutefois, les autres éléments déclencheurs cités sont le décès du conjoint ou d’un membre de la famille, la détérioration de la santé d’un proche ou une erreur financière.

« La préservation du patrimoine et sa transmission sont nettement compromises lorsque les gens prennent des décisions sous l’effet de la contrainte ou en étant mal informés. Soyez proactif. »

N’attendez pas pour aborder le sujet et parlez-en souvent. Personne n’aime se voir subitement confisquer la gestion de ses finances et qu’on lui dise : « C’est moi qui gère ton argent, maintenant ». Mme Cerys regrette de ne pas avoir insisté davantage.

L’aspect le plus délicat est généralement l’inversion des rôles. Dire à vos parents ce qu’ils ont à faire n’est pas agréable ni pour vous ni pour eux. Vous pourriez, par exemple, mentionner que vous avez consulté un avocat pour établir des procurations afin que quelqu’un, par exemple votre conjoint, puisse prendre les décisions liées à votre santé ou à vos finances dans le cas où vous ne seriez pas en mesure de le faire.

Ensuite, demandez à vos parents quelles protections ils ont déjà mises en place. Vous pourriez aussi leur dire que vous êtes tombé sur un article à propos de l’importance de donner accès aux renseignements financiers à ses enfants dans le cas où on aurait besoin d’aide pour la gestion de ses finances.

Une autre stratégie serait de prendre en charge une de leurs tâches financières, comme la production de leur déclaration de revenus ou l’établissement de prélèvements automatiques pour les factures régulières, afin d’éliminer les chèques et de veiller au respect des délais de paiement.

Les parents hésitent souvent à communiquer les détails de leurs finances. Ils jugent cette question personnelle. Mme Schmitt précise : « Nombre de parents refusent de donner les chiffres exacts, alors n’insistez pas. Le plus important, c’est de connaître l’institution financière auprès de laquelle les comptes sont détenus. »

3. Trouvez les documents.

Si vos parents sont d’accord, repérez leurs documents essentiels, comme l’acte de propriété de la maison, les déclarations d’impôt, les testaments, les actes de fiducie et les procurations.

Dressez la liste de leurs comptes bancaires et de placement, de leurs polices d’assurance et de leurs cartes de crédit. Demandez-leur où ils gardent leurs mots de passe afin de pouvoir accéder à ces comptes par la suite. Informez-vous sur leurs bénéficiaires et demandez-leur s’ils ont une procuration ou tout autre document pouvant être inclus dans un plan successoral plus complet.

Les autres renseignements dont vous aurez besoin sont les coordonnées de leur médecin, comptable, avocat, société de prêt hypothécaire, conseiller financier et maison de courtage. Si vos parents sont à la retraite, informez-vous sur leurs sources de revenus : pension; prestations du Régime de pensions du Canada ou du Régime de rentes du Québec et de la Sécurité de la vieillesse; et retraits des fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR). Obtenez également leurs numéros d'assurance sociale.

Songez à aider vos parents à se procurer une copie de leurs dossiers de crédit, ce qui pourrait vous aider, ainsi que vos parents, à détecter les activités inhabituelles, voire un vol d’identité. Vous pourriez leur suggérer d’inscrire leur numéro de téléphone sur la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus, pour éviter les sollicitations par téléphone. Il est possible d’enregistrer gratuitement les numéros de cellulaire et de résidence à l’adresse https://www.lnnte-dncl.gc.ca/index-fra

4. Établissez une procuration.

La première démarche juridique de Mme Cerys a été de faire établir par un avocat une procuration l’autorisant légalement à s’occuper des finances de sa mère. Ce document est essentiel pour pouvoir payer des factures, gérer des placements ou prendre d’importantes décisions financières pour une autre personne.

Si elle est rédigée et signée correctement, la procuration autorise une personne à s’occuper de toutes les transactions financières pour le compte d’une autre personne, qu’il s’agisse de signer un chèque ou de vendre la maison de ses parents, comme Mme Cerys a dû le faire lorsque sa mère a été admise dans une résidence avec services de soutien à l'autonomie et qu’il était clair qu’elle ne pourrait pas retourner vivre chez elle.

Toutefois, il ne faut pas attendre que la personne n’ait plus la capacité mentale lui permettant de gérer ses transactions financières pour faire établir ce document. Une procuration n’est valide que si le parent est mentalement capable au moment de la signature. Avant de désigner son mandataire, le parent doit « réfléchir à la personnalité de son fils ou de sa fille afin de déterminer s’ils sont aptes à gérer leurs finances, affirme Mme Schmitt. Il se peut que le fils ou la fille soit disposé(e) à en prendre la responsabilité et soit compétent(e), mais s’il ou elle voyage beaucoup pour son travail, doit s’occuper de jeunes enfants ou a de nombreuses obligations, il ou elle n’aura peut-être pas le temps de gérer vos finances ».

Si votre parent ou vos frères et sœurs n’aiment pas l’idée de confier toutes les responsabilités à une seule et même personne, il suffit de prévoir des mécanismes de vérification. Vous pourriez donner à une personne une procuration sur les comptes de placement et autoriser deux autres personnes à accéder aux comptes bancaires afin qu’elles puissent vérifier à quels paiements les chèques sont destinés. « Nous savons que dans environ 90 % des cas, les actes d’exploitation financière visant les personnes âgées sont perpétrés par des personnes qui leur sont proches, comme un membre de la famille ou un ami, prévient Mme Schmitt, donc c’est peut-être une bonne idée ».

De nombreuses institutions financières et maisons de courtage ont leurs propres formulaires. Le titulaire de compte doit les signer pour que l’institution autorise quiconque autre que le titulaire à accéder au compte. Il se peut qu’un exemplaire de la procuration ne suffise pas.

Généralement, une procuration doit satisfaire aux exigences légales de la province dans laquelle elle est signée; la plupart du temps, il s’agit de la province de résidence de la personne qui accorde la procuration. Si vos parents ont plusieurs lieux de résidence ou s’ils ont des biens situés dans plusieurs provinces ou pays, il est important de le mentionner à votre avocat au moment de la rédaction des documents.

Si la personne est frappée d’incapacité avant d’avoir signé la procuration, c’est le tribunal qui désignera un tuteur.

5. Réexaminez le testament.

Le moment est venu de réexaminer le testament ou d’en rédiger un, afin d’indiquer la manière dont les biens de la personne seront distribués après son décès. Mme Cerys a fait remanier le testament de sa mère, car ses volontés avaient changé concernant la répartition de ses biens. Depuis la signature de son testament initial, de nombreux changements survenus dans sa vie, comme le décès de son mari et la naissance de ses petits-enfants, ont incité la mère de Mme Cerys à modifier ses volontés.

6. Signez les directives de fin de vie2

Les directives de fin de vie (on parle également de testament biologique) permettent à un parent d’autoriser un de ses enfants ou toute autre personne de confiance à prendre des décisions médicales de fin de vie au nom du parent lorsque celui-ci n’est pas en mesure de le faire. Informez le médecin de vos parents que vous êtes en possession de ce document.

7. Placez les documents en lieu sûr.

Il est important qu’au moins un membre de la famille sache où trouver les documents, coordonnées et relevés de compte importants. Ces documents peuvent être confiés à un cabinet d’avocat ou placés dans un coffret de sûreté à la banque ou dans un endroit sûr auquel on peut accéder facilement en cas d’urgence.

Une dernière recommandation – La situation peut évoluer. Passez en revue vos documents importants relatifs à la santé, aux finances et à la planification successorale au moins une fois par an.

De plus, aidez votre famille à se préparer pour l’avenir en créant votre plan pour « Bien vieillir » . Faites appel à votre conseiller financier pour réfléchir à l’avenir financier de votre famille, en tenant compte de votre propre longévité et de vos besoins, et de ceux de vos êtres chers.



1, 2 Notez que cet article a été écrit aux États-Unis. Au Canada, ces termes peuvent varier selon la province. C’est pourquoi il est recommandé de consulter un juriste. Consultez un avocat spécialisé en droit de la famille ou en droit des successions pour élaborer un plan efficace.

3 Enquête réalisée aux États-Unis auprès de 1 043 adultes, au moyen de questionnaires en ligne, par Greenwald & Associates pour le compte de Fidelity Investments, du 14 octobre au 2 novembre 2015.

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