Arabie saoudite : réelles réformes ou déjà-vu?

Adam Kutas examine les possibilités de placement en Arabie saoudite. Même si ce marché affiche une liquidité parmi les plus élevées des marchés frontaliers et émergents, il s’est révélé difficile d’accès pour les investisseurs étrangers par le passé. 

 

Saudi Arabia

 

Voici une question que j’aime poser aux investisseurs mondiaux : « Quel marché boursier affiche une capitalisation de près de 500 milliards de dollars américains et une liquidité qui figure parmi les plus élevées des marchés frontaliers et émergents? Ce marché présente également des paramètres de valorisation attrayants dans l’ensemble et compte des sociétés générant d’excellents rendements, mais s’est révélé difficile d’accès pour les investisseurs étrangers par le passé. »

La plupart des investisseurs peinent à trouver la réponse. Généralement, les marchés fermés restent relativement petits ou se caractérisent par des données fondamentales médiocres pour les sociétés inscrites. La bonne réponse est l’Arabie saoudite, et son ouverture aux investisseurs mondiaux constitue un événement unique dans l’histoire des marchés émergents (voir les Tableaux 1 et 2 pour le classement).

Tableau 1 : Quinze plus grands marchés émergents de l’indice MSCI selon la capitalisation boursière

Pays Capitalisation boursière (G$ US)
Chine 7 831
Inde 1 878
Corée 1 434
Afrique du Sud 1 013
Taïwan 957,4
Brésil 843,4
Russie 623,4
Thaïlande 459,1
Indonésie 454,7
Arabie saoudite 437,4
Mexique 415,5
Malaisie 394,8
Philippines 252,3
Chili 237,5
Émirats arabes unis 224,2

Source : Credit Suisse.

 

Tableau 2 : Quinze plus grands marchés émergents de l’indice MSCI selon le volume moyen des opérations quotidiennes (VMOQ) 

Pays VMOQ (M$ US)
Chine 84 579
Corée 7 748
Taïwan 5 315
Inde 5 079
Brésil 3 045
Thaïlande 1 764
Afrique du Sud 1 626
Turquie 1 582
Russie 606,8
Arabie saoudite 557,0
Malaisie 453,6
Mexique 428,1
Indonésie 371,8
Pologne 249
Chili 158,5

Source : Credit Suisse.

Dans le but de faire connaître ses réformes (Tableau 3), le gouvernement saoudien a récemment organisé une conférence à Riyad (surnommée « Davos dans le désert » ) à laquelle ont participé la plupart des gestionnaires d’actifs à l’échelle mondiale ainsi que les chefs de la direction de banques et de sociétés multinationales. Contrairement à une perception largement répandue, le marché boursier saoudien ne dépend pas exclusivement du prix du pétrole (Graphique 1), l’indice MSCI Arabie saoudite démontrant une corrélation historique moyenne de seulement 0,18 avec le baril de brut (le chiffre 1 représentant la corrélation maximale). 

Tableau 3 : Réformes de marché adoptées par l’Arabie saoudite  

Date Changements apportés
Juin 2015 Adoption des règles définitives portant sur les investisseurs étrangers admissibles pour échanger des actions dans le Royaume d’Arabie saoudite; autorisation des placements par les investisseurs étrangers admissibles
Juin 2016 L’actif sous gestion minimum pour l’inscription des investisseurs étrangers admissibles est abaissé, passant de 5 G$ à 1 G$.
Août 2016 Annonce de l’adoption et des instructions concernant le processus de constitution des ordres et d’allocation des PAPE
Octobre 2016 Publication des règles définitives sur la négociation de titres de FPI à la bourse locale, le Tadawul
Décembre 2016 Approbation des règles relatives à l’inscription sur le marché parallèle (Nomu) au Tadawul
Janvier 2017 Toutes les sociétés inscrites sont tenues de passer aux normes comptables IFRS.
Mars 2017 Autorisation des votes électroniques des actionnaires lors des assemblées générales et spéciales des actionnaires
Avril 2017 Modification du cycle de règlement des transactions, qui passe de T+0 à T+2, et instauration des ventes à découvert
Mai 2017 Publication de l’avant-projet de loi sur la protection des investisseurs dans le cadre de recours collectifs

 

Graphique 1 : Indice MSCI Arabie saoudite par rapport aux marchés émergents et prix du pétrole. La corrélation sur trois ans n’est que de 0,18.
Indice MSCI Arabie saoudite par rapport aux marchés émergents et prix du pétrole.
Source: FMR.

 

Comme pour tous les marchés frontaliers, un investissement dans le Royaume comporte des risques, mais lorsque les gouvernements autorisent le secteur privé à participer davantage à l’économie, les retombées pour investisseurs peuvent à mon avis être significatives. En outre, derrière cette privatisation, se cache l’éventuelle inscription en bourse de la société d’énergie la plus rentable au monde : Saudi Aramco. Évidemment, les acteurs du marché boursier ont tous un avis de « où » et « quand » se déroulera le premier appel public à l’épargne (PAPE) d’Aramco. New York ou Londres s’imposent naturellement, mais certains misent sur la Chine (Graphique 2), un choix logique également puisqu’il s’agit aujourd’hui du premier acheteur de pétrole au monde, devant les États-Unis. La logique voudrait par ailleurs qu’une société lance son PAPE près de son plus important client.

Graphique 2 : Importations de pétrole à l’échelle mondiale : qui est le plus client le plus important?
Importations de pétrole à l’échelle mondiale

 

Remarquez que plus personne ne s’interroge sur la probabilité de ce PAPE, alors qu’il y a juste cinq ans, aucun observateur sérieux ne l’aurait envisagé. Les Saoudiens souhaitent en réalité faire comme de nombreux pays émergents (à plusieurs exceptions notables près) au cours des dernières décennies : ouvrir le capital des entreprises d’État, afin de laisser les investisseurs mondiaux stimuler les changements et ainsi améliorer l’économie.

Comme dans la plupart des marchés frontaliers, le facteur politique pèse lourd dans la balance. En Arabie saoudite, tout tourne aujourd’hui autour de Mohammed ben Salman Al Saoud et des changements structurels que le prince héritier de 32 ans a dévoilés dans sa « Vision 2030 ». D’ailleurs, ces changements suscitent certaines perturbations sur la scène politique en cette période de transfert de pouvoir. Les médias relaient largement les événements, et l’équipe attitrée aux créances des marchés émergents de Fidelity et moi-même continuerons de suivre étroitement la situation. La faiblesse des valorisations compense partiellement le risque, les attentes de croissance des bénéfices demeurant peu élevées. De nombreuses réformes économiques qui ont freiné l’économie saoudienne, particulièrement la diminution des subventions versées aux consommateurs pour les aliments et l’essence, se reflètent effectivement dans les résultats relativement décevants des sociétés.

En résumé, l’Arabie saoudite constitue un cas unique parmi les marchés frontaliers et émergents, la seule comparaison valable pouvant être l’ouverture du marché des actions de catégorie A en Chine. L’événement apportait à l’époque un univers inexploité d’occasions de placement peu connues des investisseurs mondiaux en général, moyennant une liquidité élevée, dans un pays engagé dans des réformes structurelles. En Arabie saoudite, la sélection des titres demeurera critique, mais les occasions d’alpha ne devraient pas manquer, particulièrement si le pays passe, en 2018 ou 2019, à la catégorie des marchés émergents de MSCI.

 

Je vous remercie d’avoir lu ce blogue
Adam Kutas

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